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mardi 20 juillet 2021

#thelancetdiabetesandendocrinology #diabètedetype2 #sémaglutide Efficacité et tolérance du sémaglutide une fois par semaine 2,0 mg versus 1,0 mg chez les patients diabétiques de type 2 (SUSTAIN FORTE) : un essai de phase 3B randomisé en double aveugle

Exemple de petit déjeuner végétalien riche en fibres, adapté aux personnes souffrant de diabète de type 2.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Régime_diabétique

 

Le sémaglutide est un traitement efficace pour le diabète de type 2 ; cependant, 20 à 30 % des patients recevant 1,0 mg de sémaglutide n'atteignent pas les objectifs de traitement glycémique. Notre objectif était d'étudier l'efficacité et l'innocuité du sémaglutide une fois par semaine à 2,0 mg versus 1,0 mg chez des adultes atteints de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé sous une dose stable de metformine avec ou sans sulfamide hypoglycémiant. 

Nous avons mené un essai de phase 3B de 40 semaines, randomisé, contrôlé par traitement actif, en groupes parallèles, en double aveugle (SUSTAIN FORTE) dans 125 cliniques ambulatoires situées dans dix pays. Les participants (≥18 ans) atteints de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé (HbA1c 8,0–10,0%), traités avec de la metformine et avec ou sans sulfonylurée ont été assignés au hasard (1:1) par un système de réponse Web interactif à 2,0 mg ou 1,0 mg de sémaglutide une fois par semaine. Ni les participants, ni le personnel du site, ni le groupe d'étude clinique, ni les enquêteurs n'avaient accès au tableau de randomisation. Les résultats comprenaient le changement par rapport à la ligne de base à la semaine 40 de l'HbA1c (résultat principal) et du poids corporel (résultat de confirmation secondaire), évalués par l'estimation du produit d'essai (pas d'arrêt du traitement ou pas médicament de secours) et l'estimation de la politique de traitement (indépendamment des stratégies d’arrêt du traitement ou d’administration d’un médicament de secours). (…).

Entre le 19 juin et le 28 novembre 2019, sur 1515 adultes évalués pour l'éligibilité, 961 participants (âge moyen 58,0 ans [SD 10,0] ; 398 [41 %] femmes) ont été inclus. Les participants ont été assignés au hasard à 2,0 mg de sémaglutide une fois par semaine (n=480 [50 %]) ou 1,0 mg (n=481 [50 %]); 462 (96%) patients du groupe sémaglutide 2,0 mg et 471 (98%) du groupe sémaglutide 1,0 mg ont terminé l'essai. L'HbA1c de base moyenne était de 8,9 % (SD 0,6 ; 73,3 mmol/mol [SD 6,9]) et l'IMC était de 34,6 kg/m2 (SD 7,0). La variation moyenne de l'HbA1c par rapport à l'inclusion à la semaine 40 était de -2,2 points de pourcentage avec le sémaglutide 2,0 mg et de -1,9 points de pourcentage avec le sémaglutide 1,0 mg (différence de traitement estimée [ETD] -0,23 points de pourcentage [95 % IC -0,36 à -0,11] ; p = 0,0003 ; estimation du produit d'essai) et -2,1 points de pourcentage avec le sémaglutide 2,0 mg et -1,9 points de pourcentage avec le sémaglutide 1,0 mg ( ETD -0,18 points de pourcentage [-0,31 à -0,04] ; p=0,00098 ; estimation de la politique de traitement). La variation moyenne du poids corporel par rapport à l'inclusion à la semaine 40 était de -6,9 kg avec le sémaglutide 2,0 mg et de -6,0 kg avec le sémaglutide 1,0 mg (ETD -0,93 kg [IC à 95 % -1,68 à - 0,18] ; p=0,015 ; estimation du produit d'essai) et -6,4 kg avec le sémaglutide 2,0 mg et -5,6 kg avec le sémaglutide 1,0 mg (ETD -0,77 kg [-1· 55 à 0,01] ; p=0,054 ; estimation de la politique de traitement). Les troubles gastro-intestinaux ont été les événements indésirables les plus fréquemment rapportés (163 [34 %] dans le groupe 2,0 mg et 148 [31 %] dans le groupe 1,0 mg). Les événements indésirables graves étaient similaires entre les groupes de traitement, rapportés chez 21 (4 %) participants ayant reçu du sémaglutide 2,0 mg et chez 25 (5 %) participants ayant reçu du sémaglutide 1,0 mg. Trois décès ont été signalés au cours de l'essai (un dans le groupe sémaglutide 1,0 mg et deux dans le groupe sémaglutide 2,0 mg).

Le sémaglutide 2,0 mg était supérieur à 1,0 mg pour réduire l'HbA1c, avec une perte de poids corporel supplémentaire et un profil d'innocuité similaire. Cette dose plus élevée offre une option d'intensification du traitement pour les patients diabétiques de type 2 traités par sémaglutide ayant besoin d'un contrôle glycémique supplémentaire. Juán P Frías, MD, et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 19 juillet 2021

Financement : Novo Nordisk

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

lundi 4 mars 2019

#thelancetdiabetesandendocrinology #diabètedetype2 #GLP1 #SGLT2 Administration d’une dose monohebdomadaire de d’un analogue du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) comme complément au traitement du diabète de type 2 (SUSTAIN 9) : essai randomisé contrôlé par placebo

Désignation du Diabète de Type 2 (Vision de l'artiste)
Source: https://www.flickr.com/photos/practicalcures/24111411340

Le semaglutide est un analogue du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) d’administration monohebdomadaire pour le traitement du diabète de type 2. Peu d’essais cliniques ont rapporté l’utilisation simultanée d’agonistes du GLP-1 et d’inhibiteurs du co-transporteur du sodium-glucose de type 2 (SGLT-2). Notre but était d’investiguer l’efficacité et l’innocuité du semaglutide lorsqu’il est ajouté au traitement par inhibiteur du SGLT-2 chez des patients atteints d’un diabète de type 2 non contrôlé de manière adéquate.

L’essai SUSTAIN 9 à groupes parallèles effectué en double-aveugle dans 61 centres situés dans six pays (Autriche, Canada, Japon, Norvège, Russie et États-Unis d’Amérique). 
Des adultes atteints d’un diabète de type 2, présentant une HbA1c de 7.0-10.0% (53-86 nmol/mol), en dépit d’un traitement préalable avec un inhibiteur SGLT-2, étaient répartis au hasard (1:1) pour recevoir le semaglutide 1.0 mg par voie sous-cutanée ou le placebo administré dans les mêmes conditions une fois par semaine pendant 30 semaines, à la suite d’une augmentation graduelle de dose de 4 semaines de 0.25 mg de semaglutide ou du placebo et 4 semaines de 0.5 mg de semaglutide ou du placebo. Les traitements antidiabétiques déjà en place, traitement par inhibiteur SGLT-2 y compris, étaient maintenus sur une toute la durée de l’essai. L’utilisation d’un médicament de secours, définie par l’intensification du traitement antidiabétique de base ou par la mise en place d’un traitement nouveau visant à baisser la glycémie, pouvait être administré aux patients répondant à des critères spécifiques, à la discrétion de l’investigateur. Le critère principal était le changement de HbA1c , de la ligne de base jusqu’à la semaine 30, évalué dans l’ensemble d’analyse intégral (c’est-à-dire tous les patients recevant le traitement) à l’aide de données collectées au cours du traitement de base, à savoir avant le commencement du traitement de secours. Un critère secondaire d’évaluation était le changement en poids corporel de la ligne de base à la semaine 30. L’innocuité des traitements était également évaluée dans l’ensemble d’analyse (chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de traitement). (…).

Entre le 15 mars et le 4 décembre 2017, 302 patients ont été recrutés et répartis au hasard pour recevoir le semaglutide 1.0 mg ou le placebo (ensemble intégral d’analyse), dont 301 ont reçu au moins une dose de médicament (ensemble des données d’analyse d’innocuité). Un des patients du groupe semaglutide n’ai par reçu de traitement (pour une raison inconnue). 
294 (97.4%) patients ont terminé l’étude et 267 (88.4%) ont terminé leur traitement. Les caractéristiques à la ligne de base étaient comparables, en général, entre les deux groupes. Outre le traitement défini par la randomisation et l’inhibiteur SGLT-2, 216 (71.5%) patients étaient sous metformine et 39 (12.9%) prenaient des sulfonyruées. 
Les patients recevant la semaglutide ont présenté une baisse plus importante de HbA1c (différence estimée entre les traitements -1.42% [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -1.61 à -1.24] ; -15.55 mmol/mol [de -17,54 à -13.56]) et en poids corporel (-3.81 kg [-de -4.70 à -2.93]) versus ceux assignés au groupe placebo par randomisation (p<0.0001 pour les deux paramètres mesurés).
356 événements indésirables ont été rapportés par 104 (69.3%) patients du groupe semaglutide, et 247 événements indésirables ont été rapportés par 91 (60.3%) patients du groupe placebo. Les évènements indésirables gastrointestinaux étaient les plus fréquemment rencontrés et ont été rapportés chez 56 (37.3%) patients du groupe semaglutide et 20 (13.2%) du groupe placebo. Des évènements indésirables graves ont été rapportés chez sept (4.7%) patients du groupe semaglutide et six (4.0%) du groupe placebo. Des hypoglycémies sont survenues chez quatre patients sous semaglutide (2.7%) et six (4.0%) dans le groupe placebo. 16 patients ont interrompu leur traitement du fait d’un évènement indésirable, 13 d’entre eux appartenaient au groupe semaglutide. Il n’y a pas eu de décès au cours de l’essai.   

L’ajoût de semaglutide à un traitement par inhibiteur SGLT-2 a amélioré significativement le contrôle de la glycémie et réduit le poids corporel chez des patients atteint d’un diabète de type 2 non contrôlé de manière adéquate, et était bien toléré de manière générale. Bernard Zinman, MD, et al, dans The Lanet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 1er mars 2019

Financement : Novo Nordisk

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

jeudi 23 octobre 2014

#diabète #mortalité #sulfonylurée Risque de mortalité et sulfonylurées : revue systématique et méta-analyse en réseau

La Journée Mondiale du Diabète 2014 aura lieu le 15 novembre.
Source iconographique: http://www.ch-valenciennes.fr/page-23348.html
Les sulfonylurées sont une option de deuxième ligne pour la gestion du diabète de type 2 ; cependant, elles sont associées avec un risque plus élevé d’événements cardiovasculaires en comparaison d’autres médicaments antidabétiques. Du fait que la sélectivité tissulaire et le risque d’hypocalcémie diffèrent selon la classe de sulfonylurée administrée, notre but était d’évaluer si la mortalité et le risque d’événement cardiovasculaire varient également selon la classe de sulfonylurée.

Nous avons consulté les bases de données Medline et Embase, depuis les origines jusqu’au 11 juin 2014, afin d’y identifier les études contrôlées reportant le risque de mortalité – quelle qu’en soit la case - , la mortalité liée à des troubles cardiovasculaires, ou d’infarctus du myocarde pour au moins deux sulfonylurées. Nous avons examiné les différences pour ce qui est du risque cardiovasculaire entre les classes de sulfonylurées avec les modèles à effets aléatoires permettant les comparaisons directes par par paires et  méta-analyses en réseau pour incorporation de données directes et indirectes.

14 970 (9%) des 167 327 patients de 18 études sont décédés : 841 (4%) sur 19 334 utilisateurs de gliclazide, 5482 (11%) sur 49 389 utilisateurs de glimepiride, 2 106 (15%) sur 14 464 utilisateurs de glipizide, 5 296 (7%) sur 77 169 des utilisateurs de glibenclamide, 1066 (17%) sur 6 187 utilisateurs de tolbutamide, et 179 (23%) sur 784 utilisateurs de chlorpropamide. L’incohérence était faible concernant la méta-analyse de la mortalité due à toutes causes confondues, et le risque de mortalité relative en comparaison avec la glibenclamide était de 0.65 (Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.53-0.73) pour la glicazide, 0.83 (0.68-1.00) pour le glimepriride, 0.98 (0.80-1.19) pour le glipizide, 1.13 (0.90-1.42) pour la tolbutamide, et 1.34 (0.98-1.86) pour la chlorpropamide. Des associations similaires étaient notées pour ce qui est de la mortalité due à des troubles cardiovasculaires : le risque relatif en comparaison avec la glibenclamide était de 0.60 (IC 95% 0.45-0.84) pour la glicazide, 0.79 (0.57-1.11) pour la glimepiride, 1.01 (0.72-1.43) pour la glipizide, 1.11 (0.79 – 1.55) pour la tolbutamide, et 1.45 (0.88-2.44) pour la chlorpropamide.

La gliclazide et la glimepiride sont associées à un risque plus faible de mortalité due à toutes causes confondues et de mortalité due à des troubles cardiovasculaires, comparé à la glibenclamide. Les cliniciens devraient prendre en compte les possibles différences de risque de mortalité lors du choix d’une sulfonylurée. Prof Scot H Simpson MSc et al, The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 23 octobre 2014

Financement : aucun

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 4 avril 2014

Administration d’exenatide une fois par semaine versus insuline glargine pour le traitement du diabète de type 2 (DURATION-3) : résultats à 3 ans d’une étude ouverte et randomisée

Diabète: viande et produits laitiers augmentent le risque. (...) Une étude [des Drs Guy Fagherazzi et Françoise Clavel-Chapelon (Inserm)] établit le lien entre consommation importante de viande et de produits laitiers et augmentation du risque de diabète de type 2
Source iconographique et légendaire:  http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20131114.OBS5431/diabete-viande-et-fromages-augmentent-le-risque.html
Quand des patients atteints de diabète de type 2 commencent leur premier traitement administré par injections, les cliniciens peuvent choisir entre agonistes du récepteur au Glucagon-like Peptide-1 (GLP-1) et des insulines basales. L’étude DURATION-3 avait pour objet la comparaison entre exenatide administrée une fois par semaine et insuline glargine (glargine) comme premier traitement injectable. Ici, nous rendons rapport du suivi des résultats obtenus à 3 ans sur cette étude.

DURATION-3 était un essai ouvert et randomisé effectué entre le 13 mai 2008 et le 30 janvier 2012. Les patients atteints de diabète de type 2 âgés de 18 ans et plus ont été recrutés dans 72 sites situés dans le monde entier. Les patients étaient éligibles s’ils montraient un contrôle gylémique suboptimum (HbA1c 7.1-11.0% [54-97 mmol/mol] malgré l’administration de metformine seule à des doses maximales tolérables ou avec l’administration d’une sulfonylurée sur une période d’au moins 3 mois, un poids corporel stable sur une période d’au moins 3 mois, et un Indice de Masse Corporelle (IMC) de 25-45 kg/m2 (23-45 kg/m2 en Corée du Sud et à Taïwan). Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’une séquence de randomisation générée par ordinateur avec un système de dialogue vocal interactif (par blocs de 4 patients, stratifiés par pays d’origine et traitement concomitant)  pour recevoir exenatide une fois par semaine (injection sous – cutanée de 2 mg) ou glargine une fois par jour (à doses croissantes pour atteinte des concentrations cibles), administrés en supplément de leur médication hypoglycémiante préexistante. Le paramètre primaire d’efficacité à trois ans était le changement en HbA1c à partir de la ligne de base chez les patients recevant au moins une dose de médicament désigné (c’est – à – dire analyses modifiées pour population en intention de traiter). À la fois les patients, les investigateurs, et les analystes de données avaient accès au tableau de randomisation. (…).

456 patients ont été soumis à randomisation et ont reçu au moins une dose de médicament désigné (233 ont reçu exenatide, 223 glargine). À 3 ans, les moyennes par les moindres carrés du changement en HbA1c était de -1.01% (Erreur Standard -ES- 0.07) dans le groupe exenatide versus -0.81% (0.07) dans le groupe glargine (différence par les moindres carrés -0.20%, ES 0.10, Intervalle de Confiance -IC- 95% de -0.39 à -0.02 ; p=0.03). Les évènements indésirables transitoires caractéristiques des agonistes au récepteur GLP-1 étaient plus fréquents avec exenatide qu’avec glargine (nausée : 36 [15%] patients sur 233 versus cinq [2%] patients sur 223 ; vomissements : 15 [6%] versus six [3%] ; diarrhée : 32 [14%] versus 15 [7%]), bien que la fréquence de ces évènements ait commencé à diminuer après la semaine 26 dans le groupe exenatide. La proportion de patients rapportant des évènements indésirables graves dans le groupe exenatide (36 patients [15%]) était le même que dans le groupe glargine (33 [15%]). Le taux ajusté en fonction de l’exposition à l’hypoglycémie était trois fois supérieur chez les patients recevant glargine (0.9 évènement par patient et par an) que chez ceux recevant exenatide (0.3 évènement par patient et par an).

L’efficacité de l’exenatide administrée une fois par semaine s’est maintenue au cours des trois ans de suivi d’étude. Les agonistes du récepteur GLP-1 pourrait être une option de traitement chez les patients atteints de diabète de type 2 qui n’ont pas encore commencé à prendre de l’insuline. Prof Michaela Diamant MD et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 4 avril 2014

Financement : Amylin Pharmaceuticals et Eli Lilly


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ