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mardi 29 octobre 2013

Ajustement de thérapie de la polyarthrite rhumatoïde basé sur l’atteinte d’une activité pathologique minimale avec adalimumab plus methotrexate ou methotrexate seul : essai randomisé contrôlé OPTIMA

Synthèse sur la physiologie de la polyarthrite rhumatoïde. La PR est une maladie multifactorielle survenant sur des terrains prédisposés. Le déclenchement de la pathologie survient par une rupture de tolérance visant les peptides citrullinés. Ce qui engendre un emballement du système immunitaire à l'origine d'une destruction ostéo-articulaire massive. In Revue Francophone des Laboratoires, Volume 2012, Issue 446, November 2012, Pages 65 - 72
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1773035X12717380
Les thérapies biologiques offrent un bon contrôle de la polyarthrite rhumatoïde, mas les bénéfices à long terme de la réduction à une activité minimale de la maladie, à l’aide d’un agent biologique ciblé plus methotrexate ou méthtrexate seul restent incertains. Le but de l’essai OPTIMA était d’étudier plusieurs stratégies d’ajustement de différents traitements chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde précoce permettant d’atteindre (ou ne permettant pas d’atteindre) une activité minimale stabilisée de la maladie avec adalimumab plus methotrexate ou methotrexate seul.

Cet essai a été entrepris dans 161 sites dans le monde. Les patients atteints (<1 an) de polyarthrite rhumatoïde – et n’ayant jamais reçu de methotrexate – étaient répartis de manière aléatoire (par système vocal intéractif, sous ratio 1:1, par blocs de quatre) pour recevoir adalimumab (40 mg une fois toutes les deux semaines) plus methotrexate (initié à 7,5 mg/semaine, augmenté de 2.5 mg toutes les 1-2 semaine(s) jusqu’à une dose maximale de 20 mg/semaine atteinte semaine 8) ou placebo plus methotrexate pendant 26 semaines (période 1). Les patients du groupe adalimumab plus methtrexate ayant accompli la période 1 et qui avaient atteint une stabilité d’activité pathologique minimale (mesure du score de 28 articulations, à l'aide de l'index protéine C-réactive [DAS28]<3.2 aux semaines 22 et 26) ont été randomisés pour continuation de l’adalimumab, soit l’interruption de l’adalimumab pour 52 semaines supplémentaires (période 2). Les patients atteignant le statut cible fixé avec le traitement methotrexate initial poursuivaient leur monothérapie methotrexate. Les patients ne répondant pas correctement se voyaient proposer le traitement adalimumab plus methotrexate. Ni les patients ni les investigateurs n’avaient accès au tableau de randomisation de la période 1. Pendant la période 2, la réattribution des traitements aux patients ayant atteint le statut cible leur était masquée ainsi qu’aux investigateurs ; les patients qui n’avaient pas atteint le statut cible restaient soumis à la randomisation effectuée pour la période 1, mais en étaient informés. Le critère principal d’évaluation était la mesure d’un DAS28 inférieur à 3,2 à la semaine 78 et une non-progression de la maladie confirmée par radiographie - à partir de la ligne de base jusqu’à la semaine 78, et une comparaison de ce paramètre entre les groupes « continuation de l’adalimumab » et « methotrexate en monothérapie ». Les événements indésirables ont été relevés au cours de la période 2 dans son intégralité. (…).

L’étude a été effectuée entre le 28 décembre 2006 et le 3 août 2010. 1636 patients ont été vus, et 1032 d’entre eux randomisés pour la période 1 (515 ont été assignés au groupe adalimumab plus methotrexate ; 517 au groupe placebo plus methotrexate). 466 patients du groupe adalimumab plus methotrexate ont accompli la période 1 ; 207 d’entre eux ont atteint le statut cible d’activité pathologique minimale, de ceux-là 105 ont été re-randomisés pour continuation du traitement adalimumab. 460 patients du groupe placebo plus méthotrexate ont accompli la période 1 ; 112 d’entre eux ont atteint la stabilité du statut d’activité pathologique minimale et ont poursuivi leur traitement methotrexate en monothérapie. 73 des 105 (70%) patients du groupe « continuation de l’adalimumab » et 61 des 112 (54%) patients du groupe methotrexate en monothérapie. 73 des 105 (70%) patients du groupe « continuation de l’adalimumab » ont atteint le critère primaire d’évaluation à la semaine 18 (différence moyenne 15% [Intervalle de Confiance –IC- 2-28%], p=0,0225). Les patients atteignant le statut cible d’activité pathologique minimale avec adalimumab plus methotrexate, et qui interrompaient l’adalimumab maintenaient une bonne réponse, pour la plupart. Dans l’ensemble, 706 des 926 patients de la période 2 ont montré un événement indésirable dont 82 se sont montrés graves ; cependant, la répartition des événements indésirables s’est révélée similaire entre les différents groupes.

Les traitements permettant d’atteindre la cible d’activité pathologique minimale ont eu pour résultat une amélioration des paramètres cliniques, fonctionnelles et structurels, à la fois chez les patients soumis au régime « continuation de l’adalimumab » et ceux soumis au régime « méthotrexate en monothérapie ». Cependant, une proportion plus élevée de patients initialement traités avec adalimumab plus methotrexate ont atteint le statut cible d’activité pathologique minimale en comparaison des patients initialement soumis au methotrexate seul. Les résulats se sont révélés similaires, que le traitement adalimumab soit poursuivi ou qu’il soit interrompu, chez les patients répondant initialement au traitement adamimumab plus methotrexate. Prof Josef S Smolen MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 26 octobre 2013

Financement : AbbVie

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ