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mardi 2 juillet 2019

#thelancetoncology #cancercolorectal #regorafenib #clobetasol Optimisation de la dose de Regorafenib chez des patients atteints de cancer colorectal réfractaire métastasé (ReDOS) : étude de phase 2 randomisée, multicentrique, ouverte

Colon Géant Gonflable présentant, sur sa face interne, les lésions bénignes (polypes) et malignes (cancers) que l'on peut y trouver.
Source iconographique: https://www.holloman.af.mil/News/Display/Article/1779855/colorectal-cancer-awareness-month/

Le regorafenib apporte un bénéfice de survie globale chez des patients atteints de cancer colorectal réfractaire métastasé ; cependant, le profil d’événements indésirables en a limité son utilisation. Malgré l’absence d’évidences, plusieurs programmes de dosage sont utilisés cliniquement pour atténuer les effets toxiques. Cette étude avait pour objet l’évaluation de l’innocuité et de l’activité du regorafenib administré à raison de deux programmes de dosage différents.

Dans cette étude de phase 2 randomisée, multicentrique, réalisée dans 39 centres ambulatoires situés aux États-Unis, des adultes âgés de 18 ans ou plus, atteints d’adénocarcinome du colon ou du rectum avancé ou métastasé histologiquement ou cytologiquement confirmé qui était réfractaire à au traitement standard précédemment administré, aux inhibiteurs EGFR inclus si les patients étaient porteurs du gène KRAS de type sauvage, ont été recrutés. Les patients éligibles présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0-1, et n’avaient pas reçu de traitement à base de regorafenib au préalable. Les patients ont été répartis au hasard (1:1:1:1) en quatre groupes recevant le traitement selon deux différentes stratégies de dosage et le clobetasol selon deux plans d’usage, et stratifiés selon l’hôpital où ils étaient admis. La stratégie de dosage du regorafenib était basée sur un protocole d’augmentation de dose (dose de départ de 80 mg/jour per os avec escalade de dose de 40 mg chaque semaine, jusqu’à la dose de 160 mg / jour de regorafenib) si aucun événement indésirable lié au médicament ne survenait, et ce suivi d’une stragégie d’administration d’une dose standard (160 mg/jour de regorafenib) pendant 21 jours sur un cycle de 28 jours. Les plans d’utilisation du clobetasol (crème au clobetasol 0.05% appliquées aux paumes des mains et à la plante des pieds) étaient préemptifs ou réactifs. Après la randomisation des quatre groupes planifiés à l’avance à l’aide du système dynamique d’allocation dans les groupes de Pocock et Simon avec stratification par hôpital, nous avons formellement testé l’interaction des deux interventions, c.à.d stratégies des doses et utilisation du clobetasol. Du fait de l’absence d’une interaction significative (p=0.74), nous avons décidé de mutualiser les données du traitement préemptif ou réactif et de comparer les deux stratégies de dosage du regorafenib (escalade de dose versus dose standard). Le critère principal d’évaluation de l’essai était la proportion de patients évaluables (définie par ceux qui étaient éligibles, consentants, et qui recevaient, de fait, un traitement) commençant un cycle 3 et étaient analysées per protocole. La supériorité de l’escalade de dose était déclarée si la valeur unilatérale de p obtenue par la méthode exacte de Fisher était inférieure à 0.2. (…). 

Entre le 2 juin 2015 et le 22 juin 2017, 123 patients ont été répartis au hasard dans les groupes de traitement, 116 d’entre eux (94%) ont été déclarés évaluables. La population per-protocole était constituée de 54 patients dans le groupe escalade de dose et de 62 patients dans le groupe dose standard. Au 24 juillet 2018, jour de fermeture des données, la période médiane de suivi s’était établie à 1.18 années (Intervalle Interquartile [IQR] 0.98-1.57). Le critère principal a été satisfait : 23 (43%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 29-56) patients sur les 54 du groupe escalade de dose ont entamé le cycle 3 versus 16 (26%, 15-37) patients sur 62 dans le groupe dose standard (valeur unilatérale de p=0.043). Les évènements indésirables de grade 3-4 les plus communément rencontrés étaient fatigue (sept [13%] patients dans le groupe escalade de dose versus 11 [18%] patients dans le groupe dose standard), réaction cutanée main-pied (huit [15%] patients versus dix [16%] patients), douleur abdominale (neuf [17%] patients versus quatre [6%] patients), et hypertension (quatre [7%] patients versus neuf [15%] patients). 14 patients ont présenté au moins un événement indésirable grave lié au médicament : six patients dans le groupe escalade de dose et huit patients dans le groupe dose standard. Il est survenu un décès avec lien causal probable avec le traitement dans le groupe dose standard (infarctus du myocarde).

La stratégie d’escalade de dose représente une approche alternative pour l’optimisation le dosage du regorafenib avec une activité comparable et une incidence diminuée des événements indésirables et pourrait être ainsi implémentée en pratique clinique sur la base de ces données. Prof Tanios S Bekaii-Saab, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 28 juin 2019

Financement : Bayer Healthcare Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 6 décembre 2016

#thelancet #carcinomehépatocellulaire #regorafenib #sorafenib Regorafenib administré chez des patients atteints de carcinome hépatocellulaire qui a progressé sous sorafenib (RESORCE) : essai de phase 3 randomisé, en double aveugle, et contrôlé par placebo

Carcinome hépatocellulaire.
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hepatocellular_carcinoma_1.jpg
Il n’existe actuellement pas de traitement systémique destiné aux patients atteints de carcinome hépatocellulaire (CHC), dont la maladie a progressé sous traitement sorafenib. Notre but était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité du regorafenib chez des patients atteints de CHC dont la maladie a progressé sous traitement regorafenib.

Dans cet essai de phase 3 en groupes parallèles, randomisé en double-aveugle, effectué dans 152 sites situés dans 21 pays, des adultes atteints de CHC tolérants au sorafenib (400 mg/jour pendant au moins 20 jours sur les 28 jours de traitement), dont la maladie a progressé sous sorafenib, et présentant une insuffisance hépatique (Child-Pugh A), ont été recrutés.
Les patients ont été répartis dans les groupes de manière aléatoire (2:1) à l’aide d’une séquence de randomisation générée par ordinateur et un système de réponse vocale interactif, et stratifiés par région géographique, statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group), invasion macrovasculaire, maladie extrahépatique, et niveau de α-fetoprotein pour recevoir les meilleurs soins de soutien + regorafenib 160 mg ou le placebo une fois par jour au cours des semaines 1-3 de chaque cycle de 4 semaines. Ni les investigateurs, ni les patients, ni le sponsor n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évalutation de l’essai était la survie globale (définie comme la période écoulée entre la randomisation et le décès, quelle qu’en soit la cause) et analysée sur population en intention de traiter.

Entre le 14 mai 2013 et le 31 décembre 2015, 843 patients ont été dépistés ; 573 d’entre eux ont été recrutés et randomisés (379 « assignés regorafenib » et 194 « assignés placebo » ; constituant ce faisant la population analysées pour l’efficacité), et 567 ont commencé à prendre leur traitement (374 ont reçu le regorafenib et 194 ont reçu le placebo = population pour analyse d’efficacité). Le regorafenib a amélioré la survie globale avec un hazard ratio de 0.63 (Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.50-0.79 ; valeur de p unilatérale <0.0001) ; la médiane de survie était de 10.6 mois (IC 95% 9.1-12.1) pour le regorafenib versus 7.8 mois (6.3-8.8) pour le placebo. 
Des évènements indésirables étaient rapportés chez tous les patients recevant le regorafenib (374 [100%] sur 374) et chez 179 (93%) patients sur 193 recevant le placebo.
Les évènements indésirables de grade 3 ou 4 les plus intéressants sur le plan clinique, dus au traitement, étaient hypertension (57 patients [15 %] dans le groupe regorafenib  versus neuf [5 %] dans le groupe placebo), syndrome pied-main (47 patients [13 %] versus un [1%]), fatigue (34 patients [9%] versus neuf patients [5%]), et diarrhée (12 patients [3%] versus aucun patient). 
Sur les 88 décès décomptés (évènements indésirables de grade 5) rapportés au cours de cette étude, (50 patients [13%] assignés au regorafenib et 38 [20%] assignés au placebo), sept (2%) étaient imputables au médicament à l’étude dans le groupe regorafenib et deux (1%) dans le groupe placebo, y compris deux patients (1%) présentant une insuffisance hépatique dans le groupe placebo.

Le regorafenib est le seul traitement systémique ayant apporté un bénéfice de survie chez les patients atteints de CHC, dont la maladie progressait sous traitement sorafenib. De futurs essais sont à indiquer pour l’exploration des combinaisons du regorafenib avec d’autres agents systémiques et traitements de troisième intention pour les patients ayant eu un échec avec un traitement précédent ou ne tolérant pas le passage d’un traitement sorafenib à un traitement regorafenib. Dr Jordi Bruix, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 5 décembre 2016

Financement : Bayer

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

mardi 27 novembre 2012

En Une: le regorafenib dans le traitement du cancer colorectal et des tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST)

Cancer colorectal. Copyright: Science Photo Library
Source: www.thelancet.com

Deux études randomisées de phase 3 font état de résultats prometteurs obtenus avec l’inhibiteur de la tyrosine kinase régorafenib. Dans un premier article, Grothey et al étudient l’effet du regorafenib sur le cancer colorectal, montrant un petit bénéfice sur la survie (6,4 mois de survie, en comparaison de 5 mois de survie pour les sujets recevant le placebo). Dans un deuxième article, Demetri et al soulignent comment le regorafenib apporte un bénéfice de survie sans progression dans le traitement des tumeurs stromales gastro-intestinales (4,8 mois de survie sans progression, en comparaison de 0,9 de survie sans progression chez les sujets recevant le placebo). Ces résultats et leurs implications cliniques sont discutés dans un commentaire et un podcast audio. In The Lancet Online, Une de page d’accueil, 27 novembre 2012

Financement: Bayer HealthCare Pharmaceuticals

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ