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vendredi 24 novembre 2017

#thelancetpsychiatry #exclusif #psychose #hallucinationauditiveverbale #AVATAR Thérapie AVATAR pour le traitement des hallucinations auditives verbales chez les personnes atteintes de psychose : essai en simple-aveugle, randomisé, contrôlé

"L'extraction de la Pierre de Folie" par Jérome Bosh (Tableau datant de 1488 - 1516)
Source iconographique:  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hieronymus_Bosch_053_detail.jpg
Un quart des personnes atteintes de psychoses vivent des hallucinations auditives verbales, alors qu'elles sont sous traitement. La thérapie AVATAR est une nouvelle approche par laquelle les personnes qui entendent des voix ont un dialogue avec une représentation digitale (avatar) de leur persécuteur présumé, campé par le thérapeute ; l’avatar répond en apparaissant moins hostile et en partageant le pouvoir au cours de la thérapie. Notre but était de d’investiguer les effets d’une thérapie AVATAR sur les hallucinations verbales auditives, en comparaison d’une thérapie de soutien.

Nous avons effectué cet essai en simple-aveugle, randomisé contrôlé dans un seul site, situé à Londres (…). Les participants étaient âgés de 18 ans à 65 ans, et présentaient un diagnostic clinique de troubles du spectre schizophrénique (CIM-10 F20-29) ou de troubles affectifs (F30-39 avec symptômes psychotiques), malgré un traitement prolongé. Les participants ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir une thérapie AVATAR ou une thérapie de soutien par randomisation par blocs permutés (taille des blocs variant entre deux et six). Les évaluations étaient réalisées à la ligne de base, à 12 semaines, et 24 semaines, par les experts de recherche qui n’avaient pas accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation était la réduction en hallucinations verbales auditives à 12 semaines, mesurées par le score total mesuré par l’Echelle d’Evaluation des Symptômes Psychotiques des Hallucinations Verbales Auditives (PSYRATS-AH). L’analyse a été effectuée en intention-de-traiter à l’aide de modèles linéaires à effets mixtes. (…).

Entre le 1er novembre 2013 et le 28 janvier 2016, 394 personnes ont été référées dans cette étude, dont 369 ont été évalués pour éligibilité. De ces personnes, 150 étaient déclarées éligibles et ont été réparties de manière aléatoire pour suivre une thérapie AVATAR (n=75) ou un traitement de soutien (n=75). 124 (83%) ont satisfait au critère principal d’évaluation. La réduction en score total PSYRATS-AH à 12 semaines était significativement plus importante chez les patients sous thérapie AVATAR que chez ceux recevant la thérapie de soutien (différence moyenne -3.82 [Écart-Type ET 1.47], Intervalle de Confiance [IC] 95% de -6.70 à -0.94 ; p<0.0093). Il n’y a eu aucune évidence d’événements indésirables attribuables à l’un ou l’autre des traitements.

A notre connaissance, il s’agit ici du premier essai randomisé contrôlé d’évaluation de la thérapie AVATAR, doté d’une puissance d’analyse statistique. Cette thérapie ciblée était plus efficace après 12 semaines de traitement que la thérapie de soutien, pour ce qui est de l’effet bénéfique de réduction des hallucinations verbales auditives persistantes, avec un effet de taille important. De futures études multi-centriques sont nécessaires pour établir l’efficacité de la thérapie AVATAR et, si l’efficacité est prouvée dans ce cadre, nous pensons que cette thérapie pourrait devenir une option de traitement psychologique des hallucinations verbales auditives. Tom KJ Craig, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, Early Online Publication, 23 novembre 2017

Financement : Wellcome Trust

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

mardi 7 février 2017

#thelancet #exclusif #schizophrénie #cariprazine #risperidone Cariprazine versus risperidone en monothérapie pour le traitement des symptômes négatifs prédominants chez des patients atteints de schizophrénie : essai randomisé, en double-aveugle, contrôlé

Art brut réalisé par un schizophrène paranoïde
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Paranoid-schizophrenia.png
Bien que les symptômes négatifs prédominants de la schizophrénie puissent être d’une gravité suffisante pour représenter des troubles persistants, des options de traitements efficaces manquent toujours à l’appel à ce jour. Notre but était de d’évaluer la cariprazine, représentant la nouvelle génération d’antipsychotiques, administrée chez des adultes présentant des symptômes négatifs prédominants.

Dans cet essai de phase 3b, randomisé, en double-aveugle, nous avons recruté des adultes âgés de 18-65 ans atteints de schizophrénie à long terme stable (>2 ans) ; présentant des symptômes négatifs prédominants (>6 mois) dans 66 centres (…) situés dans 11 pays européens.
Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’un système vocal interactif à 26 semaines de monothérapie cariprazine à dose fixe (3mg, 4.5 mg [dose cible], ou 6 mg par jour) ou monothérapie risperidone (3mg, 4 mg [dose cible], ou 6 mg par jour) ; tout traitement précédent étant interrompu depuis au moins 2 semaines*. Le critère principal d’évaluation était l’évolution du score de l’humeur, mesuré par l’Echelle des syndromes positifs et négatifs pour les symptômes négatifs (PANSS-FSNS), de la ligne de base à la semaine 26 - ou fin du traitement, analysée sur la population en intention-de-traiter ; à savoir les patients qui avaient subi une évaluation de suivi dans les cinq jours suivant la dernière prise de médicament ; selon un modèle pour mesures répétées.
La sécurité de l’essai était évaluée chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude (…).

Entre le 27 mai 2013 et le 17 novembre 2014, 533 patients ont été dépistés et 461 (86%) d’entre eux ont été randomisés dans les groupes de traitement (230 patients ont rejoint le groupe cariprazine et 231 patients ont rejoint le groupe risperidone) ; 460 ont été inclus dans la population d’évaluation de la sécurité de l’essai (un patient a quitté l’étude avant la prise du médicament à l’étude). 227 (99%) patients sur 230 dans le groupe cariprazine et 229 (99%) patients sur 230 patients du groupe risperidone ont été inclus dans la population en intention de traiter modifiée (178 [77%] patients ont suivi le protocole au cours des 26 semaines de traitement). 
Les doses quotidiennes moyennes étaient de 4.2 mg (Erreur Standard [ES] 0.6) pour le groupe cariprazine et de 3.8 mg (0.4) pour le groupe risperidone. Les événements indésirables dus aux traitements (par exemple insomnie, acathésie, aggravation de la schizophrénie, migraine, anxiété) ont été rapportés chez 123 (54%) patients recevant la cariprazine et chez 131 (57%) patients recevant la risperidone. 
L’utilisation de la cariprazine a conduit à un changement plus important de la moyenne des moindres carrés des mesures PANSS-FSNS à partir de la ligne de base jusqu’à la semaine 26 que celui induit par la risperidone (-8.90 point pour la cariprazine versus -7.44 points pour la risperidone, différence de moyenne des moindres carrés -1.46, Intervalle de Confiance [IC] de -2.39 à -0.53 ; p=0.0022 ; effet de dimension des échantillons : 0.31). Un patient du groupe risperidone est mort, pour une raison jugée indépendante aux traitements faisant l'objet de cette étude.  

Nos résultats soutiennent l’efficacité de la cariprazine dans le traitement des symptômes négatifs prédiminants de la shizophrénie. Dr György Németh, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 6 février 2017

Financement : Gedeon Richter

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

mardi 23 février 2016

#thelancetpsychiatry #schizophrénie #réponseantipsychotique #génomique Chevauchement de gènes, risque de schizophrénie et réponse antipsychotique : approche de médecine génomique

On a beaucoup écrit sur la fragilité psychologique de Van Gogh, sa schizophrénie et sur ses crises de délire accompagnées d’hallucinations, ainsi que sur leurs conséquences directes sur son œuvre et sa manière de voir le monde.
Source iconographique et légendaire: http://enfinlivre.blog.lemonde.fr/2013/01/05/van-gogh-reves-de-japon-et-hiroshige-lart-du-voyage/
Les traitements thérapeutiques de la schizophrénie n’en soulagent pas les symptômes chez tous les patients ; leur efficacité est limitée par de fréquents effets secondaires, souvent sévères. Les études portant sur la génétique de la maladie peuvent identifier de nouvelles cibles médicamenteuses ; les médicaments dont le mécanisme d’action est directement lié à la génétique ont vu récemment leurs chances de succès augmenter, sur le plan clinique. Des études génétiques de grande ampleur portant sur la schizophrénie ont vu augmenter le nombre de gènes et d’ensemble de gènes associés au risque. Notre but était d’examiner le chevauchement entre les loci codant pour le risque de schizophrénie et les cibles génétiques d’un ensemble de médicaments, afin de potentiellement apporter des nouvelles contributions dans l’amélioration du traitement de la schizophrénie.

Nous avons défini les loci génétiques à risque de la schizophrénie, comme par exemple des régions du génome conférant une significativité au niveau du génome entier dans la dernière étude portant sur le génome entier mise en œuvre par le Consortium de Génomique Psychiatrique qui a porté sur 36 989 cas, 113 075 sujets de contrôle et variants génétiques « perte de fonction » observés seulement parmi 5 079 sujets dans une étude de séquençage d’exome effectuée sur 2 536 cas de schizophrénie et 2 543 contrôles (Etude Suédoise sur la Schizophrénie). À l’aide d’une base de données construite sous forme de matrices orthogonales, nous avons recueilli des données relatives aux cibles médicamenteuses recueillies dans les 167 ensembles de gènes ciblés par des médicaments similaires sur le plan pharmacologique et examiné l’enrichissement en loci à risque dans ces ensembles. Nous avons par la suite liés les données de séquençage d’exomes avec le registre national des médicaments (Registre Suédois des Médicaments de Prescription) afin d’évaluer la contribution des rares variants de réponse au traitement, utilisant la clozapine pour estimer la résistance au traitement.

Nous avons combiné les résultats des tests effectués sur les variants rares et communs ; et, après correction pour pertinence des résultats lors tests multiples, deux ensembles de gènes ont été associés avec les risque de schizophrénie : agents contre l’amibiase et autres maladies provoquées par les protozoaires (106 gènes, p=0.00046, Pcorrigée=0.024) et antipsychotiques (347 gènes, p=0.00078, Pcorrigée=0.00078, Pcorrigée=0.046). Une analyse poursuivie plus avant a mis en lumière le caractère d’indépendance de l’effet d’enrichissement après enlèvement des gènes chevauchant ces deux ensembles cibles. Nous avons un enrichissement significatif au niveau de toutes les cibles d’antipsychotiques (70 gènes, p=0.0078) et des nouvelles cibles prédites (277 gènes, p=0.019). Les patients atteints de schizophrénie résistante aux traitements ont présenté un excès de variants perturbateurs chez les cibles génétiques des antipsychotiques (347 gènes, p=0.0067) et chez les gènes présentant un rôle dans l’efficacité antipsychotique (91 gènes, p=0.0029).

Nos résultats sont indicateurs d’un chevauchement entre pathogénèse de la schizophrénie et mécanisme d’action antipsychotique. Ce résultat est en cohérence avec le caractère polygénique du mécanisme sous-tendant l’efficacité du traitement et suggère qu’une thérapie monociblée pourrait être insuffisante. Nous fournissons ici l’évidence du rôle des variants génétiques fonctionnels rares dans la réponse aux traitements antipsychotiques, destinés aux patients dont l’information génétique pourrait être indicatrice du traitement à prescrire. Finalement, nous présentons un cadre d’identification nouveau d’identification des traitements à partir des données génétiques, et d’amélioration de notre compréhension des mécanismes thérapeutiques.  Prof Douglas M Ruderfer, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 22 février 2016

Financement : Institut National de la Santé des Etats - Unis d’Amérique

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 10 décembre 2014

#schizophrénie #inflammation #immunité Inflammation et immunité dans la schizophrénie : implications en physiopathologie et traitement

La schizophrénie concerne environ 0,7% de la population mondiale, dont 600 000 personnes en France. Elle sévit dans toutes les régions du monde mais semble plus fréquente en milieu urbain et chez les migrants. Elle se déclare le plus souvent à l’adolescence, entre 15 et 25 ans. Elle peut être diagnostiquée plus tôt, mais très rarement chez des enfants. Dans 35 % à 40 % des cas, elle se manifeste par des débuts aigus, avec des bouffées délirantes. Une hospitalisation est souvent nécessaire lors du premier épisode.La maladie touche aussi bien les femmes que les hommes. Toutefois, d’après certaines études, elle pourrait être plus précoce et plus invalidante chez ces derniers. 
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/schizophrenie


Des interactions complexes entre le système immunitaire et le cerveau pourraient avoir d’importantes implications étiologiques et thérapeutiques, s’agissant des troubles neuropsychiatriques du cerveau. Il a été postulé qu’une correspondance pourrait exister entre schizophrénie et système immunitaire il y a plus d’un siècle ; cette hypothèse est soutenue par des études épidémiologiques et génétiques indiquant des liens entre infection et inflammation. Contrairement au point de vue classique, selon lequel le cerveau reste une zone privilégiée sur le plan immunitaire, protégé qu’il est par la barrière hémato-encéphalique, des études effectuées ces vingt dernières années ont mis au jour de complexes interactions entre le système immunitaire, l’inflammation systémique, et le cerveau, qui peuvent mener à des modifications de l’humeur, des facultés cognitives, et le comportement. Dans cette revue de littérature, nous décrivons quelques –uns des domaines importants de recherche relatifs la réponse immunitaire innée et adaptative dans les cas de schizophrénie et troubles psychotiques connexes, qui, pensons – nous, sont d’intérêt pour les psychiatres cliniciens et les chercheurs. Nous discutons des mécanismes potentiels et des implications thérapeutiques de ces découvertes, comprenant notamment des études portant sur les médicaments anti-inflammatoires dans la schizophrénie, faisons état des domaines en développement, et proposons des hypothèses à tester dans le cadre de futures investigations. Dr Golam M Khandaker PhD et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 9 décembre 2014

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 22 octobre 2014

#schizophrénie #phénotypage #cannabis Accumulation des risques environnementaux déterminant l’âge du début de la schizophrénie : étude approfondie basée sur le phénotypage

Schizophrénie: les chercheurs mettent au point une modélisation informatique des conversations entre thérapeutes et patients.
Source iconographique et légendaire: https://lejournal.cnrs.fr/articles/mieux-diagnostiquer-la-schizophrenie
La schizophrénie est causée par la conjonction de facteurs génétiques et environnementaux, comme l’ont initialement montré les études effectuées chez les jumeaux. Des efforts substantiels ont été consentis dans l’identification des racines génétiques de la schizophrénie, incluant des études d’association pangénomiques de grande ampleur; toutefois, ces travaux n’ont recueilli que des données relatives à un nombre réduit de marqueurs individuels. Dans cette étude, notre but était d’étudier la contribution relative d’études dérivées d’association pangénomiques versus facteurs environnementaux comme déterminants cruciaux de la sévérité de la schizophrénie : âge du début de la maladie, sévérité de la maladie, et mesures socio-économiques prises.

Dans cette analyse parallèle, nous avons étudié 750 patients de sexe masculin, provenant de la base de données de la Göttingen Research Association for Schizophrenia (GRAS), atteints de schizophrénie, et pour qui des données portant à la fois sur leurs polymorphismes de nucléotide simple (SNP) et leur phénotypage approfondi étaient disponibles. Nous avons plus spécifiquement porté nos investigations sur les effets potentiels des allèles à risque dans le déclenchement de la schizophrénie, identifiés dans les études d’association pangénomiques de grande ampleur les plus récentes versus les effets des aléas environnementaux (c. à. d. dommages cérébraux périnataux, consommation de cannabis, neurotraumatisme, psychotraumatisme, urbanicité, et migration) en tant que tels et après cumulation desdits effets, expression du prodrome*, et paramètres socioéconomiques.

Dans cette étude, nous avons pu déterminer que les facteurs environnementaux fréquemment rencontrés se révèlent être des facteurs de risque pour un début de schizophrénie tôt dans la vie, par effets cumulés (manifestation du prodrome jusqu’à 9 années plus tôt ; p=2.9x10-10). En particulier, la consommation de cannabis représente un facteur risque environnemental à très forte corrélation avec une manifestation du prodrome à un plus jeune âge (p=3.8x10-20). En revanche, l’évaluation des risques à partir d’études d’association pangénomiques polygéniques n’ont pas montré d’effets détectables sur les différents phénotypes de schizophrénie rencontrés.

Ces résultats devraient servir à l’élaboration de mesures préventives permettant de réduire les facteurs de risque environnementaux de la schizophrénie, du fait que l’âge de début de la maladie reste un paramètre crucial pour l’avenir le sujet qui en est atteint, ainsi que sur le coût socioéconomique de la maladie. Beata Stepniak MSc et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 22 octobre 2014

Financement:  German Research Foundation (Research Center for Nanoscale Microscopy and Molecular Physiology of the Brain), Max Planck Society, Max Planck Förderstiftung, EXTRABRAIN EU-FP7, ERA-NET NEURON.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

*ensemble des symptômes annonciateurs d'un état pathologique (doctissimo)

jeudi 6 février 2014

Thérapie cognitive destinée aux personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique et ne recevant pas de traitement pharmacologique antipsychotique pour ces pathologies: essai en simple aveugle, randomisé et contrôlé

Cortex temporal (vue de dessous). A gauche: modification du volume cérébral à l'adolescence chez le sujet sain; plus la couleur est chaude, plus la modification est importante (image adaptée de Gogtay et al PNAS 2004). Au centre: sillon collatéral chez un adolescent sain et (à droite) chez un adolescent atteint de schizophrénie.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/schizophrenie
Les médicaments antipsychotiques sont habituellement utilisés comme traitement de première intention de la schizophrénie ; cependant, beaucoup de patients refusent ou interrompent le traitement pharmacologique de leur pathologie. Notre but était d’établir si une thérapie cognitive était efficace pour réduire les symptômes psychiatriques chez les personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique qui avaient choisi de ne suivre aucun traitement pharmacologique.

Nous avons réalisé un essai en simple aveugle, randomisé et contrôlé dans deux centres situés au Royaume – Uni entre le 15 février 2010 et le 30 mai 2013. Les participants, âgés de 16 à 65 ans, atteints de troubles du spectre schizophrénique et qui avaient choisi de ne pas prendre de médicament antipsychotique contre la psychose, ont été assignés de manière aléatoire (1:1) par un système généré par ordinateur avec permutation de blocs (de quatre ou six patients), pour recevoir une thérapie cognitive + traitement selon les pratiques habituelles ou le traitement selon les pratiques habituelles seul. La randomisation a été stratifiée par site. Les évaluateurs de l’essai n’avaient pas accès au tableau de randomisation. Notre paramètre primaire d’efficacité était le score PANSS (Positive and Negative Syndrome Scale) atteint, mesuré à la ligne de base, et aux mois 3, 6, 9, 12, 15, et 18. L’analyse a été effectuée en intention de traiter, à l’aide d’un modèle ANCOVA ajusté pour le site, l’âge, le sexe, et les symptômes évalués à la ligne de base. (…).

74 sujets ont été assignés de manière aléatoire pour recevoir thérapie cognitive + traitement selon les pratiques habituelles (n=37), ou le traitement seul selon les pratiques habituelles (n=37). Le score PANSS total s’est montré significativement plus faible dans le groupe thérapie cognitive que dans le groupe traitement seul selon les pratiques habituelles, avec un effet effectif de groupe estimé à de -6.52 (Intervalle de Confiance [IC] 95% -10.79 à -2.25 ; p=0.003). Nous avons enregistré huit évènements indésirables graves : deux chez des patients du groupe thérapie cognitive (un patient par surdose volontaire et un patient présentant un danger pour les autres, tous deux post-thérapie), et six dans le groupe traitement selon les pratiques habituelles (deux décès, tous deux jugés non associés à leur participation à l’essai ou à leur état mental ; trois hospitalisations obligatoires dû à un acte de démence ; et un par surdose volontaire).

La thérapie cognitive a significativement réduit les symptômes psychiatriques et semble représenter une alternative sûre et acceptable chez des personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique qui ont choisi ne pas prendre de traitement pharmacologique antipsychotique. (…). Toutefois, un essai de plus grande envergure est nécessaire pour pouvoir formellement statuer. Prof Anthony P Morrison D Clin Psy et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 6 février 2014  

Financement: National Institute for Health Research


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mardi 20 septembre 2011

Réseaux cérébraux à grande échelle et psychopathologie: un modèle unifié à triple réseau



Les analyses des intéractions cérébrales spontanées - ou suite à des stimuli - montrent des réseaux émergents, identifiables par imagerie (...). Les images du bas de la figure (légendées) sont les résultats de mesure par ordinateur de corrélations linéaires entre l'activité d'une petite région au sein des réseaux concernés et le reste du cerveau; les plus fortes corrélations sont indiquées par les couleurs les plus vives. Ces réseaux correspondent aux six (6) principaux systèmes identifiés dans le cerveau: visuel, auditif, sensori-moteur, mode par défaut, contrôle de l'exécution, et attention dorsale (...). Source: nature physics www.nature.com/.../n10/fig_tab/nphys1803_F2.html

La Science des réseaux du cerveau à grande échelle offre un paradigme puissant dans le domaine des investigations des fonctions cognitives, des dysfonctions de l'affect dans les désordres psychiatriques et neurologiques. Cette revue de littérature examine les récents développements conceptuels et méthodologiques qui contribuent au changement de paradigme dans l'étude de la psychopathologie. Je fais ici le résumé des méthodes appliquées qui caractérisent les aberrations dans les réseaux cérébraux et je démontre comment une analyse de réseau peut apporter des éclairages nouveaux dans l'architecture des dysfonctions du cerveau. Les aberrations des accès, l'engagement et le désengagement à grande échelle des réseaux neuro-cognitifs, jouent un rôle primordial dans plusieurs désordres, dont la schizophrénie, la dépression, l'anxiété, la démence et l'autisme. Par une synthèse des résultats de recherche récemment publiés, je propose un modèle à triple réseau et une cartographie des aberrations saillantes des dysfonctions en psychopathologie; en mettant l'accent sur les parallèles surprenants qui commencent à émerger entre psychiatrie et désordres neurologiques. Vinod Menon, in Trends in Cognitive Sciences - 997, online 9 September 2011, in press

Source: http://www.sciencedirect.com/ / Traduction et adaptation: NZ

mercredi 24 novembre 2010

Schizophrénie: pathologie fréquente en prison

Source cliché: http://www.jim.fr/
Dans un article de Fazel et Baillargeon, à paraître bientôt en print dans le "Lancet", intitulé "The health of prisoners", c.à.d "La santé des prisonniers", l'accent est mis sur la prévalence des pathologies mentales présente dans la population carcérale. On apprend par exemple que les dépressions et autres troubles de la personnalité; ainsi que la toxicomanie y sont 5 fois plus élevés chez les prisonniers hommes que dans la population générale. L'absence de liberté aurait un impact entre 3 et 5 fois moindre au sein de la population carcérale féminine. A méditer!

Sources: http://www.jim.fr/, The Lancet / Commentaire: NZ

mardi 23 novembre 2010

Schizophrénie

La shizophrénie est une pathologie dont souffre - ou a souffert - 0,5% de la population mondiale. Cette maladie est la plus invalidante des pathologies psychiatriques, surtout sur le plan social. Un numéro de Nature Special de ce jour fait le point sur les connaissances actuelles et sur les pistes qui aboutiront à un meilleur diagnostic et à de meilleurs traitements.

La psychiatrie est un domaine de la médecine particulièrement difficile à explorer, du fait notamment de la variabilité de diagnostics devant un même sujet; et du fait également de la très grande difficulté à quantifier les paramètres altérés de la personnalité à soigner.

Source: nature.com / Commentaire NZ