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jeudi 9 février 2012

Hérédité et maladie coronarienne: analyse du rôle du chromosome Y

L'absence de complémentaire santé contribue à une sous consommation des médicaments cardiovasculaires en France, selon une étude réalisée sur 4646 patients publiée dans la revue Journal of Hypertension.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/complementaire-sante-l-atout-pour-un-traitement-optimal
Un dimorphisme sexuel existe, pour ce qui est de l'incidence et la prévalence de la maladie cardiaque coronarienne - les hommes en sont plus atteints que les femmes au même âge -. Nous avons examiné le rôle du chromosome Y pour ce qui est de l'étiologie de la maladie coronarienne dans le contexte de cette inégalité due au sexe.

Nous avons génotypé 11 marqueurs de la région spécifiquement masculine du chromosome Y chez 3233 hommes britanniques, issus de 3 cohortes: de la "British Heart Family Heart Study" (BHF-FHS), de la "West Scotland Coronary Prevention Study" (WOSCOPS) et de la "Cardiognics Study". A partir de cette base, on a identifié pour chaque chromosome Y sa lignée d'origine parmi 13 lignées anciennes, définies comme haplogroupes. Nous avons ensuite examiné les associations entre les haplogroupes propres au chromosome Y et le risque de maladie coronarienne dans l'étude transversale BHF-FHS et l'étude prospective WOSCOPS. Finalement, nous avons pris en charge l'analyse fonctionnelle des effets des transcriptomes des monocytes et macrophages codés par le chromosome Y chez des hommes britanniques ("Cardiogenics Study").

Des neuf haplogroupes identifiés, deux (R1b1b2 et I) ont contribué pour environ 90% des variants du chromosome Y, relevés chez les hommes britanniques. Les porteurs de l'haplogroupe I avaient un risque de maladie coronarienne ajusté à l'âge 50%  plus élevé que les hommes appartenant à d'autres lignées du chromosome Y, dans les études BHF-FHS (p=0,004) et WOSCOPS (p=0,012), et selon l'analyse combinée sur les deux populations (p=0,0002). L'association entre haplogroupe I et risque augmenté de maladie coronarienne était indépendante des facteurs de risque cardiovasculaires et risques liés à l'environnement socioéconomique traditionnels. L'analyse des transcriptomes de macrophages de la Cardiogenics Study a révélé que 19  voies moléculaires montrant des expressions différentielles fortes entre les hommes de l'haplogroupe I et des autres lignées du chromosome Y, étaient interconnectées par des gènes communs liés à l'inflammation et l'immunité, et que certaines montraient un lien étroit avec l'athérosclérose.

Le chromosome humain est associé au risque de maladie coronarienne chez les hommes d'origine européenne, probablement par l'intermédiaire de l'inflammation et de l'immunité. Fadi J Charchar PhD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 9 February 2012

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ
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