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jeudi 4 octobre 2012

L’aprépitant pour la gestion d’un prurit sévère lié aux traitements biologiques du cancer: une étude pilote

Poster intitulé "Place de l'aprépitant dans les chimiothérapies hautement émétisantes à base d'ifosfamide: analyse médico - économique", présenté à l'occasion d'un Congrès de la Société Française de Pharmacie Oncologique, en 2005.
Source:  http://www.sfpo.holosmedia.com/sfpo2005/Posters/Posters.htm

Les démangeaisons sont des effets adverses communs observés lors des traitements avec des anticorps anti-EGFR et des inhibiteurs des tyrosine-kinases. Nous avons mis au point une étude pilote mono-centrique pour l’étude des effets de l’aprépitant – un inhibiteur des récepteurs à la neuroquinine – pour le traitement du prurit sévère induit par des médicaments biologiques.

Dans cette étude prospective à groupe unique de sujets, nous avons recruté de 45 patients ambulatoires atteints de tumeurs solides métastatiques recevant un traitement biologique au Campus Bio-Medico de l’Hôpital de Rome, Italie, entre septembre 2010 et novembre 2011. Nous avons réparti les patients en deux groupes : un groupe réfractaire comprenant les patients montrant un prurit réfractaire aux traitements standards ; et un groupe naïf comprenant les patients n’ayant reçu aucun traitement préalable contre le prurit. L’aprépitant (125 mg au jour 1 ; 80 mg au jour 3, 80 mg au jour 5) a été administré aux patients du groupe réfractaire après au moins 1 semaine de traitement systémique standard. Pour ce qui est du groupe naïf, l’aprépitant a été administré selon le même protocole qu'au groupe réfractaire, après la première éruption de prurit sévère. L’intensité des démangeaisons était mesurée par la technique de l’Échelle Analogique Visuelle (EVA). Le paramètre principal de mesure était l’effet de l’aprépitant sur le changement du score médian EVA. (…).

L’EVA médian était de 8,00 (Intervalle de Confiance - IC - 95% 7,93-8,57) à la ligne de base dans le groupe réfractaire, et de 1,00 (0,00-2,00) après 1 semaine de traitement avec l’aprépitant (p<0,0001). Dans le groupe naïf, le score VAS était de 8,00 (7,43-8,37) à la ligne de base et de 0,00 (0,06-1,08) après 1 semaine de traitement (p<0,0001). 
41 (91%) patients ont répondu à l’aprépitant (c.à.d. montré une réduction de 50% en intensité du prurit ; le prurit n’ayant récidivé que chez six (13%) patients. Il n’y a pas eu d’évènements indésirables à relever reliés à l’aprépitant.

L’aprépitant diminue le prurit sévère induit par les traitements biologiques. Il s’agit d’un médicament ancien, aisément disponible, et donc facile d’addition dans l’arsenal des traitements de support déjà existants. Bien qu’il n’y ait, à notre connaissance, pas d’autre étude en projet sur l’action anti-démangeaisons  de l’aprépitant, nos résultats recommandent une validation par des études de phase 2 et de phase 3. Dr Daniele Santini MD et al, in The Lancet Oncology, Volume 13, Issue 10, Pages 1020 – 2024, October 2012

Source : www.thelancet.com / Traduction et adaptation : NZ