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jeudi 24 juillet 2014

Efficacité du paracétamol dans le traitement des dorsalgies basses aigues : étude randomisée en double – aveugle

Formulé à base de paracétamol, le Doliprane est indiqué en cas de douleur et/ou de fièvre. Il est recommandé en cas de maux de tête, de douleurs dentaires, de courbatures ou encore de règles douloureuses. Le Doliprane peut se présenter sous forme de comprimés, de gélules, de sachets et de suppositoires.
Source iconographique et légendaire: https://www.pharma-gdd.com/fr/paracetamol---doliprane--c160.html
Le paracétamol dans sa présentation classique est l’analgésique recommandé en première intention pour le traitement des dorsalgies basses aigues ; cependant, il n’existe aucune donnée probante de qualité pour appuyer cette recommandation. Notre but était d’étudier l’efficacité du paracétamol pris régulièrement ou en cas de besoin pour l’amélioration du temps nécessaire au soulagement de la douleur en comparaison du placebo, chez des patients présentant une dorsalgie basse.

Nous avons effectué une étude randomisée en double – aveugle, contrôlée par placebo dans 235 centres de soins primaires à Sidney, Australie, du 11 novembre 2009 au 5 mars 2013. Nous avons réparti les patients présentant une dorsalgie basse aigue sous ratio 1 :1 :1 pour recevoir du paracétamol a. de manière régulière sur une durée allant jusqu’à 4 semaines (trois fois par jour ; équivalent à 3990 mg de paracétamol par jour),  ou b. au besoin (pris quand nécessité de soulager la douleur à un moment précis ; jusqu’à 4 000 mg par jour au maximum), ou c. le placebo. La randomisation a été effectuée selon un système de génération de séquence de randomisation centralisé préparé par un chercheur ne participant ni au recrutement des patients ni à la collecte des données. Ni les patients ni le personnel n’avaient accès au tableau de randomisation, dans aucun des sites participant. Le critère primaire d’efficacité était le temps nécessaire au soulagement de la douleur lombaire, défini par un score de douleur de 0 ou 1 (échelle de douleur : de 0 à 10) ressenti par le patient, recueilli quotidiennement sur 7 jours consécutifs. Toutes les données ont été analysées sur population en intention de traiter. (…).

550 participants ont été affectés au groupe administration régulière (550 analysés), 549 au groupe administration au besoin (546 analysés), et 553 au groupe placebo (547 analysés). Le période de temps médiane nécessaire au soulagement de la douleur était de 17 jours (Intervalle de Confiance [IC] 95% 14-19) pour le groupe administration régulière, 17 jours (15-20) pour le groupe administration au besoin, et 16 jours pour le groupe placebo (hazard ratio [HR] administration régulière versus placebo 0.99, IC 95% 0.87-1.14 ; administration au besoin versus placebo 1.05, 0.92-1.19 ; administration régulière versus administration au besoin 1.05, 0.92-1.20). Nous n’avons enregistré aucune différence entre les groupes de traitement, pour ce qui est du temps nécessaire au soulagement de la douleur (valeur ajustée de p=0.79). L’adhésion à l’administration régulière de cachets (nombre médian de cachets consommés par participant et par jour 6 maximum ; 4.0 [Intervalle Interquartile -IQR- 1.6-5.7) dans le groupe administration régulière, 3.9 [1.5-5.6] dans le groupe administration au besoin, et 4.0 [1.5-5.7] dans le groupe placebo), ainsi que le nombre de participants rapportant des évènements indésirables (99 [18.5%] dans le groupe administration régulière, 99 [18.7%] dans le groupe administration au besoin, et 98 [18.5%] dans le groupe placebo) étaient similaires entre les groupes.

Nos résultats suggèrent que l’administration régulière ou au besoin de paracétamol n’a pas d’influence sur la période de temps nécessaire au soulagement de la dorsalgie basse, et remet en question l’adoption universelle du paracétamol dans ce groupe de patients. Dr Christopher M Williams PhD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant - première, 24 juillet 2014 

Financement : National  Health et Medical Research Council of Australia et Glaxosmithkline Australia


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ