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mercredi 2 juin 2021

#thelancetgastroenterologyandhepatology #carcinomehépatocellulaire #lenvatinib #sorafenib Lenvatinib versus sorafenib pour le traitement de première intention du carcinome hépatocellulaire non résécable : résultats rapportés par les patients d'un essai de phase 3 randomisé, ouvert, de non-infériorité

Source : https://fr.xcv.wiki/wiki/Hepatocellular_carcinoma

Le carcinome hépatocellulaire représente la troisième cause de décès par cancer dans le monde. La préservation de la qualité de vie liée à la santé (QVLS) pendant le traitement est un objectif thérapeutique important. Le but de cette étude était d'évaluer l'effet du traitement par lenvatinib versus sorafenib sur la QVLS.

REFLECT était une étude de phase 3 de non-infériorité ouverte, multicentrique, et randomisée précédemment publiée, comparant l'efficacité et la sécurité du lenvatinib par rapport au sorafenib en tant que traitement systémique de première ligne du carcinome hépatocellulaire non résécable. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus avec un carcinome hépatocellulaire non résécable et  d'une ou plusieurs lésions cibles mesurables selon les critères d'évaluation de la réponse modifiés dans les critères des tumeurs solides, catégorisation de stade B ou C du cancer du foie de la Barcelona Clinic ; présenteaient un score de Child-Pugh de classe A, un indice de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) (ECOG) de 1 ou inférieur, et une fonction adéquate des organes. Les patients ont été assignés au hasard (1:1) via un système internet interactif de réponse vocale ; les facteurs de stratification pour l'attribution du traitement comprenaient la région, l'invasion macroscopique de la veine porte, propagation extrahépatique, ou les deux, l'indice de performance ECOG, et le poids corporel. Les résultats rapportés par les patients (RRP), collectés au départ, au jour 1 de chaque cycle suivant et à la fin du traitement, ont été évalués dans des analyses post-hoc des critères d'évaluation secondaires et exploratoires dans la population d'analyse, qui était la sous-population de patients pouvant justifier d'une évaluation des RRP au départ. Un modèle linéaire à effets mixtes a évalué le changement par rapport à la ligne de base des RRP, comprenant notamment les réponses au questionnaire "Quality of Life Questionnaire Core 30" (QLC-30) de l'Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer (EORTC) et les échelles QLQ-HCC18 spécifiques au carcinome hépatocellulaire (deux critères secondaires de l'essai REFLECT). Des analyses du délai de détérioration définitive ont été effectuées sur la base de seuils établis pour les différences minimales d'aggravation des RRP. Les analyses des répondeurs ont exploré les associations entre la QVLS et la réponse clinique.

Sur 954 patients éligibles randomisés pour recevoir le lenvatinib (n=478) ou le sorafenib (n=476) entre le 14 mars 2013 et le 30 juillet 2015, 931 patients (n=468 pour le lenvatinib ; n=463 pour le sorafenib) ont été inclus dans cette analyse. Les scores des RRP de base reflétaient une QVLS et un fonctionnement altérés et une charge de symptômes considérable par rapport à une QVLS complète. Les différences de changement moyen global par rapport aux estimations de base dans la plupart des échelles de RRP favorisaient généralement le groupe lenvatinib par rapport au groupe sorafénib, bien que les différences n'étaient pas nominalement statistiquement ou cliniquement significatives. Les patients traités par lenvatinib ont présenté des retards nominalement significatifs sur le plan statistique dans la détérioration définitive et significative de la fatigue QLQ-C30 (rapport de risque [HR] 0,83, Intervalle de Confiance [IC] à 95 % 0,69-0,99), douleur (0,80, 0· 66-0,96) et diarrhée (0,52, 0,42-0,65) par rapport aux patients traités par sorafénib. Des différences significatives dans le temps jusqu'à la détérioration définitive n'ont pas été observées pour les autres domaines QLQ-C30, et il n'y avait pas de différence dans le temps jusqu'à la détérioration définitive sur l'état de santé global/score QV (0,89, 0,73–1,09). Pour la plupart des échelles PRO, les différences de changement moyen global par rapport aux estimations de base ont favorisé les répondeurs par rapport aux non-répondeurs. À toutes les échelles, les HR pour le temps jusqu'à la détérioration définitive étaient en faveur des répondeurs ; le délai médian jusqu'à la détérioration définitive pour les répondeurs dépassait celui des non-répondeurs d'une fourchette de 4,8 à 14,6 mois.

La QVLS chez les patients subissant un traitement pour un carcinome hépatocellulaire non résécable est un paramètre à prendre en considération dans toute décision thérapeutique importante. Les preuves des avantages de la QVLS dans des domaines cliniquement pertinents soutiennent l'utilisation du lenvatinib par rapport au sorafénib pour retarder la détérioration fonctionnelle dans le carcinome hépatocellulaire avancé. Prof Arndt Vogel, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 1er juin 2021

Financement : Eisai et Merck Sharp & Dohme

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

vendredi 16 avril 2021

#thelancetoncology #cancerovarien #cancer #ovaire #olaparib #platine Résultats et effet de la progression de la maladie sur l’état de santé de patients nouvellement diagnostiqués d’un cancer ovarien avancé et présentant une mutation du gène BRCA ; recevant un traitement de maintien olaparib ou placebo (SOLO1) : un essai de phase 3 randomisé

Source: https://ovairecanada.org/A-propos-du-cancer-de-l-ovaire/Depistage/Stades-de-developpement
 

Dans l’essai SOLO1 de phase 3, le traitement olaparib de maintien versus placebo a apporté un bénéfice significatif en termes de survie sans progression chez des patientes nouvellement diagnostiquées d’un cancer ovarien avancé présentant une mutation du gène BRCA, en réponse à une chimiothérapie à base de platine. Nous avons analysé la qualité de vie liée à la santé (QDVLS) ainsi que les résultats quantifiables chez les patientes incluses dans l’étude SOLO1, ainsi que l’effet de la progression (...) de la maladie sur l’état de santé.

SOLO1 est un essai randomisé, en double aveugle, international, réalisé dans 118 centres et 15 pays. Les patients éligibles étaient d’âge ≥ 18 ans ; présentaient un statut de performance ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group dans le texte) de 0-1 ; étaient nouvellement diagnostiqués d’un cancer séreux ou endométrial de l’ovaire de haut grade, d’un cancer péritonéal primaire ou d’un cancer des trompes de Fallope présentant une mutation du gène BRCA ; ils présentaient une réponse partielle ou complète à une chimiothérapie à base de platine. Les patients ont été répartis au hasard (2:1) (…) pour recevoir soit des comprimés d’olaparib 300 mg ou de placebo deux fois par jour et ont suivi ce protocole sur une période de temps allant jusqu’à 2 ans. Ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel de l’étude n’avaient accès au tableau de randomisation. La randomisation était stratifiée en fonction de la réponse à la chimiothérapie à base de platine (réponse complète ou réponse partielle). La QDVLS était un critère secondaire et le paramètre d’évaluation de la QDVLS précisé à l’avance était le changement à partir de la ligne de base de l’évaluation fonctionnelle des effets dus au traitement anticancéreux- Index d’Essai du Cancer de l’Ovaire (Score TOI) au cours des premiers 24 mois. L’échelle des scores TOI s'étendant de 0 et 100 (Les scores plus élevés indiquant une QDVLS meilleure) ; une différence d’au moins 10 points entre deux mesures de QDVLS était nécessaire pour qu’elle soit déclarée comme significative sur le plan clinique. Les critères exploratoires précisés à l’avance étaient la survie sans progression de la maladie ajustée en fonction de qualité de vie et la période de temps écoulé sans symptômes significatifs de toxicité (TWiST). Les critères QDVLS étaient analysés chez tous les patients randomisés. L’essai, dont le recrutement est maintenant clos, est toujours en cours.

Entre le 3 septembre 2013 et le 6 mars 2015, 1 083 patients ont été recrutés. 693 patients étaient inéligibles, laissant 391 patients éligibles, répartis entre les groupes olaparib (n=260) et placebo (n=131 ; un patient placebo est sorti d’étude avant le début des prises de médicament); avec une durée médiane de suivi de 40.7 mois (Intervalle Interquartile - IQR – 34.9-42.9) pour le groupe olaparib et de 41.2 mois pour le groupe placebo (32.2-41.6). Aucun changement significatif sur le plan clinique du score TOI sur 24 mois n’a été relevé entre les groupes olaparib et placebo [+0.30 points (Intervalle de Confiance -IC- 95% de -0.72 à 1.32) versus 3.30 points (de 1.84 à 4.76) ; différence intergroupe de -3.00, IC 95% de -4.78 à -1.22 ; p=0.0010)]*. La moyenne de la survie sans progression ajustée à la qualité de vie (olaparib 29.75 mois [IC 95% 28.20-31.63] versus placebo 17.58 [15.05-20.18] ; différence 12.17 mois [IC 95% 9.07-15.11], p<0.0001) et la durée moyenne du temps TWiST (olaparib 33.15 mois [IC 95% 30.82-35.49] versus placebo 20.24 mois [17.36-23.11] ; différence 12.92 mois [IC 95% 9.30-16.54] ; p<0.0001) étaient significativement plus élevés avec l'olaparib qu’avec le placebo.

Une progression substantielle du bénéfice de survie apporté par le traitement olaparib de maintien dans un contexte de patients nouvellement diagnostiqués était obtenu sans effet délétère chez les patients en termes de QDVLS ; soutenue par une survie sans progression ajustée à la qualité de vie et des bénéfices liés à TWiST sous traitement olaparib de maintien versus placebo. Prof Michael Friedlander, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 13 avril 2021 

*Cette différence intergroupe de -3.00 du score TOI de QDVLS entre le groupe olaparib et le groupe placebo est très significative per se,  mais non significative sur le plan clinique. (note de l’éditeur du présent post de blog).

Financement : AstraZeneca et Merck Sharp & Dohme

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 6 avril 2021

#thelancetoncology #cancercolorectalmétastasé #pembrolizumab #qualitédevie #Qualité de vie liée à la santé chez les présentant une instabilité microsatellitaire élevée ou une déficience de la réparation des mésappariements, atteints de cancer colorectal métastasé traités au pembrolizumab en première intention versus chimiothérapie (KEYNOTE-177) : essai de phase 3 randomisé en ouvert

 

Micrographie d'un adénocarcinome colorectal montrant de mauvaises nécroses.
Source iconographique et légendaire:  https://en.wikipedia.org/wiki/Colorectal_cancer

Dans l’étude KEYNOTE-177, la monothérapie au pembrolizumab a fourni des améliorations statistiquement significatives et pertinentes sur le plan clinique en termes de survie sans progression de la pathologie versus chimiothérapie comme traitement de première ligne chez des patients présentant une instabilité microstatellitaire élevée ou une déficience de la réparation des mésappariements, atteints de cancer colorectal métastasé. Afin de conforter les résultats d’efficacité et de sécurité obtenus lors de l’étude KEYNOTE-177, les résultats de la qualité de vie liée à la santé (QVLS) sont rapportés ici.

KEYNOTE-177 est un essai de phase 3 randomisé en ouvert réalisé dans 192 centres de traitement du cancer situés dans 23 pays, chez des patients âgés de 18 ans et plus présentant une instabilité microsatellitaire élevée ou une déficience de la réparation des mésappariements, avec un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group performance status dans le texte) de 0 ou 1 ; et qui n’avaient pas reçu de traitement systémique préalable contre la maladie métastasée. Les patients éligibles étaient répartis au hasard (1:1) par le truchement d’un système internet vocal interactif centralisé pour recevoir 200 mg de pembrolizumab par voie intraveineuse toutes les trois semaines ou la chimiothérapie au choix de l’investigateur (mFOLFOX6 [leucovorine, fluorouracile, et oxaliplatine] ou FOLFRIRI [leucovorine, fluorouracile, et irinotecan] par voie intraveineuse toutes les 2 semaines avec ou sans bevacizumab ou cetuximab par voie intraveineuse). À la fois les patients et les investigateurs avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal de l’étude était la survie sans progression de la maladie (dont il a déjà été rendu compte ailleurs) et la survie globale (donnée dont il est rendu compte au moment de l’analyse conclusive). Les résultats de QVLS ont été évalués comme critères exploratoires préspécifiés. L’analyse de population a pris en compte tous les patients randomisés qui avaient reçu au moins une dose du traitement à l’étude et qui avaient subi au moins une évaluation QVLS. Les résultats obtenus au QVLS étaient exprimés comme la moyenne du changement observé à la semaine 18 à partir de la ligne de base, des réponses aux questionnaires de Qualité de Vie (…) EORTC QLQ-C30), de Qualité de Vie en cas de cancer colorectal (EORTC QLQ-CR29), et d’échelle d’évaluation visuelle analgique de la santé (EQ-5D-3L) ; Les principaux paramètres mesurés étant l’état de santé global/ressenti de qualité de vie (GHS/QOL), la fonctionnalité sur le plan physique, social et la fatigue, ainsi que les scores d’incontinence urinaire (…). Le seuil d’une différence significative sur le plan clinique au test EORTC QLQ-C30 était fixée 5-8 points. L’essai est toujours en cours ; son recrutement est clos.

Entre le 11 février 2018 et le 19 février 2018, 307 patients ont été recrutés et répartis au hasard pour recevoir le pembrolizumab (n=153) ou la chimiothérapie (n=154). L’analyse HRQOL a été réalisée sur une population de 294 patients (152 recevant le pembrolizumab et 142 recevant le la chimiothérapie). La période médiane de temps écoulé entre la randomisation et la fermeture de la base de données pour analyse était de 32.4 mois (Intervalle Interquartile -IQR 27.7 – 37.8). Le changement moyen calculé par la méthode des moindres carrés (LSM) de la ligne de base à la semaine 18 a montré des changements significatifs sur le plan clinique des scores EORTC QLQ-C30 GHS/QOL avec le pembrolizumab versus chimiothérapie (différence LSM intergroupe 8.96  [Intervalle de Confiance -IC- 95% 4.24-13.69] ; valeur -test bilatéral- de p=0.0002). La période médiane de temps jusqu’à détérioration de l’état de santé était plus long sous pembrolizumab versus chimiothérapie pour GHS/QOL (hazard ratio 0.61 [IC 95% 0.38-0.98] ; valeur -test unilatéral- de p=0.019). (…).

La monothérapie au pembrolizumab a produit des améliorations significatives en HRQOL en comparaison de la chimiothérapie chez les patients atteints de cancer colorectal métastasé avec instabilité satellitaire ou déficience de la réparation des mésappariements. Ces données, parallèlement à celles relatives au bénéfice clinique, soutiennent la prescription du pembrolizumab comme option de traitement de première intention pour cette population. Thierry André, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 1er avril 2021

Financement : Merck Sharp & Dohme, filiale de Merck & Co, Kenylworth, NJ, USA

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ