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mercredi 25 novembre 2015

#thelancetdiabetes&endocrinology #diabètedetype2 #hypertension #dapagliflozin #SGLT-2 Pression artérielle et effets glycémiques de dapagliflozin versus placebo chez des patients atteints de diabète de type 2 en combinaison avec un traitement antihypertenseur : étude randomisée de phase 3 en double-aveugle et contrôlée par placebo

Prévalence du diabète dans le monde (...)
Source: http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/le-diabete/les-chiffres-du-diabete.html
L’hypertension est une comorbidité fréquente chez les patients atteints de diabète mellitus de type 2 et représente un risque majeur de maladie microvasculaire et macrovasculaire. Bien que les effets antihypertenseurs  des inhibiteurs du transporteur du glucose dépendants du sodium-2  (SGLT-2) sont déjà connus, un guidage plus concret est nécessaire sur le mode d’utilisation de ces médicaments chez les patients recevant déjà un traitement antihypertenseur. Notre but était de comparer les effets sur la pression artérielle et la glycémie de l’inhibiteur du SGLT-2 dapagliflozin avec le placebo chez des patients  ne parvenant pas à contrôler leur diabète de type 2 et leur hypertension.

Dans cette étude randomisée de phase 3 en double-aveugle et contrôlée par placebo, nous avons recruté des patients dans 311 centres situés dans 16 pays sur les cinq continents. Ces patients présentaient un diabète de type 2 (HbA1c 7.0%-10.5% ; 53-91 mmol/mol) et une hypertension (systolique 140-165 mm Hg et diastolique 85-105 mm Hg au recrutement et à la randomisation, et une pression artérielle moyenne sur 24 h 130/80 mm Hg mesurée en ambulatoire pendant la semaine de randomisation), d'autre part, les patients recevaient des médicaments hypoglycémiants, de l’insuline, ou les deux, plus un bloqueur du système rénine-angiotensine et un médicament antihypertenseur complémentaire.
Nous avons, à l’aide d’un système vocal interactif, réparti les patients pour recevoir dapagliflozin 10 mg une fois par jour ou le placebo, et effectué ce faisant la randomisation (1:1) par stratification en fonction de l’utilisation d’un médicament antihypertenseur additionnel et de l’insuline à la ligne de base, en blocs de deux. Les critères principaux d’évaluation étaient les changements de la pression artérielle systolique en position assise et les taux d’HbA1c mesurés dans l’ensemble d’analyse intégral, qui incluait tous les patients qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude et qui pouvaient présenter des données d’efficacité à la ligne de base et au moins une valeur d’efficacité post-ligne de base.

Entre le 29 octobre 2010 et le 4 octobre 2012, nous avons réparti 225 patients de manière aléatoire pour recevoir le dapagliflozin et 224 pour recevoir le placebo. La pression artérielle systolique était significativement diminuée chez les patients recevant le dapagliflozin (changement moyen ajusté à partir de la ligne de base -11.90 mm Hg [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -13.97 à -9.82]) en comparaison de ceux recevant le placebo (-7.62 mm Hg [de -9.72 à -5.51] ; différence ajustée par rapport au placebo pour le dapagliflozin -4.28 mm Hg [de -6.54 à -2.02] ; p=0.0002). Les diminutions de concentration en HbA1c étaient également significativement plus importantes chez les patients recevant le dapagliflozin (moyenne ajustée du changement par rapport à la ligne de base -0.63% [IC 95% de -0.76 à – 0.46] ; p<0.0001). Dans une analyse post-hoc, nous avons trouvé que la différence en pression artérielle versus placebo était plus importante chez les patients recevant β-bloquant (-5.76 mm Hg [IC 95% de -10.28 à -1.23]) ou un inhibiteur des canaux calciques (-5.13 mm Hg, [de -9.47 à -0.79]) de même que leur médicament antihypertenseur additionnel que ceux recevant un diurétique thiazide (-2.38 mm Hg [de -6.16 à 1.40]). Les évènements indésirables étaient similaires dans les groupes dapagliflozin et placebo (98 [44%] patients versus 93 [42%] patients, respectivement, ont montré au moins un évènement indésirable), avec quelques évènements indésirables liés à la fonction rénale (1% versus 1%) ou perte de volume (<1% versus 0%).

Le dapagliflozin 10 mg a amélioré la pression artérielle ainsi que la concentration en HbA1c de manière significative et a montré le même profil de tolérance que le placebo. Ses propriétés antihypertensives étaient particulièrement favorables chez les patients recevant déjà un β-bloquant ou un inhibiteur des canaux calciques. Le dapagliflozin pourrait être bénéficiaire aux patients atteints de diabète de type 2, et qui nécessitent un contrôle optimal de leur pression artérielle par un effet diurétique-like, améliorant ce faisant l’efficacité aux régimes médicamenteux antihypertenseurs. Dr Michael A. Weber MD, et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 24 novembre 2015   

Financement : Bristol-Myers Squibb, Astra Zeneca

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 26 janvier 2015

#thelancet #hypertension #dénervationrénale #antihypertenseur Administration d’un antihypertenseur avec ou sans dénervation rénale comme protocoles de soins optimaux standardisés et échelonnés pour le traitement l’hypertension résistante (DENERHTN) : étude multicentrique ouverte et randomisée

Source iconographique: http://www.lesechos.fr/03/05/2012/LesEchos/21178-041-ECH_la-denervation-renale-pour-lutter-contre-l-hypertension.htm
Il n'a été rapporté, jusqu’à présent, que de conflictuels résultats concernant les effets antihypertenseurs de la dénervation de rénale par cathétérisme des artères rénales. Nous avons comparé l’efficacité d’abaissement de la tension artérielle et l’innocuité de la dénervation rénale par radiofréquences, additionnée à un traitement antihypertenseur administré de manière échelonnée versus ce même traitement seul – c.à.d sans dénervation rénale par radiofréquences – chez des patients atteints d’hypertension résistante.

La dénervation rénale pour traitement de l’hypertension (DENERHTN) était un essai prospectif, effectué en ouvert, randomisé et contrôlé avec évaluation de critère à l’insu chez des patients atteints d’hypertension résistante, effectué dans 15 centres de soins tertiaires spécialisés dans la prise en charge de l’hypertension, situés en France. Les patients éligibles, âgés de 18 à 75 ans ont reçu [indapamide 1.5 mg, ramipril 10 mg (ou irbesartan 300 mg), et amlodipine 10 mg] tous les jours pendant 4 semaines, afin de confirmer leur résistance aux traitementx par monitorage en ambulatoire de leur tension artérielle avant randomisation.
Les patients ont ensuite été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir soit une dénervation rénale + un régime médicamenteux SSAHT (groupe dénervation rénale) ou le même régime médicamenteux SSAHT seul  (groupe de contrôle). La séquence de randomisation était générée par ordinateur, et stratifiée par centres. Pour ce qui est du régime médicamenteux SSAHT, après randomisation, sprironolactone 25 mg par jour, bisoprodol 10 mg par jour, prazosin 5 mg par jour, et rilmenidine 1 mg par jour ont été additionnés de manière séquentielle à partir du mois 2 jusqu’au mois 5 dans les deux groupes si la tension artérielle était supérieure ou égale à 135/85 mm Hg. Le critère principal d’évaluation était le changement de pression artérielle systolique diurne de la ligne de base à 6 mois, mesuré par monitorage de la pression artérielle effectué en ambulatoire. Le changement moyen de la pression artérielle systolique diurne ambulatoire était de -15.8 mm Hg (Intervalle de Confiance [IC] 95% de -19.7 à -11.9) dans le groupe dénervation rénale et de -9.9 mm Hg (de -13.6 à -6.2) dans le groupe recevant SSAHT seul, avec une différence ajustée à la ligne de base de -5.9 mm Hg (-11.3 à -0.5 ; p=0.0329). Le nombre de médicaments antihypertenseurs utilisés et l’adhésion aux traitements médicamenteux à 6 mois était similaire dans les deux groupes. Trois événements indésirables mineurs liés à la dénervation ont été notés (douleur lombaire chez deux patients et un hématome de l'aine modéré chez un patient). Une diminution modérée et similaire en taux estimé de filtration glomérulaire à partir de la ligne de base à 6 mois a été observée dans les deux groupes.

Chez des patients présentant une hypertension résistante bien définie, la dénervation rénale + traitement SSAHT diminue la pression artérielle mesurée en ambulatoire de manière significativement plus importante que le traitement SSAHT seul. Cet effet antihypertenseur additionnel pourrait contribuer à une réduction de la morbidité cardiovasculaire s’il se maintient à long terme après dénervation rénale. Prof Michel Azizi MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 25 janvier 2015

Financement : Ministère de la Santé, France

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ