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jeudi 21 septembre 2017

#thelancet #dondusang Efficacité et innocuité de la variation de fréquence du don de sang total (INTERVAL): essai randomisé sur une population de 45 000 donneurs

4 dons de sang total par an pour une femme et 6 dons de sang total par an pour un homme sont actuellement autorisés en France. On peut donner jusqu'à l'âge de 70 ans.
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Don_du_Sang_2013.jpg 
Les limites sur la fréquence du don de sang total sont mues par l’exigence de préservation de la santé du donneur. Cependant, il existe des variations substantielles concernant la fréquence maximale autorisée des dons selon les services considérés, en charge de la gestion des dons de sang. Nous avons comparé les pratiques standard en la matière au Royaume – Uni avec les intervalles inter-dons plus courts, appliqués dans d’autres pays.

Dans cet essai pragmatique, randomisé, à groupes parallèles, nous avons recruté des donneurs de sang total, âgés de 18 ans et plus, dans 25 centres situés en Angleterre (Royaume – Uni). À l’aide d’un algorithme de séquence aléatoire de randomisation généré par ordinateur, nous avons réparti des sujets de sexe masculin (1:1:1) dans des groupes de prélèvement pour don de sang à intervalles de 12 semaines (pratique standard) versus 10 semaines versus 8 semaines respectivement, et des sujets de sexe féminin dans des groupes de prélèvement pour dons de sang à intervalles de 16 semaines (pratique standard) versus 14 semaines versus 12 semaines. Les participant(e)s avaient accès au tableau de répartition des sujets dans les groupes.  Le critère principal d’évaluation était le nombre de dons sur 2 ans. Les critères secondaires d’évaluation liés à l’innocuité étaient la qualité de vie, les symptômes potentiellement reliés au don, l’activité physique, la fonction cognitive, les concentrations en hémoglobine et ferritine, et les défections dues à un niveau bas d’hémoglobine. Cet essai ne recrute désormais plus de patients. (…).

45 263 donneurs de sang total (22 466 hommes, 22 797 femmes) ont été recrutés entre le 11 juin 2012 et le 15 juin 2014. Les données ont été analysées chez 45 042 (99.5%) participant(e)s. Les hommes ont été tirés au sort pour rejoindre les groupes 12 semaines (n=7 452) versus 10 semaines (n=7 449) versus 8 semaines (n=7 456) ; et les femmes pour rejoindre les groupes 16 semaines (n=7 550) versus 14 semaines (7 567) versus 12 semaines (7 568). Chez les hommes, le volume moyen de sang collecté par donneur sur 2 années a augmenté de 1.69 unités (Intervalle de Confiance [IC] 1.59-1.80 ; 795 mL approximativement) dans le groupe 8 semaines, et de 0.79 unités (0.69-0.88 ; 370 mL approximativement) dans le groupe 10 semaines, comparé au groupe 12 semaines (p<0.0001 pour les 2 comparaisons indépendantes).
Chez les femmes, le volume moyen de sang collecté par donneuse a augmenté de 0.84 unités (IC 95% 0.76-0.91) ; 395 mL approximativement) dans le groupe 12 semaines et de 0.46 unités (0.39-0.53 ; 215 mL approximativement) dans le groupe 14 semaines, comparé au groupe 16 semaines (p<0.0001 pour les 2 comparaisons indépendantes).
Aucune différence significative n’a été observée en termes de qualité de vie, d'activité physique, ou de fonction cognitive dans l’ensemble des groupes randomisés. Cependant, une fréquence accrue des dons a eu pour résultat un accroissement des symptômes reliés au don de sang (fatigue, essoufflement, sensation d’évanouissement, étourdissements, jambes sans repos, plus spécialement chez les hommes [pour tous les symptômes évoqués ci-dessus]), concentrations moyennes en hémoglobine et ferritine abaissées, et une fréquence accrue de défections du fait d’une hémoglobine abaissée (p<0.0001 pour chaque paramètre); en comparaison des observations effectuées dans les groupes à fréquence standard de don de sang.

Sur 2 ans, une fréquence accrue d’actes de don de sang par rapport aux pratiques en vigueur au Royaume – Uni a permis de recueillir des volumes de sang significativement plus élevés dans produire d’effets majeurs en termes de qualité de vie, sur l’activité physique, ou sur la fonction cognitive ; toutefois, elle a résulté en une fréquence accrue de prévalence de symptômes reliés au don du sang, défections et déficience en fer. Emanuele Di Angelantonio, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 20 septembre 2017

Financement :  NHS Blood and Transplant, National Institute for Health Research, UK Medical Research Council, and British Heart Foundation.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ