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jeudi 26 janvier 2012

Erlotinib versus chimiothérapie standard comme traitement de première ligne chez des patients européens atteints d'un cancer bronchique non à petites cellules avancé, positif pour les mutations du gène R-EGF (EURTAC): un essai multicentrique de phase 3, randomisé et ouvert


Dans un article publié en mars 2010 dans la revue Journal of Cell Science, des chercheurs de l'Institut Jacques Monod (UMR7592 CNRS, Paris) et leurs collaborateurs ont mis en évidence un nouveau mode de régulation (endocytose) et de la signalisation du récepteur à l'EGF impliqué dans la prolifération des cellules tumorales. Ces travaux sont à prendre en compte dans les thérapies actuelles ou futures ciblant le récepteur à l'EGF (R-EGF).
Source iconographique et légendaire: http://www.cnrs.fr/insb/recherche/parutions/articles2010/l-danglot.htm

L'administration d'erlotinib a montré une amélioration (augmentation) de la durée de survie sans progression (DSSP), quand il est administré comme traitement de première ligne chez des patients asiatiques atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) présentant des mutations du gène R-EGF. Notre but était d'évaluer la sécurité et l'efficacitét de l'erlotinib et comparaison d'une chimiothérapie standard pour le traitement en première ligne de patients européens atteints d'un CBNPC avancé, positif pour les mutations du gène R-EGF.

Nous avons entrepris l'essai EURTAC de phase 3, ouvert et randomisé, dans 42 hôpitaux de France, Italie et Espagne. Les patients éligibles étaient des adultes (> 18 ans) atteints de CBNPC avec mutations du R-EGF (délétion de l'exon 19 ou mutation L858R dans l'exon 21), sans historique de chimiothérapie pour traitement de pathologie métastatique (chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante achevée depuis 6 mois ou plus avant incorporation dans la présente étude autorisée).
Nous avons réparti les patients (ratio: 1:1) selon un calendrier d'incorporation généré par ordinateur, pour recevoir:
  • erlotinib per os (150 mg/jour) ou
  • des cycles de 3 semaines de chimiothérapie standard par voie intraveineuse de [cisplatine (75 mg/m2) au jour 1] + [docetaxel (75 mg/m2 aux jour 1) ou gemcitabine (1250 mg/m2 aux jours 1 et 8)]. L'administration de carboplatine (Aire Sous la Courbe - ASC- = 6 avec docetaxel 75 mg/m2 ou ASC=5 avec gemcitabine 1000 mg/m2) était autorisée chez les patients ne pouvant pas recevoir la cisplatine
Les patients étaient stratifiés selon le type de mutation du gène R-EGF et le statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) (0 versus 1 versus 2). Le critère principal de mesure était la DSSP, établie sur la population en intention de traiter. Nous avons évalué la sécurité chez tous les patients ayant reçu le médicament de l'étude (1 dose ou plus) (...).

Entre le 15 février 2007 et le 4 janvier 2011, 174 patients porteurs de mutations du gène R-EGF ont été recrutés. Un patient, qui avait reçu un traitement avant la randomisation, était retiré de l'étude. Les 173 patients restants ont été répartis au hasard:
  • 86 patients pour recevoir erlotinib
  • 87 patients pour recevoir la chimiothérapie standard
L'analyse intérimaire prévue a montré que l'étude avait atteint son objectif principal; le recrutement était stoppé, et l'évaluation complète des résultats recommandée. A la date de cloture des données (26 janvier 2011), les résultats médians de DSSP étaient de 9,7 mois dans le groupe erlotinib versus 5,2 mois dans le groupe chimiothérapie standard (p<0,0001). Les toxicités de grade 3 ou 4 étaient: éruptions (11[13%] des 84 patients du groupe erlotinib versus aucun des 82 patients du groupe chimiothérapie, neutropénie (aucun versus 18[22%]), anémie (un[1%] versus trois [4%]), et concentration élevée en amino-transférase (deux[2%] versus 0]. Cinq (6%) patients du groupe erlotinib ont montré des événements indésirables graves liés au traitement, en comparaison des 16 patients (20%) du groupe chimiothérapie. Un patient du groupe erlotinib et deux patients du groupe chimiothérapie standard sont décédés pour des raisons indépendantes au traitement.

Nos résultats renforcent la raison d'être de l'étude histologique des tissus porteurs de mutations du gène R-EGF en routine chez des patients atteints de CBNPC avant traitement; pour le traitement des patients porteurs de mutations à l'aide d'inhibiteurs de la tyrosine kinase du R-EGF. Dr. Rafael Rosell MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 26 January 2012

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ
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