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lundi 6 juillet 2015

#thelancetoncology #carcinomesquameuxdupoumon #afatinib #erlotinib Afatinib versus erlotinib comme traitement de seconde ligne de patients atteints de carcinome squameux du poumon* (LUX-Lung 8) : essai de phase 3 ouvert randomisé et contrôlé

Carcinome à cellules squameuses du poumon colorés avec le cocktail p63 (DAB) + TRIM 29 (FR)
Source iconographique et légendaire:  http://www.mediteservice.ch/html/fr/biocare_antikoerper_p_fr.php
Il existe un besoin majeur non satisfait en termes de traitements de patients atteints de carcinome squameux du poumon. L’essai LUX-Lung 8 avait pour but de comparer afatinib (un bloqueur irréversible de la famille ErbB) avec erlotinib (un inhibiteur irréversible de la tyrosine kinase de l’EGFR), comme traitement de seconde ligne chez des patients atteints de carcinome squameux du poumon avancé.

Nous avons effectué cet essai de phase 3 ouvert randomisé et contrôlé dans 183 centres de traitement du cancer situés dans 23 pays dans le monde. Nous avons recruté des adultes atteints de carcinome squameux du poumon de stade IIIB ou IV, dont la maladie avait progressé après avoir reçu au moins 4 cycles de chimiothérapie à base de platine. Les participants ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir afatinib (40 mg/jour) ou erlotinib (150 mg/jour) jusqu’à progression de la maladie.  La randomisation a été réalisée de manière centralisée à l’aide d’un système vocal ou internet de réponse interactive, et stratifiée en fonction de l’origine ethnique (patient originaire de l’est asiatique ou patient non originaire de l’est asiatique). Les cliniciens et les patients avaient accès au tableau de randomisation de l’étude. Le critère principal était la survie sans progression de la maladie, évalué par un comité d’experts indépendant, sur population en intention de traiter. Le critère secondaire de l’étude était la survie globale. (…).

795 patients éligibles ont été répartis de manière aléatoire (398 pour recevoir afatinib  et 397 pour recevoir erlotinib). La durée médiane de suivi au moment de l’analyse primaire de la survie sans progression de la maladie était de 6.7 mois (Intervalle Interquartile -IQR- 3.1-10.2) ; le recrutement n’étant pas achevé à ce moment-là.
La survie sans progression de la maladie -lors de l’analyse primaire- était significativement plus longue chez les patients sous afatinib que chez les patients sous erlotinib (médiane de survie sans progression: 2.4 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 1.9-2.9] versus 1.9 mois [1.9-2.2] ; hazard ratio [HR] 0.82 [IC 95% 0.68-1.00], p=0.0427).
Au moment de l’analyse primaire de la survie globale (durée médiane de suivi : 18.4 mois [IQR 13.8-22.4]), la survie globale était significativement plus élevée dans le groupe afatinib que dans le groupe erlotinib (médiane de survie globale 7.9 mois [IC 95% 7.2-8.7] versus 6.8 mois [5.9-7.8] ; HR 0.81 [IC 95% 0.69-0.95], p=0.0077), de même que la survie sans progression (médiane : 2.6 mois [IC 95% 2.0-2.9] versus 1.9 mois [1.9-2.1] ; HR 0.81 [IC 95%0.69-0.96], p=0.0103) et le contrôle de la maladie (201 [51%] patients sur 398 versus 157 [40%] patients sur 397 ; p=0.0020). La proportion de patients présentant une réponse objective au traitement n’a pas montré de différence significative entre les groupes (22 [6%] versus 11 [3%] ; p=0.0551). La régression tumorale est survenue chez 103 (26%) des 398 patients  versus 90 (23%) sur 397 patients.
Les profils d’événements indésirables étaient similaires dans les deux groupes : 224 (57%) des 392 patients du groupe afatinib versus 227 (57%) du groupe erlotinib ont présenté des événements indésirables de grade 3 ou plus. Nous avons enregistré des incidences plus élevées de diarrhées de grade 3 liées au traitement avec afatinib (39 [10%] versus neuf [2%]), de stomatite de grade 3 avec afatinib (16 [4%] versus aucune), et d’éruption cutanée ou acné de grade 3 avec erlotinib (23 [6%] versus 41 [10%]).

Les améliorations significatives de la survie sans progression de la maladie et de la survie globale avec afatinib - comparé à erlotinib - accompagnées d’un profil de sécurité d’essai et un mode d’administration per os perçu comme pratique, suggèrent que l’afatinib pourrait représenter une option de traitement supplémentaire chez les patients atteints de carcinome pulmonaire squameux. Prof Jean-Charles Soria et al, publication en ligne en avant-première, 5 juillet 2015

*carcinome squameux du poumon = carcinome à cellules squameuses du poumon

Financement : Boehringer Ingelheim

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ