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lundi 16 mars 2020

#thelancet #arthritepsoriasique #guselkumab Guselkumab chez des patients atteints d’arthrite psoriasique biologiquement naïfs ou qui n’ont pas reçu de traitement par inhibiteur du TNFα au préalable (DISCOVER-1) : essai de phase 3 randomisé, en double-aveugle, contrôlé par placebo

IRM précontraste (a) et IRM postcontraste (b) de doigts d'un patient atteint d'arthrite psoriasique. Les flèches épaisses indiquent la synovite. Le cercle blanc indique une prolifération osseuse. Les flèches fines indiquent une augmentation extracapsulaire, signe d'une probable enthésiopathie (...).
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Psoriatic_arthritis_fingers_ar1934-1.gif

Beaucoup de patients atteints d’arthrite psoriasique présentent une réponse inadéquate aux inhibiteurs du facteur de nécrose tumorale (TNF). Le guselkumab, un inhibiteur spécifique de l’interleukine-23 (IL-23) par liaison à la sous-unité p19 de IL-23 a amélioré de manière significative les signes d’arthrite psoriasique et les symptômes avec un profil d’innocuité acceptable dans un essai de phase 2.

Pour cet essai multicentrique de phase 3 réalisé dans 86 sites situés en Asie, Australasie, Europe, et Amérique du Nord ; on a recruté des adultes atteints d’arthrite psoriasique (au moins trois articulations enflées et trois articulations douloureuses et un taux de protéine C-réactive 0.3 mg/dL),  malgré les thérapies standard administrées. Les critères d’éligibilité incluaient une réponse inadéquate ou une intolérance au traitement standard, au moins 4 mois d’administration d’apremiplast, au moins 3 mois de médicaments antirhumatismaux non-biologiques (DMARDs), ou au moins 4 semaines de médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens pour le traitement de l’arthrite psoriasique. Environ 30% des participants à l’étude pouvaient avoir reçu un ou deux inhibiteurs du TNF. Les patients ont été répartis au hasard (1 :1 :1 à l’aide d’un système informatique - … - ; stratifiés par DMARD administré à la ligne de base et précédent traitement à base d’inhibiteur du TNF); pour recevoir le guselkumab 100 mg toutes les 4 semaines: guselkumab 100 mg à la semaine 0, 4, puis toutes les 8 semaines ou le placebo. Le critère principal était la mesure d’une amélioration supérieure à 20% selon les critères de l’American College of Rheumatology (ACR20) à la semaine 24 chez tous les patients par groupe de traitement. L’innocuité était évaluée chez tous les patients par traitement reçu. (…).

Entre le 28 août 2017, et le 17 août 2018, nous avons dépisté 624 patients, dont 381 ont été répartis au hasard et traités avec guselkumab toutes les 4 semaines (n=128), guselkumab toutes les 8 semaines (n=127), ou le placebo (n=126). 362 patients ont poursuivi la prise du traitement jusqu’à la semaine 24. Le critère principal a été satisfait : ACR20 a été atteint en proportion significativement plus importante chez les patients du groupe recevant le guselkumab toutes les 4 semaines (76 [59%] patients sur 128 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 50-68]) et chez les patients du groupe recevant le guselkumab toutes les 8 semaines (66 [52%] sur 127 [43-61]) que dans le groupe placebo (28 [22%] patients sur 126 [15-30]), avec des différences en pourcentage significatives pour les deux groupes de traitements guselkumab versus placebo (p<0.0001).
Des évènements indésirables graves sont survenus chez 4 patients (3%) recevant le guselkumab toutes les 8 semaines, et cinq (4%) patients recevant le placebo. Jusqu’à la semaine 24, un patient du groupe placebo est décédé d’une insuffisance cardiaque et deux ont souffert d’infections sérieuses ; aucun patient recevant le guselkumab n’est décédé ni n’a souffert d’infections graves.

Le guselkumab a démontré un profil bénéfice-risque favorable et pourrait représenter une option de traitement efficace pour les patients souffrant d’arthrite psoriasique active. Prof Atul Deodhar, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 13 mars 2020

Financement : Janssen Research and Development

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 1 octobre 2015

#thelancet #arthritepsoriasique #inflammation Effet d’un contrôle strict de l’inflammation dans l’arthrite psoriasique précoce (TICOPA) : une étude britannique multicentrique, ouverte, randomisée et contrôlée

Arthrite psoriasique (mains)
Source: http://crdq.ca/fr/participants/fiches-dermatologiques/arthrite-psoriasique/9/
Une intervention précoce et un contrôle strict de l’inflammation optimise les traitements de l’arthrite rhumatoïde, mas ces approches n’ont pas encore été évaluées dans le cas de l’arthrite psoriasique. Notre but était d’évaluer l’effet d’un contrôle strict de l’arthrite psoriasique précoce à l’aide d’une approche ciblée.

Pour cette étude ouverte multicentrique randomisée et contrôlée, des patients adultes (âgés de 18 ans et plus) atteints d’arthrite psoriasique précoce (durée des symptômes < 24 mois), qui n’avaient pas précédemment reçu de traitement anti-rhumatoïde agissant sur leur pathologie, ont été recrutés dans huit centres de soins secondaires spécialisés en rhumatologie situés au Royaume-Uni. Les patients recrutés étaient répartis de manière aléatoire (1:1) pour être placés soit sous contrôle strict (avec visite de suivi toutes les 4 semaines et avec administration d’un traitement à dose progressive si le patient ne répond pas au critère d’activité pathologique minimale) ou sous prise en charge standard (thérapie standard selon le médecin traitant, avec visite de suivi toutes les 12 semaines) pendant 48 semaines. La randomisation était effectuée par minimisation comprenant un élément aléatoire, afin d’assurer l’établissement de groupes de traitement équilibrés – par centre de randomisation et profil de pathologie arthritique (oligoparticulaire versus polyparticulaire). La randomisation a été réalisée à l’aide d’un système téléphonique automatisé basé à l’Institut de Recherche Clinique de Leeds (Leeds, Royaume-Uni). Il s’agissait d’une étude ouverte, où à la fois patients et cliniciens avaient accès au tableau de randomisation. Les résultats cliniques ont été enregistrés à l’aveugle par un assesseur toutes les 12 semaines. Le paramètre primaire d’efficacité était le pourcentage de patients répondant aux critères American College of Rheumatology 20 (ACR 20) à 48 semaines, analysé en intention de traiter - avec imputation multiple des données ACR manquantes. Le rapport coût-efficacité a aussi été évalué. (…).

Entre le 28 mai 2008 et le 21 mars 2012, 206 patients éligibles ont été recrutés et répartis de manière aléatoire pour être placés sous contrôle strict (n=101) ou prise en charge standard (n=105). Dans la population en intention de traiter, la probabilité d’atteinte d’une réponse ACR20 à 48 semaines était plus élevée dans le groupe contrôle strict que dans le groupe prise en charge standard (odds ratio 1.91, Intervalle de Confiance -IC- 95% 1.03-3.55 ; p=0.0392). Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez 20 (10%) patients (25 évènements chez 14 [14%] patients dans le groupe contrôle strict et huit évènements chez six [6%] dans le groupe prise en charge standard) au cours de l’étude. Aucun évènement indésirable grave inattendu ou de décès n’est survenu.

Le strict contrôle de l’activité arthritique psoriasique par une approche ciblée est de nature à améliorer significativement les effets mutualisés des traitements chez les patients nouvellement diagnostiqués, sans qu’aucun évènement indésirable grave inattendu ne soit rapporté. Laura C Coates, MRCP, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 30 septembre 2015

Financement : Arthritis Research UK et Pfizer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ