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mardi 28 août 2018

#thelancet #évènementvasculaire #prévention #aspirine Utilisation de l’aspirine pour réduire les évènements vasculaires initiaux chez les patients à risque modéré de maladie cardiovasculaire (ARRIVE) : essai randomisé en double-aveugle, contrôlé par placebo.

Aspirine Bayer fabriquée en Grèce.
L'aspirine reste le médicament le plus consommé dans le monde. https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Pharmacie/Le_saviez_vous%3F_Hazard
Source iconographique: https://www.flickr.com/photos/dirkvorderstrasse/10564731205
L’utilisation de l’aspirine en prévention primaire des évènements cardiovasculaires reste controversée. Notre but était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’aspirine versus placebo chez les patients à risque modéré d’évènement cardiovasculaire.

ARRIVE est un essai multicentrique randomisé en double-aveugle, contrôlé par placebo, réalisé dans sept pays. Les patients éligibles étaient âgés de 55 ans et plus (hommes) et de 60 ans et plus (femmes) présentant un risque moyen de maladie cardiovasculaire, jugé modéré sur la base du nombre de facteurs de risque spécifiques. Nous avons exclu les patients à risque élevé de saignement du tractus gastro-intestinal, ou de diabète. Les patients étaient répartis au hazard (1:1) à l’aide d’un code de randomisation généré par ordinateur, pour recevoir pour recevoir des comprimés d’aspirine (100 mg) à enrobage entérique ou le placebo, une fois par jour. Ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel participant à la distribution des traitements, ni les statisticiens de l’étude, n’avaient accès au tableau de randomisation.  Le critère d’efficacité principal était représenté par la résultante des paramètres imputables à la première occurrence de mort cardiovasculaire, d’infarctus du myocarde, d’angine de poitrine, d’accident vasculaire cérébral, ou d’ischémie cérébrale transitoire. Les critères de sécurité de l’essai étaient événements hémorragiques, et l’incidence d’autres évènements indésirables, et étaient analysés sur la population en intention de traiter.

Entre le 5 juillet 2007 et me 15 novembre 2016, 12 546 patients ont été recrutés et répartis au hasard pour recevoir l’aspirine (n=6 270) ou le placebo (n=6 276) dans 501 sites. La médiane de suivi était de 60 mois. Dans l’analyse en intention de traiter, le critère principal d’évaluation de l’étude était présent chez 269 (4.29%) patients dans le groupe aspirine versus 281 (4.48%) dans le groupe placebo (hazard ratio [HR] 0.96 ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.81-1.13 ; p=0.6038). Des saignements gastrointestinaux (faibles pour la plupart) sont survenus chez 61 (0.97%) patients du groupe aspirine versus 29 (0.46%) dans le groupe placebo (HR 2.11 ; IC 95% 1.36-3.28 ; p=0.0007). Le taux d’incidence globale d’évènements indésirables graves était similaire dans les deux groupes de traitements (n=1 266 [20.19%] dans le groupe aspirine versus n=1 311 [20.89%] dans le groupe placebo. Le taux d’incidence globale d’évènements indésirables était similaire dans les deux groupes de traitements (n=5 142 [82.01%] versus n=5 129 [81.72%] dans le groupe placebo). Le taux d’incidence globale des évènements indésirables liés aux traitements était bas (n=1 050 [16.75%] versus n=850 [13.54%] dans le groupe placebo ; p<0.0001). 321 décès documentés ont été rapportés dans la population en intention de traiter (n=160 [2.55%] versus n=161 [2.57%] patients sur 6 276 du groupe placebo).

Le taux d’occurrence des évènements s’est révélé beaucoup plus bas que ce qui était attendu, représentant probablement le reflet des stratégies actuelles de gestion des risques, rendant cette étude plus représentative d’une population à faible risque. Le rôle de l’aspirine en prévention primaire chez les patients à risque modéré n’a pas pu être examiné. Cependant, les résultats concernant les effets de l’aspirine per se sont conformes avec ceux observés dans les études relatives à la prévention primaire chez les populations à faible risque, précédemment publiées. Prof J Michael Graziano, MD, et al, publication en ligne en avant-première, 26 août 2018

Financement : Bayer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

mardi 22 août 2017

#thelancetdiabetesandendocrinology #diabètedetype1 #fibrillationatriale Risque de fibrillation atriale chez des personnes atteintes de diabète de type 1 versus témoins appariés pris dans la population générale

Fibrillation Atriale. Flèche rouge: trémulations de la ligne iso-électrique, indiquant une fibrillation auticulaire (atriale). (...).
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Afib_ecg.jpg
Le diabète de type 1 est associé à une augmentation du risque de complications cardiovasculaires sévères. À notre connaissance, une association indépendante entre diabète de type 1 et fibrillation atriale n’a pas été étudiée.

Nous avons effectué une étude cas-témoin de sujets atteints de diabète de type 1, extraits du Fichier National Suédois du Diabète; chaque sujet diabétique était apparié avec cinq sujets contrôle pour ce qui est de l’âge, du sexe, de la région de résidence ; ils étaient sélectionnés de manière aléatoire à partir du Registre National Suédois de la Population. Les cas de fibrillation atriale étaient extraits du Registre National des Patients de Suède.

Nous avons suivi jusqu’à 36 258 patients atteints de diabète de type 1 et 179 980 sujets de contrôle entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2013. La durée médiane de suivi était de 9.7 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 5.2-13.0) pour les patients, et de 10.2 ans (5.7-13.0) pour les contrôles. 749 (2%) sujets atteints de diabète de type 1 et 2 882 (2%) contrôles étaient également atteints de fibrillation atriale, avec un hazard ratio (HR) de 1.13 (Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.01-1.25 ; p=0.029) chez les hommes et de 1.50 (1.30-1.72 ; p<0.0001) chez les femmes (p=0.0019 pour l’interaction). Le risque de fibrillation atriale qui était observé chez les hommes atteints de diabète de type 1 augmentait en fonction de l’altération du contrôle de la glycémie et de l’occurrence des complications rénales. Parmi les sujets normoalbinuriques, aucun risque accru de fibrillation atriale n’était noté chez les hommes atteints de diabète de type 1 qui présentaient un taux de HbA1c inférieur à 9.7% (<83 mmol/mol) ou chez les femmes atteintes de diabète de type 1 qui présentaient un taux de HbA1c inférieur à 8.8% (<73 mmol).

En comparaison avec la population générale, le risque de fibrillation atriale chez des hommes atteints de diabète de type 1 était légèrement augmenté ; chez les femmes, ce risque était augmenté de 50%. Le risque de fibrillation atriale chez les personnes atteintes de diabète de type 1 avait tendance à augmenter en fonction des complications rénales et des altérations du contrôle de la glycémie. Sofia Dahlqvist, et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne en avant-première, 21 août 2017

Financement :   Novo Nordisk Foundation, Swedish State (ALF agreement), Swedish Research Council (SIMSAM), Swedish Heart and Lung Foundation, Swedish Diabetes Foundation, Diabetes Wellness.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ   

lundi 23 mai 2016

#thelancet #événementscardiovasculaires #excrétionurinairedesodium Association entre excrétion urinaire de sodium et évènements cardiovasculaires chez des sujets avec ou sans hypertension : analyse de données mutualisées issues de quatre études

Les principales complications associées à l'hypertension artérielle
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/hypertension-arterielle
Plusieurs études ont fait état d’une relation en U entre excrétion de sodium urinaire et évènements cardiovasculaires et mortalité. La question restant incertaine est celle définissant  comment ces associations varient selon les sujets concernés. Notre but était donc d’explorer si l’association entre prise de sodium et évènements cardiovasculaires et mortalité toutes causes confondues  était modifiée par l’hypertension.

Dans cette analyse de données mutualisées, nous avons étudié 133 118 sujets (63 559 avec hypertension et 69 559 sans hypertension), d’âge médian 55 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 45-63), par la mise en œuvre de quatre étude prospectives de grande ampleur effectuées dans 49 pays ; et avons estimé l’excrétion de sodium urinaire sur 24 heures (pour la mesure de prise de sodium par groupe). Nous avons relié cette mesure à un critère composite d’évaluation incluant les décès et les évènements cardiovasculaires majeurs sur une durée médiane de 4.2 ans (IQR 3.0-5.0) et pression artérielle.

Une prise de sodium augmentée était associée à un changement plus important en pression artérielle systolique chez les sujets avec hypertension (changement de 2.08 mm Hg par g d’augmentation en sodium) en comparaison avec les sujets sans hypertension (changement de 1.22 mm Hg par g ; pinteraction<0.0001). Chez les sujets avec hypertension (6 835 évènements), une excrétion en sodium de 7 g/jour ou plus (7 060 [11%] de la population avec hypertension : 1.34 [1.23-1.47] ; p<0.0001) et une excrétion de sodium de moins de 3g/jour (7 006 [11%] de la population : 1.34 [1.23-1.47] ; p<0.0001) étaient toutes deux associées avec un risque augmenté en comparaison d’une excrétion en sodium de 4-5 g/jour (référence 25% de la population hypertension).
Chez les sujets sans hypertension (3 021 évènements), en comparaison avec les 4-5 g/jour (18 508 [27%] de la population sans hypertension), une excrétion plus élevée de sodium n’était pas associée au risque [critère d’évaluation composite] (≥7 g/jour chez 6 271 [9%] de la population sans hypertension ; Hazard Ratio [HR] 0.90 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.76-1.08] ; p=0.2547), alors qu’une excrétion inférieure à 3 g/jour était associée à un risque significativement augmenté (7 547 [11%] de la population sans hypertension, HR 1.26 [IC 95% 1.10-1.45] ; p= 0.0009).

En comparaison d’une prise de sodium modérée, une prise de sodium élevée était associée à un risque augmenté d’évènements cardiovasculaires et de décès dans les populations atteintes d’hypertension (pas d’association observée dans les populations normotensives), alors que l’association entre prise de sodium faible avec risque accru d’évènements cardiovasculaires et de décès était observée chez ceux avec ou sans hypertension. Ces données suggèrent qu’une prise de sodium diminuée est mieux ciblée chez les populations atteintes d’hypertension consommant des doses élevées de sodium.  Prof Andrew Mente, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 20 mai 2016

Financements Pharma: Astra Zeneca, Sanofi-Aventis, Boehringer Ingelheim, Servier, GlaxoSmithKline, Novartis, King Pharma

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ