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vendredi 26 octobre 2012

Résultats de la “Surviving Sepsis Campaign”* dans les unités de soins intensifs aux USA et en Europe : étude prospective de cohorte

Sepsis sévère et choc septique. Données biochimiques, biologiques et cliniques. In La  Revue Médicale Suisse
Source: http://titan.medhyg.ch/mh/formation/article.php3?sid=31222

La mortalité due à une sepsis sévère et un choc septique diffère selon les continents, les pays et les régions. Notre but était de faire usage des données de la « Surviving Sepsis Campaign »* (SSC) afin de comparer les modèles de soins et les résultats obtenus chez des patients atteints de sepsis sévère et de choc septique aux USA et en Europe.

La SSC a été mise en place sur plus de 200 sites en Europe et aux USA. Tous les patients identifiés avec une sepsis sévère et un choc septique dans les départements de médecine d’urgence ou les autres départements des hôpitaux et admis dans les unités de soins intensifs (USIs), ainsi que ceux atteints de sepsis dans les USIs, ont été introduits dans notre base de données. Les patients introduits dans la base de données, depuis son lancement en janvier 2005 jusqu’en janvier 2010, devaient être admis dans des unités comprenant au moins 20 patients et en recrutement de patients sur une durée 3 mois ; pour être  inclus dans cette analyse. Les patients inclus dans cette cohorte étaient ceux recrutés au cours des 4 premières années sur chaque site.  Nous avons utilisé le modèle de régression logistique à effets aléatoires pour l’estimation des rapports de cote de probabilité de mortalité hospitalière en Europe versus États-Unis d’Amérique. Nous avons utilisé le modèle de régression linéaire à effets aléatoires pour établir la corrélation entre le temps de séjour à l’hôpital et dans les USIs, et la région géographique.

25 375 patients ont été introduits dans la cohorte. La contribution des USA était de 107 sites avec 18 766 (74%) patients, et la contribution de l’Europe était de 6 609 (26%) patients. Aux USA, 12 218 (65,1%) patients ont été admis dans les USIs des départements des urgences alors qu’en Europe, 3 405 (51,5%) des patients provenaient de différents services. La durée médiane de séjour dans les services à l’hôpital avant l’admission en USI était plus longue en Europe qu’aux USA (1,0 versus 0,1 jour ; différence = 0,9 ; Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,8-0,9). La mortalité brute à l’hôpital était plus élevée en Europe qu’aux USA (41,1% versus 28,3% ; différence = 12,8 ; IC 95% 11,5-14,7). La durée médiane de séjour en USI (7,8 versus 4,2 jours ; 3,6 ; 3,3-3,7) et à l’hôpital (22,8 versus 10,5 jours ; 12,3 ; 11,9-12,8) était plus longue en Europe qu’aux USA. La mortalité ajustée en Europe n’était pas significativement plus élevée qu’aux États-Unis (32,3% versus 31,3% ; 1,0 ; -1,7 à 3,7 ; p=0,468). La compliance complète avec les systèmes de réanimation mis en œuvre était plus élevée aux USA qu’en Europe (21,6% versus 18,4% ; 3,2 ; 2,2-4,4).

La différence significative en mortalité non ajustée et le fait que cette différence disparaisse avec l’ajustement pour la gravité fait apparaître d’importantes questions relatives aux effets de l’approche en matière de soins intensifs en Europe en comparaison des États-Unis. Les effets de la disponibilité en lits dans les USis sur les résultats obtenus chez les patients atteints de sepsis sévère et de choc septiques requièrent de futures investigations. Prof Mitchell L Levy MD, in The Lancet Infectious Diseases, Early Online Publication 26 October 2012, in press

*Campagne de Survie à la Sepsis (traduction libre)

Financement: Eli Lilly, Baxter Lifesciences, Philips Medical Systems, Société de Médecine d’Urgence, Société Européenne de Médecine Intensive (ESICM)  

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ