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mardi 10 décembre 2013

Rapport coût-efficacité de différentes stratégies de suivi d’adultes sous traitement antirétroviral: analyse combinée de trois modèles mathématiques

Source iconographique et légendaire: http://revue.medhyg.ch/print.php3?sid=23740
La « version 2013 révisée » des Lignes Directrices Consolidées en matière de médicaments antirétroviraux publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé, recommandent le suivi de la charge virale en routine plutôt que les suivis clinique ou immunologique proprement dits, comme approche favorisée de suivi sur le plan clinique. Cependant, les programmes de lutte contre HIV dans un environnement à ressources limitées nécessitent un encadrement, pour ce qui est de l’optimale rentabilisation de ces  stratégies alternatives de suivi de patients.

Nous avons évalué toute une palette de stratégies de suivi, incluant suivi clinique, compte des cellules CD4, suivi de la charge virale, - démarches effectuées individuellement ou en synergie - à différents calendriers et avec différentes critères de décision de recours à des thérapies de deuxième intention. Nous avons utilisé simultanément trois modèles construits et validés indépendamment les uns des autres. Nous avons estimé les coûts sur la base des ressources disponibles et opéré des projections à partir des coûts associés et desdits modèles préexistants; nous avons également quantifié l’impact en termes d’années de vie corrigées du facteur d’invalidité (AVCI) évitées. Nous avons ainsi comparé les différentes alternatives à l’aide d’une analyse différentielle des différents rapports coût-efficacité.

Tous les modèles montrent que le suivi clinique fournit un bénéfice significatif en comparaison d’un scénario hypothétique de base sans suivi ni modulation de stratégie adoptée. Le classique compte des cellules CD4 apporte un bénéfice plus important que le suivi clinique seul, à un coût qui le rend plus abordable dans la plupart des environnements que le suivi de la charge virale, actuellement plus couteux. Le suivi de la charge virale sans compte des cellules CD4 tous les 6-12 mois fournit les meilleures baisses de taux de morbidité et de mortalité, mais implique un coût plus élevé par AVCI évitée ; avec pour résultat une perte d’opportunités en matière d’économies réalisées dans les cas où  ce suivi est mis en place, au lieu d’amplifier l’égibilité à l’accès aux thérapies antirétrovirales.

Priorité devrait être donnée à la couverture antirétrovirale par les programmes de lutte contre le HIV ; premièrement lorsque le compte de cellules CD4 s’établit à moins de 350 cellules par μl, et ensuite lorsque ce compte s’établit à moins de 500 cellules par μl, effectué à l’aide de techniques meilleur marché ou de techniques de suivi de CD4. À l’heure actuelle, le suivi de la charge virale ne devrait être envisagé qu'à la suite d’intensives campagnes de traitements antirétroviraux. Les technologies nouvelles «au point d’intervention » et d’autres actions visant à une réduction des coûts pourrait rendre le suivi de la charge virale plus abordable dans le futur.  Daniel Keebler SM et al, dans The Lancet Global Health, publication en ligne en avant – première, 10 décembre 2013

Financement : Fondation Bill & Melinda Gates, OMS

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ