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mardi 10 juillet 2018

#thelancetoncology #tumeurdufoie #doxorubicine #liposomes #ultrasons Sécurité et faisabilité de la délivrance déclenchée par ultrasons du médicament ciblé doxorubicine à partir de liposomes thermosensibles dans les tumeurs du foie (TARDOX) : étude monocentrique ouverte de phase 1

Traitement du Cancer par Hyperthermie (Sonotherm 1 000) par Labthermics.
Cette méthode vise à amplifier l'effet de la chimiothérapie (voir texte ci-après).
Source iconographique:  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hyperthermia_Treatment_For_Cancer

De précédentes recherches précliniques ont montré que les dispositifs médicaux extracorporels peuvent être utilisés pour amplifier la libération et la distribution de médicaments anticancéreux administrés de manière systématique, résultant ce faisant en une augmentation des concentrations intratumorales en principes actifs. Notre but était d’évaluer l’innocuité et la faisabilité d’une libération ciblée et d’une distribution augmentée de doxorubicine dans les tumeurs solides à partir de liposomes thermosensibles, déclenchée par hyperthermie modérée induite par des ultrasons ciblés par ultrasons non invasifs.

Nous avons effectué un essai ouvert monocentrique de phase 1 dans un unique centre hospitalier situé au Royaume – Uni. Des patients adultes (âgés de 18 ans et plus) atteint de tumeurs hépatiques primaires ou secondaires ne pouvant être réduites par résection ou ablation ; tous les sous-types histologiques pouvaient être pris en considération pour cette étude. Les patients ont reçu 50 mg/m2 par perfusion intraveineuse unique de doxorubicine liposomale lyso-thermosensible (LTLD), suivi d'une exposition extracorporelle ciblée d’une tumeur hépatique unique à des ultrasons. L’essai était effectué en deux étapes : en phase I, il était effectué une implantation intratumorale d’un dispositif de mesure thermométrique tumorale en temps réel chez les patients, alors qu’en phase II, les patients évoluaient sans mesures thermométriques, et nous avons utilisé un modèle de prédiction des paramètres d’exposition optimale. Nous avons étudié les biopsies des tumeurs – pour ce qui est de leur concentration en doxorubine et de la quantité de doxorubine reçue - obtenues avant et après distribution ciblée de la doxorubicine par ultrasons. Le critère principal d’évaluation de l’étude était le doublement de la concentration intratumorale totale en doxorubicine chez les patients traités, sur la population en intention de traiter. (…).

Entre le 13 mars 2015, et le 27 mars 2017, dix patients ont été recrutés dans l’étude (six patients pour la phase I et quatre pour la phase II), et ont reçu une dose de LTLD suivie d’une exposition à des ultrasons. Le traitement a eu pour résultat une augmentation moyenne de 3.7 fois de la concentration en doxorubicine mesurée dans les biopsies intratumorales, partant d’une estimation de 2.34 μg/g (Déviation Standard -DS- 0.93) immédiatement après perfusion du médicament, pour atteindre 8.56 μg/g (5.6) après exposition ciblée aux ultrasons. Des augmentations de deux à dix fois desdites concentrations ont été observées chez sept (70%) patients sur dix, satisfaisant donc au critère principal d’évaluation de l’étude.
Les événements indésirables graves rapportés étaient des neutropénies transitoires de grade 4 attendues chez cinq patients, et une durée prolongée d’hospitalisation due à un trouble confusionnel de grade 1 chez un patient. Les événements indésirables de grade 3-4 enregistrés étaient neutropénie (de grade 3 chez un patient et de grade 4 chez cinq patients), et une anémie de grade 3 chez un patient. Aucun décès dû au traitement n’a été relevé.

Le traitement combiné LTLD + hyperthermie non invasive induite par des ultrasons ciblés semble être cliniquement réalisable, sûr, et de nature à amplifier la délivrance intratumorale de médicament, produisant ainsi une réponse chimio-ablative ciblée sur des tumeurs hépatiques humaines réfractaires à la chimiothérapie standard. Paul C Lyon, DPhil, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 9 juillet 2018

Financement : Oxford Biomedical Research Centre, National Institute for Health Research

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ
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