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vendredi 9 septembre 2022

#démocratie #VIH #COVID-19 Faire régner la démocratie, lutter contre le VIH ou lutter contre la COVID-19 : où est la priorité ?

Les virus du SARS-Cov-2 (en haut à gauche) et du VIH (en bas à droite).
Source: Shutterstock

 

Le sujet principal de l’éditorial du « Lancet » du 16 août 2022 est le financement de la recherche contre le VIH. Le constat est sans appel : OUNUSIDA déclare que les budgets nécessaires à la réalisation des objectifs sont de 29,3 milliards $ ; pour l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon 2025 - pour ce qui est de l’épidémie dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Il manquera 8 milliards de $ pour atteindre le budget requis. C’est principalement l’épidémie de COVID-19 à qui il faut imputer la non-atteinte des objectifs UNAIDS 2025 ainsi que le projet de voir éradiqué le VIH à l’horizon 2030. Les récentes coupures budgétaires se traduisent déjà par une augmentation des infections au VIH en Asie Centrale, Europe de l’Est, Amérique Latine, Moyen – Orient et Afrique de l’Ouest. De fait, comme déjà évoqué, l’autre préoccupation majeure à l’heure actuelle en infectiologie est le COVID-19 et la mise en œuvre de politiques efficaces contre la pandémie. Le premier constat, d’après un éditorial du « Lancet » du 27 août 2022, est que le taux d’infection au COVID-19 est inversement proportionnel au niveau de confiance que les citoyens ont en leur gouvernement et, plus généralement, au niveau de développement de la démocratie prévalant dans le pays. La conclusion de cet éditorial indique que la pandémie de COVID-19 jouera-t-elle un rôle catalyseur dans la mise en œuvre de réformes sociétales nécessaires pour regagner la confiance des citoyens et la solidarité sociale. Il semble, en tout cas dans les pays occidentaux, que la pandémie de COVID-19 ont vu s’amorcer – pendant un temps – une forme d’union sacrée sur le plan politique. Si ce phénomène pouvait se propager, cela ne pourrait être que bénéfique…

Nicolas Zarjevski / 9 septembre 2022

mercredi 26 janvier 2022

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #Covid-19 #vaccination Statut vaccinal des meilleurs athlètes du monde

Tennis. Copyright: Caia Image/Science Photo Library

 

Le 17 janvier 2022, le tournoi de tennis de l'Open d'Australie a commencé. Le nonuple champion Novak Djokovic était notamment absent. Ayant vu son visa annulé, Djokovic avait été expulsé la veille du jour où il devait commencer sa défense de titre. L'annulation est intervenue à la demande du ministre australien de l'Immigration, Alex Hawke, qui a déclaré avoir pris la décision "sur la base de l'intérêt public". Djokovic n'a pas été vacciné contre le COVID-19.

Le joueur de tennis numéro un mondial est arrivé en Australie avec une exemption médicale à l'exigence selon laquelle tous les étrangers entrant dans le pays doivent être entièrement vaccinés contre le COVID-19. L'exemption a été accordée par l'État de Victoria, sur la base du fait que Djokovic a été testé positif au SRAS-CoV-2 en décembre 2021. Ce n'était pas suffisant pour satisfaire l'Australian Border Force ; ils ont détenu Djokovic après son arrivée à Melbourne le 5 janvier 2022. Son visa a ensuite été annulé. La décision a été annulée par un tribunal fédéral 5 jours plus tard, seulement pour que le ministre de l'Immigration intervienne.

Hawke a reconnu qu'il était peu probable que Djokovic représente une menace d'infection, mais a ajouté qu'il est "perçu par certains comme le talisman d'une communauté de sentiments anti-vaccins". Autoriser Djokovic à rester en Australie, a poursuivi Hawke, pourrait potentiellement "encourager d'autres personnes à ignorer ou à agir de manière incompatible avec les conseils et les politiques de santé publique".

La décision sera probablement populaire. Un sondage a révélé que 83% des Australiens souhaitaient l'expulsion de la star du tennis. "C'est peut-être la première fois que nous voyons un grand public pousser à la vaccination avec une telle férocité", a déclaré Heidi Larson, directrice du Vaccine Confidence Project à la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Près de 80 % des Australiens sont entièrement vaccinés contre le COVID-19. Ils ont enduré l'un des confinements les plus stricts au monde. Beaucoup ont été scandalisés par l'impression qu'un multimillionnaire recevait un traitement spécial de la part des autorités de l'immigration. Les informations selon lesquelles Djokovic n'avait pas réussi à s'isoler après avoir été infecté par le SRAS-CoV-2 ont ajouté de l'huile sur le feu.

L'homme au centre de la fureur a peu dit. "L'insistance de Djokovic sur la confidentialité quant à son statut vaccinal semble s'étendre à ses opinions sur la vaccination", a noté Gavin Weedon, maître de conférences en sociologie du sport à l'Université Nottingham Trent. Il est seulement devenu public que Djokovic n'avait pas été vacciné contre le COVID-19 lorsque les transcriptions de son entretien avec l'Australian Border Force ont été publiées.

En avril 2020, plusieurs mois avant l'apparition des vaccins COVID-19, Djokovic a commenté dans un chat en direct sur Facebook qu'il était "opposé à la vaccination et ne voudrait pas être forcé par quelqu'un à se faire vacciner pour pouvoir voyager" . Cela reste sa seule déclaration publique sur le sujet. Dans la Serbie natale de Djokovic, où il est un héros national, moins de la moitié de la population a été entièrement vaccinée contre le COVID-19. "Il y a beaucoup de scepticisme vis-à-vis des vaccins et de méfiance à l'égard du gouvernement dans les Balkans, bien que cela ait ou non influencé la position de Djokovic sur la vaccination est une question de spéculation", a déclaré Larson.

Néanmoins, Djokovic a été ambassadeur de l'UNICEF pendant une bonne partie de la décennie. Il est difficile d'imaginer qu'il serait nommé à un tel rôle, ou l'accepterait, s'il avait des scrupules à propos de la vaccination en général. Pourtant, il existe un risque important que son expulsion d'Australie soit exploitée par ceux qui cherchent à saper les efforts de déploiement des vaccins COVID-19. "Le problème maintenant est que Djokovic est très vulnérable aux messages anti-vaccin qui lui sont attachés", a déclaré Weedon.

Le refus de Djokovic de recevoir le vaccin COVID-19 fait de lui une sorte d'exception sur le circuit de tennis masculin. Seuls trois des 100 meilleurs joueurs n'ont pas été vaccinés. La couverture par les vaccins COVID-19 dépasse 90 % pour les équipes d'élite américaines de football, de basket-ball et de hockey sur glace aux États-Unis. La Premier League anglaise a déclaré que 84% de ses joueurs avaient reçu au moins une dose de vaccin, bien qu'une multitude de matchs annulés en décembre en raison d'épidémies de COVID-19 suggèrent qu'il reste encore du chemin à parcourir. Plus de 90 % des footballeurs des ligues équivalentes de France, d'Allemagne et d'Italie sont entièrement vaccinés.

« On craignait que les athlètes soient plus sensibles à la désinformation sur le COVID-19, ou qu'ils veuillent garder le contrôle total de leur corps, donc ils refuseraient le vaccin, mais cela ne semble pas s'être produit », a déclaré Weedon à la revue The Lancet Respiratory Medicine.

Le prochain grand tournoi de tennis est l'Open de France ; Djokovic en est le champion en titre. La France a introduit une nouvelle loi qui obligera toute personne participant à un événement sportif à être vaccinée contre le COVID-19. Il est extrêmement peu probable que l'Australie accueille Djokovic dans le pays en 2023, à moins qu'il ne prouve qu'il a été vacciné. Dans le chat en direct Facebook d'avril 2020, Djokovic a déclaré que si la vaccination devenait obligatoire, il "devrait prendre une décision". Il semble que ce moment soit venu. Thalian Khan Burki, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne le 25 janvier 2022 

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: The Lancet Online / Préparation post : NZ

vendredi 17 décembre 2021

#thelancet #Covid-19 #thromboprophylaxie #rivaroxaban Rivaroxaban versus pas d'anticoagulant pour la thromboprophylaxie après hospitalisation pour COVID-19 : un essai ouvert, multicentrique, randomisé et contrôlé

Thrombose veineuse profonde dans la jambe droite, avec rougeur et inflammation.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Thrombose

 

Les patients hospitalisés avec COVID-19 sont à risque d'événements thrombotiques après leur sortie de l’hôpital; le rôle de la thromboprophylaxie prolongée dans cette population est inconnu.

Dans cet essai randomisé multicentrique en ouvert mené dans 14 centres au Brésil, les patients hospitalisés pour COVID-19 présentant un risque accru de thromboembolie veineuse (International Medical Prevention Registry on Venous Thromboembolism [IMPROVE] venous thromboembolism [VTE] score de ≥ 4 ou 2-3 avec un D-dimère > 500 ng/mL) ont été randomisés (1:1) pour recevoir, à la sortie de l'hôpital, du rivaroxaban à 10 mg/jour ou aucun anticoagulant pendant 35 jours. Le critère de jugement principal d'efficacité dans une analyse en intention de traiter était un composite de thromboembolie veineuse symptomatique ou mortelle, de thromboembolie veineuse asymptomatique à l'échographie veineuse bilatérale des membres inférieurs et d'angiographie pulmonaire CT, de thromboembolie artérielle symptomatique et de décès d'origine cardiovasculaire au 35ème jour suivant la sortie de l’hôpital. Le processus de sélection était réalisé à l’aveugle. Le principal critère d'évaluation de la sécurité était l'hémorragie majeure. Les analyses primaires et de tolérance ont été réalisées dans la population en intention de traiter.

Du 8 octobre 2020 au 29 juin 2021, 997 patients ont été dépistés. Parmi ces patients, 677 ne répondaient pas aux critères d'éligibilité ; les 320 patients restants ont été inclus et randomisés pour recevoir du rivaroxaban (n=160 [50%]) ou pas d'anticoagulation (n=160 [50%]). Tous les patients ont reçu une thromboprophylaxie avec des doses standard d'héparine pendant l'hospitalisation. 165 (52%) patients étaient dans l'unité de soins intensifs pendant leur hospitalisation. 197 (62 %) patients avaient un score IMPROVE de 2 à 3 et des taux de D-dimères élevés et 121 (38 %) avaient un score de 4 ou plus. Deux patients (un dans chaque groupe) ont été perdus de vue en raison du retrait de leur consentement et n'ont pas été inclus dans l'analyse primaire en intention de traiter. Le critère d'évaluation principal de l'efficacité s'est produit chez cinq (3%) des 159 patients affectés au rivaroxaban et 15 (9 %) des 159 patients affectés à l'absence d'anticoagulant (risque relatif 0,33, Intervalle de Confiance [IC] 95 % 0,12-0,90 ; p= 0,0293). Aucun saignement majeur n'est survenu dans les deux groupes d'étude. Des réactions allergiques sont survenues chez deux (1 %) patients du groupe rivaroxaban.

Chez les patients à haut risque sortis après une hospitalisation en raison de COVID-19, la thromboprophylaxie par rivaroxaban 10 mg/jour pendant 35 jours a amélioré les résultats cliniques par rapport à l'absence de thromboprophylaxie prolongée. Eduardo Ramacciotti, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 15 décembre 2021 

Financement : Bayer

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 2 décembre 2021

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #lenzilumab #pneumonie #COVID-19 Lenzilumab chez les patients hospitalisés atteints de pneumonie COVID-19 (LIVE-AIR) : un essai de phase 3, randomisé, contrôlé par placebo

Radiographie pulmonaire montrant des opacités dans les deux poumons, indicatives d'une pneumonie, chez un patient atteint de SRAS.
Source iconographique, légendaire et rédactionnelle: https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie_de_Covid-19

 

La physiopathologie de COVID-19 comprend une hyperinflammation à médiation immunitaire, qui pourrait potentiellement conduire à une insuffisance respiratoire et à la mort. Le facteur de stimulation des colonies de granulocytes et de macrophages (GM-CSF) fait partie des cytokines qui contribuent aux processus inflammatoires. Le lenzilumab, un anticorps monoclonal neutralisant le GM-CSF, a été étudié dans le cadre de l'essai LIVE-AIR pour évaluer son efficacité et son innocuité dans le traitement du COVID-19 au-delà des traitements disponibles.

Dans LIVE-AIR, un essai de phase 3, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, des patients adultes hospitalisés atteints de pneumonie COVID-19 ne nécessitant pas de ventilation mécanique invasive ont été recrutés dans 29 sites situés aux États-Unis et au Brésil et ont été randomisés (1 : 1) pour recevoir trois doses intraveineuses de lenzilumab (600 mg par dose) ou un placebo délivrées à 8h d'intervalle. Tous les patients ont reçu des soins de soutien standard, y compris l'utilisation de remdesivir et de corticostéroïdes. Les patients ont été stratifiés lors de la randomisation selon l'âge et la gravité de la maladie. Le critère d'évaluation principal était la survie sans ventilation mécanique invasive jusqu'au jour 28 dans la population en intention de traiter modifiée (ITTm), comprenant tous les participants randomisés qui ont reçu au moins une dose du médicament à l'étude sous la supervision documentée de l’investigateur principal ou du sous-investigateur. Les événements indésirables ont été évalués chez tous les patients ayant reçu au moins une dose du médicament à l'étude.

Les patients ont été recrutés du 5 mai 2020 au 27 janvier 2021. 528 patients ont été dépistés, dont 520 ont été randomisés et inclus dans la population en intention de traiter. 479 de ces patients (n=236, lenzilumab ; n=243, placebo) ont été inclus dans l'analyse ITTm pour le critère de jugement principal. Les données démographiques de base étaient similaires entre les groupes. 311 (65 %) participants étaient des hommes, l'âge moyen était de 61 ans (SD 14) au départ et la concentration médiane de protéine C réactive était de 79 (IQR 41–137) mg/L. Des stéroïdes ont été administrés à 449 (94 %) patients et du remdesivir à 347 (72 %) patients ; 331 (69 %) patients ont reçu les deux traitements. La survie sans ventilation mécanique invasive jusqu'au jour 28 a été obtenue chez 198 (84 % ; Intervalle de Confiance [IC] 95 % 79-89) participants dans le groupe lenzilumab et chez 190 (78 % ; 72-83) patients dans le groupe placebo, et la probabilité de survie était plus élevé avec le lenzilumab qu'avec le placebo (hazard ratio 1,54 ; IC 95 % 1,02–2,32 ; p=0,040). 68 (27 %) des 255 patients du groupe lenzilumab et 84 (33 %) des 257 patients du groupe placebo ont présenté au moins un événement indésirable de sévérité au moins de grade 3 selon les critères du CTCAE. Les événements indésirables les plus courants liés au traitement de grade 3 ou plus étaient liés à des troubles respiratoires (26 %) et cardiaques (6 %) et aucun n'a entraîné de décès.

Le lenzilumab a significativement amélioré la survie sans ventilation mécanique invasive chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19, avec un profil d'innocuité similaire à celui du placebo. La valeur ajoutée du lenzilumab au-delà des autres immunomodulateurs utilisés pour traiter le COVID-19 aux côtés des stéroïdes reste inconnue. Prof Zelalem Temesgen, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 1er décembre 2021

Financement : Humanigen

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

lundi 27 septembre 2021

#Cell #vaccins #nouvelletechnologie Faire passer le message : comment une nouvelle technologie a permis le développement rapide de vaccins efficaces

Conception d'un vaccin à ARNm modifié par pseudouridine pour COVID-19

Schéma du virus SARS-CoV-2 avec l'ARN génomique viral montré à l'intérieur. Le domaine de liaison au récepteur de la protéine de pointe à la surface du virus interagit avec le récepteur ACE2 sur la cellule hôte, médiant l'infection virale. Alors que l'ARN messager naturel administré par injection provoque généralement l'activation des protéines réceptrices du système immunitaire et l'inflammation qui en résulte, l'ARN synthétisé in vitro incorporant de la pseudouridine (Ψ) évite l'induction de l'inflammation. Les structures de l'uridine et de son isomère sont représentées. L'uracile est attaché au sucre pentose par une liaison en C5-C, au lieu d'une liaison glycosidique N1-C trouvée dans l'uridine. Néanmoins, conserve la capacité de s'apparier à l'adénosine, expliquant la capacité de l'ARNm modifié à être traduit. Une fois encapsulé dans une nanoparticule lipidique et injecté dans un hôte, l'ARNm est efficacement traduit en protéine, qui sert d'antigène pour déclencher une réponse immunitaire.


Le prix de recherche clinique Lasker
∼Debakey de cette année honore Katalin Karikó et Drew Weissman pour le développement d'une technologie thérapeutique basée sur la modification nucléosidique de l'ARN messager, permettant le développement rapide de vaccins COVID-19 très efficaces. Lucy Shapiro, Richard Losick, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 24 septembre 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Préparation post : NZ

lundi 6 septembre 2021

#thelancet #dérèglementclimatique #températuremondiale #biodiversité #santé Appel à une action d'urgence pour limiter l'augmentation de la température mondiale, restaurer la biodiversité et protéger la santé

Copyright: Alfred Pasieka / Science Photo Library : Illustration conceptuelle du réchauffement climatique

 

L'Assemblée générale des Nations Unies réunira en septembre 2021 les pays à un moment critique pour organiser une action collective visant à faire face à la crise environnementale mondiale. Ils se rencontreront à nouveau au sommet de la biodiversité à Kunming, en Chine, et à la Conférence des Parties des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) à Glasgow, au Royaume-Uni. Avant ces réunions cruciales, nous, les éditeurs de revues de santé du monde entier, appelons à une action urgente pour maintenir l'augmentation moyenne de la température mondiale en dessous de 1,5 °C, mettre fin à la destruction de la nature et protéger la santé.

La santé est déjà mise à mal par l'augmentation de la température mondiale et la destruction de la nature, situation sur laquelle les professionnels de la santé attirent l'attention depuis des décennies. La science est sans équivoque ; une augmentation mondiale de 1,5 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle et la perte continue de la biodiversité risquent de provoquer des dommages irréversibles, catastrophiques pour la santé. Malgré la préoccupation nécessaire du monde avec COVID-19, nous ne pouvons pas attendre la fin de cette pandémie pour réduire rapidement les émissions.

Reflétant la gravité du moment, ce commentaire apparaît dans les revues de santé du monde entier. Nous sommes unis pour reconnaître que seuls des changements fondamentaux et équitables dans les sociétés renverseront notre trajectoire actuelle.

Les risques pour la santé d'augmentations supérieures à 1,5 °C sont désormais bien établis. En effet, aucune élévation de température n'est anodine. Au cours des 20 dernières années, la mortalité liée à la chaleur chez les personnes de plus de 65 ans a augmenté de plus de 50 %. Des températures plus élevées ont entraîné une déshydratation accrue et une perte de la fonction rénale, des malignités dermatologiques, des infections tropicales, des effets indésirables sur la santé mentale, des complications de grossesse, les allergies, ainsi que la morbidité et la mortalité cardiovasculaires et pulmonaires. Les préjudices affectent de manière disproportionnée les plus vulnérables, notamment les enfants, les populations plus âgées, les minorités ethniques, les communautés les plus pauvres et les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents.

Le réchauffement climatique affecte également les rendements des principales cultures au niveau mondial, en baisse de 1,8 à 5,6 % depuis 1981 ; ceci, ajouté aux effets des conditions météorologiques extrêmes et de l'épuisement des sols, entrave les efforts visant à réduire la dénutrition. Des écosystèmes prospères sont essentiels à la santé humaine ; et la destruction généralisée de la nature, y compris des habitats et des espèces, pollue l'eau, compromet la sécurité alimentaire, et augmente le risque de pandémie.

Les conséquences de la crise environnementale tombent de manière disproportionnée sur les pays et les communautés qui ont le moins contribué au problème et sont le moins en mesure d'atténuer les dommages. Pourtant, aucun pays, aussi riche soit-il, ne peut se protéger de ces impacts. Laisser les conséquences se répercuter de manière disproportionnée sur les plus vulnérables engendrera davantage de conflits, d'insécurité alimentaire, de déplacements forcés et de zoonoses, avec de graves implications pour tous les pays et toutes les communautés. Comme pour la pandémie de COVID-19, nous sommes globalement aussi forts que notre membre le plus faible.

Les élévations au-dessus de 1,5 °C augmentent les chances d'atteindre des points de basculement dans les systèmes naturels qui pourraient verrouiller le monde dans un état extrêmement instable. Cela nuirait de manière critique à notre capacité à atténuer les dommages et à prévenir des changements environnementaux catastrophiques et incontrôlables.

Il est encourageant de constater que de nombreux gouvernements, institutions financières et entreprises se fixent des objectifs pour atteindre des émissions nettes nulles, y compris des objectifs pour 2030. Le coût des énergies renouvelables diminue rapidement. De nombreux pays visent à protéger au moins 30 % des terres et des océans du monde d'ici 2030.

Ces promesses ne suffisent toutefois pas. Les objectifs sont faciles à définir et difficiles à atteindre. Ils doivent encore être assortis de plans crédibles à court et à long terme pour accélérer les technologies plus propres et transformer les sociétés. Les plans de réduction des émissions n'intègrent pas adéquatement les considérations de santé. On craint de plus en plus que des augmentations de température supérieures à 1,5 °C commencent à être considérées comme inévitables, voire acceptables, pour les membres puissants de la communauté mondiale. Parallèlement, les stratégies actuelles de réduction des émissions nettes à zéro d'ici le milieu du 21ème siècle supposent de manière invraisemblable que le monde acquerra de grandes capacités pour éliminer les gaz à effet de serre de l'atmosphère.

Cette action insuffisante signifie que les augmentations de température sont susceptibles d'être bien supérieures à 2°C, un résultat catastrophique pour la santé et la stabilité de l'environnement. Fondamentalement, la destruction de la nature n'a pas la parité d'estime avec l'élément climatique de la crise, et tous les objectifs mondiaux visant à restaurer la perte de biodiversité d'ici 2020 ont été manqués. Il s'agit d'une crise environnementale globale.

Les professionnels de la santé sont unis aux scientifiques de l'environnement, aux entreprises et à bien d'autres pour rejeter le fait que ce résultat est inévitable. Plus peut et doit être fait maintenant - à Glasgow et à Kunming - et dans les années qui suivront. Nous nous joignons aux professionnels de la santé du monde entier qui ont déjà soutenu les appels à une action rapide.

L'équité doit être au centre de la réponse mondiale. Contribuer à une juste part à l'effort mondial signifie que les engagements de réduction doivent tenir compte de la contribution cumulative et historique de chaque pays aux émissions, ainsi que de ses émissions actuelles et de sa capacité à réagir. Les pays les plus riches devront réduire leurs émissions plus rapidement, en réalisant des réductions d'ici 2030 au-delà de celles actuellement proposées, en atteignant des émissions nettes nulles avant 2050. Des objectifs similaires et des mesures d'urgence sont nécessaires pour la perte de biodiversité et la destruction plus large du monde naturel.

Pour atteindre ces objectifs, les gouvernements doivent apporter des changements fondamentaux à l'organisation de nos sociétés et de nos économies et à notre mode de vie. La stratégie actuelle consistant à encourager les marchés à troquer les technologies sales contre des technologies plus propres n'est pas suffisante. Les gouvernements doivent intervenir pour soutenir la refonte des systèmes de transport, des villes, de la production et de la distribution de nourriture, des marchés pour les investissements financiers, des systèmes de santé et bien plus encore. Une coordination mondiale est nécessaire pour garantir que la ruée vers des technologies plus propres ne se fasse pas au prix d'une plus grande destruction de l'environnement et d'une exploitation humaine.

De nombreux gouvernements ont fait face à la menace de la pandémie de COVID-19 au prix d’efforts financiers sans précédent. La crise environnementale exige une réponse d'urgence similaire. Des investissements énormes seront nécessaires, au-delà de ce qui est envisagé ou livré n'importe où dans le monde. Mais de tels investissements auront des effets positifs très significatifs pour la santé et l'économie. Ces efforts consisteront en la création d'emplois de haute qualité, d'une réduction de la pollution de l'air, d'une activité physique accrue et d'un logement et d'une alimentation améliorés. Une meilleure qualité de l'air à elle seule entraînerait des avantages pour la santé qui compenseraient facilement les coûts mondiaux des réductions d'émissions.

Ces mesures permettront également d'améliorer les déterminants sociaux et économiques de la santé, dont le mauvais état a pu rendre les populations plus vulnérables à la pandémie de COVID-19 Mais ces changements ne peuvent se réaliser par un retour à des politiques d’austérité dommageables, ou en maintenant de grandes inégalités de richesse et de pouvoir. (…).

En particulier, les pays qui ont créé la crise environnementale de manière disproportionnée doivent faire davantage pour aider les pays à revenu faible et intermédiaire à construire des sociétés plus propres, plus saines et plus résilientes. Les pays à revenu élevé doivent respecter et aller au-delà de leur engagement exceptionnel de fournir 100 milliards de dollars US par an, compensant tout déficit en 2020 et augmentant les contributions jusqu'en 2025 et au-delà. Le financement doit être réparti à parts égales entre l'atténuation et l'adaptation, y compris l'amélioration de la résilience des systèmes de santé.

Le financement devrait se faire sous forme de subventions plutôt que de prêts, en renforçant les capacités locales et en autonomisant véritablement les communautés, et devrait s'accompagner de la remise de dettes importantes, qui limitent l'action de tant de pays à faible revenu. Des financements supplémentaires doivent être mobilisés pour compenser les pertes et dommages inévitables causés par les conséquences de la crise environnementale.

En tant que professionnels de la santé, nous devons faire tout notre possible pour faciliter la transition vers un monde durable, plus juste, résilient et plus sain. En plus d'agir pour réduire les dommages causés par la crise environnementale, nous devons contribuer de manière proactive à la prévention mondiale de nouveaux dommages et à l'action sur les causes profondes de la crise. Nous devons demander des comptes aux dirigeants mondiaux et continuer à éduquer les autres sur les risques sanitaires de la crise. Nous devons nous joindre aux travaux visant à mettre en place des systèmes de santé respectueux de l'environnement avant 2040, en reconnaissant que cela impliquera de changer la pratique clinique. (…).

La plus grande menace pour la santé publique mondiale est l'échec persistant des dirigeants mondiaux à maintenir l'augmentation de la température mondiale en dessous de 1,5 °C et à restaurer la nature. Des changements urgents à l'échelle de la société doivent être apportés et conduiront à un monde plus juste et plus sain. Nous, en tant qu'éditeurs de revues de santé, appelons les gouvernements et autres dirigeants à agir, marquant 2021 comme l'année où le monde change enfin de cap. Lukoye Atwoli, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 4 septembre 2021 

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 2 septembre 2021

#thelancet #COVID-19 #vaccination #ChAOx1 Réactogénicité et immunogénicité après une deuxième dose tardive ou une troisième dose de ChAdOx1 nCoV-19 au Royaume-Uni : une sous-étude de deux essais contrôlés randomisés (COV001 et COV002)

Proportion de la population mondiale vaccinée contre la COVID-19; en date du 25 août 2021.
Source: https://en.wikipedia.org/wiki/COVID-19_vaccine

 

Les pénuries d'approvisionnement en vaccins COVID-19 suscitent des inquiétudes quant à l'immunité compromise dans certains pays, du fait de l’allongement de l'intervalle entre la première et la deuxième dose. A l'inverse, les pays sans contraintes d'approvisionnement envisagent d'administrer une troisième dose. Nous avons évalué la persistance de l'immunogénicité après une dose unique de ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222), l'immunité après un intervalle prolongé (44 à 45 semaines) entre la première et la deuxième dose et la réponse à une troisième dose en tant que rappel administré 28 à 38 semaines après la deuxième dose.

Dans cette sous-étude, des volontaires âgés de 18 à 55 ans inscrits dans l'essai contrôlé de phase 1/2 (COV001) au Royaume-Uni et ayant reçu une dose unique ou deux doses de 5 × 1010 particules virales ont été invités à revenir pour la vaccination. Nous rapportons ici la réactogénicité et l'immunogénicité d'une deuxième dose retardée (44 à 45 semaines après la première dose) ou d'une troisième dose du vaccin (28 à 38 semaines après la deuxième dose). Des données provenant de volontaires âgés de 18 à 55 ans qui ont été inclus dans les essais contrôlés randomisés en simple aveugle de phase 1/2 (COV001) ou de phase 2/3 (COV002) de ChAdOx1 nCoV-19 et qui avaient déjà reçu une dose unique ou deux doses de 5 x 1010 particules virales sont utilisées à des fins de comparaison. Les deux essais COV001 et COV002 sont toujours en cours.(…).

Entre le 11 et le 21 mars 2021, 90 participants ont été inscrits dans la sous-étude de rappel de la troisième dose, dont 80 (89 %) étaient évaluables pour la réactogénicité, 75 (83 %) étaient évaluables pour l'évaluation des anticorps et 15 (17 %) étaient évaluables pour les réponses des lymphocytes T. La cohorte à deux doses comprenait 321 participants qui avaient des données de réactogénicité (avec un intervalle d'amorçage de 8 à 12 semaines : 267 [83 %] sur 321 ; 15 à 25 semaines : 24 [7 %] ; ou 44 à 45 semaines : 30 [9 %]) et 261 qui avaient des données d'immunogénicité (intervalle de 8 à 12 semaines : 115 [44 %] sur 261 ; 15 à 25 semaines : 116 [44 %] ; et 44 à 45 semaines : 30 [11 %]) . L'immunogénicité de 480 participants de la cohorte à dose unique a pu être évaluée jusqu'à 44 à 45 semaines après la vaccination. Les titres d'anticorps après une dose unique mesurés environ 320 jours après la vaccination sont restés supérieurs aux titres mesurés au départ (titre moyen géométrique de 66,00 unités ELISA [UEs ; Intervalle Confiance -IC- à 95 % 47,83–91,08] vs 1,75 UEs [ 1,60-1,93]). 32 participants ont reçu une deuxième dose tardive du vaccin 44 à 45 semaines après la première dose, dont 30 ont été inclus dans les analyses d'immunogénicité et de réactogénicité. Les titres d'anticorps étaient plus élevés 28 jours après la vaccination chez ceux avec un intervalle plus long entre la première et la deuxième dose que pour ceux avec un intervalle court (titre médian d'IgG totales : 923 UE [Intervalle Interquartile -IQR- 525–1764] avec un intervalle de 8 à 12 semaines ; 1860 UE [917-4934] avec un intervalle de 15-25 semaines ; et 3738 UE [1824-6625] avec un intervalle de 44-45 semaines). Parmi les participants qui ont reçu une troisième dose de vaccin, les titres d'anticorps (mesurés chez 73 [81 %] participants pour lesquels des échantillons étaient disponibles) étaient significativement plus élevés 28 jours après une troisième dose (titre médian d'IgG totales : 3746 UE [IQR 2047-6420] ) que 28 jours après une deuxième dose (médiane 1792 UE [IQR 899–4634] ; test des rangs signés de Wilcoxon p = 0,0043). Les réponses des lymphocytes T ont également été amplifiées après une troisième dose (la réponse médiane est passée de 200 unités formatrices de taches [SFU] par million de cellules mononucléées du sang périphérique [PBMC ; IQR 127-389] immédiatement avant la troisième dose à 399 SFU par million de PBMC [314 –662] au jour 28 après la troisième dose ; test des rangs signés de Wilcoxon p = 0,012). La réactogénicité après une deuxième dose tardive ou une troisième dose était inférieure à la réactogénicité après une première dose.

Un intervalle prolongé avant la deuxième dose de ChAdOx1 nCoV-19 entraîne une augmentation des titres d'anticorps. Une troisième dose de ChAdOx1 nCoV-19 induit des anticorps à un niveau qui correspond à une efficacité élevée après la deuxième dose et stimule les réponses des lymphocytes T. Ami Flaxman, DPhil, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 1er septembre 2021

Financement: UK Research and Innovation, Engineering and Physical Sciences Research Council, National Institute for Health Research, Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, National Institute for Health Research Oxford Biomedical Research Centre, Chinese Academy of Medical Sciences Innovation Fund for Medical Science, Thames Valley, South Midlands NIHR Clinical Research Network, AstraZeneca, Wellcome.

Source: The Lancet Online / Préparation post: NZ

jeudi 1 juillet 2021

#thelancetmicrobe #G7 #pandémie Les dirigeants du G7 s'engagent à une plus grande préparation à la pandémie (encore une fois)

Source iconographique : Andy Roberts / CAIA IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY

 

La clôture du sommet du G7, en date du 13 juin 2021, a donné lieu à de nombreux engagements en faveur de la préparation à une pandémie. Bien que ces engagements aient été formulés en des termes insipides ; ce à quoi on pouvait s’attendre dans le cadre de ce type d'événement, ils sont le résultat d’un cheminement qui, espérons-le, mènera aux niveaux de préparation nécessaires depuis des années. Il est également heureux qu'outre les déclarations sur la pandémie de COVID-19 et les futures pandémies, les dirigeants du G7 aient reconnu que la résistance aux antimicrobiens fait partie des principales menaces pour la santé auxquelles le monde est confronté. Mais il est raisonnable d'être un peu sceptique, car ces engagements sont familiers à ceux qui se souviennent du sommet du G7 en 2016. À l'époque, les dirigeants du G7 avaient exprimé leur engagement « à prendre le leadership pour renforcer la réponse aux urgences de santé publique et à la résistance aux antimicrobiens ».

Le communiqué de 2021 frappe les esprits d’un ton précis en déclarant qu'à partir de maintenant, les efforts pour vacciner le monde contre le COVID-19 seront intensifiés et que des structures bien cadrées seront créées pour renforcer les défenses contre les menaces sur la santé. Parmi les résolutions adoptées figurent les améliorations des « systèmes d'alerte précoce ». Une pièce maîtresse de ces systèmes sera le hub de l'OMS pour le renseignement sur les pandémies et les épidémies exploré par Vijay Shankar Balakrishnan dans la section Actualités de ce numéro*.

Depuis le début de la pandémie, de nombreux appels ont été lancés, pour donner la priorité à la surveillance, y compris dans les pages de The Lancet Microbe ; il est donc très bienvenu de voir que la surveillance est entrée dans le courant dominant. Comme dit le proverbe, prévenu est prévenu. Concernant plus particulièrement le SRAS-CoV-2, le communiqué comprend un engagement des pays du G7 à « renforcer la surveillance mondiale et le séquençage génomique,  ainsi que le partage rapide des informations nécessaires pour permettre la détection rapide nécessaire et la lutte contre le virus et ses variants émergents ». Des rencontres ultérieures plus importantes seront nécessaires (comme le sommet du G20 en octobre) pour faire de cette entreprise un engagement plus global. Les pays du G7 se sont fixés pour objectif de séquencer et de partager sur les bases de données existantes au moins 10 % de tous les nouveaux échantillons positifs de COVID-19 pendant la « phase pandémique », mais on ne sait pas ce qui définira la fin de cette phase.

Il est rassurant de constater que la résistance aux antimicrobiens continue d'être reconnue comme une menace majeure pour la santé par les dirigeants du G7. Mais, comme déjà noté, la résistance aux antimicrobiens a déjà fait son chemin dans ces communiqués sans aucun résultat matériel. La confiance que la mention de la résistance aux antimicrobiens conduira à un résultat tangible est encore diminuée par l'absence de plans spécifiques liés à cette question. Comme le monde l'a découvert avec la préparation à une pandémie, ce n'est que lorsque les conséquences nous sautent aux yeux que des mesures énergiques sont prises.

Le communiqué comprend une approbation de la Déclaration sur la santé de Carbis Bay du G7, qui détaille les actions visant à « garantir que tous les pays sont mieux équipés pour prévenir, détecter, répondre et se remettre des crises sanitaires ». La première de ces actions est le renforcement de l'approche One Health en matière de prévention et de préparation. Malgré les arguments réapparus sur l'origine du SRAS-CoV-2, les animaux sauvages continueront d'être la source écrasante de nouveaux agents pathogènes à potentiel pandémique.

Tout au long du communiqué et de la Déclaration sur la santé, les mots multilatéral et transparent envoient manifestement et à juste titre un message aux autres nations. De nombreuses ripostes aux flambées épidémiques survenues au cours des dernières années ont été initialement entravées par un manque de transparence. Ce manque de transparence visait en partie à éviter la stigmatisation, mais aussi à éviter de détourner l'autorité nécessaire au pilotage d’actions visant à relever d’autres défis nationaux. Le plan est de renforcer le rôle de l'OMS dans la préparation et la riposte aux pandémies conformément à une résolution prise lors de la 74ème Assemblée mondiale de la Santé en mai. S'il existe un véritable engagement en faveur de la coopération mondiale, alors l'ambition d'éviter une pandémie à l'échelle de COVID-19 pourrait se réaliser.

Seul le temps nous dira si ces engagements se transformeront en mécanismes concrets pour prévenir et contrer les futures pandémies. Les actions passées en matière de préparation à une pandémie n'ont manifestement pas réussi à répondre aux exigences de la pandémie actuelle, en partie parce que le risque d'un événement de l'ampleur de la pandémie de COVID-19 était considéré comme lointain ou hypothétique par les dirigeants nationaux, qui, malgré leurs engagements passés, avaient jusqu’à présent axé leurs efforts sur les priorités à court terme. La pandémie actuelle restera probablement dans l'esprit de nombreuses personnes pendant quelques années, laissant espérer que les engagements cette fois-ci conduisent à une véritable préparation. Rédacteurs de The Lancet Microbe, publication en ligne le 1er juillet 2021

*The Lancet Microbe, Vol. 2, N°7, 1er juillet 2021

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 24 juin 2021

#thelancetinfectiousdiseases #COVID-19 #vaccination Efficacité de la vaccination BNT162b2 et ChAdOx1 nCoV-19 COVID-19 pour prévenir les hospitalisations chez les personnes âgées d'au moins 80 ans : une étude cas-témoins à test négatif

Nombre de cas déclarés (bleu) et nombre de morts (rouge), et en moyenne mobile sur 7 jours : nombre de cas quotidiens (pointillés bleu) et nombre de morts quotidiens (pointillés rouge). Attention, toutes ces courbes sont en échelle logarithmique. 
Source iconographique et légendaire: 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19_en_France

 

Le 8 décembre 2020, le déploiement du premier vaccin contre le SRAS-CoV-2 autorisé au Royaume-Uni (vaccin à ARNm BNT162b2) a commencé, suivi d'un vaccin à vecteur adénoviral ChAdOx1 nCoV-19 le 4 janvier 2021. Résidents et personnel des maisons de soins, agents de santé (…), et adultes âgés de 80 ans et plus ont été vaccinés en premier. Cependant, peu de données existent concernant l'efficacité de ces vaccins chez les personnes âgées présentant de nombreuses comorbidités. Dans cette évaluation post-mise en œuvre de deux vaccins COVID-19, nous avons cherché à déterminer l'efficacité d'une dose pour réduire les admissions à l'hôpital liées au COVID-19 chez les personnes d'un âge avancé. (…).

Cette étude cas-témoins prospective à test négatif a inclus des adultes âgés d'au moins 80 ans qui ont été admis dans deux unités hospitalières dépendant du NHS à Bristol, au Royaume-Uni, avec des signes et symptômes de maladie respiratoire. Les patients qui ont développé des symptômes avant de recevoir leur vaccin ou ceux qui ont reçu leur vaccin après leur admission à l'hôpital ont été exclus, de même que ceux dont les symptômes ont commencé plus de 10 jours avant l'admission à l'hôpital. Nous avons effectué une analyse de régression logistique, contrôlant le temps (semaine), le sexe, l'indice de privations multiples et le statut de placement en résidence en soins, et des analyses de sensibilité appariées pour le temps et le sexe à l'aide d'un modèle logistique conditionnel ajustant l'indice de privations multiples et le statut de placement en résidence en soins.

Entre le 18 décembre 2020 et le 26 février 2021, 466 adultes étaient éligibles (144 tests positifs et 322 tests négatifs). 18 (13 %) des 135 personnes infectées par le SRAS-CoV-2 et 90 (34 %) des 269 témoins ont reçu une dose de BNT162b2. L'efficacité vaccinale ajustée était de 71,4 % (Intervalle de Confiance [IC] 95 % 46,5–90,6). Neuf (25 %) des 36 personnes infectées par le COVID-19 et 53 (59 %) des 90 témoins ont reçu une dose de ChAdOx1 nCoV-19. L'efficacité vaccinale ajustée était de 80,4 % (IC 95%  36,4-94,5). Lorsque l'analyse de l'efficacité du BNT162b2 a été limitée à la période couverte par ChAdOx1 nCoV-19, l'estimation était de 79,3 % (IC 95 % 47,0–92,5).

Une dose de BNT162b2 ou de ChAdOx1 nCoV-19 a entraîné des réductions substantielles du risque d'hospitalisation liée au COVID-19 chez les personnes âgées d'au moins 80 ans. Catherine Hyams, PhD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 23 juin 2021

Financement : Pfizer

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

mercredi 9 juin 2021

#thelancet #COVID-19 #vaccins #épidémiologie #géopolitique #médecinehumanitaire L'épidémiologie, et non la géopolitique, devrait guider les dons de vaccins COVID-19

Représentation de ce que devrait être la campagne de vaccination contre la COVID-19: à l'échelle de la planète toute entière, sans distinction aucune; ni politique, ni géographique TEK IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY

 

Alors que les approvisionnements en vaccins COVID-19 passent de la rareté à l'abondance dans les pays à revenu élevé, comme le Canada, l'UE, les États-Unis et le Royaume-Uni; se tient le sommet du Groupe des Sept (G7) à Cornwall, Royaume-Uni les 11-13 juin 2021. C'est le moment où les dirigeants de ces pays doivent tenir leurs promesses d'envoyer les surplus de vaccins COVID-19 dans les nombreux autres pays où les doses restent rares.

Les dons de vaccins ne sont pas la seule solution au fossé qui s'est creusé entre les pays avec et sans doses suffisantes de vaccins COVID-19. Pourtant, le nombre potentiel de doses de vaccin excédentaires achetées par les pays du G7 est susceptible de se chiffrer en centaines de millions ou plus. Les fabricants de vaccins basés dans ces pays ont également proposé de vendre plus d'un milliard de doses au prix coûtant pour une utilisation à faible -pays à revenu intermédiaire et à revenu intermédiaire (PRFI) en 2021, que les gouvernements du G7 pourraient acheter et donner. Ces approvisionnements sont suffisamment importants pour répondre aux demandes de vaccins à court terme tandis que des investissements sont réalisés dans le transfert de technologie vers les PRFI et dans l'intensification de la fabrication mondiale capacité de vaccins et d'intrants vaccinaux pour répondre au SRAS-CoV-2 et aux futures menaces pandémiques. (…) . Thomas J Bollyky, Christopher J L Murray, Robert C Reiner Jr, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 8 juin 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Préparation post : NZ

mercredi 26 mai 2021

#EClinialMedicine #SARS-CoV-2 #anticorps Analyse basée sur la population de la longévité de la séropositivité des anticorps anti-SRAS-CoV-2 aux États-Unis


Pneumonie aigue bilatérale, les flèches indiquent un infiltrat en verre dépoli dans les deux poumons.
Source iconographique et légendaire:https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_%C3%A0_coronavirus_2019 

Cette étude transversale visait à suivre la durée de séropositivité des anticorps anti-SRAS-CoV-2 basée sur la population à travers les États-Unis, à l'aide de données d'observation provenant d'un registre de laboratoire clinique national rassemblant des données de patients dépistés par amplification d'acide nucléique (TAAN) et par tests sérologiques. La connaissance de la séropositivité des anticorps et de sa durée peut aider à dicter la planification post-pandémique.

En utilisant des tests pour détecter des anticorps dirigés contre les protéines de nucléocapside (N) ou de pointe (S) effectuées sur des échantillons de 39086 personnes avec COVID-19 positif confirmé par réaction en chaîne par transcription inverse-polymérase (RT-PCR) de mars 2020 à janvier 2021, nous avons analysé taux de séropositivité des IgG à l'échelle nationale jusqu'à 300 jours après le test NAAT initial positif des patients. La régression linéaire a identifié des tendances dans les taux de séropositivité et la régression logistique a testé la prévisibilité positive selon l'âge, le sexe, le type de test et les jours après l'infection.

La séropositivité des anticorps IgG aux protéines SRAS-CoV-2 S et N a suivi une tendance linéaire atteignant environ 90% de positivité 21 jours après l'index. Le taux de séropositivité aux protéines N a diminué à un rythme plus prononcé, passant à 68.2% [Intervalle de Confiance -IC- à 95%: 63.1–70.8%] après 293 jours, tandis que la séropositivité aux anticorps S a maintenu un taux de 87.8% [IC à 95%: 86.3–89.1 %] à 300 jours. En plus du type d'antigène et du nombre de jours après la PCR positive, l'âge et le sexe étaient également des facteurs importants dans la prédiction de la séropositivité, les moins de 65 ans présentant un taux de séropositivité plus soutenu.

Les données d'observation d'un laboratoire clinique national, bien que limitées par une vision épidémiologique de la population américaine, offrent un calendrier encourageant pour le développement et la durabilité des anticorps jusqu'à dix mois après l'infection naturelle et pourraient éclairer la planification post-pandémique. David Algego, et al, dans EClinicalMedicine – The Lancet, publication en ligne en avant-première, 24 mai 2021

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ


mardi 27 avril 2021

#thelancet #enune #èrenouvelle #immunisation 2021 : début d’une ère nouvelle de l’immunisation ?

Garçon recevant un vaccin. Copyright : Hereward Holland/Reuters

Alors que le monde est résolument axé vers l’efficacité, les événements indésirables, les accords de licence, le déploiement massif de vaccins contre la COVID-19, les interruptions, ainsi que les obstacles aux immunisations en routine au cours de la pandémie ont beaucoup moins retenu l’attention. La « Semaine Mondiale de l’Immunisation » (24 avril 2021-20 avril 2021) offre l’opportunité de refléter sur l’état en matière d’efforts d’immunisation contre les maladies évitables par la vaccination, comment la pandémie de COVID-19 a affecté le progrès, et quelles leçons peuvent accélérer les efforts de prévention des maladies par immunisation.

Le Calendrier d’Immunisation 2030 (IA2030) est lancé officiellement depuis le 26 avril. Ce calendrier fournit une nouvelle vision globale et stratégique des vaccins à l’horizon de la prochaine décennie, il fait suite au Plan d’Action Globale de Vaccination (2011-2020). Avant l’émergence de la pandémie, le progrès en matière de couverture vaccinale s’était déjà assoupi entre 2010 et 2019. Par exemple, selon les données de l’OMS et de l’UNICEF, les taux globaux d’immunisation par administration de la première dose de vaccin contre la rougeole était de 84-85%. Le Plan d’Action Globale de Vaccination était important ; du fait que cela permettait de réunir des partenaires et d’élargir la couverture vaccinale en incluant des vaccins plus récents, comme ceux contre le rotavirus et l’hépatite B. Cependant, la conclusion de l’évaluation de l’OMS était que ledit plan d’action n’avait pas permis de faire de progrès en matière de lutte contre les inégalités d’accès aux vaccins; et que cette campagne n’avait eu qu’un succès mitigé en matière d’influence sur les actions nationales particulières à approche descendantes. Editorial, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 24 avril 2021

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 31 mars 2021

#thelancet #exclusif #COVID-19 #vaccin #AZD1222 #vaccin Efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) contre le variant SARS-CoV-2 202012/01 (B.1.1.7) : analyse exploratoire d’un essai randomisé contrôlé

Pays présentant des cas confirmés de cas de COVID-19 dus à la souche B.1.1.7. en date du 25 mars 2021. Légende: :   >100000 cas confirmés;   4000–99999 cas confirmés;   1000–3999 cas confirmés;   500-999 cas confirmés;   100-499 cas confirmés;    2-99 cas confirmés;     1 cas confirmé   Aucun cas confirmé, ou aucune donnée disponible
Source: 
https://en.wikipedia.org/wiki/Lineage_B.1.1.7

Un nouveau variant du SARS-Cov-2, B.1.1.7, apparaît comme le principal contributeur de cas nouveaux de COVID-19 AU Royaume-Uni, à partir de novembre 2020. Nous rapportons une analyse post-hoc de l’efficacité du vaccin à adénovirus, le ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) contre ce variant.

Des volontaires, (d’âge ≥ 18 ans), recrutés dans des études d’efficacité vaccinale de phase 2/3 au Royaume – Uni et répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir le ChAdOx1 nCoV-19 ou un vaccin conjugué contre le méningocoque (MenACWY), ont fourni des frottis de muqueuse des voies respiratoires supérieures, une fois par semaine, s’ils présentaient des symptômes de COVID-19 (toux, fièvre de 37.8°C ou plus, un souffle court, de l’anosmie ou de l’agueusie). Les échantillons ont été testés par dispositif d’amplification des acides nucléiques (NAAT) pour détection du SARS-CoV-2 ; et les échantillons positifs ont été séquencés par le consortium Genomics UK pour la COVID-19. Les réponses en termes d’anticorps neutralisants ont été mesurés à l’aide d’un test de microneutralisation (…) contre la lignée B.1.1.7 et une lignée non-B.1.1.7 canonique (Victoria). L’analyse d’efficacité comprenait les participants symptomatiques à la COVID-19 pris parmi les participants séronégatifs présentant un frottis positif au test NAAT plus de 14 jours après la seconde dose de vaccin. Les participants ont été analysés selon le vaccin qui leur avait été administré. L’efficacité vaccinale était exprimée par le résultat du calcul [1- risque relatif (ChAdOx1 nCoV-19 versus MenACWY)] dérivé du modèle robuste de la loi de Poisson. La présente étude est toujours en cours à l’heure actuelle.

Les participants inclus dans les cohortes d’efficacité ont été recrutés entre le 31 mai 2020 et le 13 novembre 2020, et ont reçu des doses de rappel entre le 1er octobre 2020 et le 14 janvier 2021. Sur les 8 534 participants inclus dans la cohorte d’efficacité principale, 6 636 (78%) étaient âgés de 18 ans à 55 ans et 5 065 étaient des femmes. Entre le 1er octobre 2020 et le 14 janvier 2021, 520 participants ont développé une infection au SARS-CoV-2. 1 466 frottis du nez et de la gorge positifs au test NAAT ont été collectés chez ces participants au cours de cet essai. De ceux-là, 401 frottis obtenus chez 311 participants ont été séquencés avec succès. L’activité de neutralisation virale par les anticorps induits par les vaccins était plus faible contre le variant B.1.1.7 que contre la lignée Victoria (ratio des moyennes géométriques 9.9, Intervalle de Confiance [IC] 95% 7.2-11.0). L’efficacité vaccinale contre l’infection symptomatique positive au test NAAT était de 70.4% (IC 95% 43.6-84.5) pour B.1.1.7 et de 81.5% (67.9-89.4) pour les lignées non B.1.1.7 .

ChAdOx1 nCoV-19 a montré une activité de neutralisation réduite contre le variant B.1.1.7 en comparaison du variant non-B.1.1.5 in vitro, mais le vaccin s’est montré efficace contre le variant B.1.1.7 du SARS-CoV-2. Katherine R W Emary, FRCPath, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 30 mars 2021

Financement : UK Research and Innovation, National Institute for Health Research (NIHR), Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, NIHR Oxford Biomedical Research Centre, Thames Valley and South Midlands NIHR Clinical Research Network, et AstraZeneca.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

 

jeudi 25 mars 2021

#thelancet #COVID-19 #doitsdel’homme Droits de l’Homme et accès équitable aux vaccins contre la COVID-19 : mise en place de la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la santé et les Droits de l’Homme

 

Concept d'accessiblité, de priorité et de privilège accordés concernant l'accès aux vaccins contre le Coronavirus.
Copyright: Shutterstock/ eamesBot

Le rapide développement de vaccins contre la COVID-19 sûrs et efficaces représente une réalisation scientifique sans précédent ; il offre la promesse d’un avenir post-pandémie sain. Cependant, l’accès inéquitable aux vaccins altère cette vision optimiste de la situation, nos institutions gouvernementales ayant échoué dans l’anticipation, la prévention ou la réduction de ces inégalités. En date du 21 mars 2021, 78% des 447 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 mises à disposition ont été distribuées dans 10 pays seulement. Presque un quart de la population mondiale pourrait ne pas avoir accès à ces vaccins avant 2022.

En tant que membres de la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la Santé et les Droits de l’Homme nouvellement mise en place, nous sommes consternés du peu d’attention donnée aux droits de l’homme dans les discussions relatives à l’accès aux vaccins contre la COVID-19. Cela doit changer. Sans soutien du principe selon lequel chaque individu possède les mêmes droits à la dignité, à la santé, et aux bénéfices dus au progrès scientifique, notre victoire contre la COVID-19 reste incertaine. Collaborateurs à la Commission « International AIDS Society-Lancet » pour la Santé et les Droits de l’Homme, dans The Lancet, publication en ligne le 24 mars 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online/ Traduction et adaptation : NZ


lundi 15 mars 2021

#thelancet #COVID-19 #vaccin #rappel #AstraZeneca Dose unique du vaccin Oxford-AstraZeneca contre la COVID-19 suivi d’un rappel à 12 semaines

 

Vaccin AstraZeneca contre la COVID-19. Copyright: Juan Roballo/Shutterstock

Les vaccins contre la COVID-19 sont cruciaux dans la réponse globale à la pandémie. Dans The Lancet, Merryn Voysey et al* rapportent les premiers résultats d’efficacité du vaccin Oxford-AstraZeneca ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) obtenus à l’issue de 3 essais randomisés en simple-aveugle réalisés au Royaume-Uni et au Brésil et d’une étude en double-aveugle réalisée en Afrique du Sud. Le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 a reçue l’autorisation permettant son administration en urgence chez les adultes par l’Agence de Règlementation des Médicaments et Produits de Santé du Royaume-Uni, en décembre 2020. Un rapport ultérieur, basé sur une analyse intermédiaire de 4 essais randomisés contrôlés réalisés au Brésil, en Afrique du Sud, et au Royaume-Uni, suggère une efficacité globale de 70.4% (Intervalle de Confiance [IC] 95.8% 54.8-80.6), avec un niveau d’efficacité plus élevé  (90%) chez les patients qui avaient reçu une faible dose lors de la première injection (2.2 x 1010 particules virales par dose) suivi d’une injection à dose standard (5 x 1010 particules virales par dose), et une efficacité du vaccin de 62.1% (IC 95% 41.0-75.7) chez ceux qui avaient reçu deux doses standard à 4 semaines d’intervalle.

En conclusion des ces résultats intermédiaires, et afin d’obtenir rapidement le meilleur effet bénéfique de santé, le gouvernement du Royaume-Uni a décidé de pratiquer une politique d’administration du plus grand nombre possible de premières doses de vaccin ; et de retarder ce faisant l’administration de la deuxième dose de ChAdOx1 nCoV-19 jusqu’à 12 semaines après la première dose. Bien que cette politique ait été critiquée, les derniers résultats rapportés par Voysey et al fournissent la justification factuelle de cette décision. Ivan F N Hung et Bregory A Poland, dans The Lancet, publié le 6 mars 2021

[*Voysey M Costa Clemens SA Madhi SA et al.

Single dose administration and the influence of the timing of the booster dose on immunogenicity and efficacy of ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) vaccine: a pooled analysis of four randomised trials.

Lancet. 2021; 397: 881-891]

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ


mardi 2 février 2021

#thelancet #exclusif #COVID-19 #vaccin Innocuité et efficacité d’un vaccin hétérologue à amorce – rappel à vecteurs rAd26 et rAd5 contre la COVID-19 : analyse intermédiaire d’un essai de phase 3 en Russie

Le SARS-CoV-2 en microscopie électronique
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19

 

Un vaccin hétérologue a vecteur adénovirus recombinant (rAd), le Gam-COVID-Vac (Sputnik V), a montré un bon profil d’innocuité et a induit de fortes réponses immunitaires humorales et cellulaires chez des participants à des essai cliniques de phase 1/2. Ici, nous rapportons les résultats préliminaires d’efficacité et d’innocuité de Gam-COVID-Vac, à partir de l’analyse intermédiaire de cet essai de phase 3.

Nous avons réalisé un essai de phase 3 randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo dans 25 hôpitaux et polycliniques situés à Moscou, Russie. Nous avons inclus des participants âgés d’au moins 18 ans, présentant des tests PCR négatifs quant aux IgG et IgM anti-SARS-CoV-2, ne présentant pas de pathologies infectieuses dans les 14 jours précédant le recrutement, et n'ayant reçu aucune vaccination dans les 30 jours précédant le recrutement. Les participants ont été répartis au hasard dans deux groupes (3 :1) stratifiés par groupe d’âge, pour recevoir soit le vaccin, soit le placebo. Ni les investigateurs, ni les participants, ni le personnel de l’étude n’avait accès au tableau de randomisation. Les vaccin était administré (0.5 mL/dose) par voie intramusculaire selon la stratégie de vaccination dite amorce–rappel : un intervalle de 21 jours entre la première dose administrée (rAd26) et la deuxième dose administrée (rAd5) était appliqué, les deux vecteurs portant le gène codant pour la glycoprotéine S du SARS-CoV-2 sur toute sa longueur. Le critère principal d’évaluation de l’essai était la proportion de patients présentant une COVID-19 confirmée par PCR à partir du 21ème jour suivant l’injection de la première dose. Etaient exclus des analyses tout patient présentant des violations au protocole : le critère principal était évalué chez les participants qui avaient reçu les deux doses de vaccin ou du placebo; les évènements indésirables étaient relevés chez tous les participants qui avaient reçu au moins une dose de vaccin au moment du verrouillage de la base de données, et les rares évènements indésirables observés étaient pris en compte chez tous les participants qui avaient reçu au moins deux doses et chez qui toutes les données disponibles étaient vérifiées dans le cahier d’observation (CRF) au moment du verrouillage de la base. (…).

Entre le 7 septembre et le 24 novembre 2020, 21 977 adultes ont été répartis de manière aléatoire dans les groupes ; ainsi, 16 501 patients ont rejoint le groupe vaccin et 5 476 patients ont rejoint le groupe placebo. 19 866 ont reçu les deux doses de vaccin ou de placebo et ont été inclus dans la population analysée quant au critère principal de l’étude. A partir de 21 jours suivant la première dose de vaccin (le jour même de l’injection de la dose 2), 16 (0.1%) des 14 964 participants du groupe vaccin et 62 (1.3%) des 4 902 participants du groupe placebo ont confirmé être atteints de COVID-19 ; l’efficacité du vaccin étant de 91.6% (Intervalle de Confiance [IC] 85.6-95.2). La plupart des évènements indésirables rapportés étaient des évènements indésirables de grade 1 (7 485 [94%] sur un total de 7 966 évènements relevés). 45 (0.3%) des 16 427 participants du groupe vaccin et 23 (0.4%) des 5 435 participants du groupe placebo ont présenté des évènements indésirables graves ; aucun n’a été imputé à la vaccination, selon le comité indépendant de contrôle des données. Quatre décès ont été rapportés au cours de l’étude (trois [<0.1%] participants sur les 16 427 du groupe vaccin et un [<0.1%] participant sur les 5 435 du groupe placebo) ; aucun de ces décès n’a été imputé au vaccin.

Cette analyse intermédiaire de l’essai de phase 3 du Gam-COVID-Vac a montré 91.6% d’efficacité contre la COVID-19 été bien toléré dans une vaste cohorte. Denis Y Logunov, DSc, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 2 février 2021

Financement : Département de la Santé de la Ville de Moscou, Fonds Russe d’Investissements Directs, Sberbank, et RUSAL

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 13 janvier 2021

#Cell #exclusif #SARS-CoV-2 #vaccin Vaccins ARN messager contre le SARS-CoV-2



 

Vaccine efficacy = Efficacité du vaccin
100 jours
après l'injection des premières doses de vaccin Moderna ( en bleu ) et Pfizer - BioNTech versus placebo, respectivement, on observe à 100 jours post injection qu'aucun des sujets injectés avec le vaccin actif placebo ne sont atteints par le SARS-CoV-2 versus 2.0% de sujets injectés avec les placebo respectifs atteints par l'infection au SARS-CoV-2.

Les deux premiers vaccins ayant prouvé leur efficacité dans l’inhibition de la pathologie COVID-19 sont tous deux des vaccin à ARNm, atteignant une efficacité (et une innocuité) chez 95% des 74 000 participants (la moitié d’entre eux recevant le placebo) après administration intramusculaire en deux injections : la première à T=0, la deuxième à T= 3-4 semaines. Eric J. Topol, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 13 janvier 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ


mardi 1 décembre 2020

#EClinicalMedicine #thelancet #COVID-19 #grippe Prévalence des facteurs de risques liés au COVID-19 et risque de grippe sévère chez les survivants au cancer : étude de cohortes appariées utilisant les données électroniques de santé anglaises enregistrées liées

 

La distanciation physique peut atténuer la propagation de la Covid-19
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Pand%C3%A9mie_de_Covid-19

Les personnes atteintes de cancer patent sont reconnues comme personnes ayant plus de risque de développer la COVID-19 ; toutefois, la question de savoir si la population élargie des survivants au cancer est à risque élevé. Notre but était de tenter d’y répondre, en comparant des sujets survivant à un cancer avec des sujets de contrôle n’ayant pas eu de cancer pour (i) la prévalence de comorbidités considérées comme facteurs de risque accru de développer une COVID-19 ; et (ii) le risque de développement d’une grippe sévère, comme marqueur de susceptibilité d’issue grave lors d’une contamination aux virus respiratoires dans un contexte d’épidémie. 

Nous avons inclus des survivants (âgés de 21 ans et plus) à 20 types de cancers parmi les plus communément rencontrés, et des sujets de contrôles non atteints par le cancer appariés pour l’âge, le sexe pris dans des contextes de consultation de médecine générale ; les extractions des données patients des deux groupes ayant été réalisées à partir de bases de données anglaises (…) de cas de cancers, d’admission dans les hôpitaux, et d’enregistrement des décès. Les prévalences de comorbidités ont été calculées entre 1 à 5 ans après le diagnostic de cancer. Les risques d’hospitalisation et de décès dus à la grippe ont été comparés à l’aide de modèles de Cox ajustés pour la démographie et les comorbidités à la ligne de base.

108 215 survivants au cancer et 523 541 sujets de contrôle n’ayant jamais été atteints par le cancer ont été inclus. Les sujets survivant au cancer présentaient plus de diabète, d’asthme, d’autres maladies respiratoires, cardiaques, neurologiques, rénales, et hépatiques, et moins d’obésité, en comparaison des sujets contrôle, mais des variations ont été constatées selon la localisation du cancer.  205 hospitalisations/décès du fait de la grippe ont été comptabilisées, les survivants au cancer montrant un risque plus élevé que les sujets de contrôle (HR 2.78, Intervalle de Confiance [IC] 2.04-3.80). Les risques restaient plus élevés pendant plus de 10 années chez les survivants à des cancers hématologiques (HR global 15.17, 7.84-29.35 ; HR>10 ans à partir du diagnostic du cancer 10.06, 2.47-40.93). Les survivants aux autres types de cancers présentaient une évidence de risque accru jusqu’à 5 ans seulement à partir du diagnostic (HR>5 ans 2.22, 1.31-3.74).

Les risques de développer une forme sévère de COVID-19 sont plus élevés chez les sujets survivants au cancer. Cela devrait être pris en compte dans les politiques de santé ciblant les différents groupes de risques cliniques, et la vaccination contre à la fois la grippe, et, lorsqu’elle sera disponible, contre la COVID-19, devraient être encouragées chez les survivants au cancer. Helena Carreira, et al, dans EClinicalMedicine - The Lancet, publication en ligne le 30 novembre 2020

Financement : Unité de Protection Sanitaire (HPRU) Immunisation de l’Institut National de la Santé (NIHR) du Royaume Uni, Fonds Wellcome Trust et de la Société Royale (…).

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ