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vendredi 17 décembre 2021

#thelancet #Covid-19 #thromboprophylaxie #rivaroxaban Rivaroxaban versus pas d'anticoagulant pour la thromboprophylaxie après hospitalisation pour COVID-19 : un essai ouvert, multicentrique, randomisé et contrôlé

Thrombose veineuse profonde dans la jambe droite, avec rougeur et inflammation.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Thrombose

 

Les patients hospitalisés avec COVID-19 sont à risque d'événements thrombotiques après leur sortie de l’hôpital; le rôle de la thromboprophylaxie prolongée dans cette population est inconnu.

Dans cet essai randomisé multicentrique en ouvert mené dans 14 centres au Brésil, les patients hospitalisés pour COVID-19 présentant un risque accru de thromboembolie veineuse (International Medical Prevention Registry on Venous Thromboembolism [IMPROVE] venous thromboembolism [VTE] score de ≥ 4 ou 2-3 avec un D-dimère > 500 ng/mL) ont été randomisés (1:1) pour recevoir, à la sortie de l'hôpital, du rivaroxaban à 10 mg/jour ou aucun anticoagulant pendant 35 jours. Le critère de jugement principal d'efficacité dans une analyse en intention de traiter était un composite de thromboembolie veineuse symptomatique ou mortelle, de thromboembolie veineuse asymptomatique à l'échographie veineuse bilatérale des membres inférieurs et d'angiographie pulmonaire CT, de thromboembolie artérielle symptomatique et de décès d'origine cardiovasculaire au 35ème jour suivant la sortie de l’hôpital. Le processus de sélection était réalisé à l’aveugle. Le principal critère d'évaluation de la sécurité était l'hémorragie majeure. Les analyses primaires et de tolérance ont été réalisées dans la population en intention de traiter.

Du 8 octobre 2020 au 29 juin 2021, 997 patients ont été dépistés. Parmi ces patients, 677 ne répondaient pas aux critères d'éligibilité ; les 320 patients restants ont été inclus et randomisés pour recevoir du rivaroxaban (n=160 [50%]) ou pas d'anticoagulation (n=160 [50%]). Tous les patients ont reçu une thromboprophylaxie avec des doses standard d'héparine pendant l'hospitalisation. 165 (52%) patients étaient dans l'unité de soins intensifs pendant leur hospitalisation. 197 (62 %) patients avaient un score IMPROVE de 2 à 3 et des taux de D-dimères élevés et 121 (38 %) avaient un score de 4 ou plus. Deux patients (un dans chaque groupe) ont été perdus de vue en raison du retrait de leur consentement et n'ont pas été inclus dans l'analyse primaire en intention de traiter. Le critère d'évaluation principal de l'efficacité s'est produit chez cinq (3%) des 159 patients affectés au rivaroxaban et 15 (9 %) des 159 patients affectés à l'absence d'anticoagulant (risque relatif 0,33, Intervalle de Confiance [IC] 95 % 0,12-0,90 ; p= 0,0293). Aucun saignement majeur n'est survenu dans les deux groupes d'étude. Des réactions allergiques sont survenues chez deux (1 %) patients du groupe rivaroxaban.

Chez les patients à haut risque sortis après une hospitalisation en raison de COVID-19, la thromboprophylaxie par rivaroxaban 10 mg/jour pendant 35 jours a amélioré les résultats cliniques par rapport à l'absence de thromboprophylaxie prolongée. Eduardo Ramacciotti, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 15 décembre 2021 

Financement : Bayer

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

mardi 2 octobre 2018

#thelancetneurology #AVC #foramenovalepermeable #rivaroxaban #aspirine Rivaroxaban ou aspirine pour traitement du foramen ovale perméable et accidents vasculaires cérébraux de source indéterminée : analyse de sous-groupe de l’essai NAVIGATE ESUS

Cardiopathies congénitales. En (a), la cardiopathie réside dans le fait que le foramen ovale reste ouvert.
Source iconographique : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:2009_Congenital_Heart_Defects.jpg

Le foramen ovale perméable (PFO) contribue aux accidents vasculaires cérébraux* emboliques de source indéterminée (ESUS). Des analyses de sous-groupes d’études précédentes suggèrent que l’anticoagulation pourrait réduire plus efficacement les AVCs d'origine indéterminée en comparaison d’une thérapie antiplaquettaire. Nous avons émis l’hypothèse qu’un traitement anticoagulant avec le rivaroxaban, un inhibiteur du facteur Xa à prise orale, pourrait réduire le risque d’AVC récurrent en comparaison de l’aspirine, parmi les patients présentant un PFO, recrutés dans l’essai NAVIGATE ESUS.

NAVIGATE ESUS était un essai de phase 3 en double -aveugle, randomisé, réalisé dans 459 centres situés dans 31 pays, évaluant l’efficacité et l’innocuité du rivaroxaban versus aspirine pour la prévention de l’occurrence d’un deuxième AVC chez les patients ayant fait un ESUS. Pour cette analyse préspécifiée de sous-groupe, les cohortes avec ou sans PFO étaient définies sur la base d’une échocardiographie transthoracique (TTE) et d’une échocardiographie transoesophagienne (TOE). Le paramètre d’efficacité principal était le temps écoulé entre deux AVCs entre les groupes de traitement. Le paramètre d’innocuité principal était l’occurrence d’un saignement majeur, selon les critères de l’International Society of Thrombosis and Haemostasis. Les analyses principales ont été effectuées sur population en intention de traiter. De plus, nous avons effectué un examen systématique et des méta-analyses des effets aléatoires sur les études dans lesquelles les patients à AVC cryptogène et avec PFO étaient distribués de manière aléatoire dans un groupe recevant un anticoagulant ou dans un groupe recevant une thérapie antiplaquettaire.

Entre le 23 décembre 2014 et le 20 septembre 2017, 7 213 patients étaient recrutés et assignés au groupe recevant le rivaroxaban (n=3 609) ou l’aspirine (n=3 604). Les patients étaient suivis sur une période moyenne de 11 mois du fait d’une terminaison prématurée de l’essai. Le PFO était reconnu comme patent chez 534 (7.4%) patients sur la base d’un examen TTC ou TOE. Les patients traités à l’aspirine présentaient un taux d’AVC ischémique récurrent de 4.8 événements pour 100 personnes – années en comparaison des 2.6 événements pour 100 personnes années chez ceux traités avec le rivaroxaban. Parmi les patients présentant un PFO avéré, les preuves étaient insuffisantes pour pouvoir soutenir une différence de risque d’AVC ischémique récurrent entre rivaroxaban et aspirine (hazard ratio [HR] 0.54 ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.22-1.36) ; cependant, le risque était similaire chez les patients sans PFO avéré (1.06 ; 0.84-1.33 ; pinteraction=0.18). Les risques de saignement majeur chez les patients recevant rivaroxaban versus les patients recevant l’aspirine étaient similaires chez les patients présentant un PFO détecté (HR 2.05 ; IC 95% 0.51-8.18) et ceux ne présentant pas de PFO détecté (HR 2.82 ; IC 95% 1.69-4.70 ; pinteraction=0.68). Les méta-analyses des effets aléatoires combinaient des données de l’essai NAVIGATE ESUS à celles de deux essais précédents (PICSS et CLOSE) et ont produit un odds ratio (…) de 0.48 (lC 95% 0.24-0.96 ; p=0.04) en faveur du traitement anticoagulant (…).

Parmi les patients atteints d’ESUS présentant un PFO, l’anticoagulation pourrait avoir réduit le risque d’AVC récurrent, bien que de substantielles imprécisions demeurent. Des essais dédiés traitement anticoagulant versus traitement antiplaquettaire ou de fermeture du PFO, ou les deux, sont justifiés. Scott E Kasner, MD, et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 28 septembre 2018

*Accident Vasculaire Cérébral = AVC

Financement : Bayer et Janssen

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 13 novembre 2017

#thelancet #coronaropathie #rivaroxaban #aspirine Rivaroxaban avec ou sans aspirine chez des patients atteints de maladie coronarienne stable : essai international randomisé, en double-aveugle, contrôlé par placebo

A droite:
L'artère coronaire approvisionne en sang et en oxygène le muscle cardiaque
En haut: tissu musculaire cardiaque sain
Caillot de sang bloquant l'artère
Blocage du flux sanguin
Plaque athéromateuse en formation
A gauche et à droite:
En bas: tissu musculaire cardiaque mort
A gauche:
Artère coronaire
Muscle cardiaque
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Heart_attack-NIH.gif

La maladie coronarienne stable est une cause majeure de morbidité et de mortalité dans le monde; elle est la conséquence d’événements thrombotiques aigus impliquant l’activation des plaquettes et des protéines de la coagulation. Les inhibiteurs du Facteur Xa et l’aspirine permettent de réduire les événements thrombotiques, ils n’ont toutefois pas été testés en combinaison ou l’un contre l’autre chez des patients atteints de maladie coronarienne stable.

Dans cet essai multicentrique, en double-aveugle, contrôlé par placebo, effectué chez des patients en ambulatoire atteints de maladie coronarienne stable ou de maladie artérielle périphérique, ont été recrutés dans 602 hôpitaux, cliniques, ou centres communautaires dans 33 pays. Cet article est un compte rendu de résultats obtenus chez des patients atteints de maladie coronarienne. Les patients éligibles, atteints de maladie coronarienne devaient avoir eu un infarctus du myocarde au cours des 20 dernières années, une maladie coronaire atteignant plusieurs vaisseaux, un historique d’angine de poitrine stable ou instable, subi une des interventions coronaires percutanées sur plusieurs vaisseaux, ou une chirurgie de pontage aortocoronarien sur plusieurs coronaires. 
À la suite d’une période de rodage de 30 jours, les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1:1) pour recevoir rivaroxaban (2.5 mg per os deux fois par jour) + aspirine (100 mg une fois par jour), ou rivaroxaban seul (5 mg per os deux fois par jour), ou l’aspirine seule (100 mg per os une fois par jour). La randomisation était générée par ordinateur. Chaque traitement était administré en double-aveugle ; ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel sur site de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. Le résultat principal de l’essai COMPASS était la survenue d’infarctus du myocarde, AVC, ou de mort cardiovasculaire. Le recrutement de patients pour cet essai est désormais clos. (…).

Entre le 12 mars 2013, et le 12 mai 2016, 27 395 patients ont été recrutés dans l’essai COMPASS ; 24 824 d’entre eux étaient atteints de maladie coronarienne stable, ils provenaient de 558 centres. La combinaison de rivaroxaban + aspirine a diminué la fréquence des événements cardiovasculaires [infarctus du myocarde, AVC, mort cardiovasculaire] de manière plus importante que l’aspirine seule (347 [4%] sur 8 313 versus 460 [6%] sur 8 261 ; Hazard ratio [HR] 0.74, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.65-0.86, p<0.0001). En revanche, le traitement avec le rivaroxaban seul n’a pas amélioré le critère principal lorsque comparé avec le traitement avec l’aspirine seule (411 [5%] sur 8 250 versus 460 [6%] sur 8 261, HR 0.89 ; IC 95% 0.78-1.02, p=0.094). Le traitement combiné rivaroxaban + aspirine a eu pour résultat des hémorragies plus importantes que le traitement sous aspirine seule (263 [3%] sur 8 313 versus 158 [2%] sur 8 261 ; HR 1.66, IC 95% 1.37-2.03, p<0.0001) ; de la même façon, de plus fréquentes hémorragies étaient relevées dans le groupe rivaroxaban seul que dans le groupe aspirine seule (236 [3%] sur 8 250 versus 158 [2%] sur 8 261 ; HR 1.51, IC 95% 1.23-1.84, p<0.0001). Le site le plus fréquemment affecté par les hémorragies était le système digestif (estomac + intestin), ces dernières survenant à ce niveau chez 130 [2%] patients recevant la combinaison rivaroxaban + aspirine, et chez 84 [1%] patients recevant le rivaroxaban seul, et chez 61 [%] patients recevant l’aspirine seule. La combinaison rivaroxaban + aspirine a réduit la mortalité quand comparé à l’effet de l’aspirine seule (262 [3%] sur 8 313 versus 339 [4%] sur 8 261 ; HR 0.77, IC 95% 0.65-0.90, p=0.0012).

Chez les patients atteints de maladie coronarienne stable, l’adjonction de rivaroxaban à l’aspirine a diminué la fréquence des événements vasculaires majeurs, mais a augmenté la fréquence des hémorragies majeures. Aucune augmentation significative d’hémorragie intracrânienne ou d’autre hémorragie d’organe critique n’a été observée. On a relevé un bénéfice net en faveur du traitement rivaroxaban + aspirine et la mortalité en a été réduite de 23%. Ainsi, l’adjonction du rivaroxaban à l’aspirine a le potentiel de réduire substantiellement la morbidité et la mortalité due aux maladies coronariennes dans le monde. Prof Stuart J Connolly, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 10 novembre 2017

Financement : Bayer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 20 mars 2017

#thelancet #syndromecoronarien #thrombolyse #saignement #rivaroxaban #aspirine #clopidogrel #ticagrelor Saignement significatif sur le plan clinique avec une dose réduite de rivaroxaban versus aspirine, en addition de l’inhibition de P2Y12, dans les syndromes coronairiens (GEMINI-ACS-1) : essai multicentrique, randomisé, en double-aveugle

Acute Coronary Syndrome = Syndrome Coronarien Aigu
ST elevation = Elévation du segment ST
Cardiac markers = Biomarqueurs cardiaques
Unstable angina = Angine de poitrine instable
Myocardial infarction = Infarctus du myocarde
STEMI=Infarctus du Myocarde avec Elévation du Segment ST
NSTEMI = Infarctus du Myocarde sans Elévation du segment ST
Q-wave MI = Infarctus du Myocarde avec Onde Q
Non-Q-Wave MI = Infarctus  du Myocarde sans Onde Q
Source:  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:ACS_scheme.jpg
Une double thérapie antiplaquettaire (DTAP), aspirine + un inhibiteur du récepteur P2Y12, est un traitement antithrombotique standard suivant les syndromes coronariens aigus. L’inhibiteur du facteur Xa rivaroxaban a réduit la mortalité et les événements ischémiques lorsqu’il est administré en sus du DTAP, mais il représente une cause d’augmentation des saignements. La sécurité d’une double thérapie antiplaquettaire, combinant rivaroxaban à faible dose (à la place de l’aspirine) avec un inhibiteur du récepteur P2Y12 n’a pas été étudié dans les cas de syndromes coronariens aigus. Notre but était de d’étudier les effets de l’administration de rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour versus aspirine 100 mg une fois par jour, en sus de clopidogrel ou ticagrelor (au choix de l’investigateur avant la randomisation), chez des patients atteints de syndrome coronarien aigu ayant commencé dans les 10 jours après apparition du syndrome, et continué pendant 6-12 mois.

Dans cet essai en multicentrique, randomisé, en double - aveugle (GEMINI-ACS-1) effectué dans 371 centres cliniques situés dans 21 pays, les patients éligibles étaient âgés de 18 ans et plus, étaient atteints d’angine de poitrine instable, d’infarctus du myocarde sans élévation du segment ST (IMSEST), ou infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (IMAEST), étaient positifs en ce qui concerne les biomarqueurs cardiaques ; et, soit présentaient des changements électrocardiographiques ischémiques, soit présentaient une lésion athéroscléreuse identifiée par angiographie.
Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) dans les 10 jours suivant leur admission du fait de leur syndrome coronarien aigu pour recevoir soit l’aspirine soit le rivaroxaban, selon un calendrier de randomisation généré par ordinateur. La randomisation était pondérée à l’aide de la technique de permutation de blocs de dimension 4 et était stratifiée selon le traitement de base avec un inhibiteur du récepteur P2Y12 (clopidogrel ou ticagrelor) défini comme traitement au moment de la randomisation. Ni les investigateurs ni les patients n’avaient accès au tableau de randomisation. Les patients ont reçu le traitement en double aveugle rivaroxaban 2.5 mg deux fois par jour ou aspirine 100 mg par jour sur une période de temps de 180 jours au minimum. Le choix de l’administration de clopidogrel ou de ticagrelor au cours de l’essai n’était pas soumis à randomisation et relevait du seul choix de l’investigateur.
Le critère principal de l’étude était l’occurrence d’un saignement cliniquement significatif résultant d’une thrombolyse réalisée lors d’un infarctus du myocarde (TIM) non liée à un pontage aortocoronarien (PA ; majeur, mineur, ou requérant des soins médicaux) jusqu’au jour 390. L’analyse principale a été réalisée sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 22 avril 2015 et le 14 octobre 2016, 3 037 patients atteints de syndrome coronariens aigus ont été répartis de manière aléatoire ; 1 518 ont reçu aspirine et 1 519 ont reçu rivaroxaban. 1 704 patients (56%) étaient simultanément sous ticagrelor (strate ticagrelor) et 1 333 patients (44%) étaient simultanément sous clopidogrel. La durée médiane du traitement était de 291 jours (Intervalle Interquartile [IQR] 239-354). Les saignements dus à la TIM , non liés à un PA, cliniquement significatifs, étaient similaires sous thérapie rivaroxaban versus thérapie aspirine (total : 154 patients [5%] ; 80 participants [5%] sur 1 519 versus 74 participants [5%] sur 1 518 ; Hazard Ratio [HR] 1.09 [Intervalle de Confiance -IC- 0.80-1.50] ; p=0.5840)

Une approche à double thérapie antiplaquettaire combinant le rivaroxaban à faible dose avec l’inhibiteur P2Y12 pour le traitement des patients atteints de syndrome coronarien aigu présentait un risque similaire à celle combinant aspirine et l’inhibiteur du récepteur P2Y12. Un essai de plus grande importance, doté d’une puissance statistique suffisante, est requis pour évaluer de manière définitive l’efficacité et la sécurité de cette approche. Dr Prof E Magnus Ohman, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 18 mars 2017

Financement : Janssen Recherche & Développement et Bayer AG

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

vendredi 6 mars 2015

#thelancet #fibrillationauriculaire #insuffisancecardiaque #digoxine #rivaroxaban Administration de Digoxine chez des patients atteints de fibrillation auriculaire et séquelles cardiovasculaires : analyse rétrospective de l’effet de la prise monoquotidienne per os de Rivaroxaban, inhibiteur direct sur le Facteur Xa, en comparaison de l’effet antagoniste de la vitamine K pour la prévention des accidents vasculaires cérébraux et des embolies dans les cas de fibrillation auriculaire (ROCKET AF)

La fibrillation auriculaire est une maladie chronique qui résulte le plus souvent du vieillissement de l'oreillette (cavité supérieure du coeur) . Au lieu de se contracter de façon régulière et ordonnée, le coeur "vibre". Le rythme cardiaque est rapide et irrégulier.
Source iconographique et légendaire: http://fr.medipedia.be/fibrillation-auriculaire/testimonial_fibrillation-auriculaire-recidives
La digoxine est un médicament d’usage répandu pour le contrôle de la fréquence ventriculaire chez les patients atteints de fibrillation auriculaire (AF), malgré le manque de données provenant d’études randomisées. Nous avons étudié l’utilisation et les effets de la digoxine chez des patients dans l’essai étudiant l’effet de l’administration monoquotidienne per os de Rivaroxaban, inhibiteur direct du Facteur Xa, en comparaison de l’effet antagoniste de la vitamine K pour la prévention des accidents vasculaires cérébraux et de la fibrillation auriculaire (ROCKET AF).

Pour cette analyse rétrospective, nous avons inclus et classé les patients de l’essai ROCKET AF sur la base de l’utilisation de la digoxine à la ligne de base et pendant l’étude. Les patients de l’essai ROCKET AF ont été recrutés dans 45 pays, et présentaient des risques de fibrillation auriculaire (AF) et autres facteurs de risque les plaçant dans la catégorie de sujets à risque modéré à élevé d’accident vasculaire cérébral, avec ou sans insuffisance cardiaque. Nous avons utilisé la régression des hasards proportionnels de Cox ajustés aux données à la ligne de base et aux médicaments, pour mener des investigations sur l’association de la digoxine avec les autres causes de mortalité, mort vasculaire, et mort subite. (…).

Chez 14 171 patients répartis par groupes de manière aléatoire, la digoxine a été administrée à la ligne de base chez 5239 (37%) d’entre eux. Les sujets recevant la digoxine étaient plus fréquemment des femmes (42% versus 38%) et présentaient un historique d’insuffisance cardiaque (73% versus 56%), de diabète (43% versus 38%), et d’AF persistante (88% versus 77% ; p<0.0001 pour chaque comparaison prise individuellement). Après ajustement, la digoxine a été associée à une augmentation de la moralité toutes causes confondues (5.41 versus 4.30 évènements pour 100 patients-années ; hazard ratio 1.17 ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.04 – 1.32 ; p=0.0093), mort vasculaire (3.55 versus 2.69 pour 100 patients-années ; 1.19 ; 1.03-1.39, p=0.0201), et mort subite (1.68 versus 1.12 évènements pour 100 patients-années ; 1.36 ; 1.08-1.70, p=0.0076).

Le traitement à la digoxine était associé à une augmentation significative de la mortalité toutes causes confondues, de mort vasculaire, et de mort subite chez les patients atteints d’AF. Cette association était indépendante des autres facteurs pronostiques mesurés, et bien que l’effet résiduel de confusion peuvent être attribuable à ces résultats, les données présentes montrent la possibilité d’un effet digoxine. Une étude randomisée étudiant l’effet d’un traitement à la digoxine chez des patients avec ou sans insuffisance cardiaque, atteints de AF, est nécessaire. Jeffrey B Washam, Pharm D et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 5 mars 2015

Financement :  Janssen Research & Development and Bayer HealthCare AG.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 29 septembre 2014

Rivaroxaban versus enoxaparine avec antagoniste de la vitamine K pour le traitement du thromboembolisme veineux symptomatique chez des patients atteints de cancer (EINSTEIN-DVT et EINSTEIN-PE) : analyse mutualisée de sous-groupes de deux essais randomisés contrôlés #rechercheclinique #rivaroxaban #thromboembolisme

Echographie Doppler en couleur, artère et veine. Trajet de l'artère poplitée, en rouge, et de la veine, en bleu, en arrière du genou au niveau de la bifurcation de l'artère.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-hematologie-pneumologie/dossiers-d-information/thrombose-veineuse-phlebite
Les patients atteints de thromboembolisme veineux montrent un risque accru de tromboembolisme veineux et d’hémorragies au cours du traitement anticoagulant. Bien que la monothérapie à l’aide d’héparines de faible poids moléculaire soit recommandée chez ces patients ; dans la pratique clinique, beaucoup de patients atteints de thromboembolisme veineux et de cancer ne bénéficient pas de ce traitement. Notre but était d’étudier l’efficacité et l’innocuité d’un protocole prévoyant un médicament unique, le rivaroxaban en comparaison d’un protocole prévoyant l’administration d’enoxaparine suivi d’antagonistes de la vitamine K, dans le sous-groupe de patients atteints de cancer recruté dans les essais randomisés contrôlés EINSTEIN-DVT et EINSTEIN-PE.

Nous avons une analyse de sous-groupes de patients souffrant de cancer (soit à l’inclusion, soit diagnostiqué au cours de l’étude), avec historique de cancer, ou n’ayant jamais présenté de cancer, ayant été recrutés pour les essais EINSTEIN-DVT et EINSTEIN-PE. Les patients éligibles, atteints de thrombose veineuse profonde (EINSTEIN-DVT) ou d’embolisme pulmonaire (EINSTEIN-PE), ont été répartis de manière aléatoire sous ratio 1:1 pour recevoir rivaroxaban (administration de 15 mg deux fois par jour pendant 21 jours, suivi par l’administration de 20 mg une fois par jour) ou la thérapie standard (enoxaparine 1.0 mg/kg deux fois par jour et warfarine ou acenocoumarol ; ratio international normalisé 2.0 – 3.0). La randomisation -effectuée à l’aide d’un système informatique à réponse vocale interactive- était stratifiée selon le pays et la durée de traitement prévue. (3, 6, ou 12 mois). Les résultats primaires d’efficacité et d’innocuité sur le plan clinique de ces deux essais, ainsi que l’analyse complémentaire, concernaient le thromboembolisme veineux récurrent symptomatique et l’analyse des hémorragies cliniquement significatives relevés, respectivement. Nous avons effectué les analyses d’efficacité et de mortalité sur la population en intention de traiter, et les analyses relatives aux hémorragies en fonction de la période de traitement déjà écoulée + 2 jours sur la population soumise à évaluation de l’innocuité (c.à.d tous les patients ayant reçu au moins une dose du médicament à l’étude).

Chez tous les patients atteints de cancer (diagnostiqués à l’inclusion ou pendant le traitement), le thromboembolisme veineux récurrent est survenu chez 16 (5%) patients sur les 354 patients recevant le rivaroxaban et 20 (7%) patients sur les 301 patients recevant l’enoxaparine et l’antagoniste de la vitamine K (hazard ratio [HR] 0.67, Intervalle de Confiance [IC] 95% de 0.35 à 1.30). Les hémorragies cliniquement significatives sont survenues chez 48 (14%) des 353 patients recevant le rivaroxaban et chez 49 (16%) des 298 patients recevant la thérapie standard (HR 0.80, IC 95% de 0.54 à 1.20). Des hémorragies majeures sont survenues chez huit (2%) des 353 patients recevant le rivaroxaban et chez 15 (5%) des patients recevant une thérapie standard (HR 0.42, IC 95% de 0.18 à 0.99). La fréquence globale des thromboembolismes veineux récurrents chez des patients avec historique de cancer seul (cinq [2%] sur 233 patients dans le groupe rivaroxaban versus cinq [2%] sur 236 patients du groupe thérapie standard ; HR 0.98, IC 95% 0.28-3.43) était similaire à celle des patients n’ayant jamais présenté de cancer (65 [2%] sur 3563 versus 70 [2%] sur 3594, respectivement ; HR 0.93, IC 95% 0.66-1.30) ; ladite fréquence était augmentée chez les patients souffrant de cancer à l’inclusion (six [2%] sur 258 versus huit [4%] sur 204, respectivement ; HR 0.62, IC 95% 0.21-1.79), elle l’était encore plus chez les patients dont le diagnostic de cancer était établi au cours de l’étude (dix [10%] sur 96 versus 12 [12%] sur 97, respectivement ; HR 0.80, IC 95% 0.34-1.88).
La fréquence globale des hémorragies majeures chez des patients avec uniquement un historique de cancer (un [<1%] patient dans le groupe rivaroxaban versus quatre [2%] patients dans le groupe thérapie standard ; HR 0.23, IC 95% 0.03-2.06) était similaire à celle des patients n’ayant jamais présenté de cancer (31 [1%] versus 53 [1%], respectivement ; HR 0.58, IC 95% 0.37 – 0.91) ; elle était augmentée chez les patients atteints de cancer à l’inclusion (cinq [2%] versus huit [4%], respectivement ; HR 0.47, IC 95% 0.15-1.45), et la plus élevée chez les patients diagnostiqués avec un cancer au cours de l’étude (trois [3%] versus sept [7%], respectivement ; HR 0.33, IC 95% 0.08-1.31).

Chez les patients atteints de cancer et de thromboembolisme veineux, le rivaroxaban a présenté une efficacité similaire dans la prévention du thromboembolisme veineux récurrent et a réduit le nombre d’hémorragies majeures en comparaison du traitement à l’enoxaparine et l’antagoniste de la vitamine K, bien qu’aucune différence intergroupe n’ait été notée pour ce qui est des hémorragies cliniquement significatives. Sur la base de ces résultats, une comparaison directe de rivaroxaban avec les héparines de faible poids moléculaire administrées sur le long terme est recommandée chez les patients atteints de cancer. Prof Martin H Prins et al MD et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant – première, 28 septembre 2014

Financement: Bayer HealthCare Pharmaceuticals et Janssen Research & Development

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ