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jeudi 27 août 2015

#thelancetneurology #hémiparésie #abobotulinumtoxinA Sécurité et efficacité de l’abobotulinumtoxinA pour le traitement de l’hémiparésie chez des adultes présentant une spasticité du membre supérieur après attaque cérébrale ou traumatisme crânien : essai randomisé, en double aveugle et contrôlé

« En bloquant les terminaisons nerveuses à leur jonction avec le muscle, la toxine botulique joue le rôle d'un puissant myorelaxant local, au niveau du site d'injection intramusculaire. (…) »
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2011/12/15/16467-toxine-botulique-pourrait-soigner-prostate
La résistance montrée par les groupes de muscles antagonistes pourrait représenter un facteur crucial réduisant la fonction musculaire dans l’hémiparésie chronique. La résistance due aux co-contractions de muscles agoniste-antagoniste pourrait être réduite par des injections de toxine botulinique. Nous avons étudié les effets d’injections d’abobtulinumA au niveau des muscles du membre supérieur sur la tonicité musculaire, la spasticité, le mouvement actif et la fonction.

Dans cet essai randomisé, en double-aveugle, et contrôlé par placebo, nous avons recruté des adultes (âgés de 28 ans à 80 ans) au moins 6 mois après l’occurrence d’une attaque cérébrale ou d’un traumatisme crânien dans 34 cliniques neurologiques ou de rééducation en Europe et aux États-Unis. Les patients éligibles ont été répartis de manière aléatoire et selon un ratio 1:1:1 à l’aide d’une liste générée par ordinateur pour être soumis à une unique séance d’injections d’abobotulinumA 500 U ou 1000 U ou de placebo au niveau du groupe de muscle le plus hypertonique : coude, poignet, ou fléchisseurs des doigts (groupe de muscles de cible primaire - primary target muscle group [PTMG]  dans le texte -), et au niveau d’au moins deux groupes de muscles supplémentaires comme le coude, le poignet, ou fléchisseurs des doigts ou des épaules. Ni les patients ni les investigateurs n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère primaire d’évaluation était le changement en tonus musculaire à partir de la ligne de base à la semaine 4 (selon l’échelle d’Ashworth modifiée [MAS]) dans le groupe PTMG. Les critères secondaires d’évaluation étaient l’évaluation globale du médecin [PGA] à la semaine 4 et le changement dans la fonction perçue (auto-perception de l’invalidité [DAS]) au niveau de la cible principale du traitement, sélectionnée par le patient en accord avec le médecin à partir de quatre domaines fonctionnels (l’habillement, l’hygiène, la position de la jambe, et la douleur). L’analyse a été effectuée sur population en intention de traiter. (…).

243 patients ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir le placebo (n=81), l’abobotulinumtoxinA 500 U (n=81) ou l’abobotulinumtoxinA 1000 U. Le changement moyen en score MAS à partir de la ligne de base à la semaine 4 dans le groupe PTMG était de -0.3 (Déviation Standard [DS] 0.6) dans le groupe placebo (n=79), -1.2 (1.0) dans le groupe abobotulinumtoxinA 500 U (n=80 ; différence -0.9, Intervalle de Confiance [IC] de -1.2 à -0.6 ; p<0.0001 versus placebo), et de -1.4 (1.1) dans le groupe abobotulinumtoxinA 1000 U (n=79 ;  -1.1, de -1.4 à -0.8 ; p<0.0001 versus placebo). 
Le score PGA moyen à la semaine 4 était de 0.6 (DS 1.0) dans le groupe placebo (n=78), 1.4 (1.1) dans le groupe abobotulinumA 500 U (n=80 ; p=0.0003 versus placebo), et 1.8 (1.1) dans le groupe abobotulinumtoxinA 1000 U (n=78 ; p=0.0001 versus placebo). 
Le changement moyen en score DAS à la semaine 4 pour la cible principale du traitement était de -0.5 (0.7) dans le groupe placebo (n=79), de -0.7 (0.8) dans le groupe abobotulinumtoxinA 500 U (n=80 ; p=0.2560 versus placebo), et de -0.7 (0.7) dans le groupe abobotulinumtoxinA 1000 U (n=78 ; p=0.0772 versus placebo).
Trois événements indésirables graves sont survenus dans chaque groupe, aucun n’était lié au traitement ; deux ont eu pour issue le décès des patients (un patient d’un œdème pulmonaire dans le groupe placebo et un patient d’un trouble cardiovasculaire indéfini préexistant dans le groupe abobotulinumtoxinA 500 U). 
Les événements indésirables dûs au traitement sont survenus chez deux (2%) ; six (7%), et sept (9%) patients dans les groupes placebo, abobotolinumtoxinA 500 U et abobotolinumtoxinA 1000 U respectivement. L’événement indésirable dû au traitement le plus communément rencontré était légère faiblesse musculaire. Tous ces événements indésirables étaient d’intensité légère ou modéré.

L’abobtulinumtoxinA administrée à raison de 500 U ou de 1000 U par injection dans les muscles du membre supérieur a produit une réduction du tonus musculaire ainsi qu’un bénéfice clinique pour ce qui est de l’hémiparésie. De futures recherches dans le traitement de la parésie spastique à  l’aide de la toxine botulinique devraient adopter le mouvement actif et la fonction comme critères d’évaluation primaires. Prof Jean-Michel Gracies MD, et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 26 août 2015              

Financement : Ipsen

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 6 janvier 2014

Thérapie robotisée tridimensionnelle spécifique à la tâche du bras après un accident vasculaire cérébral : essai multicentrique à groupes parallèles randomisés

Patient utilisant le système iPAM pour effectuer un exercice dans le cadre d'une thérapie du membre supérieur
Source iconographique et légendaire: http://sine.ni.com/cs/app/doc/p/id/cs-12087
L’hémiparésie du bras secondaire à un accident vasculaire cérébral est commune et invalidante. Notre but était d’étudier si une thérapie locomotrice robotisée d’un bras atteint de paralysie à l’aide de ARMin - un robot à structure porteuse exosquelettique permettant un « entraînement » sur une tâche spécifiquement définie en trois dimensions – était de nature à réduire l’altération motrice de manière plus efficace que ne le produit une thérapie conventionnelle.

Dans une étude prospective, multicentrique, à groupe parallèles randomisés, nous avons recruté des patients atteints d’une altération motrice depuis plus de six mois, avec parésie du bras modérée à sévère après accident vasculaire cérébral, et qui satisfaisaient aux critères d’inclusion, dans quatre centres situés en Suisse. Les patients éligibles étaient répartis de manière aléatoire (1:1) - pour suivre une thérapie avec usage d’un système robotisé ou une thérapie conventionnelle - à l’aide d’une procédure de randomisation stratifiée par centre. Pour tous les groupes, le traitement était administré pour au moins 45 minutes trois fois par jour pendant 8 semaines (24 sessions au total). Le critère principal de mesure était l’évolution du score selon Fugl-Meyer (FMA-UE). Les patients ont été évalués par les investigateurs selon le schéma suivant : immédiatement avant thérapie, à 4 semaines de traitement, en fin de traitement, à 16 semaines et à 34 semaines après le début du traitement. Les investigateurs n’avaient pas accès au tableau de randomisation ; toutefois; patients, personnel soignant et d’analyse des données y avaient accès ouvert.

Entre le 4 mai 2009 et le 3 septembre 2012, 143 sujets ont subi les tests d’éligibilité, 77 d’entre eux se sont vus éligibles et ont accepté de participer à l’étude. 38 patients ont été assignés à la thérapie par système robotisé, et 35 à la thérapie conventionnelle. Les patients suivant la thérapie par système robotisé ont montré, sur toute la durée de l’étude, une amélioration significativement plus importante de la fonction motrice du bras affecté (selon la mesure FMA-UE) que les patients suivant la thérapie conventionnelle (F=4.1, p=0.041 ; différence moyenne en score : 0.78 points, Intervalle de Confiance [IC] 0.03-1.53). Aucun évènement indésirable grave lié à l’étude n’a été relevé.

La thérapie de neurohabilitation incluant une thérapie basée sur la mise en pratique d’une tâche spécifique à l’aide d’un robot à structure porteuse exosquelettique peut permettre une amélioration de la fonction motrice d’un bras atteint de parésie chronique après accident vasculaire cérébral, de manière plus efficace qu’un traitement conventionnel. Cependant, la différence absolue entre les effets d’un traitement via thérapie robotisée versus thérapie conventionnelle s’est révélée ténue et faiblement significative ; ce qui pourrait remettre en question la pertinence de la robotisation sur le plan clinique. Dr Verena Klamroth-Marganska MD et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant - première, 30 décembre 2013

Financement : Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique et Fondation Bangerter-Rayner

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ