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vendredi 16 avril 2021

#thelancetoncology #cancerovarien #cancer #ovaire #olaparib #platine Résultats et effet de la progression de la maladie sur l’état de santé de patients nouvellement diagnostiqués d’un cancer ovarien avancé et présentant une mutation du gène BRCA ; recevant un traitement de maintien olaparib ou placebo (SOLO1) : un essai de phase 3 randomisé

Source: https://ovairecanada.org/A-propos-du-cancer-de-l-ovaire/Depistage/Stades-de-developpement
 

Dans l’essai SOLO1 de phase 3, le traitement olaparib de maintien versus placebo a apporté un bénéfice significatif en termes de survie sans progression chez des patientes nouvellement diagnostiquées d’un cancer ovarien avancé présentant une mutation du gène BRCA, en réponse à une chimiothérapie à base de platine. Nous avons analysé la qualité de vie liée à la santé (QDVLS) ainsi que les résultats quantifiables chez les patientes incluses dans l’étude SOLO1, ainsi que l’effet de la progression (...) de la maladie sur l’état de santé.

SOLO1 est un essai randomisé, en double aveugle, international, réalisé dans 118 centres et 15 pays. Les patients éligibles étaient d’âge ≥ 18 ans ; présentaient un statut de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group dans le texte) de 0-1 ; étaient nouvellement diagnostiqués d’un cancer séreux ou endométrial de l’ovaire de haut grade, d’un cancer péritonéal primaire ou d’un cancer des trompes de Fallope présentant une mutation du gène BRCA ; ils présentaient une réponse partielle ou complète à une chimiothérapie à base de platine. Les patients ont été répartis au hasard (2:1) (…) pour recevoir soit des comprimés d’olaparib 300 mg ou de placebo deux fois par jour et ont suivi ce protocole sur une période de temps allant jusqu’à 2 ans. Ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. La randomisation était stratifiée en fonction de la réponse à la chimiothérapie à base de platine (réponse complète ou réponse partielle). La QDVLS était un critère secondaire et le paramètre d’évaluation de la QDVLS précisé à l’avance était le changement à partir de la ligne de base de l’évaluation fonctionnelle des effets dus au traitement anticancéreux- Index d’Essai du Cancer de l’Ovaire (Score TOI) au cours des premiers 24 mois. L’échelle des scores TOI s'étendant de 0 et 100 (Les scores plus élevés indiquant une QDVLS meilleure) ; une différence d’au moins 10 points entre deux mesures de QDVLS était nécessaire pour qu’elle soit déclarée comme significative sur le plan clinique. Les critères exploratoires précisés à l’avance étaient la survie sans progression de la maladie ajustée en fonction de qualité de vie et la période de temps écoulé sans symptômes significatifs de toxicité (TWiST). Les critères QDVLS étaient analysés chez tous les patients randomisés. L’essai, dont le recrutement est maintenant clos, est toujours en cours.

Entre le 3 septembre 2013 et le 6 mars 2015, 1 083 patients ont été recrutés. 693 patients étaient inéligibles, laissant 391 patients éligibles, répartis entre les groupes olaparib (n=260) et placebo (n=131 ; un patient placebo est sorti d’étude avant le début des prises de médicament); avec une durée médiane de suivi de 40.7 mois (Intervalle Interquartile - IQR – 34.9-42.9) pour le groupe olaparib et de 41.2 mois pour le groupe placebo (32.2-41.6). Aucun changement significatif sur le plan clinique du score TOI sur 24 mois n’a été relevé entre les groupes olaparib et placebo [+0.30 points (Intervalle de Confiance -IC- 95% de -0.72 à 1.32) versus 3.30 points (de 1.84 à 4.76) ; différence intergroupe de -3.00, IC 95% de -4.78 à -1.22 ; p=0.0010)]*. La moyenne de la survie sans progression ajustée à la qualité de vie (olaparib 29.75 mois [IC 95% 28.20-31.63] versus placebo 17.58 [15.05-20.18] ; différence 12.17 mois [IC 95% 9.07-15.11], p<0.0001) et la durée moyenne du temps TWiST (olaparib 33.15 mois [IC 95% 30.82-35.49] versus placebo 20.24 mois [17.36-23.11] ; différence 12.92 mois [IC 95% 9.30-16.54] ; p<0.0001) étaient significativement plus élevés avec l'olaparib qu’avec le placebo.

Une progression substantielle du bénéfice de survie apporté par le traitement olaparib de maintien dans un contexte de patients nouvellement diagnostiqués était obtenu sans effet délétère chez les patients en termes de QDVLS ; soutenue par une survie sans progression ajustée à la qualité de vie et des bénéfices liés à TWiST sous traitement olaparib de maintien versus placebo. Prof Michael Friedlander, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 13 avril 2021 

*Cette différence intergroupe de -3.00 du score TOI de QDVLS entre le groupe olaparib et le groupe placebo est très significative per se,  mais non significative sur le plan clinique. (note de l’éditeur du présent post de blog).

Financement : AstraZeneca et Merck Sharp & Dohme

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 17 avril 2020

#thelancetoncology #cancerovarien #bevacizumab Traitement combiné à base de bevacizumab et de platine du cancer ovarien récidivant : essai ouvert, de phase 3, randomisé

Cancer Ovarien de Stade 2A au Stade 2C. Au Stade 2A, la tumeur ovarienne est perceptible au delà des stricts contours de l'ovaire; au Stade 2B, le cancer s'est étendu à l'intestin et à la vessie; au stade 2C, les cellules cancéreuses sont présentes dans les fluides de l'abdomen
Bowel = Intestin
Bladder = Vessie
Source iconographique et légendaire:
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Diagram_showing_stage_2A_to_2C_ovarian_cancer_CRUK_214.svg

Le traitement approuvé du cancer ovarien récidivant, administrable lors d'un retraitement à base de platine, inclut une combinaison comprenant du bevacizumab (c’est-à-dire bevacizumab combiné à carboplatine-paclitaxel ou carboplatine-gemcitabine) ou le régime de traitement le plus actif ne comprenant pas le bevacizumab : doxorubicine liposomale avec carboplatine – pegylatée. Le but de cet essai était d’évaluer par comparaison directe du traitement standard comprenant du bevacizumab versus traitement standard doxorubicine liposomale avec carboplatine – pegylatée combinée avec du bevacizumab.

Cet essai de phase 3 multicentrique ouvert, randomisé, a été réalisé dans 159 centres de traitement universitaires situés en Allemagne, France, Australie, Autriche, et Royaume-Uni. Les patientes éligibles ( d’âge ≥ 18 ans ) étaient atteints de carcinome ovarien épithélial, péritonéal primaire, ou carcinome  des trompes de Fallope histologiquement confirmés ; avaient présenté une récidive de leur maladie plus de 6 mois après leur traitement en première ligne de chimiothérapie à base de platine, et un indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0-2. 
Les patientes étaient stratifiées par intervalle de pause dans leur traitement au platine, présence de tumeur résiduelle, traitement antiangiogénique précédent, et par nationalité. 
La randomisation des patientes a été réalisée par un système centralisé de répartition aléatoire 1:1 par blocs de deux, quatre, ou six, pour recevoir six cycles de bevacizumab (15 mg/kg, jour 1) plus carboplatine (aire sous la courbe de concentration [AUC] 4, jour 1) + gemcitabine (1 000 mg/m2 aux jours 1 et 8) toutes les 3 semaines ou six cycles de bevacizumab (10 mg/kg aux jours 1 et 15) + carboplatine (AUC 5, jour 1) + doxorubicine liposomale pégylatée (30 mg/m2 au jour 1) toutes les 4 semaines, suivi de l’administration d’un traitement de maintien au bevacizumab (15 mg/kg toutes les 3 semaines dans les deux groupes) jusqu’à progression de la maladie ou toxicité inacceptable. 
L’essai était réalisé en ouvert, sans mise à l'aveugle des groupes de traitement. 
Le critère principal était la survie sans progression évaluée par l’investigateur, selon les critères RECIST version 1.1. 
Les données d’efficacité ont été analysées dans la population en intention de traiter. La sécurité de l’essai était analysée chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Entre le 30 août 2013 et le 31 juillet 2015, 682 patients éligibles ont été recrutés et répartis au hasard dans les groupes : 345 d’entre eux ont constitué le groupe de patients recevant la [doxorubicine + carboplatine pégylatée combinée au bevacizumab] (groupe expérimental) et 337 le groupe de patients recevant le cocktail [carboplatine - gemcitabine - bevacizumab] (groupe standard). 
La durée médiane de suivi (…) était de 12.4 mois (Intervalle Interquartile -IQR- 8.3-21.7) dans le groupe expérimental et de 11.3 mois (8.0-18.4) dans le groupe standard, à la date de rendu des données (10 juillet 2018). 
La médiane de survie sans progression était de 13.3 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 11.7-14.2) dans le groupe expérimental et de 11.3 mois (8.0-18.4) dans le groupe standard (hazard ratio 0.81, IC 95% 0.68-0.96 ; p=0.012). 
Les évènements indésirables de grade 3 ou 4 les plus communément rencontrés étaient hypertension (88 [27%] patients sur 332 dans le groupe expérimental versus 67 [20%] patients sur 329 dans le groupe standard et neutropénie (40 [12%] versus 73 [22%]). Des événements indésirables graves sont survenus chez 33 (10%) patients sur 332 dans le groupe expérimental et chez 28 (9%) patients sur 329 dans le groupe standard. Des décès liés aux traitements sont survenus chez un patient du groupe expérimental (<1% ; perforation intestinale grave) et chez deux patients du groupe standard (1% ; un syndrome de démyélinisation osmotique et une hémorragie intracrânienne).

Le traitement combiné [(carboplatine pégylatée + doxorubicine) – bevacizumab] représente une nouvelle option de traitement standard du cancer ovarien récidivant chez des patientes éligibles aux traitements platine. Prof Jacobus Pfisterer, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 16 avril 2020

Financement : F Hoffmann-La Roche

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 2 avril 2019

#thelancetoncology #cancerovarien #niraparib Niraparib en monothérapie pour le traitement tardif du cancer ovarien : (QUADRA) : essai de phase 2 multicentrique, ouvert, à simple bras

Ovary = Ovaire
Fallopian tube = Trompes de Fallope
Uterus = Utérus
Cervix = Col de l'Utérus
Les options de traitement tardif chez les patients atteints de cancer ovarien sont peu nombreuses, avec environ 10% des patientes obtenant une réponse globale, avec une médiane de survie globale atteignant 5-9 mois après une traitement de troisième intention. Dans cette étude (QUADRA), nous avons investigué l’activité du niraparib en administration tardive (traitement de quatrième intention ou plus).

QUADRA était une étude multicentrique de phase 2, à simple bras, réalisée en ouvert, d’évaluation l’innocuité et l’activité du niraparib chez des patientes adultes (d’âge ≥ 18 ans) atteintes de cancer récidivant séreux de haut grade (grade 2 ou 3) de l’épithélium ovarien, des trompes de Fallope ou péritonéal primaire, qui avaient préalablement suivi trois régimes ou plus de traitements de chimiothérapie. Cette étude a été réalisée aux USA, au Canada, et dans 56 centres de dépistage (…). Les patientes ont reçu per os 300 mg de niraparib par jour, administré en continu. L’administration commençant au jour 1 pour un cycle de 28 jours ; les cycles de traitement se sont poursuivis jusqu’à progression de la maladie. L’objectif principal était l’évaluation de la proportion de patientes présentant une réponse globale confirmée par l’investigateur, chez les patientes avec des tumeurs positives pour la déficience de recombinaison homologue (HRD) (patients porteurs avec BRCA non muté et BRCA muté) sensibles à leur dernier traitement à base de platine et qui avaient reçu au moins trois ou quatre traitements contre le cancer au préalable (population évaluable pour le critère principal d’efficacité). Les analyses d’efficacité étaient réalisées en complément chez tous les patients recevant un traitement, présentant une pathologie évaluable à la ligne de base.       

Entre le 1er avril 2015 et le 1er novembre 2017, nous avons examiné 729 patients et en avons recruté 463 ; qui ont commencé leur traitement avec niraparib. Au moment de la clôture de la base de données (11 avril 2018), le recrutement en était clos et l’étude était toujours en cours, avec 21 patients prenant encore leur traitement. Les patients avaient reçu en moyenne quatre (Intervalle Interquartile [IQR] 3-5) lignes de traitements au préalable, et la médiane de suivi de survie globale était de 12.2 mois (IQR 3.7-22.1). 151 (33%) patients sur 463 étaient résistants et 161 (35%) patients sur 463 réfractaires au dernier traitement à base de platine qu’ils avaient reçu. 13 (28%) patients sur 47 de la population d’évaluation du critère principal d’efficacité ont présenté une réponse globale selon des critères RECIST (Intervalle de Confiance [IC] 15.6-42.6 ; valeur unilatérale de p=0.00053). Les événements indésirables apparus sous traitement les plus communément relevés étaient anémie (113 [24%] patients sur 463) et thrombocytopénie (95 [21%] patients sur 463). L’évènement indésirable grave apparaissant sous traitement les plus communément relevés étaient obstruction intestinale (34 [7%] patients sur 463), thrombocytopénie (34 [7%] patients sur 463), et vomissements (27 [6%] patients sur 463). Un décès du fait d’une hémorragie gastrique a été considéré comme relié au traitement.

Nous avons relevé une activité du niraparib pertinente sur le plan clinique chez les femmes ayant préalablement subi des traitements lourds pour leur cancer de l’ovaire, plus spécialement chez les patientes avec une pathologie HRD-positive sensible au platine, incluant non seulement des patientes présentant un gène BRCA muté mais aussi une population de patientes au gène BRCA de type sauvage. (…). Nos résultats soutiennent la mise en place d’expansion d’indication pour les inhibiteurs de polymérase poly (ADP-ribose) incluant des patientes atteintes de cancer ovarien HRD-positif, au-delà de la population de patientes porteuses de mutations du gène BRCA. Kathleen N Moore, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 1er avril 2019

Financement : Tesaro

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 25 mars 2019

#thelancet #cancerovarienépithélial Cancer Ovarien Épithélial

Cibles moléculaires du cancer de l'ovaire et voies actuellement soumises à investigation pour le développement de médicaments.

Le cancer ovarien épithélial est généralement décelé à un stade avancé et il représente la cause la plus fréquente de mort par cancer gynécologique. Son traitement requière des soins prodigués par une équipe multidisciplinaire. Le dépistage basé sur la population s’est révélé inefficace jusqu’à présent ; toutefois, de nouvelles approches de diagnostic et de prévention précoces avec la génomique moléculaire comme levier, sont en développement. Les thérapies initiales incluent la chirurgie et thérapie adjuvante. Le cancer ovarien épithélial est composé de sous-types histologiques distincts, présentant des caractéristiques génomiques uniques, qui améliorent la précision et l’efficacité des thérapies, permettant ce faisant la découverte de prédicteurs de réponse comme les mutations des gènes de susceptibilité au cancer du sein que sont BRCA1 et BRCA2, ainsi que la déficience de recombinaison homologue pour ce qui est des inhibiteurs  de la réponse aux lésions de l’ADN, ou de la résistance à ladite réponse (cycline E1). Des techniques de mesure des changements génomiques dans les tumeurs et dans le sang, dont l’évolution est rapide, permettent d’évaluer la sensibilité et l’émergence de la résistance aux traitements, et peuvent être des indicateurs précis de la présence d’une maladie résiduelle. Les récidives sont généralement incurables ; et les considérations clé, à ce stade, sont le contrôle des symptômes et de la qualité de vie des patients. Les traitements visant à contrer la récidive doivent être décidés appliqués selon le point de vue du patient, en incluant des mesures du bénéfice. Des progrès urgents sont attendus, dans le développement et l’édiction de directives thérapeutiques fondées sur des données avérées ou des recommandations consensuelles pour chaque sous-groupe, et requière une étroite collaboration internationale dans la conduite des essais cliniques, par le truchement des groupes de recherche académiques comme le Gynecologic Cancer Intergroup. Stéphanie Lheureux, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 23 mars 2019

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 29 avril 2016

#cell #cancerdel’ovaire #platine #chimiorésistance Les cellules T effectrices abrogent la chimiorésistance du cancer de l’ovaire médiée par le stroma dans le cancer de l’ovaire

Les cellules T abrogent la chimiorésistance des tumeurs ovariennes en altérant le métabolisme des fibroblastes du stroma du microenvironnement tumoral, révélant un point d’intersection pour une combinaison immunothérapie-chimiothérapie dans le traitement du cancer.
Les cellules effectrices et les fibroblastes sont les composantes principales du microenvironnement tumoral. Les moyens par lesquels ces interactions cellulaires influent sur la chimiorésistance restent peu clairs. Ici, nous montrons que les fibroblastes diminuent l’accumulation de platine dans le noyau des cellules ovariennes cancéreuses, résultant en une résistance à la chimiothérapie à base de platine. Nous démontrons que le glutathion et la cystéine relâchés par les fibroblastes contribuent à cette résistance. L’interféron dérivé des cellules T CD8+ (IFN)ɣ contrôle le contenu en glutathion et cystéine par le truchement de la régulation positive des gamma-glutamyltransérases et de la répression transcriptionnelle du système xc- cystine et de l’antiporter glutamate via la voie de signalisation JAK/STAT1. La présence de fibroblastes du stroma et de cellules T CD8+ est associée négativement et positivement, respectivement, avec la survie des patients atteints de cancer de l’ovaire. Ainsi, notre travail éclaire un mode d’action pour les cellules T effectrices : elles abrogent la chimiorésistance médiée par le stroma. La capitalisation du jeu entre chimiothérapie et immunothérapie constitue un fort potentiel pour le traitement du cancer. Weimin Wang, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 28 avril 2016


Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

lundi 16 novembre 2015

#thelancetoncology #cancerdel’ovaire #angiogénèse #carboplatine #paclitaxel #nintedanib Chimiothérapie standard de première intention avec ou sans nintedanib pour le cancer de l’ovaire avancé (AGO-OVAR 12) : un essai de phase 3 randomisé, en double-aveugle et contrôlé par placebo

Ovaire. Epanchement péritonéal. Métastase tumorale dans l'ovaire. Coloration PAS. x100
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/cancers-de-l-ovaire-predire-l-agressivite-tumorale-et-la-reponse-au-traitement
L’angiogénèse est une cible dans le traitement du cancer de l’ovaire. Le nintedanib, un inhibiteur triple de l’angiokinase du récepteur VEGF, du récepteur du facteur de croissance dérivé des plaquettes, et du récepteur du facteur de croissance des fibroblastes, a montré une activité dans le cadre d’essais de phase 2 effectués dans ce contexte. Nous avons poursuivi des investigations sur la combinaison [(nintedanib) + (chimiothérapie standard carboplatine – paclitaxel)] chez des patientes nouvellement diagnostiquées d’un cancer de l’ovaire avancé.

Dans cet essai de phase 3 en double-aveugle, des patientes n’ayant pas reçu de chimiothérapie au préalable (âgées de 18 ans ou plus) atteintes d’un cancer de l’ovaire de stade IIB-IV selon l’échelle de la Fédération Internationale de Gynécologie et d’Obstétrique (FIGO) et venant de subir une réduction chirurgicale tumorale optimale, ont été stratifiées en fonction du statut des marges de résection, du stade FIGO de la tumeur, et de la dose planifiée d’administration de carboplatine. Les patientes ont été réparties de manière aléatoire (2:1) à l’aide d’un système interactif de réponse vocale ou de réponse par internet pour recevoir six cycles de carboplatine (Aire Sous la Courbe - AUC - 5 mg/mL par min. ou 6 mg/mL par min.) et paclitaxel (175 mg / m2) ajoutés à soit 200 mg de nintedanib (groupe nintedanib) ou placebo (groupe placebo) deux fois par jour aux jours 2-21 de chaque période de 3 semaines pendant 120 semaines au maximum. Ni les patientes, ni les investigateurs, ni les radiologues examinateurs indépendants, n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression de la maladie (…) analysée sur population de traiter. (…).

Entre le 9 décembre 2009 et le 27 juillet 2011, 1 503 patientes ont été examinées et 1 366 d’entre elles réparties de manière aléatoire par neuf groupes d’étude dans 22 pays : 911 dans le groupe nintedanib et 455 dans le groupe placebo. 486 (53%) patientes sur 911 du groupe nintedanib ont présenté une progression de la maladie ou sont décédées, en comparaison des 266 (58%) patientes sur 455 du groupe placebo. La survie sans progression de la maladie était significativement plus longue dans le groupe nintedanib que dans le groupe placebo (17. 2 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 16.6-19.9] versus 16.6 mois [13.9 – 19.1] ; hazard ratio 0.84 [IC 95% 0.72-0.98] ; p = 0.024).
Les événements indésirables les plus communément relevés étaient gastrointestinaux (diarrhée : groupe nintedanib 191 [21%] sur 902 de grade 3 et 72 [16%] de grade 4 [<1%] versus groupe placebo neuf [2%] sur 450, de grade 3 seulement) et hématologiques (neutropénie : groupe nintedanib 180 [20%] de grade 3 et 200 [22%] de grade 4 versus groupe placebo 90 [20%] de grade 3 et 72 [16%] de grade 4 ; thrombocytopénie : 105 [12%] et 55 [6%] versus 21 [5%] et huit [2%] ; anémie : 108 [12%] et 13 [1%] versus 26 [6%] et cinq [1%]).
Des événements indésirables graves ont été relevés chez 376 (42%) patientes sur 902 dans le groupe nintendanib et 155 (34%) patientes sur 450 dans le groupe placebo. 29 (3%) patientes sur 902 du groupe nintedanib versus 16 (4%) du groupe placebo patientes sont décédées en rapport avec un événement indésirables grave; 12 (1%) du groupe nintedanib et six (1%) du groupe placebo présentaient une néoplasie maligne en progression classée comme événement indésirable par l’investigateur.
Des événements indésirables liés au médicament à l’étude menant à un décès sont survenus chez trois patientes du groupe nintedanib (une patiente décédée sans cause diagnostiquée ; une patiente décédée du fait d’une une septicémie d’origine indépendante au traitement, ayant pour origine diarrhée et insuffisance rénale liées au médicament à l’étude ; et un décès dû à une péritonite) et  une patiente décédée dans le groupe placebo sans cause de décès définie.

Le nintedanib en combinaison avec le carboplatine et le paclitaxel représente un traitement de première intention actif, permettant une amélioration significative de la survie sans progression de la maladie chez les femmes atteintes de cancer de l’ovaire avancé ; toutefois, ce traitement est associé à un nombre plus élevé d’événements indésirables gastrointestinaux. Les futures études à entreprendre devront se focaliser sur la sélection des patientes et l’optimisation de la tolérance au traitement. Prof Andrea Du Bois, MD, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 15 novembre 2015

Financement : Boehringer Ingelheim

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

mercredi 20 mai 2015

#thelancet #cancerdel’ovaire #chimiothérapie #chirurgie #platine #carboplatine #paclitaxel Chimiothérapie primaire versus chirurgie primaire chez des patientes nouvellement diagnostiquées de cancer de l’ovaire avancé (CHORUS) : essai de non-infériorité ouvert, randomisé et contrôlé

Dans neuf cas sur dix, les cancers ovariens se développent à partir de cellules qui composent la surface de l’ovaire. On parle d’adénocarcinome. Plus rarement, les cancers ovariens naissent des cellules impliquées dans la production des ovules. Il s’agit alors de tumeurs dites « germinales ». Les adénocarcinomes ovariens touchent davantage les femmes ménopausées, les tumeurs germinales concernant généralement les femmes plus jeunes.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/sante/maladie/cancer-ovaires/quest-ce-que-cest
Les nouvelles normes internationales en matière de traitement chez les femmes présumées atteintes de cancer ovarien avancé est la réduction tumorale chirurgicale suivi d’une chimiothérapie à base de platine. Notre but était d’établir si l’application d’une chimiothérapie à base de platine primaire suivi d’une chirurgie tardive représentait une alternative de traitement.

Dans cet essai de non infériorité de phase 3, randomisé et contrôlé (CHORUS) entrepris dans 87 hôpitaux au Royaume – Uni et en Nouvelle Zélande, nous avons recruté des femmes présumées atteintes de cancer de l’ovaire de stade III ou de stade IV. Nous avons répartis ces sujets de manière aléatoire (1:1) pour recevoir une chirurgie primaire suivie de six cycles de chimiothérapie ou pour recevoir trois cycles de chimiothérapie primaire, puis une chirurgie suivie de trois cycles de chimiothérapie complémentaires. Chaque cycle de trois semaines consistait en l’administration de carboplatine AUC5 ou AUC6 + paclitaxel à raison de 175 mg/m2 ou un régime combiné alternatif comprenant du carboplatine, ou du carboplatine en monothérapie. L’assignation randomisée des traitements a été effectuée à l’aide d’une méthode de minimisation incorporant une composante aléatoire, et les participantes ont été stratifiées selon leur centre de randomisation, la taille de la tumeur dans sa plus grande dimension, le stade clinique de la tumeur, ainsi que les régimes de chimiothérapie précédemment prescrits. À la fois les investigateurs et les patientes avaient accès au tableau de répartition des sujets et des traitements. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie globale. Les analyses primaires ont été effectuées sur population en intention de traiter. Afin d’établir la non-infériorité, la marge supérieure de l’Intervalle de Confiance [IC] unilatéral à 90% pour l’évaluation du hazard ratio (HR) devait être inférieure à 1.18. (…).

Entre le 1er mars 2004 et le 30 août 2010, nous avons réparti 552 femmes de manière aléatoire dans les groupes de traitements. Sur les 550 femmes éligibles, 276 ont subi une chirurgie primaire, et 274 une chimiothérapie primaire. Toutes ont été incluses dans la population en intention de traiter analysée ;  251 femmes du groupe chirurgie primaire et 253 femmes du groupe chimiothérapie primaire ont été incluses dans l’analyse per-protocole.
Au 31 mai 2014, 451 décès étaient survenus : 231 dans le groupe chirurgie primaire versus 220 dans le groupe chimiothérapie primaire. La médiane de survie était de 22.6 mois dans le groupe chirurgie primaire versus 24.1 mois dans le groupe chimiothérapie primaire. Le HR de décès était 0.87 en faveur de la chimiothérapie primaire, avec la marge supérieure de l’IC 90% = 0.98 (IC 95% 0.72-1.05). Les événements indésirables post-opératoires de grade 3 ou de grade 4, ainsi que les décès survenant dans les 28 jours après la chirurgie étaient plus fréquents dans le groupe chirurgie primaire que dans le groupe chimiothérapie primaire (60 [24%] femmes sur 252 versus 30 [14%] femmes sur 209, p=0.0007, et 14 femmes [6%] versus une femme [<1%], p=0.001). Les événements indésirables post-opératoires de grade 3 ou de grade 4 les plus fréquents étaient hémorragie dans les deux groupes (8 femmes [3%] dans le groupe chirurgie primaire versus 14 [6%] dans le groupe chimiothérapie primaire). 110 (49%) femmes sur 225 recevant une chirurgie primaire et 102 (40%) sur 253 recevant une chimiothérapie primaire ont présenté des effets toxiques de grade 3 ou de grade 4 reliés à la chimiothérapie (p=0.0654), des neutropénies simples principalement (20% et 16% respectivement). Il a été relevé un effet toxique fatal, une septicémie neutropénique, survenue dans le groupe chimiothérapie primaire.

Chez les femmes atteintes de cancer de l’ovaire de stade III ou de stade IV, la survie sous chimiothérapie primaire est non inférieure à celle sous chirurgie primaire. Dans cette étude de population, l’administration d’une chimiothérapie primaire avant la chirurgie représente donc une nouvelle norme de traitement acceptable chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire avancé. Prof Sean Kehoe, MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 19 mai 2015

Financement : Cancer Research UK and the Royal College of Obstetricians and Gynaecologists

Source: The Lancet / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 4 décembre 2014

#olaparib #paclitaxel #carboplatine #cancerdel’ovaire #BRCA Olaparib combinée avec chimiothérapie pour le traitement du cancer de l’ovaire récidivant sensible au platine

Taux de décès standardisés pour le cancer de l'ovaire, tous âges, en 2003 (d'après CépiDc - Inserm)
Source iconographique et légendaire:  http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/102/Chapitre_34.html
L’inhibiteur de la poly (ADP-ribose) polymérase (PARP) olaparib a montré une activité antitumorale chez des patients atteints de cancer séreux de l’ovaire de haut grade récidivant sensible au platine, porteurs ou non porteurs des mutations BRCA1 ou BRCA2. Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la tolérance à l’olaparib en combinaison avec la chimiothérapie, suivi par un maintien sous olaparib en monothérapie versus chimiothérapie seule, chez des patients atteints de cancer séreux de l’ovaire de haut grade récidivant sensible au platine.

Dans cette étude de phase 2, randomisée et ouverte, des patients adultes atteints de cancer séreux de l’ovaire de haut grade récidivant sensible au platine, qui avaient reçu jusqu’à trois cycles de chimiothérapie à base de platine et dont la maladie n’avait pas progressé depuis au moins 6 mois avant la randomisation ont reçu soit olaparib (capsule de 200 mg deux fois par jour, administrée per os aux jours 1-10 de chaque cycle de 21 jours) + paclitaxel (175 mg/m2, administré par voie intraveineuse au jour 1)  et carboplatine (aire sous la courbe -AUC- 4 mg/ml par min, selon la formule de Calvert, administré par voie intraveineuse au jour 1), puis olaparib en monothérapie (capsule de 400 mg deux fois par jour, administrée en continu) jusqu’à progression (groupe olaparib + chimiothérapie), ou paclitaxel (175 mg/m2 au jour 1) et carboplatine (AUC 6 mg / ml par min au jour 1) sans autre traitement supplémentaire par la suite (groupe chimiothérapie seule).
La randomisation a été effectuée à l’aide d’un système vocal interactif, stratifiée en fonction du nombre de traitements à base de platine reçus et de la période de temps écoulée jusqu’à progression de la maladie à la suite du précédent traitement à base de platine reçu. Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression de la maladie selon les Critères d’Evaluation de la Réponse des Tumeurs Solides version 1.1, analysée par intention de traiter. Les analyses exploratoires préspécifiée incluaient l’efficacité des traitements en fonction du statut de mutation BRCA, évalué rétrospectivement. (…).

Entre le 12 février et le 30 juillet 2010, 173 patients répertoriés dans 43 sites d’investigation situés dans 12 pays ont été recrutés dans cette étude, dont 162 ont été déclarés éligibles et répartis de manière aléatoire dans les deux groupes de traitements (81 au groupe olaparib + chimiothérapie et 75 au groupe chimiothérapie seule). De ces patients randomisés, 156 ont été traités au cours de la phase dite de combinaison (81 dans le groupe olaparib + chimiothérapie et 55 dans le groupe chimiothérapie seule), 121 ont poursuivi en traitement de maintien ou mis en phase sans traitement supplémentaire (66 dans groupe olaparib + chimiothérapie et 75 dans le groupe chimiothérapie seule).
Le statut de mutation BRCA était connu chez 107 patients (soit à la ligne de base, ou déterminé rétrospectivement) : 41 (38%) sur 107 étaient porteurs d’une mutation BRCA (20 dans le groupe olaparib + chimiothérapie et 21 dans le groupe chimiothérapie seule). La survie sans progression de la maladie était significativement plus élevée dans le groupe olaparib + chimiothérapie (durée médiane de survie sans progression : 12.2 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 9.7-15.0]) que dans le groupe chimiothérapie seule (9.6 mois [IC 95% 9.1-9.7) (HR 0.51 [IC 95% 0.34-0.77] ; p=0.0012), spécialement chez les patients porteurs de mutations BRCA (HR 0.21 [0.08-0.55] ; p=0.0015).
Dans la phase de combinaison, les événements indésirables qui étaient rapportés à une fréquence d’au moins 10% supérieure sous olaparib + chimiothérapie que sous chimiothérapie seule étaient alopécie (…), nausée (…), neutropénie (…), diarrhée (…), maux de tête (…), neuropathie périphérique (…) et dyspesie ; la plupart d’entre eux étaient d’intensité faible à modérée. Les événements indésirables de grade 3 ou plus notés pendant la phase de combinaison étaient neutropénie (…) et anémie (…). Des événements indésirables graves ont été rapportés chez 12 (15%) des 81 patients du groupe olaparib + chimiothérapie  et 16 des 75 (21%) patients du groupe chimiothérapie seule.

Olaparib + paclitaxel ou carboplatine, suivis d’une monothérapie de maintien, ont amélioré de manière significative la survie sans progression de la maladie versus paclitaxel + carboplatine seuls, le meilleur bénéfice étant observé chez les patients porteurs de mutations BRCA, avec un profil de tolérance aux produits gérable. Prof Amit M Oza  FRCP et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 4 décembre 2014

Financement : AstraZeneca

Source : The Lancet Oncology / Traduction et adaptation : NZ      

jeudi 11 septembre 2014

Combinaison de cediranib et d’olaparib versus olaparib seul chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant sensible au platine : étude de phase 2 randomisée

Ovaire. Epanchement péritonéal. Métastase tumorale dans l'ovaire. Coloration PAS. x 100
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-recherche/cancers-de-l-ovaire-predire-l-agressivite-tumorale-et-la-reponse-au-traitement
L’olaparib est un inhibiteur poly (ADP-ribose) de polymerase et le cediranib est un agent anti-angiogénique dont l’activité est dirigée contre les récepteurs VEGF (VEGFR) 1, VEGFR2, et VEGFR3. Tous deux possèdent une activité antitumorale chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant, et la combinaison de ces deux médicaments s’est montrée active avec un niveau de toxicité sous contrôle dans un essai de phase 1. Nous avons étudié si cette combinaison pouvait améliorer la survie sans progression de la maladie (PFS) en comparaison de l’olaparib administré en monothérapie chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire récidivant sensible au platine.

Dans notre étude de phase 2, randomisée, ouverte, nous avons recruté des femmes (âge ≥ 18 ans) atteintes d’un cancer de haut grade séreux, de l’endomètre, de l’ovaire, des trompes de fallope, ou cancer péritonéal primaire, ou encore atteintes de mutations BRCA1/2 de la lignée germinale à partir de neuf centres médicaux universitaires situés aux États – Unis d’Amérique. Nous avons réparti les participants (1:1) de manière aléatoire selon la méthode par « blocs de permutation », les avons stratifiés en fonction de leur statut de lignée germinale BRCA et leur statut de thérapie anti-angiogénique préalable, pour recevoir [des capsules d’olaparib 400 mg deux fois par jour] ou [la combinaison à la dose recommandée pour une phase 2 de 30 mg/jour de cediranib et de capsules d’olaparib 200 mg deux fois par jour]. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie sans progression analysée sur population en intention de traiter. L’étude de phase 2 ne recrute plus de patients à présent. Une analyse intermédiaire a été effectuée en novembre 2013, lorsque 50% des évènements attendus étaient effectivement survenus, et les résultats d’efficacité ont été rendus ouverts. L’analyse primaire a été effectuée le 31 mars 2014, après survenue de 47 évènements (correspondant à 66% du nombre total d’évènements attendus). (…).

Entre le 26 octobre 2011, et le 3 juin 2014, nous avons assigné de manière aléatoire 46 femmes au traitement olaparib seul, et 44 femmes à la combinaison de traitement olaparib et cediranib. La PFS médiane était de 17.7 mois (intervalle de Confiance [IC] 95% 14.7-non atteint) pour ce qui est des femmes sous cediranib + olaparib, en comparaison de la PFS médiane de 9.0 mois (IC 95% 5.7 – 16.5) des femmes sous olaparib en monothérapie (hazard ratio 0.42, IC 95% 0.23-0.76 ; p=0.005). Les évènements indésirables de grade 3 et de grade 4 étaient plus fréquents dans groupe [combinaison de traitement] que dans le groupe [monothérapie], et incluaient fatigue (12 patientes du groupe cediranib + olaparib versus cinq patients du groupe olaparib en monothérapie), diarrhée (dix versus aucune), et hypertension (18 versus aucune).

Le traitement cediranib + olaparib semble améliorer la PFS chez des femmes atteintes d’un cancer séreux ou de l’endomètre ou de l’ovaire, suggérant donc la poursuite d’études de phase 3. Le profil des effets secondaires observés suggère que ces investigations intègrent des données d’évaluation de qualité de vie rapportées par les patientes ; afin de mieux appréhender les effets d’un régime de traitement per os administré en continu avec une chimiothérapie administrée par intermittence. Dr Joyce F Liu MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 11 septembre 2014

Financement : American Recovery and Reinvestment Act grant from the National Institutes of Health (NIH) (3 U01 CA062490-16S2); Intramural Program of the Center for Cancer Research; and the Division of Cancer Treatment and Diagnosis, National Cancer Institute, NIH.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mercredi 18 juin 2014

Thérapie anti-angiopoïetine avec trebananib pour le cancer ovarien récidivant (TRINOVA-1) : un essai de phase 3 randomisé, multicentrique, en double-aveugle et contrôlé par placebo

Cellules cancéreuses d'un cancer de l'ovaire vues au microscope électronique à balayage. (...) "90% des cancer ovariens peuvent être guéris s'ils sont pris à temps. Mais aujourd'hui, dans 75% des cas, on le repère encore trop tard", d'après Karen Lu du Centre Anderson pour le cancer au Texas.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/08/30/21176-espoir-depistage-precoce-cancer-lovaire
L’angiogenèse est une cible valide dans le traitement du cancer épithélial ovarien. Le trebananib inhibe la liaison des angiopoïétines 1 et 2 du récepteur Tie2, et inhibe ainsi l’angiogenèse. Notre but était d’étudier si l’adjonction de trebananib à la chimiothérapie par agent unique paclitaxel améliorait la survie sans progression de la maladie chez des patientes atteintes de cancer épithélial ovarien.

Dans cette étude randomisée, en double – aveugle de phase 3 effectuée entre le 10 novembre 2010 et le 19 novembre 2012, nous avons recruté des femmes atteintes de cancer épithélial ovarien basées dans 32 pays. Les critères d’éligibilité comprenaient notamment le fait d’avoir subi trois traitements ou moins, ainsi qu’une période de temps sans traitement au platine pendant moins de 12 mois. Nous avons recruté les patients à l’aide d’un système vocal interactif informatisé, et les patients ont été affectés de manière aléatoire sous ratio 1:1 pour recevoir en aveugle paclitaxel (80 mg/m2) par voie intraveineuse + [placebo ou trebananib (15 mg/kg)], par la méthode de permutation par blocs (blocs de quatre). Les patients ont été stratifiés sur la base de la période de temps au cours de laquelle ils n’ont pas reçu de platine (≥0 et ≤6 mois versus  >6 et ≤ 12 mois), de présence ou absence de pathologie mesurable, de la région d’origine (Amérique du Nord, Europe de l’Ouest et Australie, ou reste du monde). Ni le sponsor, ni les investigateurs, ni le personnel soignant sur site, ni les patients n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’efficacité était la survie sans progression de la maladie évaluée sur la population en intention de traiter. (…).

919 patientes ont été recrutées, 461 ont été incluses dans le groupe trebananib et 458 dans le groupe placebo. La survie sans progression de la maladie était significativement plus importante dans le groupe trebananib que dans le groupe placebo (7.2 mois [5.8-7.4] versus 5.4 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 4.3-5.5], respectivement, hazard ratio 0.66, IC 95% 0.57-0.77, p<0.0001). L’incidence des évènements indésirables de grade 3 ou plus était similaire entre les groupes de traitement (244 patients [54%] sur 452 du groupe placebo versus 258 patients [56%] sur 461 du groupe trebananib). Le trebananib était associé à un nombre plus élevé d’évènements indésirables liés à une interruption de traitement que le placebo (77 [17%] patients versus 27 [6%] respectivement) de même qu’une incidence plus élevée d’œdèmes (294 [64%] patients montraient des œdèmes de tout grade dans le groupe trebanabib versus 127 [28%] patients dans le groupe placebo). Les évènements indésirables de grade 3 ou plus comprenaient ascites (34 [8%] dans le groupe placebo versus 52 [11%] dans le groupe trebananib), neutropénies (40 [9%] versus 26 [6%]), et douleurs abdominales (21 [5%] versus  22 [5%]). Nous avons noté des évènements indésirables graves chez 125 (28%) patients dans le groupe placebo et 159 (34%) patientes dans le groupe trebananib. Il y avait une différence de 2% ou moins d’évènements indésirables spécifiquement liés au traitement anti-VEGF (hypertension, protéinurie, complications liés à la cicatrisation des plaies, évènements thromboemboliques, perforations gastro-intestinales), sauf saignements, évènements plus communs dans le groupe placebo que dans le groupe trebananib (75 [17%] versus 46 [10%]).

L’inhibition des angiopoïetines 1 et 2 avec trebananib a fourni une prolongation de survie sans progression de la maladie, significative sur le plan clinique. Cette option anti-angiogénique non-VEGF, appliquée chez des femmes atteintes de cancer épithélial ovarien récurrent devrait être objet d’études dans d’autres contextes, et en combinaison avec d’autres médicaments. Bien que les cas d’œdèmes fussent augmentés, les évènements indésirables anti-VGEF associés n’ont pas eu un rôle majeur. Prof Bradley J Monk MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 18 juin 2014

Financement : Amgen

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ       

jeudi 17 octobre 2013

Fonction sexuelle endocrine chez les porteuses de mutations BRCA 1/2 : étude cas – témoin

Détection d'anomalies chromosomiques tumorales
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/cancer/dossiers/cancer-du-sein
La pénétrance des mutations BRCA1/BRCA2 pour ce qui est de la prévalence du cancer du sein et/ou des ovaires, est particulièrement élevée chez les personnes qui en sont porteuses. La dérégulation des hormones sexuelles ainsi que la sensibilité altérée des organes cibles aux hormones, peut expliquer cette pénétrance organe – spécifique. Nous avons cherché à identifier les différences concernant la régulation hormonale entre les femmes porteuses des mutations BRCA1/2 (femmes BRCA1/2 positives) et les femmes BRCA1/2 négatives.

Nous avons étudié l’épaisseur de l’endomètre pour chaque jour du cycle menstruel (comme index de régulation hormonale) sur 393 clichés scanner provenant de 228 femmes intégrées dans l’étude « Étude de Dépistage du Cancer Ovarien Familial au Royaume Uni » - « UK Familial Ovarian Cancer Screening Study » (UK FOCSS)  dans le texte – identifiées comme porteuses de l’une des mutations et 1573 clichés scanner provenant de 754 femmes identifiées comme négatives pour ce qui est des mutations citées plus haut. Afin de quantifier les différences en épaisseur de l’endomètre, nous nous sommes focalisés sur les jours 10-14 et 21-26 ; et avons calculé l’aire sous la courbe. Nous avons ensuite comparé les titres sériques d’oestradiol et de progestérone mesurés au cours de ces jours spécifiquement, dans les mêmes groupes. Les titres sériques en oestradiol et progestérone lutéaux et folliculaires ont été groupés en quartiles, et les odds ratios (odd ratio : quotient entre la probabilité d’un événement et la probabilité de non-survenue de cet événement)*  ont été calculés à l’aide d’un programme de régression logistique.

L’épaisseur de l’endomètre pendant la phase folliculaire chez les porteuses de mutations, après ajustement pour l’âge et pour le jour spécifique du cycle menstruel, était plus élevé (odds ratio [OR] 1,11 ; IC 95% 1,03 – 1,20 ; p=0,0063) et l’épaisseur de l’endomètre pendant la phase lutéale plus faible (0,90 ; 0,83 – 0,98 ; p=0,027) chez les femmes porteuses des mutations que chez les femmes négatives pour ces mutations. Les titres médians en progestérone étaient de 121% plus élevés (p=0,00037) chez les femmes porteuses de mutations en comparaison des femmes non – porteuses ; les titres médians en oestradiol étaient de 33% plus élevés (p=0,007) – c.à.d que les femmes porteuses de mutations montraient des concentrations en progestérone sérique qui se situaient dans le premier quartile des concentrations mesurées dans groupe de contrôle (OR 8,0 ;  IC 95% 2,1 – 52,57 ; p=0,008).

Les femmes porteuses de mutations BRCA1/BRCA2 sont exposées à des titres plus élevés d’oestradiol et de progestérone – identifiés comme facteurs de risque pour le cancer du sein. Des titres plus élevés en oestradiol sont cohérents avec l’hypothèse d’un rôle dans la carcinogénèse de l’ovaire chez ces femmes. Nos résultats n’étaient pas corrélés avec la prise éventuelle de pilule contraceptive.  Prof Martin Widschwendter MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 17 octobre 2013


Financement : Eve Appeal, Union Européenne, Fonds de Recherche sur le Cancer du Royaume Uni, Institut National de la Santé des États – Unis d’Amérique.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 22 février 2012

Association entre endométriose et risque de sous-types histologiques de cancers de l'ovaire: une analyse regroupée d'études de cas - témoins

L'équipe du Dr. Fatima Mechta-Grigoriou (Inserm-Institut Curie, Paris) a découvert dans les cancers de l'ovaire deux caractéristiques génétiques qui permettent de distinguer les tumeurs agressives et leur réponse au traitement, selon les travaux publiés dans la revue Nature Medicine (Novembre 2011).
Source:  http://sante.24heures.ch/article/une-d%C3%A9couverte-pourrait-am%C3%A9liorer-le-traitement-des-cancers-de-lovaire
L'endométriose est un facteur de risque pour le cancer ovarien épithélial; cependant, les risques de propagation à tous les sous-types histologiques ou de tumeurs à la limite de la malignité restent à établir. Nous avons entrepris une étude collaborative internationale, afin d'étudier l'association entre endométriose et sous-types histologiques de cancer ovarien.

Les données extraites de 13 études cas-témoin de cancers ovariens, produites par le Consortium d'Associations pour le Cancer Ovarien (Ovarian Cancer Association Consortium dans le texte), ont été regroupées, et des analyses de régression logistique effectuées; afin d'étudier l'association entre autodiagnostic d'endométriose et risque de cancer ovarien. Des analyses des cas invasifs ont été faites en fonction des sous-types histologiques identifiés, de leur grade et de leur stade; ainsi que que des analyses de tumeurs à la limite de la malignité par sous-type histologique. L'âge, l'origine ethnique, la parité, l'étendue de la période de prise de contraceptifs oraux ont été inclus dans tous les modèles d'analyse.

13 226 contrôles et 7911 femmes atteintes de cancer ovarien invasif, ont été incluses dans cette analyse. 818 et 738 femmes respectivement, possédaient un historique d'endométriose. 1907 femmes avec un cancer ovarien limite ont également été incluses dans cette analyse, et 168 de ces dernières étaient porteuses d'un historique d'endométriose. 
L'autodiagnostic d'endométriose était associé avec un risque significativement augmenté de cancers ovariens invasifs: à cellules claires (136 [20,2%] des 674 cas versus 818 [6,2%] des 13 226 contrôles; p<0,0001), tumeurs séreuses de bas grade (31 [9,2%] des 336 cas; p<0,0001) et cancers ovariens invasifs endométroïdes (169 [13,9%] des 1220 cas; p<0,0001). 
Aucune association entre endométriose et risque de cancer ovarien mucineux (31 [6,0%] des 516 cas; p=0,92) ou invasif séreux de haut grade (261 [7,1%] des 3659 cas; p=0,13) ou tumeurs limite quel qu'en soit le type (séreux 103 [9,0%] des 1140 cas; p=0,12, et mucineux 65 [8,5%] des 767 cas; p=0,45).

Les cliniciens doivent prendre conscience du fait de l'augmentation du risque de cancer des sous-types cellulaires spécifiques de l'ovaire, chez les femmes porteuses d'une endométriose. 
Les futurs efforts doivent se concentrer sur la compréhension des mécanismes pouvant mener à la transformation maligne des endométrioses; cela aidera à l'identification des groupes de femmes à risque augmenté de cancer ovarien. Dr Celeste Leigh Pearce PhD et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication, 22 February 2012

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 13 octobre 2011

Etude docetaxel + aflibercept de phase 1-2 chez des patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire récurrent, péritonéal primaire ou d'un cancer des trompes de Fallope

"Le cancer de l'ovaire (qui inclut les trompes de Fallope et le cancer péritonéal primaire) est le plus mortel des cancers du système reproducteur chez la femme".
Fallopian Tubes = Tompes de Fallope
Ovaries = Ovaires
Cervix = Col (utérus)
Vagina = Vagin
Source: www.froedtert.com/SpecialtyAreas/GynecologicC...
Les biothérapies ciblées sont reconnues comme stratégie viable dans l'amélioration des résultats chez les femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire. Nous avons étudié la sécurité, la tolérance, la pharmacocinétique, les biomarqueurs circulants, les biomarqueurs visibles en imagerie ainsi que l'activité clinique de la combinaison aflibercept + docetaxel sur cette population.

Pour l'étude pharmacocinétique de phase 1, les patientes éligibles étaient atteintes d'un cancer de l'ovaire récurrent ou persistant, péritonéal primaire, ou d'un carcinome des trompes de Fallope; et avaient préalablement subi 2 chimiothérapies au maximum. Aflibercept était administré par voie intraveineuse à 3 niveaux de dose (2, 4, 6 mg/kg; une dose administrée tous les 21 jours), afin d'identifier la dose maximale tolérée pour l'étude de phase 2. La pharmacocinétique était évaluée, et de l'imagerie dynamique était effectuée pendant la phase d'introduction, avec aflibercept (cycle 0) et pendant la phase de thérapie combinée avec docetaxel (75 mg/m2).
Les critères d'éligibilité pour l'étude de phase 2 étaient les mêmes que pour la phase 1. Les patients étaient enrolés sur un plan d'échantillonnage en 2 étapes et ont reçu aflibercept (6 mg/kg) et docetaxel (75 mg/m2) par voie intraveineuse, toutes les 3 semaines. Le paramètre principal mesuré était le taux de réponse objective (TRO), mesure effectuée comme indiqué dans la version 1 des "Critères d'Evaluation des Tumeurs Solides" - Evaluation Criteria in Solid Tumours dans le texte -.
Le recrutement des patients pour cet essai est achevé et tous les patients sont maintenant hors d'étude. (...).

A partir des données obtenues phase 1, les doses recommandées d'aflibercept et de docetaxel se sont révélées être de 6 mg/kg et de 75 mg/m2. Les pharmacocinétiques, reportées sur graphique log-linéaire (pour aflibercept non lié) ont été observées à 3 niveaux de dose. Aucune toxicité dose-limitante n'a été observée. 
46 patients évaluables ont été enrolés dans l'essai de phase 2; 33 patients étaient résistants au platine (15 réfractaires); et 13 patients étaient sensibles au platine. Le TRO observé était de 54 % (25 patients sur 46; 11 patients ont montré une réponse complète et 14 patients une réponse partielle). Les toxicités de Grade 3-4 ont été observées chez plus de 2 patients étaient: neutropénie chez 37 patients (80%); leucopénie chez 25 patients (54%); fatigue chez 23 patients (50%); dyspnée chez 10 patients (22%); et stomatite chez 3 patients (7%). Les événements indésirables spécifiquement associés à aflibercept étaient de l'hypertension de grade 1-2 chez 5 patients (11%) et une protéinurie de grade 2 chez 1 patient (2%).

La combinaison aflibercept + docetaxel peuvent être administrée en sécurité à la dose et au shéma posologique reportés ici; elle est associée à une activité anti-tumorale importante. Ces résultats suggèrent des développements cliniques futurs afin d'en assurer une pertinence. Robert L. Coleman et al, in The Lancet Oncology, Early Online Publication 11 october 2011, in press

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ