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jeudi 10 janvier 2013

Bevacizumab + paclitaxel versus bevacizumab + capecitabine comme traitements de première ligne dans le cancer du sein métastatique HER2-négatif : résultats intermédiaires d’efficacité de l’essai de phase 3 de non - infériorité randomisé, ouvert TURANDOT

Cancer du sein métastatique. La scintigraphie osseuse a montré de multiples métastases disséminées sur le squelette axial. Une fixation viscérale inhabituelle a été notée intéressant les poumons, le myocarde, l'estomac et les reins. In Médecine Nucleaire Volume 35, Issue 10, Octobre 2011, Pages 596-598
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0928125811002014

Les essais randomisés de phase 3 dans le cancer du sein métastatique ont montré que la combinaison bevacizumab + (paclitaxel ou capecitabine) améliore de manière significative la survie sans progression de la maladie et le taux de réponse en comparaison de la seule chimiothérapie ; mais l’efficacité relative de (bevacizumab + paclitaxel) versus (bevacizumab + capecitabine) n’avait pas été sujette à investigation. Nous avons comparé les deux régimes de traitement.

Dans cet essai de phase 3 de non – infériorité, ouvert, des patientes atteintes de cancer du sein métastatique HER2-négatif qui n’avaient pas reçu au préalable de chimiothérapie pour traitement de leur pathologie à un stade avancé ont été randomisées (à l’aide d’une séquence généré par ordinateur ; ratio 1:1 ; en blocs de six ; stratifiées selon le statut des récepteurs hormonaux, le pays, et le statut ménopausique) pour recevoir soit bevacizumab par voie intraveineuse (10 mg/kg aux jours 1 et 15) + paclitaxel par voie intraveineuse (90 mg / m2 aux jours 1, 8, et 15), en cycles répétés toutes les 4 semaines (groupe paclitaxel) ou bevacizumab par voie intraveineuse (15 mg / kg au jour 1) + capecitabine per os (1000 mg /m2 deux fois par jour aux jours 1 – 14), en cycles répétés toutes les 3 semaines (groupe capecitabine) ; jusqu’à progression de la maladie ou apparence d’effets toxiques non – acceptables. L’allocation des traitements était visible par tous, du fait des différentes voies d’administration et longueurs de cycles. L’objectif principal était de montrer la non – infériorité en matière de survie globale avec bevacizumab + capecitabine versus bevacizumab + paclitaxel. Nous rapportons les résultats intermédiaires de l’analyse globale de survie, planifiée après 175 décès dans la population per-protocole. (…).

Entre le 10 septembre 2008 et le 30 août 2010, nous avons randomisé 564 patientes (groupe paclitaxel n=285 ; groupe capecitabine n=279) dans 51 centres situés dans 12 pays. La population per-protocole était constituée de 533 patientes (groupe paclitaxel n=268 ; groupe capecitabine n=265). Après un suivi médian de 18,6 mois (Intervalle Interquartile – IQR – [14,9-24,7]), 181 patientes de la population per – protocole étaient décédées (89 [33%] dans le groupe paclitaxel ; 92 [35%] dans le groupe capecitabine). Le hazard ratio [HR] relatif à la survie globale était de 1,0 (Intervalle de Confiance – IC – répété 97,5%, de - ∞ à 1,69 ; p=0,059) ; le critère de non – infériorité n’était pas été réalisé dans l’analyse intermédiaire (α intermédiaire = 0,00105). Un nombre plus élevé de patientes recevant bevacizumab + palclitaxel ont montré une réponse objective au traitement que les patients recevant bevacizumab + capecitabine (125 [44%] des 285 patientes versus 76 [27%] des 279 patientes ; p<0,0001). De la même façon, la survie sans progression de la maladie était plus élevée dans le groupe paclitaxel que dans le groupe capecitabine (survie médiane sans progression 11,0 mois [IC 95% 10,4-12,9] versus 8,1 mois [7,1-9,2] ; HR 1,36 [IC 95% 1,09-1,68] ; p=0,0052). Les évènements indésirables de grade 3 ou plus les plus communs étaient neutropénie (51 [18%]), neuropathie périphérique (39 [6%]), et leucopénie (20 [7%] ) dans le groupe paclitaxel ; syndrome pied – main (44 [16%]), hypertension (16 [6%]), et diarrhée (15 [5%] dans le groupe capecitabine. Un décès lié au traitement est survenu dans le groupe paclitaxel, aucun décès lié au traitement n’a été relevé dans le groupe capecitabine.

Dans cette analyse intermédiaire planifiée, le critère de non – infériorité n’a pas été satisfait et les résultats de survie globale ne sont pas concluants. Les résultats finaux sont attendus pour 2014. La durée de survie sans progression de la maladie a montré de meilleurs résultats, et plus des patientes ont montré une réponse objective aux traitements avec bevacizumab + paclitaxel qu’avec bevacizumab + capecitabine. Les résultats d’efficacité dans les deux groupes étaient en rapport avec les données précédentes. Prof Istvan Lang MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication 10 January 2013

Financement: Central European Cooperative Oncology Group, Roche

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ