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mardi 23 octobre 2018

#thelancetpsychiatry #terrorisme #santémentale Terrorisme et Trouble de Stress Post-Traumatique: Revue de Littérature Historique

Ground Zero en 2012, état de reconstruction onze ans après les attentats du 11 septembre 2001.
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:NY_Ground_Zero_IMG_2028.JPG

La terreur est un état psychologique. Historiquement, la plupart des études ayant trait au terrorisme se sont focalisées sur ses impacts sociaux et ses conséquences structurelles plutôt que sur les effets qu’il provoque sur la santé mentale. L’importance accordée au terrorisme a commencé peu avant les attaques terroristes du 11 septembre 2001. Dès ce moment-là, les efforts de recherche dans le domaine ont considérablement augmenté, plus particulièrement dans le domaine des troubles de stress post traumatique, entraînant ce faisant une révision de la classification des troubles mentaux. Les effets à la fois directs et indirects des attentats terroristes sur les personnes présumées vulnérables, ont été l’objet de recherches approfondies. Cependant, une revue de littérature réalisée à partir de plus de 400 articles de recherche (publiés après le 11 septembre, pour la plupart) sur le lien entre terrorisme et santé mentale ont mené à la conclusion souvent négligée selon laquelle le terrorisme n’est par terrorisant – au moins pas dans le sens où il serait à l’origine de stress post traumatiques plus fréquents que ce à quoi l’on pourrait s’attendre, en comparaison d’autres évènements traumatisants.

Cette conclusion est surprenante, au vu de l’attention portée sur les effets psychologiques du terrorisme par les politiciens de tous bords, les médias, la culture contemporaine, et la recherche académique. Les autorités sont probablement plus enclines à attirer l’attention sur les forces morales et le courage mobilisés par les attentats terroristes plutôt que sur la vulnérabilité psychologique qu’ils provoquent. Prof Bill Durodié, PhD, David Wainwright, PhD, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 17 octobre 2018

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 7 septembre 2017

#thelancetpsychiatry #sommeil #thérapiecognitivocomportementale Effets de l’amélioration du sommeil sur la santé mentale (OASIS) : essai randomisé contrôlé avec analyse de médiation

Schéma qui illustre les différents systèmes cérébraux liés au sommeil et à l'état de veille (les structures cérébrales exactes ne sont pas indiquées)
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Centres_de_l%27%C3%A9veil_et_du_sommeil.png
Les difficultés de sommeil peuvent avoir un lien de causalité et contribuer à l’occurrence de maladies mentales. Si ces hypothèses se confirment, l’amélioration du sommeil pourrait être bénéfique pour la santé psychologique. Notre but était de déterminer si le traitement de l’insomnie pouvait conduire à la réduction de la paranoia et des hallucinations.

Nous avons effectué cet essai randomisé, contrôlé, en simple aveugle (OASIS) dans 26 universités situées au Royaume-Uni. Des étudiants à l’Université atteints d’insomnie ont été répartis de manière aléatoire (1:1) par randomisation simple pour suivre une thérapie cognitivo-comportementale en ligne (CBT) contre l’insomnie (n=1 891) ou recevoir le traitement classique; l’équipe de recherche n’ayant pas accès au tableau de randomisation. Les évaluations en ligne ont eu lieu à la semaine 0, 3, 10 (fin de thérapie), et 22. Les critères principaux étaient représentés par la mesure de l’insomnie, la paranoïa, et les expériences hallucinatoires. Nous avons effectué les analyses sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 5 mars 2015 et le 17 février 2016, nous avons répartis de manière aléatoire 3 755 participants pour suivre une CBT contre les insomnies (n= 1 891) ou pour recevoir le traitement classique (n=1 864). En comparaison avec le traitement classique, l’intervention CBT a réduit les insomnies (différence ajustée 4.78, Intervalle de Confiance [IC] 95% de 4.29 à 5.26, d de Cohen = 1.11 ; p<0.0001), paranoïa (-2.22, de -2.98 à -1.45, d de Cohen 0.19 ; p<0.0001), et hallucinations (-1.58, de -1.98 à -1.18, d de Cohen = 0.24 ; p<0.0001). L’amélioration des insomnies a eu un effet médiateur des changements relatifs à la paranoïa et aux hallucinations. Aucun événement indésirable grave n’a été rapporté.

Il s’agit ici, à notre connaissance, du plus important essai randomisé contrôlé sur une intervention psychologique visant à traiter une maladie mentale. Cette étude fournit des preuves solides indiquant que l’insomnie est un facteur causal d’expérience psychotiques et autres problèmes de santé mentale. Ces résultats devront toutefois être confirmés par des tests effectués sur une population plus importante, au-delà de celle constituée d’étudiants à l’Université. Le traitement des altérations du sommeil devrait être une priorité des Services de Santé Mentale. Prof Daniel Freeman, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 6 septembre 2017

Financement : Wellcome Trust

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

vendredi 16 mars 2012

Santé mentale et surdité

On a découvert en 1997 que le gène qui code la protéine nommée "connexine 26" (DFNB1) est responsable de 50% des surdités congénitales ou prélinguales, quel que soit le pays concerné (56% en France).
Source inconographique et légendaire: http://www.cochleefrance.fr/genetique.html 
La surdité est une pathologie hétérogène, avec des conséquences sur le développement social, émotionnel et cognitif. Le début de la surdité survient avant l'acquisition du langage chez environ 7 personnes sur 10 000. Des taux augmentés d'incidence de problèmes mentaux sont rapportés chez les personnes atteintes de surdité. Beaucoup d'entre elles se définissent comme membres d'une minorité culturelle utilisant le langage des signes. Dans cette revue de littérature, nous décrivons la charge occasionnée par ces troubles mentaux sur le plan social, et les obstacles aux soins qui y sont liés. 
Environ un quart (1/4) des personnes sourdes montrent des handicaps autres, avec des besoins élevés en termes de soins spécifiques à prodiguer. La recherche relative aux facteurs affectant la santé mentale chez les enfants sourds montre qu'un accès précoce à toute forme efficace de communication avec des membres de la famille ou des personnes atteintes également de cette pathologie, est souhaitable. Un accès amélioré à la santé et aux systèmes de soins psychologiques peuvent être obtenus auprès de services spécialisés, dont les professionnels sont formés à la communication avec les personnes sourdes et les interprètes en langue des signes. Dr Johannes Fellinger MD et al, in The Lancet Vol 379, Issue 9820, Pages 1037 - 1044, The Lancet Online Headlines 16 March 2012

Source: www.thelancet.com / Traduction et adaptation: NZ