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mercredi 13 avril 2016

#thelancetpsychiatry #dépression #anxiété Élargissement de l’accès au traitement de la dépression et de l’anxiété: analyse globale du retour sur investissement

Les cinq maladies mentales les plus connues sont les suivantes: schizophrénie, trouble bipolaire ou psychose maniacodépressive, dépression sévère et persistante, troubles de la personnalité limite ou borderline et trouble obsessionnel ou TOC.
Source iconographique et légendaire: http://www.e-sante.fr/5-maladies-mentales-plus-connues/actualite/1526 
Les troubles dépressifs et anxieux sont des troubles très fréquents et très invalidants ; résultant non seulement en une immense misère et perte de santé humaines, mais aussi en une baisse du rendement économique. Ici, nous proposons un cas d’investissement global qui permettrait de renforcer les réponses au fardeau de santé publique et au fardeau économique que représentent la dépression et les troubles anxieux.

Dans cette analyse globale de retour sur investissement, nous avons fait usage du module de santé mentale de l’outil OneHealth pour calculer les coûts de traitements et les bénéfices de santé à prévoir entre 2016 et 2030, dans 36 pays. Nous partons du principe que le taux de couverture du traitement sera en croissance linéaire. Nous avons tablé sur une modeste amélioration de 5% à la fois en matière de capacité à travailler et de productivité au travail comme résultats du traitement, et l'avons par la suite associée aux taux d’activité et au produit intérieur brut par travailleur, prévalant dans chaque pays.

La valeur actuelle nette d’investissement nécessaire à l’accroissement de l’efficacité de couverture de traitement des troubles dépressifs et anxieux est estimée à 147 milliards US$. Le retour sur investissement estimé en est également substantiel. En termes d’impact sur la santé, l’accroissement de la couverture en traitement conduit à 43 millions d’années supplémentaires de vie saine sur toute la période d’accroissement de l’effort. Placer une valeur économique sur toutes ces vies-années saines gagnées représente une valeur nette de 310 milliards US$. De même que ces bénéfices intrinsèques associés à l’amélioration de la santé, l’accroissement des traitements des troubles mentaux communs mène également à un substantiel gain en productivité (valeur actuelle nette de 230 milliards US$ pour ce qui est du résultat dû à l’accroissement des traitements pour dépression et 169 milliards US$ pour ce qui est des troubles anxieux). Au sein des groupes de revenus pris dans chaque pays, le rapport bénéfice/coût était de 2.3-3.0 sur 1 lorsque les bénéfices économiques seuls étaient pris en considération, et de 3.3-5.7 sur 1 lorsque la valeur des bénéfices sur la santé était également incluse dans l’évaluation.  

L’analyse du retour sur investissement du type de celle qui est rapportée ici peut contribuer fortement à un investissement à l’équilibre de l’action à mener pour faire face au fardeau des troubles mentaux les plus communs dans le monde. Dr Dan Chisholm, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 12 avril 2016

Financement : Grand Challenges Canada

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 26 septembre 2014

Interventions psychologiques et pharmacologiques relatives au trouble d’anxiété sociale chez les adultes : revue systématique et méta-analyse en réseau

Angoisse, crise de panique, phobie scolaire... Les anxieux - près de 1 Français sur 5 - n'ont jamais été si nombreux, ni si discrets sur leurs troubles. Pourtant, des méthodes permettent de mieux gérer son stress et même d'en tirer profit.
Source iconographique et légendaire: http://www.lexpress.fr/styles/psycho/anxiete-angoisse-crise-de-panique-phobie-scolaire-comment-en-sortir_1250722.html
Le trouble d’anxiété sociale – maladie chronique difficile à vivre, génératrice d’une gêne considérable -  peut être soigné à l’aide d’interventions pharmacologiques, psychologiques et d’entraide. Notre but était de comparer ces interventions et d’identifier quelles sont les plus efficaces pour le traitement aigu du syndrome d’angoisse sociale chez les adultes.

Nous avons effectué une revue de littérature systématique et une méta-analyse en réseau des interventions  entreprises auprès d’adultes souffrant du trouble d’anxiété sociale, identifiés à partir de sources publiées et non publiées, entre 1988 et le 13 septembre 2013. Nous avons analysé les interventions par catégorie de patients et individuellement. Les résultats des interventions étaient exprimés en mesures validées du trouble d’anxiété sociale, rapportés en termes de différences moyennes standardisées (DMSs), en comparaison d’une liste d’attente de référence.

Nous avons inclus 101 essais cliniques (13164 participants) relatives à 41 interventions ou conditions de contrôle (17 catégories) dans les analyses. Les catégories d’interventions pharmacologiques montrant les meilleurs effets sur les résultats des groupes à l’étude par rapport à la liste d’attente de patients étaient les inhibiteurs de la monoamine oxydase (DMS -1.01, Intervalle de Confiance [IC] 95% de -1.56 à -0.45), les benzodiazépines (-0.96, de -1.36 à -0.36), les inhibiteurs de la recapture sélective de la sérotonine et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRS et IRSNA ; -0.91, de -1.23 à -0.60), et les anticonvulsivants (-0.81, de -1.36 à -0.28). En comparaison de la liste d’attente, les catégories efficaces des interventions psychologiques étaient la thérapie cognitive et comportementale (TCC ; DMS -1.19, IC 95% de -1.56 à -0.60), la TCC de groupe (-0.92, de -1.33 à -0.51), les techniques d’ouverture sociale de soi vers les autres (-0.86, de -1.42 à -0.29), l'entraide avec soutien (-0.86, de -1.36 à -0.36), l'entraide sans soutien (-0.75, de -1.25 à - 0.26), et psychothérapie psychodynamique (-0.62, de -0.93 à -0.31). 
Les TCCs individuelles en comparaison d’un placebo psychologique (DMS -0.56, IC 95% de -1.00 à -0.11), les IRS et IRSNA comparées à un cachet placebo (-0.44, de -0.67 à -0.22) étaient les seules catégories d’intervention avec des effets plus importants sur les résultats que leur placebo correspondant. Les TCCs individuelles ont également produit un effet plus important que la psychothérapie psychodynamique (DMS -0.56, IC 95% de -1.03 à -0.11) et la psychothérapie interpersonnelle,  la médiation, et la thérapie de soutien (-0.82, de -1.41 à -0.24).

La TCC individuelle (à propos de laquelle d’autres études ont montré qu’elle engendrait moins de risques d’effets secondaires que la pharmacothérapie) est associée à des effets de grande ampleur. Elle devrait donc être considérée comme la meilleure intervention comme traitement initial contre le trouble d’angoisse sociale. Pour les sujets qui n’adhèrent pas aux interventions psychologiques, ce sont les IRS qui montrent les meilleures évidences de bénéfice thérapeutique. Dr Evan Mayo-Wilson DPhil et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant – première, 26 septembre 2014

Financement : National Institute of Health and Care Excellence

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ