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mardi 28 octobre 2014

#rein #albumine #créatinine #hypertension #rénine #angiotensine #eplerenone #aldostérone Effet anti-albuminurique du bloqueur de l’aldostérone eplerenone chez les patients hypertendus non-diabétiques présentant une albuminurie : essai en double – aveugle, randomisé, et contrôlé par placebo

les principales complications associées à l'hypertension artérielle.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/circulation-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/hypertension-arterielle
Les inhibiteurs du système rénine-angiotensine ont des effets rénoprotecteurs chez les patients atteints de maladies rénales chroniques, mais la plupart des patients traités avec ces médicaments montrent quoi qu’il en soit une excrétion résiduelle d’albumine. Quelques études cliniques ont montré que le blocage des récepteurs aux minéralocorticoïdes diminue l’albuminurie. Le but de notre étude était d’examiner les effets bénéfiques de l’addition d’eplerenone, antagoniste sélectif de l’aldostérone aux inhibiteurs du système rénine-angiotensine chez les patients hypertendus atteints d’une maladie rénale non-diabétique.

Dans cet essai en double – aveugle, randomisé et contrôlé par placebo, nous avons recruté des patients atteints d’hypertension, âgés de 20 à 79 ans, présentant une albuminurie (ratio albumine/créatinine urinaire [UACR] de 30-599 mg/g) dans la première urine évacuée du matin, un taux de filtration glomérulaire de 50 mL/min et pour 1.73 m2 ou plus de surface glomérulaire ; et qui avaient reçu un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, un bloqueur du récepteur à l’angiotensine, ou les deux, sur une période de 8 semaines au minimum. Les participants étaient patients dans 59 cliniques ou hôpitaux situés au Japon. Les patients éligibles ont été répartis de manière aléatoire selon un ratio (1:1), stratifiés en fonction de paramètres relevés à la ligne de base, pour recevoir soit l’eplerenone à faible dose (50 mg / jour) soit le placebo, tout en poursuivant la prise de leur traitement anti-hypertenseur standard afin d’atteindre les objectifs thérapeutiques (< 130/80 mm Hg) pendant 52 semaines. Nous avons évalué l’efficacité chez tous les patients recevant le traitement qui leur était assigné, produit des résultats sur échantillons d’urine à la ligne de base et après traitement, et qui se maintenaient non-perdus de vue au suivi. Nous avons évalué l’innocuité chez tous les patients recevant les traitements qui leur étaient assignés. Le paramètre d’efficacité primaire était le pourcentage de changement en UACR dans la première urine évacuée du matin à la semaine 52, par rapport à la ligne de base. (…).

Entre le 1er avril 2009 et le 31 mars 2012, nous avons répartis de manière aléatoire les sujets inclus dans l’étude : 170 patients pour recevoir l’eplerenone (groupe eplerenone) et 166 patients pour recevoir le placebo (groupe placebo). L’analyse primaire d’efficacité a montré que le pourcentage moyen du changement en UACR par rapport à la ligne de base était de -17.3% (Intervalle de Confiance [IC] 95% de -33.5 à -0.94) pour les 158 patients du groupe eplerenone en comparaison de 10.3% (de -6.75 à 22.3) pour les 146 patients du groupe placebo (différence absolue -27.6% [de -51.15 à -3.96] ; p=0.0222). 
Pour ce qui est des analyses d’innocuité, 53 (31%) des 169 patients sous eplerenone ont montré des évènements indésirables (dont cinq graves), de même que 49 (30%) des 163 patients sous placebo (dont sept graves). Bien que la concentration moyenne en potassium fût plus élevée dans le groupe eplerenone que dans le groupe placebo, aucune hypercalcémie (>5.5 mmol/L) n’a été enregistrée dans les deux groupes de patients à l’étude.

L’addition d’eplerenone aux inhibiteurs du système rénine-angiotensine pourrait offrir des effets rénoprotecteurs par la réduction de l’albuminurie chez les patients non diabétiques atteints de maladie rénale chronique, sans problèmes sérieux d’innocuité. Katsuyuki Ando MD et al, The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 28 octobre 2014

Financement : Pfizer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ