Les régulateurs de la chromatine jouent un rôle
important dans la régulation de l’expression des gènes ; leur disparition
peut permettre le développement du cancer. Ici, nous démontrons que l’ablation
de l’histone déméthylase lysine spécifique LSD1 dans les cellules cancéreuses
provoque l’amplification de l’expression des éléments répétitifs, éléments de rétrovirus
endogènes inclus (ERVs), et diminue l’expression des composants du complexe d’extinction
des gènes induite par l’expression de l’ARN (RISC). Cela conduit à un stress
significatif de l’ARN double brin (dsRNA) et à l’activation de l’interféron de
type 1, qui à son tour stimule l’immunité cellulaire anti-tumorale conférée par
les lymphocytes T et l’inhibition de la croissance tumorale. De plus, l’appauvrissement
en LSD1 augmente l’immunogénicité tumorale et l’infiltration des lymphocytes T
dans les tumeurs à faible immunogénicité et déclenche des réponses
significatives des mélanomes réfractaires aux thérapies agissant au niveau du
point de contrôle immunitaire chez la souris sous thérapie anti-PD-1. L’analyse
des données ATGC montre une corrélation inverse entre l’expression de LSD1 et l’infiltration
des lymphocytes T CD8+ de manière consistante dans de nombreux cas
de cancer chez l’homme. Notre étude identifie LSD1 comme inhibiteur puissant de
l’immunité anti-tumorale et de la réponse à l’immunothérapie ; cela suggère
l’inclusion de l’inhibition de LSD1 combiné au blocage de PD-(L)1 comme
nouvelle stratégie de traitement contre le cancer. Wanqiang Sheng, et al, dans Cell,
publication en ligne en avant-première, 21 juin 2018
Jusqu'au 30 juin 2022, le blog Actualités Scientifiques - Médicales vous a proposé des traductions en français adaptées de résumés d'articles originaux, tout récemment parus et relayés sur site internet. Actualités Scientifiques - Médicales. A partir du 1er septembre 2022, ce blog vous propose des billets d'opinion relatifs à l'actualité scientifique et médicale, selon un rythme qui reste à définir.
Affichage des articles dont le libellé est tumeur maligne. Afficher tous les articles
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mardi 26 juin 2018
#Cell #exclusif #immunitéanti-tumorale #pointdecontrôle #LSD1 #L’ablation de LSD1 stimule l’immunité anti-tumorale et permet le blocage du point de contrôle immunitaire
mercredi 6 décembre 2017
#cell #carcinomemétastatique #environnementcellulaire #transcriptome Analyse transcriptomique sur cellule unique d’écosystèmes tumoraux métastatiques de la tête et du cou
Les diverses cellules malignes dans les tumeurs stromales
et immunitaires influent sur la croissance, la métastatisation et sur la
réponse aux traitements. Nous avons profilé les transcriptomes d’environ 6 000
cellules uniques provenant de patients atteints de carcinomes à cellules
squameuses de la tête et du cou (CCSTC), incluant cinq paires homologues de
tumeurs primaires et de métastases des ganglions lymphatiques. Les cellules stromales
et immunes présentaient des programmes d’expression significatifs dans l’ensemble
des patients. En revanche, les cellules malignes varient au sein d’une même
tumeur et entre les différentes tumeurs pour ce qui est de leur expression de signatures
liées au cycles cellulaires, au stress, à l’hypoxie; et pour ce qui est la différentiation
épithéliale et de la transition épithélio-mésenchymateuse partielle (p-EMT). Les
cellules exprimant le programme p-EMT se localisent, sur le plan spatial, sur
le bord d’attaque des tumeurs primaires. En intégrant les transcriptomes à cellule
unique avec les profils d’expression en masse pour des centaines de tumeurs,
nous affinons les sous-types de CCSTC par type de malignité, composition des cellules
stromales, et profil p-EMT comme prédicteur indépendant de métastatisation des ganglions,
de leur grade et des caractéristiques pathologiques indésirables. Nos résultats
fournissent un éclairage en termes d’écosystème CCSTC et définissent les
interactions stromales et le programme p-EMT associé à la métastatisation.
Sidharth V. Puram, et al, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 30
novembre 2017
jeudi 19 octobre 2017
#cell #immunothérapie #nivolumab Tumeur et Évolution du Microenvironnement au cours de l’Immunothérapie sous Nivolumab
Les mécanismes par lesquels le blocage du point de
contrôle immunitaire modulent l’évolution de la tumeur pendant la thérapie restent incompris. Nous avons évalué les changements génomiques des tumeurs chez 68
patients atteints de mélanome avancé - dont la maladie avait progressé sous
ipilimumab ou qui n’avaient pas reçu d’ipilimumab - après initiation d’un
traitement nivolumab (étude CA209-038). Les tumeurs étaient analysées par
séquençage de l’exome entier, du transcriptome, et/ou du récepteur aux cellules
T (TCR). Chez les patients présentant une réponse, la charge mutationnelle et le
niveau d’expression des néoantigènes étaient diminués par rapport à la ligne de
base, et l’analyse de l’hétérogénéité intratumorale pendant la thérapie a
démontré une évolution clonale différentielle au sein des tumeurs et une sélection éventuelle contre les mutations néoantigéniques au cours du
traitement. Les analyses de transcriptome avant et pendant la traitement sous
nivolumab ont révélé des augmentations dans des échantillons
de cellules immunitaires distincts, l’activation de réseaux transcriptionnels,
et une régulation positive de gènes codant pour points de contrôle immunitaire
distincts se révélant plus prononcée chez les patients présentant une réponse.
Les changements temporels du répertoire des TCRs intratumorales ont révélé l’expansion
de clones de cellules T dans un contexte d’un affaiblissement néoantigénique. Les
données complètes de profilage de cette étude fournissent un aperçu du mode d’action
du nivolumab. Nadeem Riaz, et al, dans Cell, publication en ligne en
avant-première, 12 octobre 2017
mardi 17 octobre 2017
#thelancetoncology #carcinome #trastuzumabderuxtecan #activitéantitumorale Innocuité, pharmacocinétique, et activité antitumorale du trastuzumab deruxtecan (DS-8201), un conjugué d’anticorps-médicament ciblant HER2, chez des patients atteints de tumeurs du sein et de l’estomac ou de tumeurs oeso-gastriques à un stade avancé : étude d’augmentation de dose phase 1
![]() |
| Carcinome à cellules squameuses de l'oesophage. Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Esophageal_squamous_cell_carcinoma_-_a1_--_high_mag.jpg |
Les conjugués d’anticorps-médicament apparaissent comme une stratégie efficace dans la thérapie du cancer, et combinent la capacité des anticorps monoclonaux à cibler spécifiquement les cellules
tumorales avec des médicaments à forte capacité destructrice mais dont les
doses utiles sont trop toxiques pour une administration par voie systémique. Le
trastuzumab deruxtecan (appelé également DS-8201) est un conjugué d’anticorps-médicament
composé d’un anticorps humanisé contre HER2, un groupe clivable par un enzyme,
et un inhibiteur puissant de la topoisomérase I. Nous avons évalué son
innocuité et sa tolérance chez des patients atteints de tumeurs du sein et de l’estomac
ou de tumeurs oeso-gastriques avancées.
C’était un essai ouvert d’augmentation de dose de
phase I effectué dans deux sites d’études au Japon. Les patients éligibles
avaient âgés d’au moins 20 ans, atteints de carcinomes du sein, de l’estomac,
ou de la jonction oeso-gastrique réfractaires aux thérapies standard,
abstraction faite de leur statut HER2. Les participants ont reçu des doses
initiales de trastuzumab deruxtecan par voie intraveineuse, s’échelonnant de
0.8 à 8.0 mg/kg, les toxicités doses-limitantes étant évaluées sur un cycle
de 21 jours. Par la suite, les réductions de doses administrées
étaient mises en place selon les besoins et les patients recevaient leur
médicament une fois toutes les 3 semaines jusqu’à ce qu’ils ressentent des
effets toxiques intolérables ou jusqu'à ce que leur maladie progresse. Les critères
principaux de l’étude incluaient l’identification de l’innocuité et de la dose
maximale tolérable ou de la dose recommandable pour application en étude de
phase 2 ; l'analyse était effectuée chez tous les participants qui
avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude. Cette étude d’augmentation
de dose représente la première partie d’une étude, dont la deuxième phase dite
d’expansion est en cours et en recrutement de patients à partir du 8 juillet
2017, au Japon et aux États-Unis d’Amérique. (…).
Entre le 28 août 2015 et le 26 août 2016, 24
patients ont été recrutés et ont reçu le trastuzumab deruxtecan (n=3 pour
chaque dose de 0.8, 1.6, 3.2, et 8.0 mg/kg ; n=6 pour chacune des doses de
5.4 et 6.4 mg/kg). Jusqu’à la date de clôture de la base de données en date du
1er février 2017, aucun effet toxique limitant la dose, effet
toxique cardiovasculaire notoire, ou de décès, n’est survenu. Un patient a été
retiré de l’analyse d’activité du fait d’une insuffisance de lésions cibles
pour analyse. Les événements indésirables de grade 3 les plus courants étaient
diminution des lymphocytes (n=3) et des neutrophiles (n=2) ; une anémie de
grade 4 a par ailleurs été rapportée par un patient. Dans l’ensemble, sur 23 patients
évaluables incluant six patients présentant des tumeurs à faible expression de
HER2, dix patients ont obtenu une réponse objective (43%, Intervalle de
Confiance [IC] 23.2-65.5). Le contrôle de la maladie était réalisé chez 21 patients
(91% ; IC 95% 72.0-98.9) sur 23. La période médiane de suivi était de 6.7
mois (Intervalle Interquartile - IQR - 4.4-10.2), avec neuf réponses (90%) sur
dix obtenues à des doses de 5.4 mg/kg ou plus.
La dose maximale tolérable de trastuzumab
deruxtecan n’a pas été atteinte. Dans cette petite étude de population, dont
les sujets ont déjà reçu de la chimiothérapie intensive, le trastuzumab
deruxtecan a montré une activité antitumorale, même chez des patients dont les
tumeurs n’exprimaient HER2 que faiblement. Sur la base de l’innocuité et de l’activité observées ici,
la dose à recommander pour essai de phase 2 est de 5.4 ou 6.4 mg/kg. Dr
Toshihiko Doi, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en
avant-première, 13 octobre 2017
Financement : Daiichi Sankyo Co, Ltd.
mercredi 10 février 2016
#thelancet #ilyacentans #cancer #tumeur #radium Contribution à la technique d’administration du radium
![]() |
| Tubes d'application des sels de radium (1918) Source: Source : https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_radiation_therapy |
La semaine dernière, nous avons attiré l’attention sur la première année
d’activité de l’Institut du Radium de Manchester et de son District, dont Sir William
Milligan est secrétaire honoraire et trésorier. L’imprimé du compte rendu qui
nous est parvenu contient un enregistrement
des avancées expérimentales et de quelques observations relatives à la
technique d’enfouissement des tubes de radium dans les tumeurs, ainsi qu’un
choix de cas applicables pour ce traitement. Ces observations sont les suivantes :
Une technique aseptique est nécessaire du début à la fin de l’intervention
comme en chirurgie générale, du fait que le radium en tant que tel
ne possède pas d’effet antiseptique notable.
(…)
Le propos d’un traitement au radium est de produire une distribution adéquate
et uniforme des rayons à travers la tumeur. Il est donc plus efficace d’enfouir
dans la tumeur plusieurs tubes de taille réduite et plus fragiles que
d’employer un tube de plus grande taille et plus solide pour cette même utilisation.
Le positionnement du tube dans la grosseur (tumeur) est essentiel. Il arrive
parfois, donc, qu’il soit préférable d’effectuer une large incision et
d’exposer la tumeur au lieu d’enfoncer les tubes à l’aveugle, à travers une
petite incision de la peau. C’est, d’autre part, plus sûr.
Il a rarement été possible, jusqu’à présent, d’éradiquer un cancer en
appliquant une dose unique. Toutefois, une dose trop importante peut produire
une réaction violente, accompagnée d’une nécrose locale du tissu.
La réaction ou l’ulcération à la suite d’une dose excessive peut durer
longtemps, mais elle finit toujours par
se calmer et par guérir à long terme, sauf exception.
Une grosseur traitée par radium doit être entourée par, ou contenir une
quantité adéquate de tissu sain capable de fournir une base suffisante pour le
rétablissement, autrement, un ulcère malin permanent peut se former. Il est
préférable de tenter de traiter les récidives situées dans des régions où les tissus
sont doués d’une faible vitalité en appliquant des plaques radioactives
externes.
Les quantités de radium et d’émanation du radium devraient être
utilisées selon la taille de la grosseur, (…), et la situation de la tumeur.
Certaines grosseurs malignes semblent nécessiter une dose par centimètre cube
plus importante que d’autres. Si nous pouvions déterminer exactement la
quantité de radium nécessaire à des fins thérapeutiques par centimètre cube de
tumeur, et si nous avions à disposition une méthode précise d’estimation des dimensions des grosseurs
cancéreuses, il ne resterait au médecin qu'à effectuer un calcul mathématique
des quantités à utiliser pour produire une absorption totale; ainsi, l’utilisation
du nombre juste suffisant de tubes de radium à utiliser ôterait le risque d’administrer une dose excessive.
Dans le traitement des glandes malignes du cou, une attention particulière
devrait être portée pour ce qui est de la toilette de la bouche. La présence de
dents cariées pourrait mener au déclenchement d’infections septiques des
glandes, provoquant la formation d’abcès lors de l’introduction des tubes de
radium.
Ces observations seront d’une très grande utilité aux autres praticiens de
l’administration de traitements au radium, nous en sommes certains. The Lancet, 5 février 1916
Source : Science Direct /
Traduction et adaptation : NZ
mercredi 28 octobre 2015
#trendsincellbiology #tumeur #métastatisation Passage en force de la métastatisation tumorale : intéraction en rigidité tissulaire et transition épithélio-mésenchymateuse
Les propriétés mécaniques du microenvironnement tumoral voient croître leur
reconnaissance comme modulateurs puissants des comportements et fonctions
cellulaires. En particulier, la rigidité cellulaire est importante sur le plan
fonctionnel au cours de la progression tumorale. Dans cette revue de
littérature, nous enquêtons sur les avancées récentes de notre compréhension du
rôle de la rigidité tissulaire dans la progression et de la métastatisation des
tumeurs, des mécanismes par lesquels les
signaux mécaniques intègrent les signaux biochimiques du microenvironnement, et
des voies de signalisation mécanotransductrice impliquées dans la progression
des tumeurs. Ces découvertes mettent en lumière l’importance de la
compréhension et de la définition des voies de signalisation
mécanotransductrice, ainsi que la largeur des signaux dérivés du
microenvironnement tumoral dirigeant la progression tumorale. Spencer C. Wei et
Jing Yang, et al, dans Trends in Cell Biology, publication en ligne en
avant-première, 24 octobre 2015
jeudi 2 décembre 2010
Biomarqueurs prédictifs de l'efficacité du Bevacizumab dans le traitement du cancer
![]() |
| Traitement du cancer par le Bevacizumab. Copywright: Science Photo Library |
Source: http://www.thelancet.com/ / Retransmission communiqué: NZ
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