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lundi 27 septembre 2021

#Cell #vaccins #nouvelletechnologie Faire passer le message : comment une nouvelle technologie a permis le développement rapide de vaccins efficaces

Conception d'un vaccin à ARNm modifié par pseudouridine pour COVID-19

Schéma du virus SARS-CoV-2 avec l'ARN génomique viral montré à l'intérieur. Le domaine de liaison au récepteur de la protéine de pointe à la surface du virus interagit avec le récepteur ACE2 sur la cellule hôte, médiant l'infection virale. Alors que l'ARN messager naturel administré par injection provoque généralement l'activation des protéines réceptrices du système immunitaire et l'inflammation qui en résulte, l'ARN synthétisé in vitro incorporant de la pseudouridine (Ψ) évite l'induction de l'inflammation. Les structures de l'uridine et de son isomère sont représentées. L'uracile est attaché au sucre pentose par une liaison en C5-C, au lieu d'une liaison glycosidique N1-C trouvée dans l'uridine. Néanmoins, conserve la capacité de s'apparier à l'adénosine, expliquant la capacité de l'ARNm modifié à être traduit. Une fois encapsulé dans une nanoparticule lipidique et injecté dans un hôte, l'ARNm est efficacement traduit en protéine, qui sert d'antigène pour déclencher une réponse immunitaire.


Le prix de recherche clinique Lasker
Debakey de cette année honore Katalin Karikó et Drew Weissman pour le développement d'une technologie thérapeutique basée sur la modification nucléosidique de l'ARN messager, permettant le développement rapide de vaccins COVID-19 très efficaces. Lucy Shapiro, Richard Losick, dans Cell, publication en ligne en avant-première, 24 septembre 2021

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : Science Direct / Préparation post : NZ

mercredi 31 mars 2021

#thelancet #exclusif #COVID-19 #vaccin #AZD1222 #vaccin Efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) contre le variant SARS-CoV-2 202012/01 (B.1.1.7) : analyse exploratoire d’un essai randomisé contrôlé

Pays présentant des cas confirmés de cas de COVID-19 dus à la souche B.1.1.7. en date du 25 mars 2021. Légende: :   >100000 cas confirmés;   4000–99999 cas confirmés;   1000–3999 cas confirmés;   500-999 cas confirmés;   100-499 cas confirmés;    2-99 cas confirmés;     1 cas confirmé   Aucun cas confirmé, ou aucune donnée disponible
Source: 
https://en.wikipedia.org/wiki/Lineage_B.1.1.7

Un nouveau variant du SARS-Cov-2, B.1.1.7, apparaît comme le principal contributeur de cas nouveaux de COVID-19 AU Royaume-Uni, à partir de novembre 2020. Nous rapportons une analyse post-hoc de l’efficacité du vaccin à adénovirus, le ChAdOx1 nCoV-19 (AZD1222) contre ce variant.

Des volontaires, (d’âge ≥ 18 ans), recrutés dans des études d’efficacité vaccinale de phase 2/3 au Royaume – Uni et répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir le ChAdOx1 nCoV-19 ou un vaccin conjugué contre le méningocoque (MenACWY), ont fourni des frottis de muqueuse des voies respiratoires supérieures, une fois par semaine, s’ils présentaient des symptômes de COVID-19 (toux, fièvre de 37.8°C ou plus, un souffle court, de l’anosmie ou de l’agueusie). Les échantillons ont été testés par dispositif d’amplification des acides nucléiques (NAAT) pour détection du SARS-CoV-2 ; et les échantillons positifs ont été séquencés par le consortium Genomics UK pour la COVID-19. Les réponses en termes d’anticorps neutralisants ont été mesurés à l’aide d’un test de microneutralisation (…) contre la lignée B.1.1.7 et une lignée non-B.1.1.7 canonique (Victoria). L’analyse d’efficacité comprenait les participants symptomatiques à la COVID-19 pris parmi les participants séronégatifs présentant un frottis positif au test NAAT plus de 14 jours après la seconde dose de vaccin. Les participants ont été analysés selon le vaccin qui leur avait été administré. L’efficacité vaccinale était exprimée par le résultat du calcul [1- risque relatif (ChAdOx1 nCoV-19 versus MenACWY)] dérivé du modèle robuste de la loi de Poisson. La présente étude est toujours en cours à l’heure actuelle.

Les participants inclus dans les cohortes d’efficacité ont été recrutés entre le 31 mai 2020 et le 13 novembre 2020, et ont reçu des doses de rappel entre le 1er octobre 2020 et le 14 janvier 2021. Sur les 8 534 participants inclus dans la cohorte d’efficacité principale, 6 636 (78%) étaient âgés de 18 ans à 55 ans et 5 065 étaient des femmes. Entre le 1er octobre 2020 et le 14 janvier 2021, 520 participants ont développé une infection au SARS-CoV-2. 1 466 frottis du nez et de la gorge positifs au test NAAT ont été collectés chez ces participants au cours de cet essai. De ceux-là, 401 frottis obtenus chez 311 participants ont été séquencés avec succès. L’activité de neutralisation virale par les anticorps induits par les vaccins était plus faible contre le variant B.1.1.7 que contre la lignée Victoria (ratio des moyennes géométriques 9.9, Intervalle de Confiance [IC] 95% 7.2-11.0). L’efficacité vaccinale contre l’infection symptomatique positive au test NAAT était de 70.4% (IC 95% 43.6-84.5) pour B.1.1.7 et de 81.5% (67.9-89.4) pour les lignées non B.1.1.7 .

ChAdOx1 nCoV-19 a montré une activité de neutralisation réduite contre le variant B.1.1.7 en comparaison du variant non-B.1.1.5 in vitro, mais le vaccin s’est montré efficace contre le variant B.1.1.7 du SARS-CoV-2. Katherine R W Emary, FRCPath, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 30 mars 2021

Financement : UK Research and Innovation, National Institute for Health Research (NIHR), Coalition for Epidemic Preparedness Innovations, NIHR Oxford Biomedical Research Centre, Thames Valley and South Midlands NIHR Clinical Research Network, et AstraZeneca.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

 

mercredi 9 septembre 2020

#thelancetrespiratorymedicine #exclusif #COVID-19 #vaccin Le Vaccin Russe contre la COVID-19

COVID-19 - Copyright: Ramon Andrade 3Dciencia/Science Photo Library
 

En date du 11 août 2020, la Russie est devenue le premier pays au monde à approuver un vaccin contre le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SARS-Cov-2). Ce vaccin, fabriqué à partir de deux vecteurs adénovirus, a été développé par le Centre National d’Epidémiologie et de Microbiologie Gamaleya (Moscou, Russie). Son approbation a été annoncée par le Président Vladimir Poutine. « Je sait qu’il [le vaccin] est efficace, aide à développer une immunité solide, et qu’il a subi tous les tests nécessaires », à déclaré Poutine lors d’un conseil des ministres. Quoi qu’il en soit, cette approbation est prématurée, selon une opinion très répandue. Au moment de son approbation, non seulement ce vaccin n’était même pas entré en phase 3 d’essais cliniques, il n’avait, de plus, été l’objet d’aucune publication s’agissant des résultats obtenus lors d’essais cliniques de phases plus précoces.

Depuis lors, les résultats de phase 1/2 ont été publiés dans The Lancet. Ce vaccin a induit une forte réponse immunitaire chez les 76 participants à cet essai. De fait, le Ministre Russe de la Santé doit avoir eu accès à ces résultats. Du point de vue des autorités régulatrices comme la Food and Drug Administration (FDA) des USA et l’Agence Européenne du Médicament, les seules données de réponse immunitaire ne doivent pas, en général, représenter une base suffisante pour l’approbation d’un vaccin. « La réponse immunitaire peut ne pas être directement proportionnelle au degré de protection – il n'est permis de statuer [sur l’effet protecteur d’un vaccin]* qu'à la suite d’essais réalisés à grande échelle seulement », explique Peter Openshaw, professeur de médecine expérimentale à l’Imperial College de Londres (Londres, Royaume Uni).

Le vaccin Russe est nommé Spoutnik V, en mémoire au programme spatial de l’ère Soviétique. La fille du président a été vaccinée. « Elle se sent bien, et la concentration des anticorps est élevée » déclare Poutine. « La chose la plus importante est d’assurer que ce vaccin est d’une sûreté et d’une efficacité en toute situation ». Sa production massive devrait commencer en septembre 2020. La Russie, qui comptabilise presque 1 million de cas de COVID-19, annonce qu’elle sera capable de fournir 500 millions de doses de Spoutnik V par an.

« Nous ne savons absolument pas si ce vaccin est sûr, et s’il fonctionne » dit Ashish Jha, Doyen de l’Université de Santé Publique Brown (Providence, RI, USA). « Il est préoccupant de voir que l’on court-circuite les processus standard en vigueur de développement d’un vaccin ». Les personnes développant le vaccin Russe ont eu une réponse combative à ces critiques. Un site internet officiel a été construit avec pour but affiché de « produire une information précise et mise à jour en permanence sur le Spoutnik V et combattre la campagne de désinformation lancée par les médias internationaux contre lui ».

Le vaccin est financé par le Fonds Russe d’Investissements Directs (RDIF), il s’agit là d’un fonds sanitaire souverain dans ce pays. Kirill Dmitriev, Directeur Général du RDIF, s’est plaint : « au lieu de se pencher sur la science sur laquelle repose la pertinence de ce vaccin à vecteur adénoviral que la Russie a développé, quelques politiques et médias internationaux ont choisi prioritairement de saper la crédibilité du vaccin Russe ». Des essais cliniques de grande ampleur, impliquant plus de 40 000 sujets, vont être entrepris et commenceront au cours de la dernière semaine d’août. » Un bon nombre de pays comme les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, les Philippines, l’Inde ou le Brésil, se joindront localement aux essais cliniques Spoutnik V », a déclaré le site internet officiel.

Dimitriev a confirmé que la Russie avait reçu des demandes s’élevant à un milliard de doses de  vaccin, au niveau international. Le 26 août 2020, l’agence de presse TASS a déclaré que le pays fournirait plus de 2 millions de doses de Spoutnik V au Kazakhstan. Openshaw souligne que ceux qui ont exprimé un intérêt pour ce vaccin ne commenceront à l’administrer à grande échelle que lorsqu’ils seront assurés de son innocuité et de son efficacité. « Il y a une différence énorme entre le fait que la Russie diffuse le vaccin à l’intérieur de ses frontières, ce qu’elle est en droit de faire, et son approbation au niveau international ou une préqualification par l’  « OMS », a-t-il dit. (…). Talha Khan Burki, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 4 septembre 2020

*ajout de l'éditeur du présent post de blog

Source iconographique, légendaire et rédactionnelle : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 2 mars 2015

#thelancetinfectiousdiseases #chikungunya #rougeole #priorix #immunogénécité #candidat-vaccin Immunogénécité, innocuité et tolérance du vaccin recombinant contre le virus du chikungunya élaboré à partir du virus de la variole : étude en double – aveugle avec comparateur actif, contrôlée par placebo, effectuée pour la première fois chez l’homme

Virus Chikungunya observé en microscopie électronique à la surface d'une cellule infectée (les particules virales sont colorisées en bleu et la cellule en jaune).
Source iconographique et légendaire:  http://www.inserm.fr/thematiques/microbiologie-et-maladies-infectieuses/dossiers-d-information/chikungunya
Le chikungunya est une maladie émergente due à des arthropodes qui s’est propagée à partir des zones endémiques tropicales à des zones plus tempérées des États – Unis ou d’Europe.  Cependant, aucun traitement spécifique ou mesure préventive n’est encore disponible. Notre but était de poursuivre des investigations sur l’immunogénécité et l’innocuité d’un vaccin contre le virus du chikungunya élaboré à partir du virus de la variole recombinant.

Nous avons effectué  une étude monocentrique de phase 1 à dose croissante contrôlée par placebo, avec comparateur actif en double – aveugle, à Vienne (Autriche). Des sujets, hommes et femmes, âgés de 18 ans à 45 ans exempts de comorbidités ont été répartis de manière aléatoire en blocs de 14, par randomisation avec séquence générée par ordinateur, pour recevoir {l’une des trois doses croissantes du candidat-vaccin élaboré à partir du virus de la rougeole (faible dose [valeur médiane de 1.5 x 104 doses infectieuses issues de milieu de culture tissulaire (TCID50) pour 0.05 mL], dose moyenne [7.5 x 104 TCID50 pour 0.25 mL], ou dose élevée [3.0 x 105 TCID50 pour 1.0 mL])} ou {le comparateur actif – Priorix}. Les participants ont ensuite été soumis à une randomisation par blocs supplémentaire pour recevoir une injection de rappel soit au jour 28 soit au jour 90 après la première vaccination. Ni les participants, ni les investigateurs n’avaient accès aux tableaux de randomisation. Le critère principal de l’étude était la possible détection d’anticorps anti-chikungunya au jour 28, évalué par la diminution de 50% de la plaque au test de neutralisation. L’analyse de l’étude a été effectuée sur population en intention de traiter et per protocole. (…).

Entre le 22 novembre 2013 et le 25 février 2014, nous avons réparti de manière aléatoire 42 participants pour recevoir la faible dose (n=12), la dose moyenne (n=12), ou la dose élevée (n=12) du candidat-vaccin élaboré à partir du virus de la rougeole, ou Priorix (n=6), dont 36 (86% ; n=9, n=12, n=10, n=5, respectivement) ont été inclus dans la population per protocole. Le candidat-vaccin a induit des anticorps neutralisants à toutes les doses après une immunisation, avec des taux de séroconversion de 44% (n=4) dans le groupe à faible dose, 92% (n=11) dans le groupe à dose moyenne, et 90% (n=12) dans le groupe à dose élevée. L’immunogénécité du candidat-vaccin n’était pas affectée par une immunité anti-rougeole pré-existante.  
La seconde vaccination a eu pour résultat 100% de séroconversion chez tous les participants des groupes recevant le vaccin candidat. Le candidat-vaccin a présenté un profil global d’innocuité acceptable, et le taux d’évènements indésirables était en augmentation en fonction de la dose vaccinale et du volume injecté. Aucun événement indésirable grave relié à la vaccination n’a été relevé.

Le vaccin contre le virus du chikungunya élaboré avec le virus de la rougeole recombinant a montré une bonne immunogénécité, même en présence d’une immunité anti-vecteur, s’est révélé sûr, et a produit un profil de tolérance acceptable d’une manière générale. Ce vaccin est le premier vaccin candidat prometteur élaboré à partir du virus contre de la rougeole, à l’usage chez les humains. Katrin Ramsauer, PhD dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première,  1er mars 2015

Financement : Themis Bioscience GmBH

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ