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vendredi 28 mai 2021

#thelancet #tabagisme #monde Tendances spatiales, temporelles et démographiques de la prévalence du tabagisme et de la charge de morbidité attribuable dans 204 pays et territoires, 1990-2019: une analyse systématique de la Global Burden of Disease Study 2019

Affiche publicitaire aux Etats-Unis d'Amérique en 1972. C'est en 1966 que les Etats-Unis ont imposé l'apposition de mises en gardes contre le tabagisme sur les paquets de cigarettes.
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Cigarette#/media/Fichier:Billboards_Clutter_Roadside_-_NARA_-_543730.jpg

 

Mettre fin à l'épidémie mondiale de tabagisme est un défi majeur pour la santé mondiale. Des estimations opportunes et complètes de la prévalence du tabagisme et de la charge de morbidité attribuable sont nécessaires pour orienter les efforts de lutte antitabac aux niveaux national et mondial.

Nous avons estimé la prévalence du tabagisme et la charge de morbidité attribuable pour 204 pays et territoires, par âge et par sexe, de 1990 à 2019 dans le cadre de l'étude Global Burden of Diseases, Injuries, and Risk Factors Study. Nous avons modélisé plusieurs indicateurs liés au tabagisme à partir de 3625 enquêtes représentatives à l'échelle nationale. Nous avons effectué des revues systématiques et effectué des méta-régressions bayésiennes pour 36 résultats de santé liés de manière causale afin d'estimer des courbes de risque dose-réponse non linéaires pour les fumeurs actuels et anciens. Nous avons utilisé une approche d'estimation directe pour estimer le fardeau attribuable, fournissant des estimations plus complètes des effets du tabagisme sur la santé que celles disponibles auparavant.

À l'échelle mondiale en 2019, 1,14 milliard (intervalle d'incertitude à 95 % 1,13 - 1,16) de personnes étaient des fumeurs actuels, qui ont consommé 7,41 billions (7,11-7,74) d'équivalents cigarettes de tabac en 2019. Bien que la prévalence du tabagisme a considérablement diminué depuis 1990 chez les hommes (réduction de 27,5% [26,5–28,5]) et les femmes (réduction de 37,7% [35,4 – 39,9]) âgés de 15 ans et plus, la croissance démographique a conduit à une augmentation significative du nombre total de fumeurs de 0,99 milliards (0,98 – 1,00) en 1990. À l'échelle mondiale en 2019, l'usage du tabac à fumer représentait 7,69 millions (7,16 – 8,20) décès et 200 millions (185–214) d'années de vie corrigées de l'incapacité, et était le principal facteur de risque de décès chez les hommes (20,2% [19,3 – 21,1] des hommes). 6,68 millions [86,9 %] des 7,69 millions de décès attribuables à la consommation de tabac étaient parmi les fumeurs actuels.

En l'absence d'intervention, le bilan annuel de 7,69 millions de décès et de 200 millions d'années de vie corrigées de l'incapacité attribuables au tabagisme augmentera au cours des prochaines décennies. Des progrès substantiels dans la réduction de la prévalence du tabagisme ont été observés dans des pays de toutes les régions et à tous les stades de développement, mais il reste un grand écart de mise en œuvre pour la lutte antitabac. Les pays ont une opportunité claire et urgente d'adopter des politiques solides et fondées sur des données probantes pour accélérer les réductions de la prévalence du tabagisme et récolter d'énormes avantages pour la santé de leurs citoyens.

Financement : Bloomberg Philanthropies et la Fondation Bill & Melinda Gates

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 20 mai 2021

#thelancetplanetaryhealth #réchauffementclimatique #mortalité #ville Vulnérabilité des villes à la mortalité liée à la température aux États-Unis et projections futures: méta-analyse régression géographiquement groupée

Phoenix, Arizona, Etats-Unis. Phoenix est la ville la plus chaude du pays (www.voyager-aux-usa.com).
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Phoenix_(Arizona)

Une exposition à une chaleur extrême peut entraîner une mort prématurée. On s'attend à ce que le changement climatique augmente la fréquence, l'intensité et la durée des épisodes de chaleur extrême, entraînant de nombreux décès supplémentaires liés à la chaleur dans le monde, ainsi que la modification de la nature des épisodes de froid extrême. Dans le même temps, la vulnérabilité à la chaleur extrême a diminué au fil du temps, probablement en raison d'une combinaison d'adaptations physiologiques, comportementales, infrastructurelles et technologiques. Nous avons cherché à rendre compte de ces changements de vulnérabilité et à éviter des projections exagérées de mortalité liée à la température. Nous avons utilisé l’historique du profil de diminution de la vulnérabilité observée pour améliorer les estimations futures de la mortalité.

Nous avons utilisé les données historiques de mortalité et de température de 208 villes américaines pour quantifier la manière dont les changements observés dans la vulnérabilité de 1973 à 2013 ont affecté les projections de mortalité liée à la température dans divers scénarios climatiques. Nous avons utilisé une méta-analyse de régression géographiquement structurée pour caractériser la relation entre la température et la mortalité pour ces populations urbaines au cours de la période spécifiée. Nous avons ensuite utilisé les relations ajustées pour projeter la mortalité dans de futures conditions climatiques.

Entre le 26 octobre 2018 et le 9 mars 2020, nous avons établi que les différences de vulnérabilité à la température étaient structurées géographiquement. La vulnérabilité a diminué avec le temps dans la plupart des régions. Les mortalités aux États-Unis prévues à partir d'une augmentation de 2°C de la température moyenne ont diminué de plus de 97% en utilisant les données de 2003–13 par rapport aux données de 1973–82. Cependant, il a été également observé que ces avantages diminuent avec l'augmentation des températures, une augmentation de 6 ° C n'indiquant qu'une baisse de 84% de la mortalité projetée selon les données de 2003-2013.

Même après prise en compte de l'adaptation, les effets projetés du changement climatique sur la mortalité prématurée constituent un risque important pour la santé publique. Nos travaux suggèrent que de fortes augmentations de température nécessiteront des mesures d'atténuation supplémentaires pour éviter la surmortalité due aux événements de chaleur, même dans les zones où la couverture de climatisation est élevée. Claire R Lay, PhD, et al, dans The Lancet Planetary Health, publication en ligne en avant-première, 19 mai 2021 

Financement : Agence américaine de protection de l'environnement et Abt Associates.

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

 


mardi 10 décembre 2019

#trendsinendocrinologyandmetabolism #diabète #DID #DNID #mortalité La Réduction de la Mortalité Due au Diabète de Type 1 : Rôle des Thérapies Adjuvantes

D.I.D: Diabète Insulino - Dépendant (diabète de type 1)
D.N.I.D: Diabète Non Insulino - Dépendant (diabète de type 2)
Comparaison des mécanismes liés aux deux principaux types de diabète (Prof. Dr. Raynal).
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Les_diabetes.png

Les patients atteints d’un diabète de type 1 (T1D) ne parviennent que rarement à atteindre leurs objectifs en matière de glycémie ; ils présentent un risque cardiovasculaire très élevé et une mortalité prématurée. Des agents adjuvants peuvent jouer un rôle dans la réduction de la morbidité, de la mortalité, ainsi que des séquelles du traitement par l’insuline. Un rebond dans le développement de médicaments contre le diabète de type 2 a révélé des agents dont le bénéfice est, outre la baisse de la glycémie, celui de la réduction du risque cardiovasculaire. Ces bénéfices peuvent-ils se transposer au diabète de type 1 ? Des essais cliniques spécifiques du diabète de type 1 démontrent de considérables diminutions en  (Hb)A1c avec les inhibiteurs du cotransporteur de glucose (SGLTis) et les agonistes du glucagon-like peptide 1 (GLP)1, ainsi que de modestes améliorations avec la metformine, l’inhibiteur de la dipeptidyl peptidase-4 (DPP4i), et la pramlintide. Des études d’investigation de la diminution du risque cardiovasculaire se justifient. Cette revue de littérature synthétise la littérature émergente ciblant les chercheurs et les cliniciens traitant les personnes atteintes de T1D. Les défis à relever par la recherche dans le domaine du diabète de type 1 sont discutés. Jennifer R. Snaith, et al, dans Trends in Endocrinology and Metabolism, publication en ligne en avant-première, 7 décembre 2019

Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 2 mai 2019

#thelancetinfectiousdiseases #infectiondusang #carbapenem Effet de la résistance au carbapenem sur les résultats d’un traitement d’une infection sanguine causée par les Entérobactéries dans des pays à bas revenus et à moyens revenus (PANORAMA) : étude prospective multinationale de cohorte

Salmonelle. La salmonelle est une entérobactérie.
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Salmonelle2d.jpg

Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI) sont sous – représentés dans les rapports relatifs au fardeau du à la résistance antimicrobienne. Notre but était de quantifier l’effet clinique de la résistance au carbapenem sur la mortalité et la durée du séjour à l’hôpital chez les patients atteints d’infections du sang dues aux Entérobactéries, vivant dans des PFR-PRIs.

L’étude PANORAMA était une étude prospective de cohorte multinationale réalisée dans des hôpitaux tertiaires situés au Bengladesh, Colombie, Égypte, Ghana, Inde, Népal, Nigéria, Pakistan, et Vietnam, pour laquelle des patients ont été recrutés suite au diagnostic d’infection du sang par les Entérobactéries sensibles au carbapenem (CSE) ou résistantes au carbapenem (CRE). Nous avons exclu les patients qui avaient été précédemment été recrutées dans l’étude et ceux ne suivant pas un traitement à but curatif au moment de la déclaration de l’infection du sang. Aucune restriction d’âge n’était appliquée. Des laboratoires centraux situés en Inde et au Royaume – Uni ont réalisé des tests de confirmation d’infection et de caractérisation moléculaire, identification de souche bactérienne incluse.  Nous avons appliqué des modèles à risques proportionnels à pondération probabiliste inverse pour estimer l’effet de la résistance au carbapenem sur la probabilité de sortie d’hôpital en vie versus celle de décès à l’hôpital ; nous avons en outre appliqué un modèle multistectoriel pour ce qui est de l’analyse des séjours hospitaliers à durée excessive. Tous les patients ont été inclus dans l’analyse.

Entre le 1er août 2014 et le 30 juin 2015, nous avons recruté 297 patients répertoriés dans 16 sites situés dans dix pays : 174 étaient atteints d’infections sanguines de type CSE, et 123 étaient atteints d’infections sanguines de type CRE. L’âge médian était de 46 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 15 – 61). La mortalité brute était de 20% (35 patients sur 174) chez les patients atteints d’infection du sang de type CSE et 35% (43 patients sur 123) chez les patients atteints d’infection du sang de type CRE. La résistance au cabapenem était associée à un allongement du séjour à l’hôpital (3-7 jours, Intervalle de Confiance [IC] 0.3-6.9), une probabilité augmentée de décéder à l’hôpital (hazard ratio ajusté de sous-distribution 1.75, IC 95% 1.04-2.94), et une probabilité diminuée de sortie d’hôpital en vie (0.61, 0.45-0.83). Le typage génomique multilocus a révélé plusieurs catégories, avec un chevauchement marginal entre les souches dans les catégories CRE et CSE.

La résistance au carbapenem est associée à un allongement du séjour à l’hôpital et une mortalité augmentée chez les patients atteints d’infections sanguines dans les PFR-PRIs. Ces données fournissent des estimations globales du fardeau de la résistance antimicrobienne et rappellent le besoin de stratégies meilleures permettant de prévenir, diagnostiquer et traiter les infections de type CRE dans les PFR-PRIs. Andrew J Stewardson, MBBS, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 29 avril 2019

Financement : bioMérieux

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 13 décembre 2018

#thelancetrespiratorymedicine #GBD2017 #grippe #mortalité Mortalité, mordidité et hospitalisations du fait de la grippe et des infections de l’appareil respiratoire inférieur, 2017 : une analyse de l’Etude sur la Charge de Morbidité dans le Monde en 2017

Schéma conceptuel en pyramide du fardeau des Infections des Voies Respiratoires Inférieures IVRIs imputables à la grippe.
Transmission = Transmission
Burden = Fardeau
Inapparent = Inapparent
Moderate = Modéré
Severe = Sévère
Death = Décès
Hospitalised = Stade où l'on est Hospitalisé

Bien que la charge de morbidité de la grippe soit souvent discutée dans le contexte de pandémies historiques et de la menaces toujours présentes de futures pandémies; chaque année, un fardeau considérable d’infections des voies respiratoires inférieures (IVRI) et d’autres maladies respiratoires (comme la bronchite pulmonaire chronique obstructive) sont imputables à la grippe saisonnière. L’Étude sur la Charge de Morbidité dans le Monde 2017 (GBD 2017) représente un effort scientifique systématique pour quantifier la perte de santé associée à un ensemble exhaustif de maladies et de handicaps. Dans cet Article, nous mettons l’accent sur les IVRIs pouvant être attribuables à la grippe.

Nous avons modélisé l’incidence des IVRIs, des hospitalisations, et de la mortalité attribuable à la grippe pour chaque pays et entité infra-étatique par âge et par année entre 1990 et 2017, représentant l’ensemble des années prises en compte dans l’étude GBD 2017. Nous avons utilisé l’approche contrefactuelle faisant état d’une estimation de l’incidence des IVRIs, des hospitalisations, et de la mortalité ; puis en avons tiré la fraction à imputer à la grippe.

Les IVRIs imputables à la grippe ont été rendues responsables de 145 000 (Intervalle d’Incertitude [II] 95% 99 000-200 000) décès dans toute la gamme d’âges prise en compte dans l’étude GBD 2017 (16.4 décès pour 100 000 [II 95% 11.6-21.9]); le taux le plus élevé de mortalité tous âges confondus a été relevé en Europe de l’Est (5.2 pour 100 000 [II 95% 3.5-7.2]). 
Nous avons estimé que les IVRIs imputables à la grippe contribuaient pour 9 459 000 (II 95% 3 709 000-22 935 000) hospitalisations dues aux IVRIs et 81 536 000 journées d’hôpital (24 330 000-259 851 000). Nous avons estimé que 11.5% (II 95% 10.0-12.9) des épisodes de IVRIs étaient imputables à la grippe, correspondant à 54 481 000 (38 465 000 – 73 864 000) épisodes et ) 8 172 000 épisodes sévères (5 000 000-13 296 000).

Cette évaluation en profondeur du fardeau des IVRIs imputables à la grippe montre l’effet annuel substantiel sur la santé globale. Bien que le niveau préparation soit importante pour faire face à une potentielle pandémie, la perte de santé due à des IVRIs imputables à la grippe saisonnière ne devrait pas être négligée, et la vaccination devrait être prise en considération. Des efforts d’amélioration des mesures de prévention contre la grippe sont nécessaires. Ensemble des Collaborateurs à l’étude GBD 2017, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne le 12 décembre 2018

Financement: Fondation Bill & Melinda Gates

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 31 janvier 2018

#thelancet #cancer #survie Surveillance mondiale des tendances de survie au cancer 2000-14 (CONCORD-3) : analyse de données individuelles recueillies chez 37 513 025 patients diagnostiqués d’un cancer sur les 18 types pris en compte à partir de 322 registres du cancer basés sur la population de 71 pays

Division cellulaire normale versus division cellulaire cancéreuse
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cancer_division_cellulaire_NIH_traduction_fran%C3%A7aise.png
En 2015, le second cycle du programme CONCORD a, d’une part, déclaré la surveillance mondiale du cancer comme mesure de l’efficacité des systèmes de santé et, d’autre part, défini les priorités de la politique mondiale de contrôle du cancer. CONCORD-3 est une mise à jour des données mondiales de survie au cancer à date de 2014.

CONCORD-3 inclut les données individuelles de 37.5 millions de patients diagnostiqués d’un cancer au cours de la période 2000-2014. Les données ont été fournies par 322 registres du cancer basés sur la population dans 71 pays et territoires, dont 47 ont fourni des données couvrant 100% de la population. L’étude comprend 18 types ou groupes de cancers : œsophage, estomac, colon, rectum, foie, pancréas, poumon, sein (femme), col de l’utérus, ovaire, prostate, et mélanome de la peau chez les adultes ; ainsi que tumeurs cérébrales, leucémies, lymphomes à la fois chez les adultes et les enfants. Des procédures standardisées de contrôle de qualité ont été appliquées ; les erreurs relevées ont été rectifiées (…). Nous avons estimé la survie nette à 5 ans. Les estimations étaient standardisées pour l’âge par pondération à l’aide des normes des Standards Internationaux de Survie au Cancer (International Cancer Survival Standard dans le texte).

Pour la plupart des cancers, la survie nette à 5 ans demeure parmi les plus élevées dans le monde aux USA et Canada, en Australie et Nouvelle Zélande, et en Finlande, Islande, Norvège, et Suède. Pour beaucoup de cancers, le Danemark comble le fossé de mortalité avec les autres pays Nordiques. Les tendances en matière de survie sont à la croissance, même celles qui concernent les cancers les plus léthaux : dans certains pays, la survie a augmenté de 5% pour les cancers du foie, du pancréas, et du poumon. Pour ce qui est des femmes diagnostiquées au cours des années 2010-14, la survie à 5 ans pour un cancer du sein est de 89.5% en Australie et de 90.2% aux USA, mais les différences internationales demeurent très importantes, avec des niveaux de survie s’abaissant jusqu’à 66.1% en Inde. Pour ce qui est des cancers gastrointestinaux, les niveaux de survie à 5 ans les plus élevés ont été relevés en Asie du Sud-Est : en Corée du Sud pour les cancers de l’estomac (68.9%), du colon (71.8%), et du rectum (71.1%) ; au Japon pour le cancer de l’œsophage (36.0%) ; et à Taïwan pour le cancer du foie (27.9%). En revanche, dans la même région du monde, la survie est généralement plus basse qu’ailleurs pour ce qui est du mélanome de la peau (59.9% en Corée du Sud, 52.1% à Taiwan, et 49.6% en Chine), et pour ce qui est des malignités lymphoïdes (52.5%, 50.5%, et 38.3%) et myéloïdes (45.9%, 33.4%, et 24.8%). Pour les enfants diagnostiqués au cours des années 2010-14, la survie à 5 ans pour la leucémie lymphoïde aigüe s’échelonne de 49.8% en Équateur à 95.2% en Finlande. La survie à 5 ans pour les tumeurs au cerveau chez les enfants est plus élevée que chez les adultes mais la fourchette globale est très vaste (de 28.9% au Brésil à presque 80% en Suède et au Danemark).

Le programme CONCORD permet des comparaisons ponctuelles de l’efficacité des systèmes de santé au niveau mondial, pour ce qui est des soins prodigués pour 18 types de cancers qui collectivement représentent 75% de tous les cancers diagnostiqués chaque année dans le monde. Cela contribue à une stratégie globale de contrôle du cancer. L’OCDE a, depuis 2017, utilisé les résultats du programme CONCORD comme référence officielle de données de survie de personnes atteintes de cancers parmi leurs indicateurs de qualité des soins dans 48 pays dans le monde. Les gouvernements doivent prendre en considération les registres des cas de cancers basés sur la population comme des outils stratégiques clés qui peuvent être utilisés pour évaluer à la fois l’impact des politiques de prévention du cancer et l’efficacité des systèmes de santé pour ce qui est des soins prodigués aux patients diagnostiqués d’un cancer. Claudia Allemani, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 30 janvier 2018

Financement: American Cancer Society; Centers for Disease Control and Prevention; Swiss Re; Swiss Cancer Research foundation; Swiss Cancer League; Institut National du Cancer; La Ligue Contre le Cancer; Rossy Family Foundation; US National Cancer Institute; and the Susan G Komen Foundation.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 25 septembre 2017

#thelancet #maladiescardiovasculaires #activitéphysique Effet d’une activité physique sur la mortalité et les maladies cardiovasculaires chez 130 000 sujets issus de 17 pays à haut revenu, à revenu intermédiaire et à bas revenu : Étude PURE

Chantier solidaire au Vietnam. Les personnages, hommes et femmes présents sur cette photographie, s'adonnent ici à une activité physique non-récréative.
Source iconographique: https://www.terdav.com/ps-vietnam/rn-centre-vietnam/tp-circuit-accompagne/at-decouverte/vie900--rencontres-chantier-solidaire-ethnie-tay
L’activité physique a un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires (CVD) dans les pays à haut revenu, où l’activité physique est principalement récréative, mais on ne sait pas si cet effet protecteur est aussi observé dans les pays à revenu moins élevé, où l’activité physique est principalement non-récréative. Nous avons examiné si différents niveaux d’activité physique sont associés à une plus faible mortalité et une plus faible prévalence de CVD dans les pays à niveaux économiques différents.

Dans cette étude prospective de cohorte, nous avons recruté des participants provenant de 17 pays (Canada, Suède, Émirats Arabes Unis, Argentine, Brésil, Chili, Pologne, Turquie, Malaisie, Afrique du Sud, Chine, Colombie, Bengladesh, Inde, Pakistan, et Zimbabwe). Dans chaque pays, les zones urbaines et rurales, au centre et à la périphérie de localités et de villes sélectionnées, ont été identifiées pour refléter la diversité géographique. Nous avons des sujets âgés de 35 ans à 70 ans prévoyant de ne pas changer d’adresse dans les quatre prochaines années au minimum. L’activité physique totale a été évaluée à l’aide de Questionnaires Internationaux sur l’Activité Physique (IPQA). Les participants atteints d’une CVD préexistante ont été exclus des analyses. La mortalité et les CVDs ont été enregistrés au cours d’une période de suivi moyenne de 6.9 ans. Les critères d’évaluation préciliniques principaux au cours de la période de suivi étaient la mortalité et l’occurrence d’une CVD grave (mortalité due à un CVD, nouveaux cas d’infarctus du myocarde, AVC, ou insuffisance cardiaque), soit pris ensemble, soit pris individuellement. Les effets de l’activité physique sur la mortalité et la CVD étaient ajustés par rapports aux facteurs sociaux-démographiques et autres facteurs de risque prenant en compte les travaux ménagers, ainsi que les regroupements communautaires et regroupements entre pays.

Entre le 1er janvier 2003, et le 31 décembre 2010, 168 916 participants ont été recrutés, dont 141 945 ont entièrement répondu aux questionnaires IPAQ. Les analyses étaient limitées aux 130 843 participants sans CVD préexistante. En comparaison d’une activité physique faible (< 600 équivalents métaboliques [MET] x minutes par semaine ou < 150 minutes par semaine d’activité physique modérée), modérée (600-3000 MET x minutes ou 150-750 minutes par semaine) et activité physique élevée (>3 000 MET x minutes ou > 750 minutes par semaine) étaient associées à une réduction progressive de la mortalité (hasard ratio 0.80, Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.74-0.87 et 0.65, 0.60-0.71 ; p<0.0001 pour la tendance), et des CVDs graves (0.86, 0.78-0.93 ; p<0.001 pour la tendance). Une activité physique plus élevée était associée à un risque diminué de CVD et de mortalité dans les pays à haut revenu, revenu intermédiaire, et faible revenu. (…).

Une activité physique plus élevée, qu’elle soit récréative ou non récréative, était associée à un risque diminué de mortalité et d’événements cardiovasculaires (CVDs) chez des individus provenant de pays à faible revenu, à revenu intermédiaire, et à revenu élevé. L’augmentation du niveau d’activité physique est une stratégie simple, largement applicable partout, d’un coût abordable, qui pourrait permettre de réduire la mortalité et les CVDs survenant à un âge moyen. Dr Scott A Lear, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 21 septembre 2017.

Financement : Population Health Research Institute, the Canadian Institutes of Health Research, Heart and Stroke Foundation of Ontario, Ontario SPOR Support Unit, Ontario Ministry of Health and Long-Term Care, AstraZeneca, Sanofi-Aventis, Boehringer Ingelheim, Servier, GSK, Novartis, King Pharma, and national and local organisations in participating countries that are listed at the end of the Article.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ      

mercredi 10 mai 2017

#thelancet #urgences #mortalité Risques de mortalité associés aux admissions aux urgences pendant les weekends et les jours de congés : analyse de dossiers de santé électroniques

Véhicules du Service d'Aide Médicale d'Urgence (SAMU) de l'Hôpital d'Orléans La Source
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:H%C3%B4pital_d%27Orl%C3%A9ans-la-Source_SAMU_2.jpg
Les admissions à l’hôpital survenant au cours des weekends sont associées à une mortalité augmentée, mais les contributions de la gravité variable des maladies et le moment de l’admission à cet effet weekend reste inexploré

Nous avons analysé des admissions non sélectionnées aux urgences de quatre hôpitaux du Service Sanitaire National du Royaume Uni, dépendant de l’Université d’Oxford, à partir du 1er janvier 2006 jusqu’au 31 décembre 2014. Le critère principal de l’étude était la constatation de décès dans les 30 jours suivant l’admission (hospitalisation traditionnelle ou en ambulatoire), analysée à l’aide de modèles de Cox de mesure du temps suivant l’admission. Le paramètre principal de l'étude était le jour de la semaine auquel l’admission était réalisée. Nous avons ajusté les résultats en tenant compte des multiples facteurs confusionnels, dont la démographie, les comorbidités, et les données d’admission, incorporant la non-linéarité et les interactions. Les modèles ont également pris en considération l’effet d’ajustement en fonction de résultats obtenus à 15 tests d’hématologie et de biochimie (…).

257 596 personnes ont subi à 503 938 admissions aux urgences. 18 313 (4.7%) patients admis aux urgences pendant des jours de semaine et 6 070 (5.1%) patients des patients admis aux urgences pendant le weekend sont décédés dans les 30 jours (p<0.0001).
9 347 personnes ont subi 9 707 admissions aux urgences pendant les jours de congés. 559 (5.8%) sont décédées dans les 30 jours (p<0.0001 versus jours de semaine). 15 tests de routine d’hématologie et de biochimie avaient une valeur pronostique élevée de mortalité. Pour 271 465 (53.9%) admissions pourvues de données complètes, l’ajustement pour les résultats des tests a expliqué 33% (Intervalle de Confiance [IC] 21 à 70) de l’excès de mortalité associée à une admission aux urgences le samedi, en comparaison d’une admission au cours des jours de la semaine ; 52% d'excès de mortalité (IC 95% inférieur 34) les dimanches ; et 87% (IC 95% inférieur 45) de celle des jours de congés, après ajustement en fonction des caractéristiques du patient. L’excès de mortalité était le plus souvent restreinte aux admissions effectuées entre 11h00 et 15h00 (Pinteraction=0.04). (…).

Les ajustements des tests de routine ont considérablement réduit la mortalité associée aux admissions au cours des weekends et des jours de congés. L’ajustement par rapport aux facteurs non disponibles dans notre étude pourrait réduire encore davantage l’excès de mortalité résiduelle, particulièrement dans la tranche horaire autour de midi pendant le weekend. La charge de travail hospitalière n’était pas associée à la mortalité. Pris dans leur ensemble, ces résultats suggèrent que l’effet weekend dépend plus particulièrement des différences d’état entre les patients à l’admission à l’hôpital plutôt que des réductions de personnel et de services rendus à l’hôpital. Prof A Sarah Walker, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 9 mai 2017

Financement : NIHR Oxford Biomedical Research Centre.  

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ    

jeudi 15 décembre 2016

#thelancet #VIH #SIDA #comorbidités #mortalité Mortalité et causes de décès chez les personnes diagnostiquées VIH, à l’ère des thérapies antirétrovirales hautement actives en comparaison de la population générale : analyse observationnelle de cohorte.

Nombre de personnes séropositives fin 2003 d'après rapport Onusida 2004 sur fond de carte.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sida-repartition.png
Les décès ont diminué, chez les personnes VIH – positives, depuis l’introduction des thérapies antirétrovirales hautement actives (TAHA) en 1996. Un nombre moins élevé de décès liés au SIDA, associé à un vieillissement de la population concernée ont eu pour résultat une augmentation de la proportion de patients atteints par le VIH décédant de troubles non liés au SIDA. Ici, nous décrivons la mortalité ainsi que les causes de décès chez les personnes diagnostiquées VIH à l’ère TAHA en comparaison de la population générale.

Dans cette analyse observationnelle, nous avons relié les données de cohortes collectées par Public Health England* (PHE) chez des sujets âgés de 15 ans et plus, diagnostiqués VIH en Angleterre et au Pays de Galles entre 1997 et 2012, avec celles du registre de mortalité de l’Office National de la Statistique (ONS). L’inclusion dans la cohorte a commencé au diagnostic, avec un suivi des données cliniques collectées chaque année auprès des 220 centres de soins ambulatoires du Service National de la Santé (NHS) situé répartis dans tout le pays. Afin de classer les causes de décès, nous avons fait usage d’une version modifiée du protocole de Codage des Causes de Décès chez les patients atteints par le VIH, comprenant le certificat de décès ainsi que des marqueurs cliniques. Nous avons appliqué l’analyse de Kaplan-Meier pour la construction des courbes de survie et d’estimation du taux de mortalité; ainsi que la régression de Cox pour pour l’établissement des indicateurs prévisionnels indépendants de la mortalité toutes causes confondues, avec ajustement pour le sexe, les voies empruntées par l’agent infectieux, l’âge au diagnostic, la région de naissance, l’année du diagnostic, le diagnostic tardif, et l’historique de TAHA. Nous avons appliqué les taux de mortalité standardisés (TMS) afin d’établir les comparaisons avec la population générale.

Entre 1997 et 2012, 88 994 personnes ont été diagnostiquées VIH, contribuant pour 448 839 personnes-années de suivi. À la fin de 2012, 5 302 (6%) patients étaient décédés (correspondant à 118 décès par 10 000 personnes - années  [toutes causes confondues], Intervalle de Confiance [IC] 95% 115-121). Dans l’analyse multivariée, un diagnostic tardif était fortement prédictif de décès (hazard ratio [HR] 3.50, IC 95% 3.13-3.92). Les personnes de diagnostic plus récent présentaient un risque de décès plus faible (2003-07 : HR 0.66, IC 95% 0.62-0.70 ; 2008-12 : HR 0.65, IC 95% 0.60-0.71). La cause du décès était déterminable chez 4 808 (91%) des 5 302 patients décédés ; la plupart des décès (2 791 [58%] sur 4 808) étaient imputables à la maladie SIDA comme telle. La mortalité au sein de la cohorte des sujets diagnostiqués VIH était significativement significativement plus élevée que dans la population générale, quelle qu’en soit la cause (Indice Comparatif de Mortalité [ICM] 5.7, IC 95% 5.5-5.8), plus particulièrement celle imputable à des infections autres que la maladie SIDA comme telle (10.8, 9.8-12.0) et maladie hépatique (3.7, 3.3-4.2). La mortalité toutes causes confondues était la plus haute au cours de l’année suivant le diagnostic (ICM 24.3-25.2).

Malgré la disponibilité en traitements et soins gratuits au Royaume – Uni, le SIDA contribue encore pour la majorité des décès chez les personnes positives pour le VIH; et la mortalité demeure plus élevée chez les personnes VIH-positives que dans la population générale. Ces conclusions soulignent l’importance d’un diagnostic et d’un engagement des soins rapides, et une gestion optimale des comorbidités pour réduire la mortalité des personnes atteintes par le VIH. Sarah Croxford, MSc, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 14 décembre 2016

*Santé Publique Angleterre

Financement : Public Health England

Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ

lundi 21 novembre 2016

#thelancetrespiratorymedicine #fibrosepulmonaire #mortalité #pirfenidone Effet de la pirfenidone sur la mortalité : analyses mutualisées et méta-analyses d’essais cliniques dans la fibrose pulmonaire idiopathique

Fibrose pulmonaire.
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fibrose_pulmonaire#/
Dans les essais cliniques effectués chez des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique, les taux de mortalité toutes causes confondues sont faibles. De ce fait, les essais de mesure prospective de la mortalité demeurent un défi sur le plan logistique, justifiant l’utilisation d’analyses de données mutualisées ou de méta-analyses. Nous avons effectué des analyses de données mutualisées et méta-analyses d’essais cliniques pirfenidone versus placebo, afin de déterminer l’effet de la pirfenidone sur les taux de mortalité sur 120 semaines.

Nous avons effectué une analyse de données mutualisées sur des populations combinées de patients à partir de résultats obtenus sur les trois essais randomisés de phase 3 pirfenidone versus placebo - Etudes Cliniques d’Evaluation des effets de la Pirfenidone dans la Fibrose Pulmonaire Idiopathique : Recherche portant sur l’efficacité et l’innocuité (CAPACITY 004 et 006 ; durée des essais : 72-120 semaines) et Évaluation de la Pirfenidone pour Confirmation de son Efficacité et son Innocuité dans la Fibrose Pulmonaire Idiopathique (ASCEND 016 ; 52 semaines) – pour ce qui est de la mortalité toutes causes confondues, la mortalité toutes causes confondues et spécifiquement due aux traitements, la mortalité liée à la fibrose pulmonaire idiopathique, et la mortalité due à la fibrose pulmonaire idiopathique et liée au traitement aux semaines 52, 72, et 100. Nous avons également effectué des méta-analyses de ces données et de données provenant d’essais cliniques pirfenidone versus placebo effectués au Japon – Shinogi Phase 2 (SP2) et Shinogi Phase 3 (SP3 ; durée des essais : 36-52 semaines).

À la semaine 52, le risque relatif de mortalité toutes causes confondues était significativement plus bas dans le groupe pirfenidone que dans le groupe placebo dans les populations mutualisées (hazard ratio de mortalités toutes causes confondues [HR] 0.52 [Intervalle de Confiance -IC- 0.31-0.87 ; p=0.0107] ; mortalité toutes causes confondues et liée au traitement 0.45 [0.24-0.83 ; 0.0094] ; mortalité liée à la fibrose pulmonaire idiopathique 0.35 [0.17-0.72 ; 0.0029] ; mortalité liée au traitement et à la fibrose idiopathique pulmonaire 0.32 [0.14-0.76 ; 0.0061]).
En cohérence avec les analyses de données mutualisées, les méta-analyses de mortalité toutes causes confondues relevée à la semaine 52 ont aussi montré une réduction pertinente et significative du risque dans le groupe pirfenidone en comparaison avec le groupe placebo.
Sur 120 semaines, nous avons noté des différences significatives en faveur de la thérapie à base de pirfenidone dans l’analyse mutualisée en comparaison du placebo, pour ce qui est de la mortalité toutes causes confondues liée au traitement (p=0.0420), la mortalité liée à la fibrose pulmonaire idiopathique (0.0237), et la mortalité due à la fibrose idiopathique pulmonaire et liée au traitement (0.0132) ; des résultats similaires ont également été révélés par les méta-analyses.

Plusieurs approches analytiques ont permis de démontrer que le traitement à la pirfenidone est associé à une réduction du risque relatif de mortalité en comparaison avec le placebo, sur une période de 120 semaines. Prof. Steven D. Nathan, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 18 novembre 2016

Financement : F Hoffmann-La Roche/Genentech

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 1 septembre 2016

#thelancetrespiratorymedicine #insuffisancecardiaque #fractiond’éjection #ventilationassistée Mécanismes sous-jacents liés au risque augmenté de mortalité chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque et fraction d’éjection réduite assignés au hasard à une ventilation assistée contrôlée (étude SERVE-HF) : résultat d’une analyse par modélisation secondaire multi-états

Insuffisance cardiaque
Source iconographique:http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/06/20/10278-insuffisance-cardiaque-defi-progres 
Un essai randomisé de grande ampleur a montré (SERVE-HF) que le traitement de l’apnée centrale du sommeil  à l’aide de la ventilation assistée contrôlée chez des patients atteints d’insuffisance cardiaque et d’une fraction d’éjection réduite (HFREF) augmentait la mortalité, bien que l’analyse de cette composante du critère principal d’évaluation (temps écoulé jusqu’au premier décès de quelque cause que ce soit, intervention cardiovasculaire salvatrice, ou admission non planifiée à l’hôpital du fait d’une aggravation de l’insuffisance cardiaque) eût montré qu’elle était sans effet. Cette analyse de modélisation secondaire multi-états des données SERVE-HF étudiait l’association entre la ventilation assistée contrôlée et les composantes individuelles du critère principal d’évaluation dans la tentative d’une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents de l’augmentation de mortalité observée.

Dans l’essai SERVE-HF, les participants étaient répartis de manière aléatoire pour recevoir soit le traitement médical optimal pour l’insuffisance cardiaque seule (groupe de contrôle), ou ce même traitement en combinaison avec une ventilation assistée contrôlée. Nous avons analysé les composantes individuelles du critère principal d’évaluation de l’essai SERVE-HF de manière individuelle par modélisation multi-états, avec ou sans les trois covariables suggérées pour la modification de l’effet (défibrillateur automatique implantable à la ligne de base, fraction d’éjection ventriculaire gauche [LVEF], et respiration de Cheyne-Stokes [CSR]). (…).

L’analyse univariée a montré un risque accru de mort cardiovasculaire sans admission préalable à l’hôpital (hazard ratio [HR] 2.59, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.54-4.37, p<0.001) et de mort cardiovasculaire après évènement salvateur (1.57, 1.01-2.44, p=0.045) dans le groupe recevant la ventilation assistée versus le groupe de contrôle.  L’analyse corrigée a montré que le risque accru de mort cardiovasculaire attribué à la ventilation assistée dans la mort cardiovasculaire - sans admission préalable à l’hôpital pour aggravation de l’insuffisance cardiaque - a varié en fonction en fonction de la LVEF et que le risque attribué à l’application d’une ventilation assistée contrôlée à l’admission à l’hôpital pour aggravation de l’insuffisance cardiaque a varié en fonction de la LVEF et de  la CSR. Chez les patients avec une LVEF inférieure ou égale à 30%, l’utilisation d’une ventilation assistée contrôlée a augmenté le risque de mort cardiovasculaire sans admission préalable à l’hôpital de manière significative (HR 5.21, IC 95% 2.11-12.89, p=0.026).

La ventilation assistée contrôlée est associée à une augmentation du risque de mort cardiovasculaire chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque et de fraction d’éjection réduite (LVEF  ≤ 45%), traités pour une apnée centrale du sommeil. Cette analyse de modélisation secondaire multi-états montre que ce risque de mort cardiovasculaire est augmenté chez les patients non admis à l’hôpital au préalable, vraisemblablement du fait d’une mort subite, et chez des patients à faible fonction ventriculaire gauche.  Dr Christine Eulenburg, PhD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 31 août 2016

Financement : ResMed

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 29 septembre 2015

#thelancetdiabetes&endocrinology #maladiecardiovasculaire #mortalité #obésité #diabètedetype2 #chirurgiebariatrique Maladie cardiovasculaire et mortalité chez des patients atteints de diabète de type 2 après chirurgie bariatrique : étude observationnelle de cohorte à sujets appariés effectuée à l’échelon national

Entre 2006 et 2014 s'est opéré un véritable "boom" des techniques chirurgicales non-réversibles. Comme le rappelait le rapport de l'Assurance maladie en 2013, de nombreuses études soulignent la plus grande efficacité des techniques irréversibles, en termes "d'amélioration, voire de guérison, des différentes comorbidités (en particulier du diabète)", et "d'amélioration de qualité de vie", ce qui pourrait expliquer cet essor.
Source iconographique et légendaire: http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-chirurgie-de-l-obesite-toujours-plus-d-interventions-non-reversibles_12980.html
Chez les patients spécifiquement atteints de diabète et d’obésité, aucune étude n’a examiné la mortalité après chirurgie bariatrique. Nous avons effectué une étude à l’échelon national en Suède, afin d’étudier les risques de maladie cardiovasculaire et de mortalité chez les patients obèses et diabétiques ayant subi une chirurgie bariatrique (dérivation gastrique Roux-en-Y 5[RYGB]).

Dans cette étude observationnelle de cohorte à sujets appariés, effectuée à l’échelon national, nous avons mutualisé les données de patients ayant subi une RYGB et inclus dans le Registre Scandinave de Chirurgie de l’Obésité et d’autres bases de données nationales, et identifié des témoins appariés (sur la base du sexe, de l’âge, de l’IMC, et du temps calendaire [année]) ; et qui n’avaient pas subi de chirurgie bariatrique, d’après le Registre National du Diabète. Nous avons étudié les risques de maladie cardiovasculaire et de décès à l’aide du modèle de régression aléatoire proportionnelle de Cox ainsi que d’autres méthodes de mesure des effets d’un traitement permettant de tenir compte de l’effet résiduel de confusion. Les critères principaux d’évaluation étaient : 1. mortalité totale, 2. décès du fait de maladie cardiovasculaire, et 3. infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non fatale.

Entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2014, nous avons obtenu les données de 6 132 patients qui avaient subi une RYGB et de 6 132 patients qui n’avaient pas subi cette intervention. La période médiane de suivi était de 3.5 années (Intervalle Interquartile [IQR] 2.1-4.7). Nous avons relevé une réduction de 58% du risque relatif (hazard ratio [HR] 0.42, IC 95% 0.30-0.57 ; p<0.0001) de mortalité globale dans le groupe RYGB en comparaison du groupe de contrôle. Le risque d’infarctus du myocarde à issue fatale ou issue non fatale était de 49% plus bas (HR 0.51, 029-0.91 ; p=0.021) et celui de décès par maladie cardiovasculaire de 59% plus bas (0.41, 0.19-0.90 ; p=0.026) dans le groupe RYGB que dans le groupe de contrôle. Les risques absolus de décès sur 5 ans étaient de 1.8% (IC 95% 1.5-2.2) dans le groupe RYGB et de 5.8% (5.0-6.8) dans le groupe de contrôle.

Nos résultats soutiennent les bénéfices d’une chirurgie RYGB chez des patients atteints d’obésité et de diabète de type 2. Les causes de ces effets bénéfiques peuvent s’expliquer par la perte de poids en tant que telle, les changements physiologiques et métaboliques, l'amélioration des soins et des traitements prodigués, l’amélioration du mode de vie et des facteurs de risque, ou une combinaison de tous ces facteurs. Björn Eliasson, MD et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 28 septembre 2015

Financement :  Swedish Association of Local Authorities and Regions et Region Västra Götaland. 

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ  

jeudi 17 septembre 2015

#thelancet #alcool #maladiecardiovasculaire #cancer #blessure #hôpital #mortalité Consommation d’alcool et maladie cardiovasculaire, cancer, blessure, admission à l’hôpital, et mortalité : étude prospective de cohorte

Population déclarant consommer plus de 2 verres d'alcool par jour, par pays (en %)
Source iconographique et légendaire: 
http://www.irdes.fr/EspaceEnseignement/ChiffresGraphiques/SHARE/ConsoAlcool.html
Il est souvent considéré que la consommation d’alcool représente le troisième facteur de risque le plus important de décès et d’invalidité. Cependant, la consommation d’alcool est bien souvent associée à la fois à des bénéfices et des préjudices ; de précédentes études ont été principalement effectuées dans les pays à haut revenus. Nous avons effectué des recherches sur les associations entre consommation d’alcool et ses effets dans une étude de cohorte sur des pays à différents niveaux économiques situés dans les cinq continents.

Nous avons inclus de l’information provenant de 12 pays participant à l’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiological study), une étude prospective de cohorte incluant des sujets âgés de 35-70 ans. Nous avons utilisé le modèle de régression aléatoire de Cox (Cox) afin d’étudier les associations avec la mortalité (n=2723), les maladies cardiovasculaires (n=2742), les infarctus du myocarde (n=979), les AVC (n=817), les cancers liés à l’alcool (n=764), les blessures (n=824), les admissions à l’hôpital (n=8786), ainsi que la résultante de ces effets (n=11963).

Nous avons inclus 114 970 adultes, dont 12 904 (11%) provenaient de pays à hauts revenus (HCIs), 24 408 (21%) de pays à revenus intermédiaires de la  tranche supérieure (UMICs), 48 845 (43%) de pays à revenus intermédiaires de la tranche inférieure (LMICs), 28 813 (25%) de pays à faibles revenus (LICs). La durée médiane de suivi était de 4.3 ans (Écart Interquartile [IQR]3.0-6.0). Une consommation d’alcool  était rapportée par 36 030 (31%) sujets, elle s’est révélée associée à un nombre moins important d’infarctus du myocarde (hazard ratio [HR] 0.76 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.63-0.93]), mais également à un nombre accru de cancers liés à l’alcool (HR 1.51 [1.22-1.89]) et de blessures (HR 1.29 [1.04-1.61]). Une consommation élevée était associée à une mortalité augmentée (HR 1.31 [1.04-1.66]). En comparaison avec les sujets ne buvant jamais d’alcool, nous avons identifié des hazards ratios considérablement diminués pour ce qui est de la résultante des effets dus à la consommation d’alcool chez les sujets provenant des HCIs et des UMICs (HR 0.84 [0.77-0.92]) ; mais pas chez les sujets provenant des LMICs et LICs, chez lesquels nous n’avons identifié aucune diminution de la résultante des effets (HR 1.07 [0.95-1.21] ; Pinteraction<0.0001).

La consommation d’alcool s’est révélée provoquer des effets associés différents (…) selon le niveau économique de la région concernée. Cependant, nous avons identifié suffisamment d’éléments communs permettant de soutenir des stratégies globales en matière de santé, ainsi que des initiatives au niveau national visant à réduire la consommation délétère d’alcool.  Dr Andrew Smyth, PhD, et al,  dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 16 septembre 2015

Financement : Population Health Research Institute, the Canadian Institutes of Health Research, Heart and Stroke Foundation of Ontario, AstraZeneca (Canada), Sanofi-Aventis (France and Canada), Boehringer Ingelheim (Germany and Canada), Servier, GlaxoSmithKline, Novartis, King Pharma, et organisations nationales ou locales dans les pays participants.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 4 juin 2015

#thelancet #UKbiobank #mortalité Prédicteurs de mortalité en 5 ans chez 498 103 participants de la Biobanque du Royaume – Uni : étude prospective basée sur la population

Biobanque du Royaume - Uni, Cheshire. Crédit: Wellcome Library, London
Source iconographique et légendaire: http://www.wellcome.ac.uk/Funding/Biomedical-science/Funded-projects/Major-initiatives/UK-Biobank/
Une comparaison systématique des prédicteurs de la mortalité chez les personnes d’âge moyen jusqu’à un grand âge n’a pas encore été effectuée. Nous avons poursuivi des recherches sur les prédicteurs de mortalité chez des participants de la biobanque du Royaume – Uni pendant une période de 5 ans. Notre but était de rechercher les associations entre la plupart des mesures disponibles et la mortalité globale (toutes causes confondues) ou la mortalité ventilée pour cause spécifique en 5 ans; et de développer et valider un indice de pronostic de la mortalité en 5 ans à l’aide des seules données d’auto-observation.

Les participants ont été recrutés dans la biobanque du Royaume – Uni d’avril 2007 à juillet 2010, à partir de 21 centres d’évaluation situés en Angleterre, Pays de Galles et Écosse, à l’aide de procédures standardisées. Dans cette étude prospective basée sur la population, nous avons étudié les associations spécifiques au sexe à l’aide de 655 mesures de démographie entre santé et mode de vie d’une part, et mortalité globale et mortalité due à six catégories de causes spécifiques d’autre part, chez des participants membres de la biobanque du Royaume – uni à l’aide d’un modèle des risques proportionnels de Cox. Nous avons exclu les variables qui étaient manquantes chez plus de 80% des participants ainsi que tous les tests de santé cardiorespiratoire du fait que les données récapitulatives étaient indisponibles. La validation de l'indice de pronostic a été effectuée chez les participants recrutés dans les centres situés en Écosse. Les tables de mortalité du Royaume – Uni et les données de recensement étaient utilisées pour la calibration du score sur la population globale du Royaume – Uni.

Environ 500 000 participants ont été inclus dans la biobanque du Royaume – Uni. Nous avons exclu les participants présentant plus de 80% de données manquantes (n=746). Sur 498 103 participants de la biobanque du Royaume – Uni inclus (54% de femmes parmi les participants) âgés de 37-73 ans, 8532 (39% de femmes) sont décédés au cours de la période de suivi médian de 4.9 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 4.33 – 5.22).  L’autoévaluation de la santé (Index de Concordance incluant l’âge: 0.74 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.73-0.75) était le prédicteur de mortalité globale le plus solide chez les hommes, alors qu’un diagnostic préalable de cancer (0.73 [0.72-0.74]) était le prédicteur de mortalité globale le plus solide chez les femmes. En excluant les sujets atteints de maladies ou troubles graves (Index de comorbidité de Charlson > 0 ; n=355 043), la mesure des habitudes tabagiques fournissait les données de prédiction de mortalité globale les plus solides. L’indice de pronostic incluait 13 paramètres d’autoévaluation prédictifs chez les hommes et 11 chez les femmes ont permis un bon discernement (0.80 [0.77-0.83] chez les hommes et 0.79 [0.76-0.83] chez les femmes) et ont surpassé l’index de comorbidité de Charlson (p<0.0001 chez les hommes et p=0.0007 chez les femmes). Un site internet dédié permet simultanément l’exploration interactive de tous les résultats et le calcul du risque individuel par le truchement d’un questionnaire en ligne.

Les mesures pouvant simplement être obtenues par des questionnaires et sans examen physique ont représenté les prédicteurs de mortalité globale les plus solides dans la population de la biobanque du Royaume – Uni. L’indice de pronostic que nous avons développé permet la prédiction précise de la mortalité globale en 5 ans et peut être utilisée par les citoyens pour améliorer leur propre sensibilisation à la santé, et par les professionnels de santé et les organisations pour identifier les sujets à haut risque et guider les politiques de santé publique. Andrea Ganna, PhD, Prof Erik Ingelsson, MD, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 3 juin 2015

Financement:  Knut and Alice Wallenberg Foundation et the Swedish Research Council.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 17 novembre 2014

#aspirine #thérapie-antiplaquettaire #mortalité Durée prolongée d’administration d’une double thérapie antiplaquettaire et mortalité : revue systématique et méta-analyse

Photo de flacon d'aspirine de 1899. Depuis sa mise sur le marché, la liste de ses bienfaits s'allonge constamment.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2009/08/13/9713-cancer-colo-rectal-bienfaits-laspirine 
Le traitement à base d’aspirine et d'un inhibiteur P2Y12 est communément utilisé chez les patients atteints de troubles cardiovasculaires. L’effet global d’un tel traitement sur la mortalité toutes causes confondues reste inconnue. Dans l’étude Double Thérapie Antiplaquettaire (étude DAPT), la poursuite d’une double thérapie antiplaquettaire au-delà de 12 mois suivant la pose d’un stent coronaire était associée à une augmentation inattendue de décès pour causes cardiovasculaires. Au vu de l’importance potentielle de ces résultats en matière de santé publique, notre but était d’évaluer l’effet d’une durée prolongée d’une double thérapie antiplaquettaire sur la mortalité, en effectuant une méta-analyse mutualisée de tous les essais randomisés contrôlés ayant pour objectif l’étude de l’effet de la durée de traitement dans les troubles cardiovasculaires.

Nous avons recherché dans les bases de données Medline, Embase, Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL)  afin d’identifier les essais randomisés contrôlés mesurant l’effet d’une double thérapie antiplaquettaire à durée prolongée versus non prolongée ou celui d’une double thérapie antiplaquettaire de courte durée, publiée avant le 1er octobre 2014. Nous avons effectué une méta-analyse mutualisée des résultats extraits, à l’aide d’un modèle hiérarchique bayésien à effets aléatoires. Les critères principaux d’évaluation étaient les valeurs de hazard ratio de comparaison des décès toutes causes confondues, des décès dus à des troubles cardiovasculaires et des décès dus à des causes non cardiovasculaires.

Nous avons identifié 14 essais cliniques éligibles - étude DAPT incluse -  rassemblant les 69 644 participants assignés de manière aléatoire à diverses durées de double thérapie antiplaquettaire. En comparaison avec l’aspirine seule ou une double thérapie antiplaquettaire courte (≤6 mois), un traitement continu n’était pas associé à une différence en termes de mortalité due à toutes causes confondues (hazard ratio [HR] 1.05, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.96-1.19 ; p=0.33). De la même façon, la mortalité pour cause cardiovasculaire (1.01, 0.93-1.12 ; p=0.81) n’étaient pas différents entre thérapie à durée prolongée versus thérapie de courte durée ou aspirine seule.

La durée prolongée d’une double thérapie antiplaquettaire n’était pas associée à une différence de risque de décès dû à toutes causes confondues, de décès dû aux risques cardiovasculaires, ou de décès dû à des risques non-cardiovasculaires, en comparaison de l’aspirine seule ou d’une double thérapie antiplaquettaire de courte durée. Sammy Elmariah MD et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 16 novembre 2014

Financement : aucun

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

jeudi 23 octobre 2014

#diabète #mortalité #sulfonylurée Risque de mortalité et sulfonylurées : revue systématique et méta-analyse en réseau

La Journée Mondiale du Diabète 2014 aura lieu le 15 novembre.
Source iconographique: http://www.ch-valenciennes.fr/page-23348.html
Les sulfonylurées sont une option de deuxième ligne pour la gestion du diabète de type 2 ; cependant, elles sont associées avec un risque plus élevé d’événements cardiovasculaires en comparaison d’autres médicaments antidabétiques. Du fait que la sélectivité tissulaire et le risque d’hypocalcémie diffèrent selon la classe de sulfonylurée administrée, notre but était d’évaluer si la mortalité et le risque d’événement cardiovasculaire varient également selon la classe de sulfonylurée.

Nous avons consulté les bases de données Medline et Embase, depuis les origines jusqu’au 11 juin 2014, afin d’y identifier les études contrôlées reportant le risque de mortalité – quelle qu’en soit la case - , la mortalité liée à des troubles cardiovasculaires, ou d’infarctus du myocarde pour au moins deux sulfonylurées. Nous avons examiné les différences pour ce qui est du risque cardiovasculaire entre les classes de sulfonylurées avec les modèles à effets aléatoires permettant les comparaisons directes par par paires et  méta-analyses en réseau pour incorporation de données directes et indirectes.

14 970 (9%) des 167 327 patients de 18 études sont décédés : 841 (4%) sur 19 334 utilisateurs de gliclazide, 5482 (11%) sur 49 389 utilisateurs de glimepiride, 2 106 (15%) sur 14 464 utilisateurs de glipizide, 5 296 (7%) sur 77 169 des utilisateurs de glibenclamide, 1066 (17%) sur 6 187 utilisateurs de tolbutamide, et 179 (23%) sur 784 utilisateurs de chlorpropamide. L’incohérence était faible concernant la méta-analyse de la mortalité due à toutes causes confondues, et le risque de mortalité relative en comparaison avec la glibenclamide était de 0.65 (Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.53-0.73) pour la glicazide, 0.83 (0.68-1.00) pour le glimepriride, 0.98 (0.80-1.19) pour le glipizide, 1.13 (0.90-1.42) pour la tolbutamide, et 1.34 (0.98-1.86) pour la chlorpropamide. Des associations similaires étaient notées pour ce qui est de la mortalité due à des troubles cardiovasculaires : le risque relatif en comparaison avec la glibenclamide était de 0.60 (IC 95% 0.45-0.84) pour la glicazide, 0.79 (0.57-1.11) pour la glimepiride, 1.01 (0.72-1.43) pour la glipizide, 1.11 (0.79 – 1.55) pour la tolbutamide, et 1.45 (0.88-2.44) pour la chlorpropamide.

La gliclazide et la glimepiride sont associées à un risque plus faible de mortalité due à toutes causes confondues et de mortalité due à des troubles cardiovasculaires, comparé à la glibenclamide. Les cliniciens devraient prendre en compte les possibles différences de risque de mortalité lors du choix d’une sulfonylurée. Prof Scot H Simpson MSc et al, The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant – première, 23 octobre 2014

Financement : aucun

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 26 octobre 2012

Résultats de la “Surviving Sepsis Campaign”* dans les unités de soins intensifs aux USA et en Europe : étude prospective de cohorte

Sepsis sévère et choc septique. Données biochimiques, biologiques et cliniques. In La  Revue Médicale Suisse
Source: http://titan.medhyg.ch/mh/formation/article.php3?sid=31222

La mortalité due à une sepsis sévère et un choc septique diffère selon les continents, les pays et les régions. Notre but était de faire usage des données de la « Surviving Sepsis Campaign »* (SSC) afin de comparer les modèles de soins et les résultats obtenus chez des patients atteints de sepsis sévère et de choc septique aux USA et en Europe.

La SSC a été mise en place sur plus de 200 sites en Europe et aux USA. Tous les patients identifiés avec une sepsis sévère et un choc septique dans les départements de médecine d’urgence ou les autres départements des hôpitaux et admis dans les unités de soins intensifs (USIs), ainsi que ceux atteints de sepsis dans les USIs, ont été introduits dans notre base de données. Les patients introduits dans la base de données, depuis son lancement en janvier 2005 jusqu’en janvier 2010, devaient être admis dans des unités comprenant au moins 20 patients et en recrutement de patients sur une durée 3 mois ; pour être  inclus dans cette analyse. Les patients inclus dans cette cohorte étaient ceux recrutés au cours des 4 premières années sur chaque site.  Nous avons utilisé le modèle de régression logistique à effets aléatoires pour l’estimation des rapports de cote de probabilité de mortalité hospitalière en Europe versus États-Unis d’Amérique. Nous avons utilisé le modèle de régression linéaire à effets aléatoires pour établir la corrélation entre le temps de séjour à l’hôpital et dans les USIs, et la région géographique.

25 375 patients ont été introduits dans la cohorte. La contribution des USA était de 107 sites avec 18 766 (74%) patients, et la contribution de l’Europe était de 6 609 (26%) patients. Aux USA, 12 218 (65,1%) patients ont été admis dans les USIs des départements des urgences alors qu’en Europe, 3 405 (51,5%) des patients provenaient de différents services. La durée médiane de séjour dans les services à l’hôpital avant l’admission en USI était plus longue en Europe qu’aux USA (1,0 versus 0,1 jour ; différence = 0,9 ; Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,8-0,9). La mortalité brute à l’hôpital était plus élevée en Europe qu’aux USA (41,1% versus 28,3% ; différence = 12,8 ; IC 95% 11,5-14,7). La durée médiane de séjour en USI (7,8 versus 4,2 jours ; 3,6 ; 3,3-3,7) et à l’hôpital (22,8 versus 10,5 jours ; 12,3 ; 11,9-12,8) était plus longue en Europe qu’aux USA. La mortalité ajustée en Europe n’était pas significativement plus élevée qu’aux États-Unis (32,3% versus 31,3% ; 1,0 ; -1,7 à 3,7 ; p=0,468). La compliance complète avec les systèmes de réanimation mis en œuvre était plus élevée aux USA qu’en Europe (21,6% versus 18,4% ; 3,2 ; 2,2-4,4).

La différence significative en mortalité non ajustée et le fait que cette différence disparaisse avec l’ajustement pour la gravité fait apparaître d’importantes questions relatives aux effets de l’approche en matière de soins intensifs en Europe en comparaison des États-Unis. Les effets de la disponibilité en lits dans les USis sur les résultats obtenus chez les patients atteints de sepsis sévère et de choc septiques requièrent de futures investigations. Prof Mitchell L Levy MD, in The Lancet Infectious Diseases, Early Online Publication 26 October 2012, in press

*Campagne de Survie à la Sepsis (traduction libre)

Financement: Eli Lilly, Baxter Lifesciences, Philips Medical Systems, Société de Médecine d’Urgence, Société Européenne de Médecine Intensive (ESICM)  

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ