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jeudi 11 septembre 2014

Combinaison de cediranib et d’olaparib versus olaparib seul chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant sensible au platine : étude de phase 2 randomisée

Ovaire. Epanchement péritonéal. Métastase tumorale dans l'ovaire. Coloration PAS. x 100
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/cancers-de-l-ovaire-predire-l-agressivite-tumorale-et-la-reponse-au-traitement
L’olaparib est un inhibiteur poly (ADP-ribose) de polymerase et le cediranib est un agent anti-angiogénique dont l’activité est dirigée contre les récepteurs VEGF (VEGFR) 1, VEGFR2, et VEGFR3. Tous deux possèdent une activité antitumorale chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant, et la combinaison de ces deux médicaments s’est montrée active avec un niveau de toxicité sous contrôle dans un essai de phase 1. Nous avons étudié si cette combinaison pouvait améliorer la survie sans progression de la maladie (PFS) en comparaison de l’olaparib administré en monothérapie chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant sensible au platine.

Dans notre étude de phase 2, randomisée, ouverte, nous avons recruté des femmes (âge 18 ans) atteintes d’un cancer de haut grade séreux, de l’endomètre, de l’ovaire, des trompes de fallope, ou cancer péritonéal primaire, ou encore atteintes de mutations BRCA1/2 de la lignée germinale à partir de neuf centres médicaux universitaires situés aux États – Unis d’Amérique. Nous avons réparti les participants (1:1) de manière aléatoire selon la méthode par « blocs de permutation », les avons stratifiés en fonction de leur statut de lignée germinale BRCA et leur statut de thérapie anti-angiogénique préalable, pour recevoir [des capsules d’olaparib 400 mg deux fois par jour] ou [la combinaison à la dose recommandée pour une phase 2 de 30 mg/jour de cediranib et de capsules d’olaparib 200 mg deux fois par jour]. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie sans progression analysée sur population en intention de traiter. L’étude de phase 2 ne recrute plus de patients à présent. Une analyse intermédiaire a été effectuée en novembre 2013, lorsque 50% des évènements attendus étaient effectivement survenus, et les résultats d’efficacité ont été rendus ouverts. L’analyse primaire a été effectuée le 31 mars 2014, après survenue de 47 évènements (correspondant à 66% du nombre total d’évènements attendus). (…).

Entre le 26 octobre 2011, et le 3 juin 2014, nous avons assigné de manière aléatoire 46 femmes au traitement olaparib seul, et 44 femmes à la combinaison de traitement olaparib et cediranib. La PFS médiane était de 17.7 mois (intervalle de Confiance [IC] 95% 14.7-non atteint) pour ce qui est des femmes sous cediranib + olaparib, en comparaison de la PFS médiane de 9.0 mois (IC 95% 5.7 – 16.5) des femmes sous olaparib en monothérapie (hazard ratio 0.42, IC 95% 0.23-0.76 ; p=0.005). Les évènements indésirables de grade 3 et de grade 4 étaient plus fréquents dans groupe [combinaison de traitement] que dans le groupe [monothérapie], et incluaient fatigue (12 patientes du groupe cediranib + olaparib versus cinq patients du groupe olaparib en monothérapie), diarrhée (dix versus aucune), et hypertension (18 versus aucune).

Le traitement cediranib + olaparib semble améliorer la PFS chez des femmes atteintes d’un cancer séreux ou de l’endomètre ou de l’ovaire, suggérant donc la poursuite d’études de phase 3. Le profil des effets secondaires observés suggère que ces investigations intègrent des données d’évaluation de qualité de vie rapportées par les patientes ; afin de mieux appréhender les effets d’un régime de traitement per os administré en continu avec une chimiothérapie administrée par intermittence. Dr Joyce F Liu MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 11 septembre 2014

Financement : American Recovery and Reinvestment Act grant from the National Institutes of Health (NIH) (3 U01 CA062490-16S2); Intramural Program of the Center for Cancer Research; and the Division of Cancer Treatment and Diagnosis, National Cancer Institute, NIH.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ