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vendredi 25 octobre 2019

#thelancetoncology #cancerduseinmétastasé #palbociclib #exemestane Palbociclib plus exemestane avec un agoniste de l’hormone libératrice de gonadotrophines versus capecitabine chez des femmes préménopausées atteintes de cancer du sein métastasé positif aux récepteurs hormonaux, HER-2 négatif (KCSG-BR15-10) : essai de phase 2 multicentrique ouvert, randomisé

Métastases gastriques d'un cancer primaire du sein
Source: https://www.flickr.com/photos/euthman/5610159161
L'hormonothérapie est recommandée par les directives cliniques et désignée comme le meilleur choix de traitement chez les femmes préménopausées de même que chez les femmes postménopausées atteintes de cancer du sein positif aux récepteurs hormonaux HER-2 négatif métastasé. En pratique clinique commune, cependant, un nombre important de patientes sont traitées par chimiothérapie. Notre but était de comparer l’activité antitumorale sur le plan clinique et l’innocuité de l’administration de palbociclib plus hormonothérapie avec celles obtenues par l’administration de capecitabine comme chimiothérapie chez des patientes préménopausées atteintes de cancer du sein positif aux récepteurs hormonaux HER-2 négatif métastasé. 

Cette étude ouverte de phase 2 a été réalisée dans 14 instituts universitaires situés en Corée du Sud. Les femmes préménopausées, âgées de 19 ans ou plus, atteintes de cancer du sein positif aux récepteurs hormonaux HER-2 négatif dont la maladie avait récidivé ou progressé au cours du traitement précédent au tamoxifène ; présentant un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group performance status dans le texte) ont été incluses. Une ligne de traitement de chimiothérapie précédente pour administration sur cancer du sein métastasé était autorisée. Les patientes étaient réparties au hasard dans les groupes, à l’aide d’un schéma de randomisation par blocs permutés (blocs de deux), pour recevoir palbociclib plus hormonothérapie combinée (exemestane 25 mg par jour per os pendant 28 jours et palbociclib 125 mg per os par jour pendant 21 jours toutes les 4 semaines plus leuprolide 3.75 mg par voie sous-cutanée toutes les 4 semaines) ou chimiothérapie (capecitabine 1250 mg/m2 per os deux fois par jour pendant 2 semaines toutes les 3 semaines). La randomisation était stratifiée par [chimiothérapie précédente reçue pour traitement d’un cancer du sein métastasé] et [métastases viscérales]. Toutes les analyses ont été réalisées dans une population en intention de traiter modifiée qui excluait les patientes qui n’avaient reçu aucun médicament à l’étude. Cette étude (…) est toujours en cours pour suivi et évaluation de survie globale.

Entre le 15 juin 2016 et le 10 décembre 2018, 189 patientes ont été recrutées, dont 184 ont été réparties dans le groupe recevant le palbociclib plus hormonothérapie (groupe palbociclib plus hormonothérapie) (n=92) ou le groupe recevant la capecitabine (groupe capecitabine) (n=92). Six patientes du groupe capecitabine sont sorties d’étude avant administration de médicament (…). 46 (50%) patientes sur les 92 du groupe palbociblib plus hormonothérapie et 45 (49 %) patientes des 92 du groupe capecitabine étaient naïves de tout traitement contre le cancer du sein métastasé. Au cours d’une durée médiane de suivi de 17 mois (Intervalle Interquartile -IQR- 9-22), la médiane de survie sans progression était de 20.1 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 14.2-21.8) dans le groupe palbociclib plus hormonothérapie versus 14.4 mois (12.1-17.0) dans le groupe capecitabine (hazard ratio 0.659 [IC 95% 12.1-17.0) dans le groupe capecitabine (hazard ratio 0.659 [IC 95% 0.437-0.994], p (test logarithmique par rangs unilatéral) = 0.0235).  
Les neutropénies de grade 3 ou plus liées au traitement étaient plus fréquentes dans le groupe palbociblib plus hormonothérapie que dans le groupe capecitabine (69 [75%] sur 92 versus 14 [16%] sur 86). 2 (2%) patientes du groupe palbociclib plus hormonothérapie et 15 (17%) patientes du groupe capecitabine ont présenté des évènements indésirables graves. Aucun décès lié au traitement n’est survenu.

L’exemestane plus palbociclib plus suppression ovarienne a montré des bénéfices cliniques en comparaison de la capecitabine sur le plan de l’amélioration de la survie sans progression chez des patientes préménopausées atteintes de cancer du sein métastasé positif aux récepteurs hormonaux HER2-négatif, qui ont préalablement reçu un traitement au tamoxifène. Prof Yeon Hee Park, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 24 October 2019

Financement : Pfizer, Shinpoong, Daewoong Korea etTakeda.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 9 avril 2019

#trendsincellbiology #cancer #stress Cellules Cancéreuses et Stress

Therapy = Traitement
Stress = Stress

Exogenous glucocorticoïds = Glucocorticoïdes exogènes
Endogenous glucocorticoïds = Glucocorticoïdes endogènes
GR = Récepteur aux Glucocorticoïdes
Cancer cells = Cellules cancéreuses
Immune cells = Cellules immunitaires
Motility = Motilité
Survival = Survie
Metastatic dissemination = Dissémination métastatique
Immuno-suppression = Immuno-suppression

Disease progression = Progression de la maladie

Effets Nuisibles des Traitements aux Glucocorticoïdes et de la Tension Sociale sur la Progression du Cancer.

Le traitement du cancer et des complications qui lui sont liées à l’aide de l’administration exogène de glucocorticoïdes (GCs) ainsi que la Tension Sociale (menant à la production de GCs endogènes) peuvent favoriser l’activation du récepteur au glucocorticoïdes (GR) dans des types cellulaires multiples. Dans certaines cellules cancéreuses, l’activation du GR stimule une réponse récepteur orphelin du type récepteur à tyrosine kinase 1 (ROR1) – dépendante qui favorise la dissémination métastatique. Dans les cellules du système immunitaire, le GR interagit avec des régulateurs transcriptionnels variés (TRs), menant à terme à l’établissement d’un état immunodéprimé. Ces effets combinés peuvent non seulement stimuler la progression de la maladie, mais aussi contrecarrer l’efficacité du traitement.  

Les glucocorticoïdes (GCs) sont largement utilisés pour le traitement de la maladie – ou les complications reliées au traitement – chez les patients atteints par le cancer. De récentes données indiquent que l’activation des récepteurs aux glucocorticoïdes précipite la progression du cancer du sein en favorisant la dissémination métastatique et la survie des cellules cancéreuses des sites distants. Ces observations appellent à la réévaluation de l’utilisation des GCs chez les patients atteints de cancer. Lorenzo Galluzzi, Guido Kromer, dans Trends in Cell Biology, publication en ligne en avant-première, 5 avril 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mardi 29 novembre 2016

#thelancet #cancerdusein #fulvestrant #anastrozole Fulvestrant 500 mg versus anastrozole 1 mg pour le traitement du cancer du sein avancé exprimant des récepteurs hormonaux (FALCON) : essai de phase 3 international, randomisé en double aveugle

Pose d'un harpon pour biopsie du sein.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pose_harpon_pour_biopsie_sein.JPG
Les inhibiteurs de l’aromatase représentent le traitement de référence du cancer du sein localement avancé ou métastatique exprimant des récepteurs aux hormones. Nous avons poursuivi des investigations afin de définir si le fulvestrant - dégradeur sélectif des récepteurs à œstrogène - pouvait améliorer la survie sans progression de la maladie en comparaison de l’anastrozole, chez les patientes post-ménopausées qui n’avaient pas préalablement reçu de thérapie hormonale.

Dans cet essai de phase 3, randomisé en double - aveugle, nous avons recruté des patientes éligibles atteintes de cancer du sein localement avancé ou métastasé, histologiquement confirmé positif pour ce qui est de l’expression des récepteurs hormonaux aux œstrogènes ou à la progestérone - ou les deux -, qui étaient suivies dans 113 centres hospitaliers universitaires et généraux situés dans 20 pays. Les patientes éligibles étaient naïves de tout traitement hormonal, présentaient un indice de performance de 0-2 selon l’échelle de l’OMS, et au moins une lésion mesurable ou non - mesurable.
Les patientes ont été randomisées (1:1) pour recevoir fulvestrant (500 mg par voie intramusculaire ; aux jours 0, 14, 28, puis tous les 28 jours par la suite) ou anastrozole (1 mg per os par jour) à l’aide d’une séquence de randomisation générée par ordinateur. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie sans progression, déterminée par les Critères d’Évaluation de Réponse des Tumeurs Solides (Response Evaluation Criteria in Solid Tumors dans le texte) version 1.1, l’intervention par chirurgie ou radiothérapie du fait d’une aggravation de la maladie, ou le décès quelle qu’en soit la cause ; évaluées sur la population en intention de traiter. Les résultats de sécurité étaient évalués chez tous les patientes randomisées qui avaient reçu au moins une dose du traitement (placebo inclus). (…).

Entre le 17 octobre 2012, et le 11 juillet 2014, 524 patientes ont été recrutées pour cette étude. 462 d’entre elles ont été randomisées (230 pour recevoir le fulvestrant et 232 pour revevoir l’anastrozole). La survie sans progression de la maladie était significativement plus élevée dans le groupe fulvestrant que dans le groupe anastrozole (hazard ratio [HR] 0.797, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.637-0.999, p=0.0486). La médiane de survie sans progression était de 16.6 mois (IC 95% 13.83-20.99) dans le groupe fulvestrant versus 13.8 mois (11.99-16.59) dans le groupe anastrozole. 
Les évènements indésirables les plus communément rencontrés étaient arthralgie (38 [17%] dans le groupe fulvestrant versus 24 [10%] dans le groupe anastrozole) et bouffées de chaleur (26 [11%] dans le groupe fulvestrant versus 24 [10%] dans le groupe anastrozole). 16 (7%) patientes sur 228 dans le groupe fulvestrant et 11 (5%) patientes sur 232 dans le groupe anastrozole sont sorties de l’essai du fait des évènements indésirables.

Le fulvestrant présente une efficacité supérieure et représente une option privilégiée de traitement chez les patientes atteintes de cancer du sein localement avancé ou métastatique exprimant des récepteurs hormonaux et naïves de traitements hormonaux préalables, en comparaison des inhibiteurs de l’aromatase de troisième génération, et qui, jusqu’à aujourd’hui, est le traitement standard de première intention chez ces patients. Prof John F R Robertson, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 28 novembre 2016

Financement : Astra Zeneca

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 24 novembre 2015

#thelancetoncology #cancerduseinmétastatique #fluoropyrimidines #taxanes #S-1 #fluorouracile Taxanes versus S-1 comme chimiothérapie de première intention dans le traitement du cancer du sein métastatique (SELECT BC) : essai de non-infériorité de phase 3 randomisé en ouvert

Prolifération osseuse anormale et exubérante dans une métastase osseuse, mise en évidence par un marquage par les tétracyclines. Le colorant fluorescent jaune - vert se dépose là où du tissu néoformé est en train d'apparaître, le tissu osseux ancien est en vert. microscopie optique en fluorescence, grossissement original x100.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/cancer-du-sein-une-nouvelle-piste-pour-lutter-contre-les-metastases
Les fluoropyrimidines administrées per os sont utilisées comme traitement de première intention du cancer du sein métastatique afin d’éviter des effets indésirables graves, bien que les éléments de preuve d’efficacité manquent à ce jour. Notre but était ainsi d’établir si S-1* est non inférieur aux taxanes dans ce contexte.

Nous avons effectué un essai de non infériorité de phase 3 en ouvert dans 154 hôpitaux situés au Japon. Nous avons recruté des sujets atteints de cancer du sein métastatique HER2-négatif, et qui n’avaient pas reçu de chimiothérapie pour traitement de maladie à un stade avancé, et qui étaient résistantes aux traitements endocriniens. Les patientes ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir des taxanes (docetaxel 60-75 mg/m2 à des intervalles de 3-4 semaines ; paclitaxel 80-100 mg/m2 hebdomadaire pendant 3-4 semaines ; ou paclitaxel 175 mg/m2 à des intervalles de 3-4 semaines) ou  S-1* (40-60 mg deux fois par jour pendant 28 jours consécutifs, suivi d’une pause de 14 jours). La randomisation a été effectuée de manière centralisée à l’aide d’une méthode de minimisation, avec stratification par institution, statut de métastatisation du foie, statut des récepteurs à oestrogènes et progestérone, précédent traitement avec taxanes ou fluorouracile, et période de temps écoulée entre  chirurgie et récidive. Le critère principal d’évaluation était la survie globale, avec marge de non-infériorité préspécifiée de 1.333 pour ce qui est du hazard ratio (HR). L’analyse principale d’efficacité a été effectuée sur l’ensemble d’analyse de population dans son intégralité, qui était constitué de l’ensemble des patientes ayant pris au moins médicament à l’étude et qui pouvaient présenter toutes leurs données patients après randomisation. (…).

Entre le 27 octobre 2006 et le 30 juillet 2010, nous avons recruté 618 patientes (309 assignées au traitement par taxane ; et 309 assignés au traitement par S-1). L’ensemble d’analyse intégral était constitué de 286 patientes pour le groupe taxane, et de 306 patients pour le groupe S-1. La médiane de de survie était de 35.0 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 31.1-39.0) dans le groupe S-1 et de 37.2 mois dans le groupe taxane (HR 1.05 [IC 95% 0.86-1.27] ; Pnon infériorité=0.015). Les évènements indésirables de grade 3 ou plus les plus communément rencontrés étaient neutropénie (20 [7%] patients sur 307 dans le groupe S-1 versus neuf [3%] patients sur 290  dans le groupe taxane), fatigue (dix [3%] versus 12 [4%]), et œdème (un [<1%] versus 12 [4%]). Les décès liés aux traitements ont été rapportés chez deux patients du groupe taxane.

S-1 n’est pas inférieur aux taxanes pour ce qui est de la survie globale et lorsqu’employé comme traitement de première intention du cancer du sein métastatique. S-1 devait ainsi être considéré comme une nouvelle option de traitement comme chimiothérapie de première intention chez des patientes atteintes de cancer du sein métastatique HER2-négatif. Tsutomu Takashima MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 23 novembre 2015

*S-1: cocktail tegafur/gimeracil/oteracil

Financement :  Comprehensive Support Project for Oncology Research of the Public Health Research Foundation, Japan; Taiho.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mardi 11 mars 2014

Validité clinique des cellules tumorales chez les patientes atteintes de cancer du sein métastatique : analyse de données mutualisées provenant de patientes individuelles

La technique QuantiGene® ViewRNA permet la visualisation et la comptabilisation des cellules tumorales circulantes isolées (CTC).
Source iconographique et légendaire: 
http://www.ozyme.fr/_prod/gammes/affymetrix/quantigene-view-hybridation-arnm-in-situ.asp
Notre but était d’évaluer la validité clinique de la quantification des cellules tumorales circulantes (CTC) chez des patientes atteintes de cancer du sein métastatique en effectuant une analyse de données mutualisées provenant de patientes individuelles.

Nous avons contacté 51 centres européens et leur avons demandé de fournir des données publiées ou non provenant de patientes individuelles, atteints de cancer du sein métastatique ayant participé à des études entre janvier 2003 et juillet 2012. Les études éligibles comportaient des protocoles mettant en scène de nouvelles lignes thérapeutiques, des données de survie sans progression de la maladie et/ou de survie globale, et des données de quantification CTC par la méthode CellSearch à la ligne de base (avant le début de tout traitement nouveau). Nous avons utilisé des modèles de régression de Cox, stratifiés par étude, afin d’établir une association entre les comptages CTC et la survie sans progression de la maladie et la survie globale. Nous avons eu l’aide de méthodes pilotes pour ce qui est de l’évaluation de la valeur ajoutée des CTCs ou des marqueurs sériques pour le établir le pronostic des modèles clinicopathologiques dans une procédure de rééchantillonnage, par l’usage des rapports de vraisemblance de la statistique du khi-carré.

17 centres ont fourni les données de 1944 patients éligibles provenant de 20 études. 911 patientes (46.9%) présentaient un compte CTC de 5 pour 7.5 mL ou plus à la ligne de base, ce qui était associé à diminution de la survie sans progression (hazard ratio [HR] 1.92, Intervalle de Confiance -IC- 95% 1.73-2.14, p<0.0001) et de la survie globale (HR 2.78, IC95% 2.42-3.19, p<0.0001) en comparaison des patients montrant un compte CTC inférieur à 5 pour 7.5 mL à la ligne de base. Des comptes CTC augmentés mesurés à 3-5 semaines après le début du traitement, ajustés sur les comptes CTC mesurés à la ligne de base, étaient associés à une survie sans progression de la maladie et une survie globales raccourcies (HR 1.85, IC95% 1.48-2.32, p<0.0001) et (HR 2.26, IC95% 1.68-3.03) respectivement. De la même manière, les comptes CTC étaient augmentés après 6-8 semaines (HR de la survie sans progression de la maladie 2.20, IC95% 1.66-2.90, p<0.0001 ; HR de la survie globale 2.91, IC95% 2.01-4.23, p<0.0001). La prédiction de survie était significativement améliorée par l’adjonction des comptes CTC aux modèles clinicopathologiques (survie sans progression locorégionale de la maladie 38.4, IC95% 21.9-60.3, p<0.0001 ; survie globale après traitement locorégional 64.9, IC 95% 41.3-93.4, p<0.0001). Ce modèle a pu être encore amélioré par l’adjonction des changements en CTC à 3-5 semaines (survie sans progression locorégionale 8.2, IC95% 0.78-20.4, p=0.004 ; survie globale après traitement locorégional 11.5, IC95% 2.6-25.1, p=0.0007) et à 6-8 semaines (...). Les concentrations en antigène carcinoembryonnaire et en antigène du cancer 15.3 à la ligne de base et pendant la thérapie n’ont pas apporté d’information complémentaire significative à ce modèle.

Ces données confirment l’effet pronostic indépendant des comptes CTC sur la survie sans progression de la maladie et la survie globale, les comptes CTC améliorent également la pronostication du cancer du sein métastatique quand ils sont associés aux modèles clinicopathologiques prédictifs complets, contrairement aux marqueurs sériques. François-Clément Bidard MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 11 mars 2014

Financement : Janssen Diagnostics, the Nuovo-Soldati foundation for cancer research


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 16 mai 2013

Efficacité et sécurité de l’administration d’acide zolédronique sur 12 semaines versus 4 semaines pour un traitement prolongé chez des patientes atteintes de métastases osseuses provenant d’un cancer du sein (ZOOM) : une étude de non-infériorité de phase 3, ouverte et randomisée

Evolution scintigraphique des métastases osseuses métachrones traitées. A. Scintigraphie osseuse en 2006 montrant des lésions des scapulas et du grill costal. B. Scintigraphie osseuse en 2007 montrant un aspect stable des lésions.        C. Scintigraphie osseuse en 2008 montrant une progression. In Médecine Nucléaire Volume 36, Issue 10, October 2012, Pages 574 - 581
Source iconographique et légendaire:  http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0928125812003865

L’acide zolédronique diminue les événements au niveau du squelette chez des patientes atteintes d’un cancer du sein, mais des préoccupations ont été exprimées à propos de son administration mensuelle prolongée. Nous avons étudié l’efficacité et la sécurité de l’administration à fréquence diminuée d’acide zolédronique chez des femmes précédemment soumises à une administration mensuelle d’acide zolédronique.

Nous avons effectué cet essai de non-infériorité de phase 3 dans 62 centres en Italie. Nous avons recruté des patientes atteintes de cancer du sein, montrant une ou plusieurs métastases osseuses, et qui avaient déjà suivi un traitement d’administration mensuelle d’acide zolédronique sur une durée de 12-15 mois. Les patientes ont été réparties de manière aléatoire en deux groupes (1:1) à l’aide d’un système de permutation par blocs (de taille quatre à huit) pour établissement du tableau de randomisation, stratifiées par centre ;  afin de recevoir soit 4 mg d’acide zolédronique une fois toutes les 12 semaines, soit 4 mg d’acide zolédronique une fois toutes les 4 semaines. Ces patientes ont été suivies pour au moins une année. À la fois les patientes et les investigateurs avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal mesuré était le taux de morbidité squelettique (nombre d’événements liés au squelette par patiente et par an) dans la population en intention de traiter. Nous avons utilisé une marge de non-infériorité de 0,19. (…)

Nous avons examiné 430 patientes et en avons recruté 425; 209 d’entre elles ont été assignées au groupe 12 semaines, et 216 au groupe 4 semaines. Le taux de morbidité squelettique était de 0,26 (Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,15-0,37) dans le groupe 12 semaines versus 0,22 (0,14-0,29) dans le groupe 4 semaines. La différence intergroupe était de 0,04 ; et la limite supérieure unilatérale sur l’intervalle de confiance à 97,5% était de 0,17 ; valeur plus basse que la valeur de marge de non-infériorité. Les événements indésirables de grade 3-4 les plus fréquents étaient douleur osseuse (56 [27%] patientes dans le groupe 12 semaines versus 65 [30%] dans le groupe 4 semaines), nausée (24 [11%] versus 33 [15%]), et asthénie (18 [9%] versus 33 [15%]). Des événements indésirables au niveau rénal sont survenus chez une patiente (<1%) dans le groupe 12 semaines versus deux (1%) dans le groupe 4 semaines. Une patiente (<1%) du groupe 4 semaines a montré une insuffisance rénale aiguë. Une ostéonécrose de la mâchoire est survenue chez quatre patientes du groupe 12 semaines versus trois du groupe 4 semaines. Aucun décès relié au traitement n’a été relevé. Les changements de concentration en télopeptide médian N-terminal  à partir de la ligne de base étaient plus importants dans le groupe 12 semaines que dans le groupe 4 semaines, après une année de traitement (12,2% versus 0,0% ; p=0,011).

Nos résultats font émerger la possible option de diminuer les doses d’acide zolédronique, en appliquant le régime d’administration du médicament à la fréquence d’une fois toutes les 12 semaines au cours de la deuxième année, tout en maintenant les effets thérapeutiques. Cependant, les effets sur le télopeptide N-terminal devraient être l’objet d’investigations plus poussées avant tout amendement des lignes directrices de pratique clinique. Prof Dino Amadori MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 16 May 2013

Financement: Novartis Farma

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ 

jeudi 10 janvier 2013

Bevacizumab + paclitaxel versus bevacizumab + capecitabine comme traitements de première ligne dans le cancer du sein métastatique HER2-négatif : résultats intermédiaires d’efficacité de l’essai de phase 3 de non - infériorité randomisé, ouvert TURANDOT

Cancer du sein métastatique. La scintigraphie osseuse a montré de multiples métastases disséminées sur le squelette axial. Une fixation viscérale inhabituelle a été notée intéressant les poumons, le myocarde, l'estomac et les reins. In Médecine Nucleaire Volume 35, Issue 10, Octobre 2011, Pages 596-598
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0928125811002014

Les essais randomisés de phase 3 dans le cancer du sein métastatique ont montré que la combinaison bevacizumab + (paclitaxel ou capecitabine) améliore de manière significative la survie sans progression de la maladie et le taux de réponse en comparaison de la seule chimiothérapie ; mais l’efficacité relative de (bevacizumab + paclitaxel) versus (bevacizumab + capecitabine) n’avait pas été sujette à investigation. Nous avons comparé les deux régimes de traitement.

Dans cet essai de phase 3 de non – infériorité, ouvert, des patientes atteintes de cancer du sein métastatique HER2-négatif qui n’avaient pas reçu au préalable de chimiothérapie pour traitement de leur pathologie à un stade avancé ont été randomisées (à l’aide d’une séquence généré par ordinateur ; ratio 1:1 ; en blocs de six ; stratifiées selon le statut des récepteurs hormonaux, le pays, et le statut ménopausique) pour recevoir soit bevacizumab par voie intraveineuse (10 mg/kg aux jours 1 et 15) + paclitaxel par voie intraveineuse (90 mg / m2 aux jours 1, 8, et 15), en cycles répétés toutes les 4 semaines (groupe paclitaxel) ou bevacizumab par voie intraveineuse (15 mg / kg au jour 1) + capecitabine per os (1000 mg /m2 deux fois par jour aux jours 1 – 14), en cycles répétés toutes les 3 semaines (groupe capecitabine) ; jusqu’à progression de la maladie ou apparence d’effets toxiques non – acceptables. L’allocation des traitements était visible par tous, du fait des différentes voies d’administration et longueurs de cycles. L’objectif principal était de montrer la non – infériorité en matière de survie globale avec bevacizumab + capecitabine versus bevacizumab + paclitaxel. Nous rapportons les résultats intermédiaires de l’analyse globale de survie, planifiée après 175 décès dans la population per-protocole. (…).

Entre le 10 septembre 2008 et le 30 août 2010, nous avons randomisé 564 patientes (groupe paclitaxel n=285 ; groupe capecitabine n=279) dans 51 centres situés dans 12 pays. La population per-protocole était constituée de 533 patientes (groupe paclitaxel n=268 ; groupe capecitabine n=265). Après un suivi médian de 18,6 mois (Intervalle Interquartile – IQR – [14,9-24,7]), 181 patientes de la population per – protocole étaient décédées (89 [33%] dans le groupe paclitaxel ; 92 [35%] dans le groupe capecitabine). Le hazard ratio [HR] relatif à la survie globale était de 1,0 (Intervalle de Confiance – IC – répété 97,5%, de - ∞ à 1,69 ; p=0,059) ; le critère de non – infériorité n’était pas été réalisé dans l’analyse intermédiaire (α intermédiaire = 0,00105). Un nombre plus élevé de patientes recevant bevacizumab + palclitaxel ont montré une réponse objective au traitement que les patients recevant bevacizumab + capecitabine (125 [44%] des 285 patientes versus 76 [27%] des 279 patientes ; p<0,0001). De la même façon, la survie sans progression de la maladie était plus élevée dans le groupe paclitaxel que dans le groupe capecitabine (survie médiane sans progression 11,0 mois [IC 95% 10,4-12,9] versus 8,1 mois [7,1-9,2] ; HR 1,36 [IC 95% 1,09-1,68] ; p=0,0052). Les évènements indésirables de grade 3 ou plus les plus communs étaient neutropénie (51 [18%]), neuropathie périphérique (39 [6%]), et leucopénie (20 [7%] ) dans le groupe paclitaxel ; syndrome pied – main (44 [16%]), hypertension (16 [6%]), et diarrhée (15 [5%] dans le groupe capecitabine. Un décès lié au traitement est survenu dans le groupe paclitaxel, aucun décès lié au traitement n’a été relevé dans le groupe capecitabine.

Dans cette analyse intermédiaire planifiée, le critère de non – infériorité n’a pas été satisfait et les résultats de survie globale ne sont pas concluants. Les résultats finaux sont attendus pour 2014. La durée de survie sans progression de la maladie a montré de meilleurs résultats, et plus des patientes ont montré une réponse objective aux traitements avec bevacizumab + paclitaxel qu’avec bevacizumab + capecitabine. Les résultats d’efficacité dans les deux groupes étaient en rapport avec les données précédentes. Prof Istvan Lang MD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication 10 January 2013

Financement: Central European Cooperative Oncology Group, Roche

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ