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jeudi 5 octobre 2017

#thelancetpsychiatry #dépression #stimulationcérébraleprofonde Stimulation de l’aire cingulaire sous-calleuse profonde pour le traitement de la dépression résistante : essai multisite randomisé, contrôlé par injection simulée

Sondes Intracraniennes de Stimulation Cérébrale Profonde
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Deep_Brain_Stimulation.jpg 
La stimulation cérébrale profonde (SCP) de la matière blanche cingulaire sous-calleuse s’est montrée prometteuse comme intervention chez des patients atteints de dépression chronique sans rémission. Afin de tester l’innocuité et l’efficacité de la SCP chez des sujets atteints de dépression résistante aux traitements, un essai prospectif, randomisé et contrôlé par injection simulée a été réalisé.

Les participants, atteints de dépression résistant au traitement, ont été implantés avec un système SCP ciblant la matière blanche cingulaire sous-calleuse et randomisés pour recevoir une SCP active ou une SCP simulée pendant 6 mois, suivi d’une SCP cingulaire sous-calleuse en ouvert sur 6 mois. (…). Le critère principal était la fréquence de réponse obtenue (définie comme une diminution de 40% ou plus de la sévérité de la dépression à partir de la ligne de base) moyennée sur 4 à 6 mois dans la phase en double-aveugle. Une analyse de futilité était réalisée quand environ la moitié de l’échantillon proposé de sujets recevait une implantation SCP et accomplissait la phase de double-aveugle. Au terme de cette étude de 12 mois, un échantillon de patients était suivi sur une période allant jusqu’à 24 mois. (…).

Avant l’analyse de futilité, 90 participants ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir la SCP active (n=60) ou simulée (n=30) entre le 10 avril 2008 et le 21 novembre 2012. Les deux groupes ont présenté des améliorations, mais elles n’étaient statistiquement pas différentes sur le plan de la réponse au cours de la phase en double aveugle, contrôlée par injection simulée (12 [20%] patients dans le groupe de stimulation versus cinq [17%] dans le groupe contrôle). 28 patients ont présenté 40 événements indésirables graves ; huit d’entre eux (chez sept patients) ont été attribués au dispositif médical ou à la chirurgie.

Cette étude a confirmé l’innocuité et la faisabilité de la SCP cingulaire sous-calleuse comme traitement de la dépression résistante aux traitements ; elle n’a toutefois pas montré de différence significative en termes d’efficacité dans un essai en double-aveugle sur 6 mois contrôlé par injection simulée. De futures études sont nécessaires pour la poursuite d’investigations sur des facteurs comme les caractéristiques cliniques d’implantation de l’électrode qui pourraient améliorer l’efficacité de cette démarche. Dr Paul E Holtzheimer, MD, et al, dans The Lancet Psychiatry, Early publication en ligne en avant-première, 4 octobre 2017

Financement : Abbott (précédemment St Jude Medical)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

vendredi 8 mars 2013

Stimulation cérébrale profonde du gyrus sous-calleux pour le traitement de l’anorexie mentale réfractaire: étude pilote de phase 1

Le bénéfice apporté par le traitement hormonal substitutif chez les femmes avec anorexie mentale reste controversé. In Revue Médicale Suisse N° 115, 13/06/2007
Source: http://revue.medhyg.ch/article.php3?sid=32332

L’anorexie mentale est une maladie chronique du comportement alimentaire réfractaire aux traitements chez des nombreux patients; montrant un taux de mortalité parmi les plus élevés observés concernant les troubles psychiatriques. La stimulation cérébrale profonde (SCP) a été appliquée pour le traitement des maladies neuropsychiatriques affectant les voies nerveuses, comme la maladie de Parkinson et la dépression majeure, avec des résultats prometteurs.  Notre but était d’évaluer la sécurité de la SCP pour la modulation de l’activité des circuits limbiques et d’examiner en quoi cela pouvait agir sur les manifestations cliniques de l’anorexie mentale.

Nous avons réalisé une étude prospective de phase 1 de SCP du gyrus sous-calleux chez six patients atteints d’anorexie mentale chronique grave, réfractaire aux traitements. Les patients éligibles étaient âgés de 20 à 60 ans, chez lesquels avait été diagnostiquée une anorexie mentale à restriction alimentaire drastique ou à épisodes récidivants de gavage et de purge ; avec chronicité ou résistance aux traitements caractérisés. Les patients ont été soumis à validation médicale préopératoire, à la mesure de leur Indice de Masse Corporelle (IMC) de base, à des évaluations psychométriques et à des examens de neuroimagerie.  Puis, électrodes et générateurs servant à la délivrance continue de stimulations électriques ont été implantés chez les patients. Les patients ont été suivi sur une période de 9 mois au maximum après activation de la SCP ; les critères principaux de mesure étant les évènements indésirables liés à la chirurgie ou à la stimulation, relevés à chaque visite de suivi. Les évaluations psychométriques, mesures d’IMC et les examens de neuroimagerie ont également été effectués à intervalles. (…).

La SCP a provoqué plusieurs évènements indésirables, un seul d’entre eux (troubles de type épilepsie pendant le programme, environ 2 semaines après la chirurgie) a été qualifié de grave. Les autres évènements indésirables étaient attaque de panique pendant la chirurgie, nausée, embolie gazeuse et douleur. Après 9 mois, trois patients sur six avaient atteint et maintenu un IMC plus élevé qu’à la ligne de base. La SCP a provoqué des améliorations de l’humeur et de la régulation des états émotifs, une diminution de l’anxiété et des obsessions  et compulsions liées à l’anorexie mentale chez quatre patients, avec des améliorations de qualité de vie chez trois d’entre eux après 6 mois de stimulation. Ces bénéfices cliniques étaient accompagnés de changements dans le métabolisme du glucose cérébral (constatations au vu des résultats de mesures effectuées par scanneur TEP à la ligne de base et à 6 mois) en cohérence avec l’inversion des anormalités observées au niveau du cingulum antérieur, du cortex insulaire et du lobe pariétal, dans ce trouble.

La SCP effectuée au niveau du gyrus sous-calleux semble être sûre de manière générale sur cet échantillon de patients atteints d’anorexie mentale chronique et réfractaire aux traitements. Nir Lipsman MD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 7 March 2013

Financement : Bourse de la Fondation « Famille Klarman pour la Recherche sur les Troubles du Comportement Alimentaire » et Institut de Recherche sur la Santé du Canada

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ