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lundi 25 avril 2016

#thelancet #tabagisme #sevragetabagique #varenicline #bupropion #patchdenicotine Innocuité et efficacité neuropsychiatrique de la varenicline, du bupropion, et du patch de nicotine chez les fumeurs avec ou sans troubles psychiatriques (EAGLES) : essai randomisé en double insu et contrôlé par placebo

Effet du tabagisme sur la fonction respiratoire d'après le site TabacNet. VEMS = Volume Expiratoire Maximum Seconde
Source: http://www.oncoprof.net/Generale2000/g02_Prevention/Index/Index_pr07.inc.php
De nombreuses questions se posent quant à l’innocuité neuropsychiatrique des médicaments indiqués dans la cessation du tabagisme, à savoir varenicline et bupropion. Leur efficacité par rapport au patch de nicotine repose principalement sur des comparaisons indirectes, et il n’y a que peu d’information disponible relative à l’innocuité et l’efficacité chez les fumeurs atteints de troubles psychiatriques. Nous avons comparé le risque sécuritaire et l’efficacité de la varenicline et du bupropion avec le patch de nicotine et le placebo chez des fumeurs avec ou sans troubles psychiatriques.

Nous avons effectué un essai randomisé en double aveugle, triple placebo, contrôlé par placebo et par produit actif (patch de nicotine ; 21 mg par jour) de varenicline (1 mg deux fois par jour) et bupropion (150 mg deux fois par jour) pendant 12 semaines avec 12 semaines de suivi sans traitement effectué dans 140 centres (centres d’études cliniques, cliniques hospitalo-universitaires, et cliniques de jour) situés dans 16 pays entre le 30 novembre 2011 et le 13 janvier 2015. Les participants étaient des fumeurs déterminés à abandonner le tabagisme, avec ou sans troubles psychiatriques, et qui participaient à une brève séance de conseil à la cessation du tabagisme à chaque visite. La randomisation était générée par ordinateur (1:1:1:1). Ni les participants, ni les investigateurs, ni le personnel de recherche n’avaient accès au tableau d’attribution des traitements. Le critère principal d’évaluation était l’incidence (résultante de mesure de plusieurs évènements indésirables modérés et sévères). Le critère principal d’évaluation de l’efficacité des traitements était une abstinence confirmée biochimiquement, durant les semaines 9 à 12. Tous les participants répartis de manière aléatoire étaient inclus dans l’analyse d’efficacité et ceux qui recevaient le traitement étaient inclus dans l’analyse de sécurité. (…).

8 144 participants ont été répartis de manière aléatoire, 4 116 ont été inclus dans la cohorte psychiatrique (4 074 d’entre eux ont été inclus dans l’analyse d’innocuité) et 4 028 dans la cohorte non-psychiatrique (3 984 d’entre eux ont été inclus dans l’analyse d’innocuité). Dans la cohorte non psychiatrique, 13 (1.3%) participants sur les 990 ont rapporté des évènements indésirables neuropsychiatriques modérés et graves  dans le groupe varenicline, 22 (2.2%) participants sur les 989 dans le groupe bupropion, 25 participants (2.5%) sur les 1 006 dans le groupe patch de nicotine, et 24 participants (2.4%) sur 999 dans le groupe placebo. Les différences de risque (DRs) varenicline-placebo et bupropion-placebo relatives aux évènements indésirables neuropsychiatriques modérés et graves étaient de -1.28 (Intervalle de Confiance -IC- 95% de -2.40 à -0.15) et de -0.08 (de -1.37 à 1.21), respectivement ; les DRs des comparaisons avec le patch de nicotine était de -1.07 (de -2.21 à 0.08) et 0.13 (de -1.19 à 1.45), respectivement.
Dans la cohorte psychiatrique,  des évènements indésirables neuropsychiatriques modérés et sévères ont été rapportés chez 67 (6.5%) des 1026 participants du groupe varenicline, 68 (6.7%) des 1 017 participants du groupe bupropion, 53 (5.2%) des 1016 participants du groupe patch de nicotine, et 50 (4.9%) des 1 015 participants du groupe placebo. 
Les DRs des comparaisons varenicline-placebo et bupropion-placebo étaient de 1.59 (IC 95% de -0.42 à 3.59) et de 1.78 (de -0.24 à 3.81), respectivement ; les DRs versus le patch de nicotine étaient de 1.22 (de -0.81 à 3.25) et de 1.42 (de -0.63 à 3.46), respectivement. 
Les participants du groupe recevant la varenicline ont atteint des taux d’abstinence plus élevés que ceux sous placebo (odds ratio [OR] 3.61, IC 95% de 3.07 à 4.24), patch de nicotine (1.68, de 1.46 à 1.43) et bupropion (1.75, de 1.52 à 2.01). Les participants sous bupropion et patch de nicotine ont atteint des taux d’abstinence plus élevés que ceux sous placebo (OR 2.07 [de 1.75 à 2.45] et 2.15 [de 1.82 à 2.54], respectivement). Entre cohortes, les évènements indésirables les plus fréquents par groupe de traitement étaient nausée (varenicline, 25% [511 sur 2 016 participants]), insomnie (bupropion, 12% [245 sur 2 006 participants]), rêves anormaux (patch de nicotine, 12% [251 sur 2 022 participants]), et maux de tête (placebo, 10% [199 sur 2 014 participants]). La comparaison de l’efficacité du traitement n’a pas présenté de différence entre les cohortes.

Cette étude n’a pas montré d’accroissement significatif en évènements indésirables imputables à la varenecline ou le pupropion concernant le patch de nicotine ou le placebo. La varencicline s’est révélée plus efficace que le placebo pour ce qui est de l’aide apportée aux fumeurs pour atteindre l’abstinence, alors que le bupropion et le patch de nicotine se sont montrés plus efficaces que le placebo. Prof Robert M Anthenelli MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 22 avril 2016

Financement : Pfizer et GlaxoSmithKline


Source : The Lancet / Traduction et adaptation : NZ   

vendredi 15 janvier 2016

#thelancetrespiratorymedicine #sevragetabagique #cigarette #e-cigarette Cigarette électronique et sevrage tabagique dans le monde réel et en environnement clinique : revue systématique de littérature et méta-analyse

Cigarette combustible (brisée en son milieu) et cigarette électronique
Source iconographique: www.cigaretteelec.fr
Les fumeurs font un usage de plus en plus fréquent et régulier de cigarettes électroniques pour diverses raisons, notamment dans le cadre de tentative de cessation de la consommation de tabac combustible ou de satisfaction d’un besoin en nicotine en des lieux où fumer est interdit. Notre but était d’étudier l'association entre cigarette électronique et cessation de consommation de cigarettes combustibles chez les fumeurs adultes, abstraction faite de leur motivation les poussant à l’usage de la cigarette électronique.

Nous avons effectué des recherches dans les bases de données PubMed et Web of Science entre le 27 avril 2015 et le 17 juin 2015. Les données extraites incluaient les lieux où les études avaient lieu, les modèles d’études appliqués, les populations participantes, la définition et la prévalence de l’usage de cigarettes électroniques, le groupe de comparaison de l'étude (si applicable), le niveau de consommation de cigarettes combustibles, le niveau de dépendance à la nicotine, les autres facteurs impliqués, la définition de la cessation de fumer, et la probabilité d’arrêter de fumer.  Le critère principal d’évaluation était la cessation de fumer. La probabilité de cesser de fumer chez les consommateurs de cigarettes électroniques parmi les fumeurs comparée à celle de cesser de fumer chez les fumeurs ne consommant pas de cigarettes électroniques a été évaluée à l’aide d’un modèle de méta-analyse à effets aléatoires. Une modification de l’outil ACROBAT-NRSI et le modèle de risque de biais de Cochrane ont été utilisés pour évaluer les biais. (…).

38 études (sur les 577 études identifiées) ont été inclues dans la revue systématique ; toutes les 20 études effectuées avec groupe de contrôle (15 études de cohorte, trois études transversales, et deux essais cliniques) ont été incluses dans les analyses d’effets aléatoires et de sensibilité. La probabilité de cesser de fumer était de 28% inférieure chez les utilisateurs de cigarettes électroniques en comparaison des non utilisateurs de cigarettes électroniques (odds ratio [OR] 0.72, Intervalle de Confiance -IC- 0.57-0.91). L’association entre utilisation de cigarettes électroniques et cessation de fumer n’a pas montré de différence significative entre les études chez tous les fumeurs utilisant des cigarettes électroniques (abstraction faite de l’intérêt d’arrêter de fumer) en comparaison des études ne réunissant que des fumeurs intéresser par la cessation de fumer des cigarettes (OR 0.63, IC 95% 0.45-0.86 versus 0.86, 0.60-1.23; p=0.94). D’autres caractéristiques d’études (conception, population, groupe de comparaison, variables de contrôles, évaluation du temps d’exposition, vérification biochimique de l’abstinence, et la définition de l’usage de la cigarette électronique) étaient également non associées à un effet d’ampleur (p0.77 dans tous les cas).

Dans leur mode d’utilisation actuel, l'usage de cigarettes électroniques est associée à une moindre cessation de fumer chez les fumeurs.  Sara Kalkhoran, MD,Prof Stanton A Glantz, PhD dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 14 janvier 2016

Financement : National Institute of Health, National Cancer Institute, FDA Center for Tobacco Products.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ