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mercredi 7 février 2018

#thelancetgastroenterologyandhepatology #nutritionentérale #lipides Nutrition entérale périopératoire enrichie en lipides versus soins selon les standards en vigueur chez des patients soumis à chirurgie colorectale élective (SANICS II) : essai multicentrique, randomisé et contrôlé en double aveugle

Pompe pour nutrition entérale.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nutrition_.jpg
Iléus postopératoire et écoulement anastomotique altèrent sévèrement la récupération du patient ayant tout récemment subi une résection colorectale. Nous avons poursuivi des investigations sur les effets de l’administration d’une nutrition entérale périopératoire enrichie en lipides versus soins selon les standards en vigueur sur le risque d’iléus postopératoire et d’écoulement anastomotique, et autres issues cliniques.

Nous avons effectué un essai international essai multicentrique, randomisé et contrôlé en double aveugle chez des patients (d’âge ≥ 18 ans) subissant une chirurgie colorectale élective avec anastomose primaire dans six centres de recherche clinique au Pays – Bas et au Danemark. Les patients ont été répartis de manière aléatoire dans les groupes (1:1), stratifiés par localisation (colique et rectale) et type (laparoscopique et ouverte) par le truchement d’un logiciel de randomisation en ligne, par blocs de 6 patients, pour recevoir une alimentation enrichie en lipides, par voie entérale, commençant 3 heures avant et se poursuivant 6 heures après chirurgie (intervention) ou ne pas recevoir d’alimentation périopératoire dans le cadre de la chirurgie (contrôle). Ni les chirurgiens, ni les patients, ni les chercheurs cliniciens n’avaient accès aux tableaux de randomisation au cours de la période entière d’étude. Le critère principal d’évaluation de l’étude était l’iléus postopératoire. Les critères secondaires d’évaluation incluaient écoulement anastomotique, pneumonie, volumes gastriques préopératoires, temps nécessaire à la récupération fonctionnelle, durée d’hospitalisation, besoin d’interventions additionnelles, admission en unité de soins intensifs, réponse inflammatoire postopératoire, et complications chirurgicales. Les analyses ont été effectuées sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 28 juillet 2014 et le 20 février 2017, 280 patients ont été répartis de manière aléatoire, dont 15 ont été exclus de l’étude après répartition aléatoire du fait qu’ils satisfaisaient à un critère d’exclusion au moins. 265 patients ont reçu une alimentation entérale périopératoire (n=132) ou les soins selon les standards en vigueur (n=133) et étaient inclus dans les analyses. Un iléus postopératoire est survenu chez 37 (28%) patients du groupe intervention versus 29 (22%) patients du groupe contrôle (Rapport Benéfice/Risque [RR] 1.09, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.95-1.25 ; p=0.24). Un écoulement anastomotique est survenu chez 12 (9%) patients du groupe intervention versus 11 (8%) patients du groupe contrôle (RR 1.01, IC 95% 0.94-1.09 ; p=0.81). Une pneumonie est survenue chez dix (8%) patients dans le groupe intervention versus trois (2%) patients du groupe contrôle (RR 1.06, IC 95% 1.00-1.12 ; p=0.051). Les autres paramètres d’évaluation étaient similaires entre les groupes (p>0.05 pour tous).

Une nutrition entérale périopératoire enrichie en lipides chez des patients subissant une chirurgie colorectale élective ne tirent aucun avantage par rapport aux soins prodigués selon les normes de soins standard, en termes de complications postopératoires. Emmeline G Peters, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 6 février 2018

Financement : Organisation de recherche en santé et développement du Pays – Bas, Fonds NutsOhra, et Recherche Danone

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 3 mars 2014

Nutrition entérale hypercalorique chez des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique : étude randomisée de phase 2, en double-aveugle et contrôlée par placebo

Nutrition entérale (régime riche en calories) administrée chez un patient atteint de sclérose latérale amyotrophique. Copyright: Corbis 
La sclérose latérale amyotrophique et une maladie neurodégénérative fatale pour le traitement de laquelle il n’existe que peu d’options thérapeutiques. Une obésité modérée est associée à une meilleure survie des patients atteints de cette maladie ; ainsi, les régimes riches en  calories améliorent la survie chez les modèles de souris. Notre but était d’étudier la sécurité et la tolérance de deux régimes hypercaloriques administrés par nutrition entérale chez des patients atteints de sclérose latérale amyotrophique.

Dans cette étude randomisée de phase 2, en double – aveugle et contrôlée par placebo, nous avons recruté des adultes atteints de sclérose latérale amyotrophique dans les centres y participant, situés aux États-Unis. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans et plus, ne présentaient aucun historique de diabète ni de maladie hépatique ou cardiovasculaire, et étaient déjà placés sous nutrition entérale par voie percutanée. Nous avons réparti les participants (1:1:1) à l’aide d’un système de génération par ordinateur, afin d’être soumis à une à trois interventions d’ordre nutritionnel : calories de substitution par régime isocalorique administré par cathéter (patients contrôles), par régime hypercalorique riche en glucides administré par cathéter (HC/HC), ou par régime hypercalorique riche en lipides et en glucides administré par cathérer (HF/HC). Les participants ont reçu les régimes d’intervention pendant 4 mois, et ont été suivis pendant les 5 mois suivants. Les paramètres primaires mesurés étaient la sécurité et la tolérance, analysés chez tous les patients ayant commencé le régime à l’étude. (…).

Entre le 14 décembre 2009 et le 2 novembre 2012, nous avons recruté 24 participants dont 20 ont commencé le régime à l’étude (six dans le groupe contrôle, huit dans le groupe HC/HC, et six dans le groupe HF/HC). Un patient appartenant au groupe contrôle, et deux du groupe HF/HC se sont retirés de l’étude avant l’intervention nutritionnelle. Les participants soumis au régime HC/HC ont montré un nombre plus petit d’évènements indésirables que ceux appartenant aux autres groupes (23 dans le groupe HC/HC versus 42 dans le groupe contrôle versus 48 dans le groupe HF/HC ; globalement, p=0.06 ; HC/HC versus contrôle, p=0.06) et un nombre significativement plus bas d’évènements indésirables graves que ceux du groupe régime de contrôle (aucun versus neuf ; p=0.0005). Un nombre moins élevé de patients du groupe HC/HC se sont retirés de l’étude du fait d’évènements indésirables (aucun [0%] sur huit dans le groupe HC/HC versus trois [50%] sur les six patients du groupe de contrôle). Pendant les 5 mois de suivi, aucun décès n’est survenu chez les neuf patients du groupe régime HC/HC en comparaison des trois morts (43%) chez les sept patients soumis au régime de contrôle (test logarithmique par rangs p=0.03). Les évènements indésirables, la tolérance, les décès, ainsi que la progression de la maladie n’ont pas montré de différence significative entre le groupe HF/HC et le groupe de contrôle.

Nos résultats préliminaires montrent que la nutrition entérale hypercalorique est sûre et tolérable chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique et soutiennent la poursuite d’études d’intervention nutritionnelles dans le cadre d’essais cliniques randomisés plus importants, à des stades précoces de la maladie. Dr Anne-Marie Wills et al, dans The Lancet, publication en ligne avant-première, 28 février 2014


Financement : Muscular Dystrophy Association, National Center for Research Resources, National Institute of Health, et Harvard NeuroDiscovery Center.  

Source: The Lancet / Traduction et adaptation: NZ