Total des pages vues

Affichage des articles dont le libellé est alpha-synucléine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est alpha-synucléine. Afficher tous les articles

jeudi 31 mars 2016

#thelancetneurololgy #α-synucléine #troubledusommeil #maladiedeparkinson #glandesousmaxillaire Étude de l’α-synucléine dans les glandes sous-maxillaires de patients atteints de trouble du sommeil à mouvements oculaires rapides idiopathique

La polysomnographie est l'enregistrement complet du sommeil. Cet examen consiste à capter les rythmes électriques qui proviennent du corps pour en déduire les stades de sommeil.
Source iconographique et légendaire: http://www.sommeil-vigilance.fr/examens/examens_polysomnographie.html
La caractéristique histologique de la maladie de Parkinson réside dans la présence d’agrégats intraneuronaux d’α-synucléine phosphorylée (αSyn). Chez des patients atteints de la maladie de Parkinson, les dépôts de αSyn se retrouvent dans les fibres nerveuses autonomes de la glande sous-mandibulaire. Du fait que les patients atteints de trouble du sommeil à mouvements oculaires idiopathique (TSMOI) peuvent développer une maladie de Parkinson ainsi que d’autres synucléinopathies, nous avons poursuivi des investigations dans le but de savoir si les dépôts de αSyn pouvaient aussi être détectés dans les fibres nerveuses sous-mandibulaires.

Nous avons effectué une étude cas-témoin à la Clinique Hospitalière de Barcelone (Barcelone, Espagne) chez des patients atteints de TSMOI confirmée par polysomnographie, chez des patients cliniquement atteints de la maladie de Parkinson, et chez sujets de contrôle appariés par âge dans le groupe TSMOI. Les sujets contrôle étaient soit sains, avaient subi une chirurgie du cou dans la clinique, ou étaient des patients qui étaient décédés à la clinique et avaient subi une autopsie. Nous avons effectué une biopsie par ponction transcutanée -à l'aide d'une aiguille- de la glande sous – mandibulaire avec guidage par ultrasons chez des patients atteints de TSMOI ou maladie de Parkinson, ainsi que chez des sujets contrôles sains, et sans guidage par ultrasons chez d’autres sujets contrôles. Nous avons étudié la présence de  αSyn par immunohistochimie à l’aide d’un anticorps monoclonal antisérine phosphorylée 129, et analysé les variables quantitatives à l’aide d’un test de Kruskall-Wallis et les variables qualitatives à l’aide d’un test exact de Fischer.

Nous avons effectué notre étude entre le 16 juillet 2014 et le 16 mai 2015, recruté 21 patients atteints de TSMOI, 24 patients atteints de maladie de Parkinson et 26 sujets de contrôle (sept sujets sains, 11 patients subissant une chirurgie du cou, et huit autopsies). Nous avons obtenu des échantillons de biopsie sous mandibulaire contenant du parenchyme glandulaire chez neuf (43%) patients sur 21 patients atteints de TSMOI, chez 12 (50%) patients sur 24 patients atteints de maladie de Parkinson, et chez tous (100%) les 26 sujets de contrôle.
Des agrégats de  αSyn ont été dans les fibres nerveuses du parenchyme glandulaire chez huit (89%) patients sur les neuf patients atteints de TSMOI et huit (67%) patients sur les 12 atteints par la maladie de Parkinson, mais aucun agrégat n’a été détecté chez les sujets de contrôle.
Chez les sujets dont les biopsies ne contenaient pas de parenchyme glandulaire, des dépôts de  αSyn ont été trouvés dans du tissu extraglandulaire chez trois (25%) patients supplémentaires sur les 12 patients atteints de TSMOI et cinq (42%) des 12 patients atteints par la maladie de Parkinson. Aucun des sujets de contrôle n’a montré d’immunoréactivité  αSyn dans les tissus extraglandulaires. Sur les 52 participants ayant subi une biopsie guidée par échographie, 11 (21%) patients ont rapporté des douleurs locales faibles à modérées, et neuf (17%) ont développé des hématomes sous-cutanés ; cependant, ces évènements indésirables étaient transitoires et n’ont pas nécessité de traitement.

Nos résultats suggèrent que chez les patients atteints de TSMOI, une biopsie de la glande sous-mandibulaire et une procédure sûre pour la détection d'agrégats de αSyn; la détection de  αSyn pourrait être utile à la confirmation histologique de sujets atteints de maladie de Parkinson cliniquement diagnostiquée. Dolores Vilas, MD, et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 30 mars 2016

Financement :  Centre for Networked Biomedical Research in Neurodegenerative Disorders (CIBERNED), Barcelona, Spain.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mercredi 3 avril 2013

Statut de maladie neurodégénérative et examens post mortem dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP): étude observationnelle de cohorte

Exemples d'hypnogrammes.
A: patient très somnolent et très déprimé - (sommeil lent profond très augmenté/sommeil paradoxal subnormal).
B: patiente très somnolente et modérément déprimée - (sommeil paradoxal augmenté/sommeil lent profond subnormal)
In Médecine du Sommeil Volume 10, Issue 1, January-March 2013, Pages 19 - 28
Source:  http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1769449312002397

Nous avons postulé que le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) représente la phase prodromique de la démence à corps de Lewy ; et qu’à l’aide d’un suivi suffisant, la plupart des cas de maladie de Parkinson ou démence à corps de Lewy pourraient être de fait ainsi diagnostiqués et identifiés avec certitude.

Des patients issus d’une cohorte de sujets atteints de TCSP ont été recrutés entre 1991 et 2003, ayant précédemment été objet d’études en 2005, ont été suivis pendant une période additionnelle de 7 ans. Dans cette cohorte originale, nous avons cherché à identifier la nature et la fréquence de syndromes neurodégénératifs émergents, diagnostiqués par des critères cliniques standard. Nous avons évalué les taux de survie sans maladie neurodégénérative par la méthode de Kaplan-Meier. Nous avons par la suite  étudié les sujets dont le diagnostic, effectué par imagerie du transporteur de dopamine, échographie transcranienne, et tests olfactifs, était strictement identifié comme TCSP. Nous avons effectué une étude neuropathologique chez trois patients décédés pendant la période de suivi, et sur lesquels avaient été posés les diagnostics de maladie de Parkinson ou de démence à corps de Lewy avant leur décès.

Sur les 44 participants issus de la cohorte d’origine, 36 (82%) avaient développé un syndrome neurodégénératif au moment de l’évaluation de 2012 (16 patients étaient diagnostiqués avec maladie de Parkinson, 14 patients avec démence à corps de Lewy, un avec atrophie multisystématisée, et cinq avec troubles cognitifs légers). Les taux de survie sans présentation de pathologie neurologique à partir du diagnostic de TCSP étaient de 65,2% (Intervalle de Confiance – IC – 95% 50,9 à 79,5) à 5 ans, 26,6% (12,7 à 40,5) à 10 ans, et 7,5% (-1,9 à 16,9) à 14 ans. Des quatre sujets restants, appartenant à la catégorie « sans présentation de pathologie neurologique », et qui avaient subi examens de neuroimagerie et tests olfactifs ; tous les quatre ont montré une baisse de la captation de dopamine au niveau de son transporteur, un a montré une hyperéchogénécité de la substance noire par échographie transcranienne, et deux une altération des fonctions olfactives.  Chez trois patients, les diagnostics de maladie de Parkinson et de démence à corps de Lewy, établis avant le décès, étaient confirmés par examen neuropathologique montrant l’étendue des corps de Lewy dans le cerveau, et des agrégats de α-synucléine dans le système nerveux autonome  périphérique dans un cas. Chez ces trois patients, la perte neuronale et la pathologie de Lewy (corps et neurites de Lewy à α-synucléine) ont été trouvés dans les noyaux du tronc cérébral soumettant l’atonie du sommeil paradoxal.

La plupart des sujets atteints de TCSP de notre cohorte ont développé un trouble à corps de Lewy avec le temps. Les patients ne présentant aucune pathologie au suivi ont toutefois montré des marqueurs de facteurs de risque de développement à court terme  de maladie de Parkinson et de démence à corps de Lewy, comme la baisse de la liaison dopamine – récepteur striatale. Nos résultats indiquent que la plupart des patients diagnostiqués TCSP montrent, de fait, une phase prodromique de trouble à corps de Lewy. Le TCSP est donc le candidat pour l’étude des évènements précoces de cette phase prodromique, et pour les tests de stratégies de diminution ou d’interruption des processus neurodégénératifs. Dr Alex Iranzo MD et al, in The Lancet Neurology, Early Online Publication, 3 April 2013

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ