Total des pages vues

Affichage des articles dont le libellé est chimiothérapie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chimiothérapie. Afficher tous les articles

lundi 17 janvier 2022

#thelancetoncology #adénocarcinomedeloeusophage #trastuzumab Trastuzumab avec traitement trimodal de l'adénocarcinome de l'œsophage avec surexpression de HER2 (NRG Oncology/RTOG 1010) : un essai multicentrique, randomisé, de phase 3

Adénocarcinome de l'oesophage.L’image montre un épithélium squameux normal (à droite de l'image) et un adénocarcinome (à gauche de l'image). L'adénocarcinome a une morphologie typique ; il est composé d'amas cohésifs de cellules disposées en glandes et présente les caractéristiques cytologiques d'une tumeur maligne (taille nucléaire variable, coloration nucléaire et forme nucléaire). Les mitoses, dans les cellules, sont abondantes. 
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Esophageal_adenocarcinoma_-_low_mag.jpg


Le trastuzumab est un anticorps monoclonal dirigé contre HER2 (également appelé ERBB2). L'objectif principal de l'essai NRG* Oncology/RTOG-1010 était d'établir si le trastuzumab améliore la survie sans maladie lorsqu'il est associé à un traitement trimodal (paclitaxel plus carboplatine et radiothérapie, suivi d'une intervention chirurgicale) chez les patients atteints d'un adénocarcinome de l'œsophage non traité surexprimant HER2.

NRG Oncology/RTOG-1010 était un essai ouvert, randomisé, de phase 3 dont les patients participants provenaient de 111 institutions affiliées au NRG aux États-Unis. Les patients éligibles étaient des adultes (âgés de ≥ 18 ans) atteints d'un adénocarcinome de l'œsophage confirmé pathologiquement récemment diagnostiqué, de stade T1N1–2 ou T2–3N0–2 selon l'American Joint Committee on Cancer 7e édition, et avec un indice de performance de Zubrod de 0–2. Les patients ont été stratifiés par adénopathie (non versus oui [absence de maladies cœliaque] versus oui [ maladie cœliaque présente ≤ 2 cm]) et répartis au hasard (1:1) pour recevoir du paclitaxel par voie intraveineuse hebdomadaire (50 mg/m2 par voie intraveineuse pendant 1 h) et du carboplatine (zone sous la courbe 2, par voie intraveineuse en 30–60 min) pendant 6 semaines avec radiothérapie 50·4 Gy en 28 fractions (chimioradiothérapie) suivie d'une chirurgie, avec ou sans trastuzumab par voie intraveineuse (4 mg/kg la première semaine, 2 mg/kg par semaine pendant 5 semaines pendant la chimioradiothérapie, 6 mg/kg une fois avant la chirurgie et 6 mg/kg toutes les 3 semaines pendant 13 cycles de traitements commençant 21 à 56 jours après la chirurgie). Le critère d'évaluation principal, la survie sans maladie, a été défini comme le temps écoulé entre la randomisation et le décès ou la première persistance ou récidive de la maladie locorégionale, les métastases à distance ou la deuxième tumeur maligne primaire. Les analyses ont été faites en intention de traiter modifiée. (…) Le recrutement des patients pour cet essai est maintenant terminé, le suivi est toujours en cours.

606 patients ont été convoqués pour l'évaluation HER2 du 30 décembre 2010 au 10 novembre 2015, et 203 patients éligibles HER2-positifs ont été recrutés et assignés au hasard à la chimioradiothérapie plus trastuzumab (n = 102) ou à la chimioradiothérapie seule (n = 101). La durée médiane de suivi était de 2,8 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 1,4–5,7). La survie médiane sans récidive était de 19,6 mois (Intervalle de Confiance [IC] à 95 % 13,5–26,2) avec la chimioradiothérapie plus le trastuzumab, contre 14,2 mois (10,5–23,0) pour la chimioradiothérapie seule (risque relatif 0,99 [IC 95 % 0·71–1·39], Ptest log rank =0·97). Des événements indésirables de grade 3 liés au traitement sont survenus chez 41 (43 %) des 95 patients du groupe chimioradiothérapie plus trastuzumab versus 52 (54 %) des 96 patients du groupe chimioradiothérapie et des événements de grade 4 sont survenus chez 20 (21 %) versus 21 (22 %). Les événements indésirables liés au traitement de grade 3 ou pire les plus fréquents pour les deux groupes étaient des troubles hématologiques (53 [56 %] des 95 patients du groupe chimioradiothérapie plus trastuzumab contre 55 [57 %] des 96 patients du groupe chimiothérapie) ou des troubles gastro-intestinaux (28 [29 %] contre 20 [21 %]). 34 (36 %) des 95 patients du groupe chimioradiothérapie plus trastuzumab et 27 (28 %) des 96 patients du groupe chimioradiothérapie seule ont présenté des événements indésirables graves liés au traitement. Il y a eu huit décès liés au traitement : cinq (5 %) des 95 patients du groupe chimioradiothérapie plus trastuzumab (fistule bronchopleurale, fuite anastomotique œsophagienne, infection pulmonaire, mort subite et décès non spécifié) et trois (3 %) des 96 dans le groupe chimioradiothérapie (deux défaillances multiviscérales et une septicémie).

L'ajout du trastuzumab à la chimioradiothérapie néoadjuvante pour le cancer de l'œsophage surexprimant HER2 n'a pas été efficace. Le trastuzumab n'a pas entraîné d'augmentation des toxicités, ce qui suggère que de futures études le combinant avec ou utilisant d'autres agents ciblant HER2 dans le cancer de l'œsophage sont justifiées. Prof Howard P Safran, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne avant-première, 14 janvier 2022

*NRG=Nonprofit Research Group

Financement : National Cancer Institute et Genentech

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

 


 

lundi 13 décembre 2021

#thelancethaematology #leucémiemyéloïdechronique Ponatinib avec fludarabine, cytarabine, idarubicine et chimiothérapie par facteur de stimulation des colonies de granulocytes pour traitement des patients atteints de leucémie myéloïde chronique en phase blastique (MATCHPOINT) : un essai multicentrique de phase 1/2 à un seul bras

Le Glivec à révolutionné, au départ, la prise en charge de la leucémie myéloïde chronique.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Leucémie_myéloïde_chronique

Les résultats des traitements pour les patients atteints de leucémie myéloïde chronique en phase blastique sont médiocres. La survie à long terme dépend de l'atteinte d'une deuxième phase chronique, suivie d'une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH). Nous avons étudié si la nouvelle combinaison de l'inhibiteur de tyrosine-kinase ponatinib avec la fludarabine, la cytarabine, le facteur de stimulation des colonies de granulocytes et l'idarubicine (FLAG-IDA) pouvait améliorer la réponse et optimiser les résultats de la GCSH allogénique chez les patients atteints de leucémie myéloïde chronique en phase blastique. L'objectif était d'identifier une dose de ponatinib, qui, associée à FLAG-IDA, a montré une activité et une tolérance cliniquement significatives.

MATCHPOINT était un essai multicentrique continu de phase 1/2 réalisé dans huit centres financés par le programme britannique d'accélération des essais. Les participants éligibles étaient des adultes (âgés de ≥ 16 ans) atteints de leucémie myéloïde chronique en phase blastique avec chromosome Philadelphie positifs ou BCR-ABL1 positifs, convenant à une chimiothérapie intensive. Les participants ont reçu jusqu'à deux cycles de ponatinib avec FLAG-IDA. Les doses expérimentales de ponatinib par voie orale (administrées du jour 1 au jour 28 de FLAG-IDA) étaient comprises entre 15 mg un jour sur deux et 45 mg une fois par jour et la dose initiale était de 30 mg une fois par jour. La fludarabine intraveineuse (30 mg/m2 pendant 5 jours), la cytarabine (2 g/m2 pendant 5 jours) et l'idarubicine (8 mg/m2 pendant 3 jours) et le facteur de stimulation des colonies de granulocytes sous-cutanés (le cas échéant) ont été administrés selon aux protocoles locaux. Nous avons utilisé l’outil d’analyse innovant EffTox pour étudier l'activité et la tolérabilité du ponatinib-FLAG-IDA ; les critères d'évaluation principaux étaient la dose optimale de ponatinib répondant à des seuils d'activité prédéfinis (induction d'une deuxième phase chronique définie comme une réponse hématologique ou cytogénétique mineure) et la tolérabilité (toxicités dose-limitantes). Les analyses étaient planifiées en intention de traiter. Le recrutement de patients pour l’essai MATCHPOINT est à présent terminé ; les résultats finaux sont présentés.

Entre le 19 mars 2015 et le 26 avril 2018, 17 patients (12 hommes, cinq femmes) ont été recrutés, dont 16 étaient évaluables pour les critères de jugement co-primaires. La période médiane de suivi était de 41 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 36–48). Le modèle EffTox a pris en compte simultanément les réponses cliniques et les toxicités dose-limitantes, et a déterminé la dose optimale de ponatinib à 30 mg par jour, associée à FLAG-IDA. 11 (69%) des 16 patients étaient dans la deuxième phase chronique après un cycle de traitement. Quatre (25 %) patients ont présenté une toxicité dose-limitante (comprenant une cardiomyopathie et une augmentation de l'alanine aminotransférase de grade 4, une thrombose du sinus veineux cérébral, une augmentation de l'amylase de grade 3 et une augmentation de l'alanine aminotransférase de grade 4), répondant aux critères d'activité et de toxicité cliniquement pertinents. 12 (71%) des 17 patients ont subi une GCSH allogénique. Les événements indésirables non hématologiques de grade 3 à 4 les plus fréquents étaient l'infection pulmonaire (n=4 [24 %]), la fièvre (n=3 [18 %]) et l'hypocalcémie (n=3 [18 %]). Il y a eu 12 événements indésirables graves chez 11 (65 %) patients. Trois (18 %) patients sont décédés des suites d'événements liés au traitement (dus à une cardiomyopathie, une hémorragie pulmonaire et une aplasie de la moelle osseuse).

Ponatinib-FLAG-IDA peut induire une deuxième phase chronique chez les patients atteints de leucémie myéloïde chronique en phase blastique, ce qui représente une thérapie de sauvetage active pour faire le pont avec une GCSH allogénique. Le nombre de décès liés au traitement ne dépasse pas ce qui serait attendu dans ce groupe de patients à très haut risque recevant une chimiothérapie intensive. La méthode efficace EffTox est un modèle pour étudier de nouvelles thérapies dans les cancers ultra-orphelins. Prof Mhairi Copland, PhD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 11 décembre 2021

Financement : Blood Cancer UK et Incyte 

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

 

lundi 6 décembre 2021

#thelancetchildandadolescenthealth #pédiatrie #cancer #infection #neutropéniefébrile Dérivation d'un arbre de décision et validation externe d'une nouvelle règle de décision clinique (DISCERN-FN) pour prédire le risque d'infection sévère au cours de la neutropénie fébrile chez les enfants traités pour un cancer

Frottis sanguin (...) montrant une neutropénie importante.
Source icongraphique et légendaire:https://fr.wikipedia.org/wiki/Neutropénie

 

En 2017, des recommandations internationales ont proposé une nouvelle prise en charge de la neutropénie fébrile chez les enfants atteints de cancer, adaptée au risque d'infection sévère par des règles de décision clinique (RDC). Jusqu'à présent, aucune des RDCs proposée n'a été suffisamment performante dans les pays à revenu élevé pour être utilisée dans la pratique clinique. Notre étude visait à construire et valider une nouvelle RDC (DISCERN-FN) pour prédire le risque d'infection sévère chez les enfants atteints de neutropénie fébrile.

Nous avons réalisé deux études prospectives. Premièrement, une étude de dérivation prospective a inclus tous les épisodes de neutropénie fébrile chez les enfants (âgés de moins de 18 ans) avec un diagnostic de cancer et recevant un traitement pour celui-ci qui ont été admis pour un épisode de neutropénie fébrile ; à l'exclusion des patients déjà traités par antibiotiques pour cet épisode, fébrile neutropénie non induite par chimiothérapie, ceux recevant des soins palliatifs, et ceux ayant une allogreffe de cellules souches depuis moins d'un an, du 1er avril 2007 au 31 décembre 2011 dans deux centres de cancérologie pédiatrique en France. Nous avons recueilli les antécédents médicaux des enfants, ainsi que des données cliniques et de laboratoire, et analysé leurs associations avec une infection grave. Le logiciel Sipina a été utilisé pour dériver la RDC en tant qu'arbre de décision. Deuxièmement, une étude de validation prospective, nationale et externe a été réalisée dans 23 centres du 1er janvier 2012 au 31 mai 2016. Le critère principal d’évaluation était la présence d’une infection sévère, définie par une bactériémie, une culture bactérienne positive provenant d'un site habituellement stérile, une infection à fort potentiel d'extension, ou une infection fongique invasive. La RDC a été appliquée a posteriori à tous les épisodes pour évaluer sa sensibilité, sa spécificité et son rapport de vraisemblance négatif.

L'ensemble de dérivation comprenait 539 épisodes de neutropénie fébrile (270 épisodes chez des patients atteints d'un cancer du sang [âge médian 7,5 ans, Intervalle Interquartile -IQR- 3,7–11,2 ; 158 (59 %) garçons et 112 (41 %) filles] et 269 chez patients atteints de tumeurs solides [âge médian 6,6 ans, IQR 2,9–14,2 ; 140 (52 %) garçons et 129 (48 %) filles]. Les variables significatives introduites dans l'arbre de décision étaient le type de cancer (tumeur solide versus cancer du sang), l'âge, la chimiothérapie à haut risque, le niveau de fièvre, la concentration en protéine C réactive (24 à 48 h après l'admission) et la numération leucocytaire et plaquettaire et procalcitonine (à l'admission et 24 à 48 h après l'admission). Pour l'ensemble de dérivation, la sensibilité de la RDC était de 98 % (Intervalle de Confiance [IC] 95 % 93–100), sa spécificité de 56 % (51–61) et le rapport de vraisemblance négatif de 0,04 (0,01–0,15). 1806 épisodes de neutropénie fébrile ont été analysés dans l'ensemble de validation (âge moyen 8,1 ans [Déviation Standard -DS- 4,8], 1014 (56 %) garçons et 792 (44 %) filles), dont 332 (18 %, IC à 95 % 17 –20) étaient liés à une infection grave. Pour l'ensemble de validation, le RDC avait une sensibilité de 95 % (IC à 95 % 91-97), une spécificité de 38 % (36-41) et un rapport de vraisemblance négatif de 0,13 (0,08-0,21). Notre RDC a réduit le risque d'infection grave à une probabilité post-test de 0,8 % (IC à 95 % 0,2–2,9) dans l'ensemble de dérivation et de 2,4 % (1,5–3,9) dans l'ensemble de validation.

L'utilisation de notre RDC a considérablement réduit le risque d'infection grave après les tests dans les groupes de dérivation et de validation, ce qui suggère que ce RDC améliorerait suffisamment la pratique clinique pour être introduit dans des contextes appropriés. Mathilde Delebarre, PhD, et al, dans The Lancet Child & Adolescent Health, publication en ligne en avant-première, 3 décembre 2021.

Financement : Ligue Nationale contre le Cancer 

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ


lundi 19 juillet 2021

#thelancetrespiratorymedicine #cancerdupoumon #CBNPC #icotinib #chimitohérapie Icotinib versus chimiothérapie comme traitement adjuvant du cancer du poumon non à petites cellules muté EGFR de stade II-IIIA (EVIDENCE) : un essai de phase 3 randomisé en ouvert

Obstruction d'une bronche majeure par un cancer du poumon: vue bronchoscopique.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Cancer_du_poumon#/media/Fichier:BroCaLiOL.jpg

 

L'icotinib a apporté des bénéfices en termes de survie aux patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) avancé, au récepteur du facteur de croissance épidermique (EGFR) muté. Notre objectif était de comparer l'icotinib à la chimiothérapie chez les patients atteints d'un CPNPC de stade II-IIIA muté EGFR après résection complète de la tumeur. Nous rapportons ici les résultats de l'analyse intermédiaire planifiée de l'étude.

Dans cet essai de phase 3 multicentrique, randomisé, en ouvert, réalisé dans 29 hôpitaux en Chine, les patients éligibles étaient âgés de 18 à 70 ans, avaient un CBNPC de stade II-IIIA confirmé par histopathologie, avaient subi une résection complète jusqu'à 8 semaines avant la randomisation, étaient naïf de traitement, et avait confirmé une mutation d'activation dans l'exon 19 ou l'exon 21 du gène EGFR. Les participants ont été répartis au hasard (1:1) à l’aide d’un système de réponse interactif en ligne pour recevoir 125 mg d'icotinib par voie orale trois fois par jour pendant 2 ans ou quatre cycles de 21 jours de chimiothérapie intraveineuse (vinorelbine 25 mg/m2 les jours 1 et 8 de chaque cycle plus 75 mg/m2 de cisplatine le jour 1 de chaque cycle pour l'adénocarcinome ou le carcinome épidermoïde ; ou 500 mg/m2 de pemetrexed plus 75 mg/m2 de cisplatine le jour 1 toutes les 3 semaines pour le carcinome non épidermoïde). Le critère d'évaluation principal était la survie sans maladie évaluée dans l'ensemble d'analyse complet. Les critères d'évaluation secondaires étaient la survie globale évaluée dans l'ensemble d'analyse complet et l'innocuité évaluée chez tous les participants ayant reçu le médicament à l'étude.

Entre le 8 juin 2015 et le 2 août 2019, 322 patients ont été randomisés pour recevoir de l'icotinib (n=161) ou une chimiothérapie (n=161) ; l'ensemble d'analyse complet comprenait 151 patients dans le groupe icotinib et 132 dans le groupe chimiothérapie. Le suivi médian dans l'ensemble d'analyse complet était de 24,9 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 16,6–36,4). 40 (26 %) des 151 patients du groupe icotinib et 58 (44 %) des 132 patients du groupe chimiothérapie ont eu une rechute ou sont décédés. La survie médiane sans maladie était de 47,0 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95 % 36,4-non atteint) dans le groupe icotinib et de 22,1 mois (16,8-30,4) dans le groupe chimiothérapie (rapport de risque stratifié [HR] 0,36 [IC 95 % 0,24-0,55] ; p<0,0001). La survie sans récidive à 3 ans était de 63,9 % (IC 95 % 51,8–73,7) dans le groupe icotinib et de 32,5 % (21,3–44,2) dans le groupe chimiothérapie. Les données de survie globale (…) révèlent 14 (9 %) décès dans le groupe icotinib et 14 (11 %) décès dans la chimiothérapie. Le HR pour la survie globale était de 0,91 (IC à 95 % 0,42–1,94) dans l'ensemble d'analyse complet. Des événements indésirables graves liés au traitement sont survenus chez deux (1 %) des 156 patients du groupe icotinib et 19 (14 %) des 139 patients du groupe chimiothérapie. Aucune pneumonie interstitielle ou décès lié au traitement n'a été observé dans les deux groupes.

Nos résultats suggèrent que par rapport à la chimiothérapie, l'icotinib améliore significativement la survie sans maladie et présente un meilleur profil de tolérance chez les patients atteints d'un CBNPC de stade II-IIIA muté EGFR après résection complète de la tumeur. Prof Jianxing He, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 16 juillet 2021

Financement : Betta Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

lundi 7 juin 2021

#thelancet #exclusif #adénocarcinomedelestomac #nivolumab #chimiothérapie Nivolumab plus chimiothérapie de première intention versus chimiothérapie seule dans l'adénocarcinome avancé de l'estomac, de la jonction gastro-œsophagienne et de l'œsophage (CheckMate 649) : un essai de phase 3 randomisé en ouvert

L'adénocarcinome est une tumeur maligne développée aux dépens d'un épithélium glandulaire.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ad%C3%A9nocarcinome

La chimiothérapie de première ligne pour l'adénocarcinome de la jonction gastrique ou gastro-œsophagienne avancé ou métastatique avec récepteur du facteur de croissance épidermique humain 2 (HER2) négatif a une survie globale (SG) médiane inférieure à 1 an. Notre objectif était d'évaluer les thérapies de première intention à base d'inhibiteurs de la mort cellulaire programmée (PD)-1 dans l'adénocarcinome gastrique, gastro-œsophagien et œsophagien. Nous rapportons les premiers résultats de nivolumab plus chimiothérapie versus chimiothérapie seule.

Dans cet essai de phase 3, multicentrique, randomisé, ouvert (CheckMate 649), nous avons recruté des adultes (≥ 18 ans) atteints d'un adénocarcinome gastrique, gastro-œsophagien ou de la jonction gastro-œsophagienne non traité auparavant, non résécable, indépendamment de l’expression du PD-ligand 1 (PD-L1) dans 175 hôpitaux et centres de cancérologie dans 29 pays. Les patients ont été randomisés (1:1:1 alors que les trois groupes étaient ouverts) via une technologie de réponse Web interactive (taille de blocs de six) au nivolumab (360 mg toutes les 3 semaines ou 240 mg toutes les 2 semaines) plus chimiothérapie (capécitabine et oxaliplatine toutes les 3 semaines ou leucovorine, fluorouracile et oxaliplatine toutes les 2 semaines), nivolumab plus ipilimumab, ou chimiothérapie seule. Les critères d'évaluation principaux pour nivolumab plus chimiothérapie par rapport à la chimiothérapie seule étaient la SG ou la survie sans progression (SSP) par une revue centrale indépendante en aveugle, chez les patients dont les tumeurs avaient un score positif combiné (SPC) PD-L1 de cinq ou plus. L'innocuité a été évaluée chez tous les patients ayant reçu au moins une dose du traitement assigné.

Du 27 mars 2017 au 24 avril 2019, sur 2687 patients évalués pour l'éligibilité, nous avons simultanément assigné au hasard 1581 patients au traitement (nivolumab plus chimiothérapie [n=789, 50%] ou chimiothérapie seule [n=792, 50%] ). Le suivi médian de la SG était de 13,1 mois (Intervalle Interquartile [IQR 6,7–19,1]) pour le nivolumab plus chimiothérapie et de 11,1 mois (5,8–16,1) pour la chimiothérapie seule. Nivolumab plus chimiothérapie a entraîné des améliorations significatives de la SG (hazard ratio [HR] 0,71 ; Intervalle de Confiance [IC] 98,4% 0,59-0,86] ; p<0,0001) et de la SSP (HR 0,68 ; [IC] 98 % 0,56-0,81] ; p<0,0001) versus chimiothérapie seule chez les patients avec un SPC PD-L1 de cinq ou plus (suivi minimum de 12,1 mois). Des résultats supplémentaires ont montré une amélioration significative de la SG, ainsi qu'un bénéfice de la SSP, chez les patients avec un SPC PD-L1 d'un ou plusieurs et tous les patients randomisés. Parmi tous les patients traités, 462 (59 %) des 782 patients du groupe nivolumab plus chimiothérapie et 341 (44 %) des 767 patients du groupe chimiothérapie seule ont présenté des événements indésirables liés au traitement de grade 3 à 4. Les événements indésirables liés au traitement, quel que soit le grade, les plus courants (≥ 25 %) étaient des nausées, des diarrhées et une neuropathie périphérique dans les deux groupes. 16 (2 %) décès dans le groupe nivolumab plus chimiothérapie et quatre (1 %) décès dans le groupe chimiothérapie seule ont été considérés comme liés au traitement. Aucun nouveau signal de sécurité n'a été identifié.

Le nivolumab est le premier inhibiteur de PD-1 à présenter une SG supérieure, ainsi qu'un bénéfice de SSP et un profil de sécurité acceptable, en association avec une chimiothérapie par rapport à une chimiothérapie seule chez des patients non préalablement traités présentant un adénocarcinome gastrique, gastro-œsophagien avancé ou un adénocarcinome œsophagien avancé. Nivolumab plus chimiothérapie représente un nouveau traitement standard de première intention pour ces patients. Yelena Y Janjiigian, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 5 juin 2021

Financement : Bristol Myers Squibb, en collaboration avec Ono Pharmaceutical.

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 27 mai 2021

#thelancetoncology #carcinomeurothélial #pembrolizumab #chimiothérapie Pembrolizumab seul ou associé à une chimiothérapie par rapport à une chimiothérapie en tant que traitement de première intention du carcinome urothélial avancé (KEYNOTE-361): un essai de phase 3 randomisé en ouvert

Diagnostic original : Épithélioma végétant et ulcéré. Diagnostic actualisé : Carcinome urothélial papillaire infiltrant. Histoire : Homme de 63 ans décédé suite à une cystectomie radicale pour carcinome urothélial infiltrant. Description macroscopie : Présence d'une masse ulcéro-végétante de 2 cm de diamètre à la paroi postéro-latérale de la vessie, à quelques mm de l'orifice urétéral. Description microscopie : Carcinome urothélial infiltrant. Année du prélèvement : 1949
Source iconographique et légendaire: 
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:55-o.apatho-1494a-vessie.jpg
 

Les inhibiteurs de PD-1 et PD-L1 sont actifs dans le carcinome urothélial métastatique, mais les données randomisées positives soutenant leur utilisation comme traitement de première intention font défaut. Dans cette étude, nous avons évalué les résultats avec le pembrolizumab de première intention seul ou associé à une chimiothérapie par rapport à une chimiothérapie pour les patients atteints d'un carcinome urothélial avancé non traité auparavant.

KEYNOTE-361 est une étude de phase 3 randomisée, ouverte, menée auprès de patients âgés d'au moins 18 ans, atteints d'un carcinome urothélial non traité, localement avancé, non résécable ou métastatique, avec un indice de performance du Eastern Cooperative Oncology Group allant jusqu'à 2. Patients éligibles ont été recrutés dans 201 centres médicaux de 21 pays et alloués au hasard (1:1:1)  à l'aude d'un système intéractif de réponse vocale au pembrolizumab intraveineux 200 mg toutes les 3 semaines pendant un maximum de 35 cycles plus chimiothérapie intraveineuse (gemcitabine [1000 mg / m2] aux jours 1 et 8 et choix de l'investigateur de cisplatine [70 mg / m2] ou de carboplatine [aire sous la courbe 5] le jour 1 de chaque cycle de 3 semaines pour un maximum de six cycles, pembrolizumab seul ou chimiothérapie seule , stratifiés par choix de la thérapie au platine et score positif combiné PD-L1 (CPS). Ni les patients ni les enquêteurs n'ont été masqués pour l'attribution de traitement ou la CPS. Lors de l'analyse finale spécifiée par le protocole, les tests d'hypothèses séquentielles ont commencé avec la supériorité du pembrolizumab plus chimiothérapie par rapport à la chimiothérapie seule dans la population totale (tous les patients alloués au hasard à un traitement) pour les deux critères principaux de survie sans progression (limite supérieure de p : 0.0019 pour différence significative), évaluée par un comité d'experts indépendant et de survie globale (limite supérieure de p : 0.0142 pour différence significative), d'évaluation de la non-infériorité et de la supériorité de la survie globale pour le pembrolizumab par rapport à la chimiothérapie dans la population totale (...). La tolérance a été évaluée dans la population telle que traitée (tous les patients ayant reçu au moins une dose du traitement à l'étude). Cette étude est terminée et ne recrute plus de patients. (...).

Entre le 19 octobre 2016 et le 29 juin 2018, 1010 patients ont été recrutés et assignés pour recevoir le pembrolizumab plus chimiothérapie (n = 351), le pembrolizumab en monothérapie (n = 307) ou la chimiothérapie seule (n = 352). Le suivi médian était de 31,7 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 27,7–36,0). Le pembrolizumab associé à la chimiothérapie par rapport à la chimiothérapie n'a pas amélioré de manière significative la survie sans progression, avec une survie médiane sans progression de 8 · 3 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 7.5–8.5) dans le groupe pembrolizumab plus chimiothérapie versus 7.1 mois (6.4–7.9) dans le groupe chimiothérapie (hazard ratio [HR] 0.78, IC 95% 0.65–0.93; p = 0.0033), ou survie globale, avec une survie globale médiane de 17.0 mois (14.5–19.5) dans le groupe pembrolizumab plus chimiothérapie versus 14.3 mois (12.3–16.7) dans le groupe chimiothérapie (0.86, 0.72–1.02; p = 0.0407). Aucun autre test d'hypothèse statistique formel n'a été effectué. Dans les analyses de la survie globale avec le pembrolizumab versus la chimiothérapie (maintenant exploratoire sur la base de tests statistiques hiérarchiques), la survie globale était similaire entre ces groupes de traitement, toutes deux évaluées dans la population totale (15.6 mois [IC 95% 12.1–17.9] avec pembrolizumab versus 14.3 mois [12.3–16.7] avec chimiothérapie; HR 0.92, IC à 95% 0.77–1.11) et la population avec une CPS d'au moins 10 (16.1 mois [ 13.6–19.9] avec pembrolizumab versus 15.2 mois [11.6–23.3] avec chimiothérapie; 1.01, 0.77-1.32). L'événement indésirable de grade 3 ou 4 le plus courant attribué au traitement de l'étude était l'anémie avec le pembrolizumab plus chimiothérapie (104 [30%] sur 349 patients) ou la chimiothérapie seule (112 [33%] sur 342 patients) et la diarrhée, la fatigue et l'hyponatrémie. (chacun de ces événements affectant quatre [1%] des 302 patients) avec le pembrolizumab seul. Six (1%) des 1010 patients sont décédés des suites d'un événement indésirable attribué au traitement de l'étude; deux patients dans chaque groupe de traitement. Un de chacun est survenu en raison d'un arrêt cardiaque et d'une septicémie liée au dispositif dans le groupe pembrolizumab plus chimiothérapie, un chacun en raison d'une insuffisance cardiaque et d'une progression de néoplasme malin dans le groupe pembrolizumab, et un chacun en raison d'un infarctus du myocarde et d'une colite ischémique dans le groupe chimiothérapie.

L'ajout du pembrolizumab à la chimiothérapie de première intention à base de platine n'a pas amélioré de manière significative l'efficacité et ne devrait pas être largement adopté pour le traitement du carcinome urothélial avancé. Thomas Powles, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 26 mai 2021

Financement : Merck Sharp et Dohme, une filiale de Merck, Kenilworth, NJ, États-Unis.

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

vendredi 16 avril 2021

#thelancetoncology #cancerovarien #cancer #ovaire #olaparib #platine Résultats et effet de la progression de la maladie sur l’état de santé de patients nouvellement diagnostiqués d’un cancer ovarien avancé et présentant une mutation du gène BRCA ; recevant un traitement de maintien olaparib ou placebo (SOLO1) : un essai de phase 3 randomisé

Source: https://ovairecanada.org/A-propos-du-cancer-de-l-ovaire/Depistage/Stades-de-developpement
 

Dans l’essai SOLO1 de phase 3, le traitement olaparib de maintien versus placebo a apporté un bénéfice significatif en termes de survie sans progression chez des patientes nouvellement diagnostiquées d’un cancer ovarien avancé présentant une mutation du gène BRCA, en réponse à une chimiothérapie à base de platine. Nous avons analysé la qualité de vie liée à la santé (QDVLS) ainsi que les résultats quantifiables chez les patientes incluses dans l’étude SOLO1, ainsi que l’effet de la progression (...) de la maladie sur l’état de santé.

SOLO1 est un essai randomisé, en double aveugle, international, réalisé dans 118 centres et 15 pays. Les patients éligibles étaient d’âge 18 ans ; présentaient un statut de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group dans le texte) de 0-1 ; étaient nouvellement diagnostiqués d’un cancer séreux ou endométrial de l’ovaire de haut grade, d’un cancer péritonéal primaire ou d’un cancer des trompes de Fallope présentant une mutation du gène BRCA ; ils présentaient une réponse partielle ou complète à une chimiothérapie à base de platine. Les patients ont été répartis au hasard (2:1) (…) pour recevoir soit des comprimés d’olaparib 300 mg ou de placebo deux fois par jour et ont suivi ce protocole sur une période de temps allant jusqu’à 2 ans. Ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. La randomisation était stratifiée en fonction de la réponse à la chimiothérapie à base de platine (réponse complète ou réponse partielle). La QDVLS était un critère secondaire et le paramètre d’évaluation de la QDVLS précisé à l’avance était le changement à partir de la ligne de base de l’évaluation fonctionnelle des effets dus au traitement anticancéreux- Index d’Essai du Cancer de l’Ovaire (Score TOI) au cours des premiers 24 mois. L’échelle des scores TOI s'étendant de 0 et 100 (Les scores plus élevés indiquant une QDVLS meilleure) ; une différence d’au moins 10 points entre deux mesures de QDVLS était nécessaire pour qu’elle soit déclarée comme significative sur le plan clinique. Les critères exploratoires précisés à l’avance étaient la survie sans progression de la maladie ajustée en fonction de qualité de vie et la période de temps écoulé sans symptômes significatifs de toxicité (TWiST). Les critères QDVLS étaient analysés chez tous les patients randomisés. L’essai, dont le recrutement est maintenant clos, est toujours en cours.

Entre le 3 septembre 2013 et le 6 mars 2015, 1 083 patients ont été recrutés. 693 patients étaient inéligibles, laissant 391 patients éligibles, répartis entre les groupes olaparib (n=260) et placebo (n=131 ; un patient placebo est sorti d’étude avant le début des prises de médicament); avec une durée médiane de suivi de 40.7 mois (Intervalle Interquartile - IQR – 34.9-42.9) pour le groupe olaparib et de 41.2 mois pour le groupe placebo (32.2-41.6). Aucun changement significatif sur le plan clinique du score TOI sur 24 mois n’a été relevé entre les groupes olaparib et placebo [+0.30 points (Intervalle de Confiance -IC- 95% de -0.72 à 1.32) versus 3.30 points (de 1.84 à 4.76) ; différence intergroupe de -3.00, IC 95% de -4.78 à -1.22 ; p=0.0010)]*. La moyenne de la survie sans progression ajustée à la qualité de vie (olaparib 29.75 mois [IC 95% 28.20-31.63] versus placebo 17.58 [15.05-20.18] ; différence 12.17 mois [IC 95% 9.07-15.11], p<0.0001) et la durée moyenne du temps TWiST (olaparib 33.15 mois [IC 95% 30.82-35.49] versus placebo 20.24 mois [17.36-23.11] ; différence 12.92 mois [IC 95% 9.30-16.54] ; p<0.0001) étaient significativement plus élevés avec l'olaparib qu’avec le placebo.

Une progression substantielle du bénéfice de survie apporté par le traitement olaparib de maintien dans un contexte de patients nouvellement diagnostiqués était obtenu sans effet délétère chez les patients en termes de QDVLS ; soutenue par une survie sans progression ajustée à la qualité de vie et des bénéfices liés à TWiST sous traitement olaparib de maintien versus placebo. Prof Michael Friedlander, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 13 avril 2021 

*Cette différence intergroupe de -3.00 du score TOI de QDVLS entre le groupe olaparib et le groupe placebo est très significative per se,  mais non significative sur le plan clinique. (note de l’éditeur du présent post de blog).

Financement : AstraZeneca et Merck Sharp & Dohme

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 19 mai 2020

Pembrolizumab et trastuzumab comme traitement de première ligne du cancer œsophagien, gastrique, ou gastro-œsophagien HER2-positif : essai de phase 2 ouvert à simple bras

Cancer de l'Estomac. Litographie de Bernard, d'après A. Chazal (env. 1825)
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Two_sections_of_diseased_stomach_(cancer)
L’addition de trastuzumab à une chimiothérapie de première intention améliore la survie globale chez les patients atteins de cancer gastrique métastasé HER-2 positif. Nous avons évalué l’innocuité et l’activité du pembrolizumab en combinaison avec trastuzumab et chimiothérapie de première ligne dans le cas du cancer gastro-œsophagien métastasé (gastrique, œsophagien, ou de la jonction gastro-œsophagienne.

Cette étude monocentrique de phase 2 à l’initiative d’investigateurs, ouverte, non-randomisée, à simple bras, réalisée chez des patients d’âge ≥ 18 ans, atteints de cancer gastro-œsophagien métastasé. Les patients éligibles présentaient une pathologie quantifiable ou évaluable non-quantifiable, un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0, 1, ou 2, et une fraction d’éjection du ventricule gauche d’au moins 53%. Les patients étaient éligibles pour recevoir un cycle initial d’induction à dose fixe de 200 mg pembrolizumab et d’une dose de charge de 8 mg / kg de trastuzumab administré par voie intraveineuse. Pour ce qui est des cycles suivants, les patients ont reçu 130 mg / m2 d’oxaliplatine par voie intraveineuse ou 80 mg / m2 de cisplatine au jour 1 850 mg / m2 de capecitabine per os deux fois par jour pendant 2 semaines, suivi d’une semaine de repos (ou 800 mg / m2 par jour de 5-fluorouracile aux jours 1-5), et d’une dose fixe de 200 mg de pembrolizumab par voie intraveineuse, et de 6 mg / kg de trastuzumab, administré au jour 1 de chaque cycle de 3 semaines. Le critère principal était la survie sans progression à 6 mois définie par la proportion de patients vivants et ne présentant pas de progression de la pathologie à 6 mois, évaluée chez les patients qui avaient reçu au moins une dose de trastuzumab et de pembrolizumab. Ce protocole de traitement pouvait être considéré comme digne de prise en compte pour futures investigations si 26 patients ou plus sur un effectif total recruté de 37 étaient sans progression à 6 mois. (…).

Entre le 11 novembre 2016, et le 23 janvier 2019, 37 patients ont été recrutés. À la date précise de clôture de la base de données, le 6 août 2019, la période médiane de suivi des patients survivants était de 13.0 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 11.7-23.5). Le critère principal de l’essai a été satisfait ; 26 (70% ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 54-83) patients sur 37 étaient sans progression de leur pathologie à 6 mois. 
L’événement indésirable lié au traitement les plus communément rencontré, quel qu’en soit le grade, était neuropathie, rapporté chez 36 (97%) des 37 patients. Les évènements indésirables de grade 3 et 4 le plus communément rencontrés étaient lymphocytopénie (sept [19%] patients avec évènement de grade 3 et deux [5%] avec évènement de grade 4), diminution du taux d’électrolytes de grade 3 (six [16%] patients), et anémie de grade 3 (quatre [11%] patients). Des évènements indésirables graves sont survenus chez deux patients (néphrite de grade 3 chez les deux patients entraînant une interruption du traitement). Quatre patients ont interrompu le pembrolizumab du fait d’évènements indésirables immunitaires. Aucun décès lié au traitement n’a été dénombré.  

Le pembrolizumab peut être efficacement combiné au trastuzumab et la chimiothérapie ; ce traitement présente une activité prometteuse dans le cas du cancer gastro-œsophagien métastasé HER2-positif. Un essai clinique de phase 3 randomisé d’évaluation de l’efficacité et de l’innocuité du pembrolizumab versus placebo en combinaison avec le trastuzumab et chimiothérapie en première ligne, pour le traitement de première ligne du cancer gastro-œsophagien est en cours. Yelena Y Janjigian, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 18 mai 2020

Financement : Merck & Co

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 5 novembre 2019

#thelancet #carcinomedelatêteetducou #pembrolizumab #cetuximab #chimiothérapie Pembrolizumab en monothérapie ou avec chimiothérapie versus cetuximab avec chimiothérapie pour le traitement du carcinome à cellules squameuses de la tête et du cou récidivant (KEYNOTE-048) : étude de phase 3 randomisée, ouverte

Illustration d'un cancer de la tête et du cou.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Head_%26_Neck_Cancer.png

Le pembrolizumab est un médicament actif avec action reconnue sur le cancer des cellules squameuses de la tête et du cou (CCSTC), avec expression du ligand 1 de mort cellulaire programmée (PDL1).

KEYNOTE-048 est une étude randomisée de phase 3 dont les participants sont des patients atteints de CCSTC localement incurable, récidivant ou métastasé, réalisé dans 200 sites situés dans 37 pays. Les participants étaient stratifiés en fonction de l’expression de PD-L1, le statut de p16, l’indice de performance, et répartis au hasard (1:1:1) pour recevoir pembrolizumab seul, pembrolizumab + platine et  5-fluorouracile (pembrolizumab + chimiothérapie), ou  cetuximab + platine et 5-fluorouracile (cetuximab + chimiothérapie). Les investigateurs et les participants avaient accès au tableau d’attribution des traitements. Ni les investigateurs, ni les participants, ni les représentants du laboratoire sponsor n’avaient accès aux résultats du score combiné positif de PD-L1 (CPS) ; la positivité de PD-L1 n’étant pas requise pour participer à l’étude. 
Les critères principaux étaient la survie globale (à partir de la randomisation jusqu’au décès quelle qu’en soit la cause) et la survie sans progression (temps à partir de la randomisation jusqu’à la progression de la maladie confirmée par imagerie ou décès quelle qu’en soit la cause, abstraction faite de l’ordre chronologique de survenue des évènements mentionnés) dans la population en intention de traiter. L’efficacité a été évaluée en fonction de 14 hypothèses formulées au départ (…). L’innocuité était évaluée dans la population en intention de traiter (tous les participants qui avaient reçu au moins une dose du traitement qui leur était alloué).

Entre le 20 avril 2015 et le 17 janvier 2017, 882 participants ont été assignés par randomisation à leur traitement : pembrolizumab seul (n=301), [pembrolizumab + chimiothérapie] (n=281), ou [cetuximab + chimiothérapie] (n=300) ; 754 (85%) présentaient un CPS de 1 ou plus, et 381 (43%) un CPS de 20 ou plus. 
A la deuxième analyse intermédiaire, le traitement pembrolizumab seul a amélioré la survie globale versus le traitement [cetuximab + chimiothérapie] dans la population présentant un CPS de 20 ou plus (médiane de survie 14.9 mois versus 10.7 mois, hazard ratio [HR] 0.61 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.45-0.83], p=0.0007) et dans la population présentant un CPS de 1 ou plus (12.3 versus 10.3, 0.78 [0.64-0.96], p=0.0086) et était non-inférieure dans la population totale (11.6 versus 10.7, 0.85 [0.71-1.03].
Le traitement [Pembrolizumab + chimiothérapie] a amélioré la survie globale versus le traitement [cetuximab + chimiothérapie] dans la population totale (13.0 mois versus 10.7 mois, HR 0.77 [IC 95% 0.64-0.96], p=0.0034) et était non-inférieur dans la population totale (11.6 versus 10.7, 0.85 [0.71-1.03]) à la seconde analyse intermédiaire et dans la population présentant un CPS de 20 ou plus (14.7 versus 11.0, 0.60 [0.45-0.82], p=0.0004) et dans la population présentant un CPS de 1 ou plus (13.6 versus 10.4, 0.65 [0.53-0.80], p<0.0001) à l’analyse finale. 
Ni le pembrolizumab seul ni le pembrolizumab + chimiothérapie n’ont amélioré la survie sans progression à la deuxième analyse intermédiaire. 
À l’analyse finale, des événements indésirables de grade 3 ou plus étaient survenus chez 164 (55%) patients sur les 300 traités du groupe pembrolizumab seul, chez 235 (85%) patients sur les 276 du groupe pembrolizumab + chimiothérapie et chez 239 (83%) sur les 287 du groupe cetuximab + chimiothérapie. Des évènements indésirables ont mené au décès de 25 (8%) participants du groupe pembrolizumab seul, de 32 (12%) participants du groupe pembrolizumab + chimiothérapie, et 28 (10%) participants du groupe cetuximab + chimiothérapie.

Sur la base de l’observation de l’efficacité et de l’innocuité, le traitement [pembrolizumab + platine et 5-fluorouracile] représente un traitement approprié de première ligne du CCSTC récidivant ou métastasé; et le traitement [pembrolizumab en monothérapie] est un traitement de première ligne approprié du CCSTC récidivant ou métastasé PD-L1 positif. Prof Barbara Burtness, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 31 octobre 2019

Financement : Merck Sharp & Dohme.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation :  NZ

mardi 21 mai 2019

#thelancetoncology #cancer #CBNPC #atezolizumab #carboplatine Atezolizumab en combinaison avec carboplatine plus chimiothérapie nab-paclitaxel en comparaison de la chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux (IMpower130) : essai de phase 3 multicentrique, randomisé en ouvert

Cancer du poumon non à petites cellules peu différencié avec réponse inflammatoire de l'hôte. Les flèches indiquent les cellules tumorales.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Poorly_differentiated_non-small_cell_carcinoma_NOS_with_a_massive_host_inflammatory_response_-_Case_267_(8597444473).jpg

L’atezolizumab (un anticorps monoclonal dirigé contre PD-L1), qui restaure l’immunité anticancer, a amélioré la survie globale chez les patients ayant déjà reçu un traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules au préalable et qui ont également tiré bénéfice clinique lorsque combiné avec une chimiothérapie comme traitement de première ligne du cancer non à petites cellules. Le but de l’essai IMpower130 était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité d’atezolizumab plus chimiothérapie versus chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux.

IMpower130 est une étude de phase 3 multicentrique, randomisée en ouvert réalisée dans 131 centres situés dans huit pays (États-Unis d’Amérique, Canada, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, et Israël). Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus, et étaient atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade IV non squameux confirmé pour histologie ou cytologie et présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, et n’avaient reçu aucune chimiothérapie pour traitement de pathologie au stade IV. Les patients ont été répartis au hasard (2:1 ; par blocs permutés [dimension de bloc = 6] à l’aide d’un système de réponse interactif vocal ou internet) pour recevoir atezolizumab (1 200 mg par voie intraveineuse toutes les 3 semaines) + chimiothérapie (carboplatine [selon la technique de mesures des surfaces sous la courbe des concentrations plasmatiques en fonction du temps 6 mg / mL par minute toutes les 3 semaines] + nab-paclitaxel [100 mg/m2 par voie intraveineuse chaque semaine]) ou chimiothérapie seule sur quatre ou six cycles de 21 jours, suivi d’une thérapie de maintien. Les facteurs de stratification comprenaient le sexe, les métastases hépatiques à la ligne de base, et l’expression tumorale de PD-L1. Les critères d’évaluation principaux étaient la survie sans progression évaluée par l’investigateur et la survie globale dans la population en intention de traiter dite « sauvage » (c’est-à-dire la population aux gènes EGFRwt et ALKwt). La population d’innocuité incluait tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Entre le 16 avril 2015 et le 13 février 2017, 724 patients ont été tirés au sort et randomisés par tirage au sort 723 ont été inclus dans la population en intention de traiter (un patient est décédé avant la randomisation […], il a donc été exclu de la population en intention de traiter) du groupe atezolizumab plus chimiothérapie (483 patients dans la population en intention de traiter et 451 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage ») ou du groupe chimiothérapie (240 patients dans la population en intention de traiter et 228 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage »). La médiane de suivi dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage » était similaire entre les groupes (18.5 mois [Intervalle Interquartile -IQR- 15.2-23.6] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 19.2 mois [15.4-23.0] dans le groupe chimiothérapie). Dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage », il y a eu de significatives améliorations en termes de médiane de survie globale (18.6 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 16.0-21.2] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 13.9 mois [12.0-18.7] dans le groupe chimiothérapie; hazard ratio stratifié [HR] 0.79 [IC 95% 0.64-0.98] ; p=0.033) et de médiane de survie sans progression (7.0 mois [IC 95% 6.2-7.3] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 5.5 mois [4.4-5.9] dans le groupe chimiothérapie ; HR stratifié 0.64 [IC 95% 0.54-0.77 ; p<0.0001]). Les événements indésirables de grade 3 ou plus les plus communément rencontrés étaient neutropénie (152 [32%] patients sur les 453 du groupe atezolizumab + chimiothérapie versus 65 [28%] patients sur les 232 du groupe chimiothérapie), anémie (138 [29%] versus 47 [20%]), et diminution des neutrophiles (57 [12%] versus 19 [8%]). Des événements indésirables graves liés au traitement ont été rapportés chez 112 (24%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 30 (13%) patients sur 232 dans le groupe chimiothérapie. Des décès liés au traitement (quel que soit le traitement) sont survenus chez huit (2%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et un (<1%) patient sur 232 dans le groupe chimiothérapie.

IMpower130 a montré une amélioration importante et significative sur le plan clinique de la survie globale et une amélioration significative de la survie sans progression dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie versus chimiothérapie comme traitement de première ligne chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules non squameux, ne présentant pas de mutations des gènes ALK et EFGR. Aucun signal délétère d’innocuité n’a été identifié. Cette étude démontre le bénéfice d’atezolizumab en combinaison avec la chimiothérapie à base de platine, comme traitement de première intention du cancer du poumon non à petites cellules non métastasé. Howard West, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 20 mai 2019

Financement : F. Hoffmann-La Roche.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 3 janvier 2018

#Cell #médicament #ATP #substrat #MRP1 La liaison de l’ATP permet l’expulsion de substrat par la protéine de multirésistance aux médicaments

Substrate = Substrat
Substrate-bound MRP1 = Protéine de Multirésistance aux Médicaments 1 liée au substrat
(inward facing) = (orientation vers l'intérieur)
ATP = ATP (Adénosine Tri - Phosphate)
ATP-bound MRP1 = MRP1 liée à l'ATP
(outward facing) = (orientation vers l'intérieur)
La protéine de multirésistance aux médicaments MRP1 est une pompe ATP qui confère de la résistance à la chimiothérapie. Nous avons précédemment montré que les substrats intracellulaires sont recrutés vers un site de liaison de localisation bipartite quand le transporteur se présente sous conformation orientée vers l’intérieur (de la cellule). Il reste cette question clé : comment les substrats de haute affinité sont-ils transférés à travers la membrane et expulsés à l’extérieur de la cellule ? Nous montrons, à l’aide de la cryo-microscopie électronique, que la liaison de l’ATP ouvre la voie de transport vers l’espace extracellulaire et reconfigure le site de liaison au substrat d’une manière telle que l’affinité pour le substrat est abolie. Ainsi, le substrat est relâché avant l’hydrolyse de l’ATP. Avec ce résultat, nous possédons maintenant une description complète du cycle conformationnel permettant le transfert de substrat au sein d’un transporteur ABC (ATP Binding Cassette) eucaryote. Zachary Lee Johnson et Jue Chen dans Cell, publication en ligne en avant-première, 28 décembre 2017  

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

lundi 20 juin 2016

#thelancetoncology #ostéosarcome #zoledronate #chimiothérapie #résultatsnégatifs Zoledronate combiné avec chimiothérapie et chirurgie pour le traitement de l’ostéosarcome (OS2006) : un essai de phase 3 multicentrique ouvert et randomisé

Détection d'un ostéosarcome: la TDM (à gauche) montre l'extension de la destruction osseuse , l'IRM (à droite) montre l'extension de la tumeur elle-même.
Source iconographique et légendaire:  http://www.centreducancer.be/fr/groups/index/group/3
Sur les bases de données précliniques relatives à l’effet antitumoral du zoledronate dans l’ostéosarcome, nous avons défini si le zoledronate combiné avec chimiothérapie et chirurgie améliorait la survie sans évènement chez les enfants et les adultes atteints d’ostéosarcome.

Dans cet essai de phase 3 multicentrique ouvert et randomisé (OS2006), des patients âgés de 5 ans à 50 ans, nouvellement diagnostiqués avec un ostéosarcome de haut grade, ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir une chimiothérapie standard avec ou sans dix perfusions intraveineuses de zoledronate (quatre perfusions préopératoires et six perfusions postopératoires). Les adultes au-dessus de 25 ans ont reçu 4 mg de zoledronate par perfusion ; les patients âgés de 18-25 ans ont reçu 0.05 mg/kg au cours des deux premières perfusions et 4 mg au cours des huit perfusions restantes ; les patients les plus jeunes ont reçu 0.05 mg / kg de zoledronate. La chimiothérapie comprenait du méthotrexate à haute dose chez les patients de moins de 18 ans, et doxorubicine, ifosfamide, et cisplatine chez les adultes de plus de 25 ans ; les patients âgés de 18-25 ans étaient traités avec l’un ou l’autre protocole à l’initiative du centre de traitement. La randomisation, équilibrée entre les deux groupes était effectuée de manière centralisée à l’aide d’un logiciel de randomisation par internet, sur la base d’un algorithme de minimisation prenant en compte le centre, l’âge, le régime de chimiothérapie adopté et le groupe à risque (résécable primaire sans métastases versus autre). À la fois les patients et les investigateurs avaient accès au tableau de distribution des traitements ; cependant, les membres du comité d’évaluation des données de suspicion de progression de la maladie n’avaient pas accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation était la survie sans progression de la maladie, estimée à partir de la date de randomisation jusqu’à la date de la première défaillance (récidive locale ou distante, progression, décès) ou jusqu’à la dernière date de suivi pour les patients en première rémission complète, analysé sur population en intention de traiter modifiée, qui excluait les patients chez qui aucune tumeur maligne n’avait été détectée après examen centralisé. Trois analyses intermédiaires ont été planifiées. (…).

 Entre le 23 avril 2007 et le 11 mars 2014, 318 patients (âge médian 15.5 ans – de 5.8 ans à 50.9 ans), ont été recrutés dans 40 centres Français ; 158 ont été assignés au groupe de contrôle (chimiothérapie seule) et 160 au groupe zoledronate, incluant 55 (17%) patients porteurs de métastases confirmées. L’essai a été interrompu pour raisons de futilité après la deuxième analyse intermédiaire. Avec une médiane de suivi de 3.9 ans (Intervalle Interquartile - IQR 2.7-5.1), 125 évènements indésirables sont survenus (55 dans le groupe contrôle et 70 dans le groupe zoledronate). La survie sans évènement à 3 ans pour tous les 315 patients randomisés était de 60.3% (IC 95% 64.5-65.9) ; la survie sans évènement à 3 ans était de de 64.3% (55.2-70.9) pour le groupe de contrôle et de 57.1% (48.8 – 65.0) pour le groupe zoledronate. Le risque de défaillance n’était pas réduit et était même marginalement plus élevé dans le groupe zoledronate que dans le groupe contrôle (hazard ratio [HR] 1.36 [Intervalle de Confiance [IC] 0.95-1.96] ; p=0.094). Aucune augmentation significative des effets toxiques de grade 3 ou plus, associés au zoledrontate, sauf les hypoglycémies escomptées (45 [29%] participants sur 153 dans le groupe zoledronate versus dix [6%] participants sur 155 dans le groupe contrôle ; p<0.0001). Aucune différence significative en complications orthopédiques n’était notée entre les deux groupes (27 dans le groupe contrôle et 29 dans le groupe zoledronate). Deux décès liés aux traitements ont été rapportés (un décès dû à une cardiomyopathie dans le groupe contrôle et un décès dû à une défaillance multiorganique dans le groupe zoledronate avant la première perfusion de zoledronate).

À partir des résultats observés dans cette étude, nous ne recommandons pas le zoledronate chez les patients atteints d’ostéosarcome. De futures observations biologiques sont nécessaires pour mieux comprendre la dissonance entre les résultats obtenus dans l’essai OS2006 et les données précliniques. Dr Sophie Piperno-Neumann, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 17 juin 2016

Financement : Institut National du Cancer (INCa), France, Novartis, Chugai, Ligue Nationale contre le Cancer, Fédération Enfants et Santé, Société Française des Cancers et Leucémies de l'Enfant.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 29 avril 2016

#cell #cancerdel’ovaire #platine #chimiorésistance Les cellules T effectrices abrogent la chimiorésistance du cancer de l’ovaire médiée par le stroma dans le cancer de l’ovaire

Les cellules T abrogent la chimiorésistance des tumeurs ovariennes en altérant le métabolisme des fibroblastes du stroma du microenvironnement tumoral, révélant un point d’intersection pour une combinaison immunothérapie-chimiothérapie dans le traitement du cancer.
Les cellules effectrices et les fibroblastes sont les composantes principales du microenvironnement tumoral. Les moyens par lesquels ces interactions cellulaires influent sur la chimiorésistance restent peu clairs. Ici, nous montrons que les fibroblastes diminuent l’accumulation de platine dans le noyau des cellules ovariennes cancéreuses, résultant en une résistance à la chimiothérapie à base de platine. Nous démontrons que le glutathion et la cystéine relâchés par les fibroblastes contribuent à cette résistance. L’interféron dérivé des cellules T CD8+ (IFN)ɣ contrôle le contenu en glutathion et cystéine par le truchement de la régulation positive des gamma-glutamyltransérases et de la répression transcriptionnelle du système xc- cystine et de l’antiporter glutamate via la voie de signalisation JAK/STAT1. La présence de fibroblastes du stroma et de cellules T CD8+ est associée négativement et positivement, respectivement, avec la survie des patients atteints de cancer de l’ovaire. Ainsi, notre travail éclaire un mode d’action pour les cellules T effectrices : elles abrogent la chimiorésistance médiée par le stroma. La capitalisation du jeu entre chimiothérapie et immunothérapie constitue un fort potentiel pour le traitement du cancer. Weimin Wang, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 28 avril 2016


Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 20 mai 2015

#thelancet #cancerdel’ovaire #chimiothérapie #chirurgie #platine #carboplatine #paclitaxel Chimiothérapie primaire versus chirurgie primaire chez des patientes nouvellement diagnostiquées de cancer de l’ovaire avancé (CHORUS) : essai de non-infériorité ouvert, randomisé et contrôlé

Dans neuf cas sur dix, les cancers ovariens se développent à partir de cellules qui composent la surface de l’ovaire. On parle d’adénocarcinome. Plus rarement, les cancers ovariens naissent des cellules impliquées dans la production des ovules. Il s’agit alors de tumeurs dites « germinales ». Les adénocarcinomes ovariens touchent davantage les femmes ménopausées, les tumeurs germinales concernant généralement les femmes plus jeunes.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/sante/maladie/cancer-ovaires/quest-ce-que-cest
Les nouvelles normes internationales en matière de traitement chez les femmes présumées atteintes de cancer ovarien avancé est la réduction tumorale chirurgicale suivi d’une chimiothérapie à base de platine. Notre but était d’établir si l’application d’une chimiothérapie à base de platine primaire suivi d’une chirurgie tardive représentait une alternative de traitement.

Dans cet essai de non infériorité de phase 3, randomisé et contrôlé (CHORUS) entrepris dans 87 hôpitaux au Royaume – Uni et en Nouvelle Zélande, nous avons recruté des femmes présumées atteintes de cancer de l’ovaire de stade III ou de stade IV. Nous avons répartis ces sujets de manière aléatoire (1:1) pour recevoir une chirurgie primaire suivie de six cycles de chimiothérapie ou pour recevoir trois cycles de chimiothérapie primaire, puis une chirurgie suivie de trois cycles de chimiothérapie complémentaires. Chaque cycle de trois semaines consistait en l’administration de carboplatine AUC5 ou AUC6 + paclitaxel à raison de 175 mg/m2 ou un régime combiné alternatif comprenant du carboplatine, ou du carboplatine en monothérapie. L’assignation randomisée des traitements a été effectuée à l’aide d’une méthode de minimisation incorporant une composante aléatoire, et les participantes ont été stratifiées selon leur centre de randomisation, la taille de la tumeur dans sa plus grande dimension, le stade clinique de la tumeur, ainsi que les régimes de chimiothérapie précédemment prescrits. À la fois les investigateurs et les patientes avaient accès au tableau de répartition des sujets et des traitements. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la survie globale. Les analyses primaires ont été effectuées sur population en intention de traiter. Afin d’établir la non-infériorité, la marge supérieure de l’Intervalle de Confiance [IC] unilatéral à 90% pour l’évaluation du hazard ratio (HR) devait être inférieure à 1.18. (…).

Entre le 1er mars 2004 et le 30 août 2010, nous avons réparti 552 femmes de manière aléatoire dans les groupes de traitements. Sur les 550 femmes éligibles, 276 ont subi une chirurgie primaire, et 274 une chimiothérapie primaire. Toutes ont été incluses dans la population en intention de traiter analysée ;  251 femmes du groupe chirurgie primaire et 253 femmes du groupe chimiothérapie primaire ont été incluses dans l’analyse per-protocole.
Au 31 mai 2014, 451 décès étaient survenus : 231 dans le groupe chirurgie primaire versus 220 dans le groupe chimiothérapie primaire. La médiane de survie était de 22.6 mois dans le groupe chirurgie primaire versus 24.1 mois dans le groupe chimiothérapie primaire. Le HR de décès était 0.87 en faveur de la chimiothérapie primaire, avec la marge supérieure de l’IC 90% = 0.98 (IC 95% 0.72-1.05). Les événements indésirables post-opératoires de grade 3 ou de grade 4, ainsi que les décès survenant dans les 28 jours après la chirurgie étaient plus fréquents dans le groupe chirurgie primaire que dans le groupe chimiothérapie primaire (60 [24%] femmes sur 252 versus 30 [14%] femmes sur 209, p=0.0007, et 14 femmes [6%] versus une femme [<1%], p=0.001). Les événements indésirables post-opératoires de grade 3 ou de grade 4 les plus fréquents étaient hémorragie dans les deux groupes (8 femmes [3%] dans le groupe chirurgie primaire versus 14 [6%] dans le groupe chimiothérapie primaire). 110 (49%) femmes sur 225 recevant une chirurgie primaire et 102 (40%) sur 253 recevant une chimiothérapie primaire ont présenté des effets toxiques de grade 3 ou de grade 4 reliés à la chimiothérapie (p=0.0654), des neutropénies simples principalement (20% et 16% respectivement). Il a été relevé un effet toxique fatal, une septicémie neutropénique, survenue dans le groupe chimiothérapie primaire.

Chez les femmes atteintes de cancer de l’ovaire de stade III ou de stade IV, la survie sous chimiothérapie primaire est non inférieure à celle sous chirurgie primaire. Dans cette étude de population, l’administration d’une chimiothérapie primaire avant la chirurgie représente donc une nouvelle norme de traitement acceptable chez des femmes atteintes de cancer de l’ovaire avancé. Prof Sean Kehoe, MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 19 mai 2015

Financement : Cancer Research UK and the Royal College of Obstetricians and Gynaecologists

Source: The Lancet / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 7 mai 2015

#thelancetoncology #carcinomenasopharyngé #nasopharynx #radiothérapie #chimiothérapie Chimiothérapie et radiothérapie pour le traitement du carcinome nasopharyngé : mise à jour de la méta-analyse MAC-NPC

Carcinome du nasopharynx métastasé à un ganglion lymphatique. (...). Le carcinome du nasopharynx est un cancer se développant à partir des cellules épithéliales du nasopharynx. Il fait partie des cancers des voies aérodigestives supérieures. Il s'agit du cancer épithélial le plus fréquent chez l'adulte.
Source iconographique et légendaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Carcinome_du_nasopharynx

Une précédente méta-analyse de données individuelles de patients, effectuée par le groupe collaboratif Méta-Analyse de la Chimiothérapie du Carcinome Nasopharyngé (Meta-Analysis of Chemotherapy in Nasopharynx Carcinoma [MAP-NPC] dans le texte) qui avait pour but l’étude des effets de l’addition de la chimiothérapie à la radiothérapie, a montré que cette démarche améliorait la survie globale des malades atteints de carcinome nasopharyngé. Ce bénéfice concernait uniquement les patients recevant chimiothérapie et radiothérapie de manière concomitante. Le but de cette étude était de mettre à jour cette méta-analyse en y incluant les résultats des essais récents, et d’analyse le bénéfice d’une chimiothérapie adjuvante concomitante.

Nous avons effectué nos recherches dans les bases de données PubMed, Web of Science, Cochrane Controlled Trials meta-register, ClinicalTrials.gov, ainsi que dans les comptes rendus de congrès ; afin d’identifier les essais publiés ou non, étudiant les effets de la radiothérapie avec ou sans chimiothérapie chez les patients atteints de carcinome pharyngé non – métastatique et avons obtenu des données relatives à de précédentes études mises à jour.
L’objectif principal de notre recherche était le recueil et l’analyse de données de survie globale. Tous les résultats d’essais ont été mutualisés et analysés à l’aide d’un modèle à effets fixes. Le plan d’analyse statistique était pré-spécifié dans un protocole. Toutes les données ont été analysées sur population en intention de traiter.

Nous avons analysé les données extraites de 19 essais avec au total 4 806 patients. La période médiane de suivi était de 7.7 années (Intervalle Interquartile [IQR] 6.2-11.9). Nous avons trouvé que l’addition de la chimiothérapie à la radiothérapie améliorait significativement la survie globale (hazard ratio [HR] 0.79, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.73-0.86, p<0.0001 ; bénéfice absolu à 5 ans 6.3%, IC 95% 3.5-9.1). l’interaction entre l’effet du traitement (bénéfice de la chimiothérapie) sur la survie globale et calendrier d’administration de la chimiothérapie était significatif (p=0.01), favorable pour ce qui est de la chimiothérapie adjuvante + concomitante (0.65, 0.56-0.76) et pour la chimiothérapie concomitante sans chimiothérapie adjuvante (0.80, 0.70-0.93); mais défavorable pour ce qui est de la chimiothérapie seule (0.87, 0.68-1.12) ou la chimiothérapie d’induction seule (0.96, 0.80-1.16). Le bénéfice de l’addition d’une chimiothérapie était significatif pour tous les paramètres considérés (pour tous, p<0.0001) : survie sans progression (HR 0.75, IC 95% 0.69-0.81), contrôle loco-régional (0.73, 0.64-0.83), contrôle à distance (0.67, 0.59-0.75), et la mortalité par cancer (0.76, 0.69-0.84).

Nos résultats confirment que l’addition d’une chimiothérapie concomitante à une radiothérapie améliore la survie de manière significative chez les patients atteints de cancer nasopharyngé. Il s’agit, à notre connaissance, de la première analyse de l’examen des effets d’une chimithérapie concomitante avec ou sans chimiothérapie adjuvante, en groupe distincts de patients. Des études complémentaires relatives aux bénéfices spécifiques d’une chimiothérapie adjuvante suivant une chimiothérapie concomitante sont nécessaires. Pierre Blancard, MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 6 mai 2015

Financement : Ministère de la Santé - France - (Programme d’actions intégrées de la recherche VADS), Ligue Nationale Contre le Cancer, et Sanofi-Aventis

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ