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mardi 6 novembre 2018

#thelancetchildandadolescenthealth #diabètedetype1 #adolescents Co-occurrence de complications liées à un diabète précoce chez les adolescents et jeunes adultes atteints de diabète de type 1 : étude observationnelle de cohorte

Dispositif de mesure de la glycémie chez les diabétiques
Source iconographique:https://pixabay.com/fr/diab%C3%A8te-le-sang-doigt-glucose-777002/

Un adolescent ou jeune adulte atteint de diabète de type 1 présente au moins une complication liée au diabète ou comorbidité. Notre but était d’examiner la prévalence et le schéma de survenue de complications simultanées dans cette population, de même que les facteurs de risque reliés.

Cette étude observationnelle de cohorte inclut des données de sujets diagnostiqués d’un diabète de type 1 avant l’âge de 20 ans qui ont participé à l’étude « SEARCH for Diabetes in Youth Study » dans cinq sites situés aux États-Unis d’Amérique. Nous avons évalué les facteurs de risque sociodémographiques et métaboliques à la ligne de base et au suivi, ainsi que les complications du diabète survenant lors du suivi. Une analyse de fréquence était réalisée afin d’examiner les différences entre prévalence observée versus prévalence attendue (calculée à l’aide d’un tableau de contingence à indépendance des cellules qui le composent) des complications et comorbidités survenant simultanément. Une analyse de groupe a été effectuée pour identifier les groupes uniques de participants basés sur les caractéristiques démographiques et les facteurs de risques métaboliques.

1327 participants s’étant rendus aux visites de suivi ont été inclus dans l’analyse de fréquence. L’âge moyen était de 10.1 (Déviation Standard -DS- 3.9) ans au moment du diagnostic de diabète de type 1 et 18.0 (4.1) ans au cours du suivi. À une durée moyenne de 7.8 [DS 1.9] ans, la survenue simultanée de deux complications ou plus était observée chez 78 (5.9%) participants, plus fréquemment que la prévalence attendue évaluée par probabilité seule (58 [4.4%], p=0.015). 
Plus spécifiquement, les complications survenant simultanément plus fréquemment que ce qui était prévu était rétinopathie et maladie rénale diabétique (11 [0.8%] versus trois [0.2%] ; p=0.0007), rétinopathie et raideur artérielle (13 [1.0%] versus quatre [0.3%] ; p=0.0016), et raideur artérielle et neuropathie autonome cardiaque (24 [1.8%] versus 13 [1.0%] ; p=0.015). 
Nous avons identifié quatre groupes uniques caractérisés par une aggravation progressive des facteurs de risques métaboliques (allongement de la durée de la maladie diabétique et du taux d’hémoglobine glyquée, taux de cholestérol non-HDL, et rapport taille-hanche). La prévalence d’au moins deux complications a augmenté dans les groupes selon le risque (six [2.3%] sur 261 dans le groupe à faible risque, 32 [6.3%] sur 509 dans le groupe à risque modéré, 28 [8%] sur 348 dans le groupe à risque élevé et cinq [20.8%] dans le groupe à risque le plus élevé). 
Comparé aux groupes à faible risque et à risque modéré, les groupes à risque élevé et à risque le plus élevé étaient caractérisés par une proportion plus faible de participants blancs non Hispaniques, et une proportion plus élevée de participants ayant un revenu du foyer inférieur à 50 000 $ US et qui n’avaient pas d’assurance maladie privée.

Des complications précoces surviennent simultanément chez les adolescents et les jeunes adultes atteints de diabète de type 1 plus fréquemment que ce qui est normalement prévisible. L’identification de sujets présentant des facteurs de risque défavorables pourraient permettre des interventions comportementales ou médicales ciblées réduisant l’éventualité d’un développement précoce de morbidités chroniques liées au diabète.

Financement : Centres pour le Contrôle et la Prévention des Maladies et Institut National de la Santé des États-Unis d’Amérique

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ     

jeudi 15 septembre 2016

#thelancetpsychiatry #adolescent #jeuneadulte #leucémielymphoïdeaiguë #methotrexate Fonctionnement cognitif, comportemental et scolaire chez des adolescents et jeunes adultes survivant à une leucémie lymphoïde aiguë : rapport de l’Etude de la Survie des Enfants atteints de Cancer

Source iconographique: http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/leukemia-acute-lymphocytic-all/acute-lymphocytic-leukemia/?region=qc
Les enfants survivants à la Leucémie Lymphoïde Aiguë (LLA) risquent de développer des déficits neurocognitifs affectant leur développement au cours de l’adolescence et de leur vie de jeune adulte ; et d’influencer leur niveau de scolarité ainsi que leur future indépendance. Nous avons examiné une importante cohorte de survivants afin d’en identifier les facteurs de risques prédictifs.

Dans cette étude de cohorte, des symptômes cognitifs et comportementaux étaient évalués par le truchement d’un questionnaire parental pour 1 560 adolescents survivants à une LLA diagnostiqués entre 1970 et 1999. Les symptômes cliniquement significatifs (≥ 90ème percentile) et les troubles de l’apprentissage étaient comparés entre les survivants et une cohorte sœur. Des modèles de régression multivariée ont été appliqués afin d’examiner les associations avec les données de démographie et les caractéristiques des traitements. Les modèles ont été ajustés par l’inverse de la probabilité estimée des poids d’échantillonnage, afin de refléter le sous-échantillonnage des survivants à une LLA dans la cohorte d’expansion. Dans un échantillon de survivants possédant des données longitudinales (n=925), nous avons examiné les associations entre symptômes ou troubles et niveau scolaire chez les adolescents.

En comparaison des sujets de la cohorte sœur, les survivants traités par chimiothérapie avaient davantage tendance à présenter un comportement entêté (155 [19%] sur 752 survivants versus 88 [14%] sur 610 sujets de la cohorte sœur, p=0.010), déficit de l’attention avec hyperactivité (15 [19%] versus 86 [14%], p<0.0001), retrait social (142 [18%] versus 75 [12%], p=0.0002), et présentaient plus de troubles de l’apprentissage (191 [28%] versus 76 [14%], p<0.0001). Dans les modèles multivariés parmi les survivants, une dose cumulée croissante de méthotrexate administré par voie intraveineuse (c’est-à-dire, > 4.3 g/m2) correspondait à des déficits de l’attention avec hyperactivité accrus (Risque Relatif [RR] 1.53, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.13-2.08). Les adolescents survivants avec des troubles cognitifs ou comportementaux ainsi que ceux présentant des troubles de l’apprentissage avaient tendance à obtenir moins de diplômes une fois à l’université comme jeunes adultes que les adolescents survivants ne présentant pas de troubles cognitifs ou de comportement.

Bien que la thérapeutique moderne du LLA chez les enfants ait permis de cesser l’utilisation de la radiothérapie crânienne, les adolescents survivants traités par chimiothérapie seule présentent toujours des risques accrus de troubles cognitifs, comportementaux et scolaires affectant directement le niveau d’éducation atteint à l'âge adulte. Dr Lisa M Jacola, PhD, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 14 septembre 2016

Financement : National Cancer Institute, American Lebanese-Syrian Associated Charities

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 21 juin 2016

#thelancethiv #vih #pédiatrie #jeunesadultes #efavirenz Week-end sans médication chez des enfants, adolescents et jeunes adultes atteints par le VIH et placés sous efavirenz (BREATHER) : essai de non-infériorité de phase 2/3 randomisé, ouvert et randomisé

VIH-1
Source iconographique: http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/25026/ch01.html
Chez les humains infectés très jeunes par le VIH-1 ayant à suivre une thérapie antirétrovirale (TAV) pour le restant de leurs jours, un traitement à cycle court avec des médicaments à longue durée d’action offre le potentiel de vivre pleinement des week-ends sans médicament, une moindre toxicité médicamenteuse, ainsi qu’une meilleure qualité de vie. Notre but était de comparer traitement à cycle court (5 jours avec prise de médicament, 2 jours sans prise de médicament) versus traitement en continu (TAV en continu).

Dans cet essai ouvert de non-infériorité (BREATHER), des patients éligibles âgés de 8-24 ans, étaient stabilisés sous efavirenz en traitement de première ligne avec deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, et présentaient une charge virale en ARN du VIH-1 de moins de 50 copies par mL depuis au moins 12 mois. Les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1) pour rester sous traitement continu ou pour changer en adoptant un traitement à cycle court selon une séquence de randomisation générée par ordinateur, par blocs permutés de différentes tailles, et stratifiés par âge et par site (site africain versus site non-africain) ; la liste était préparée par le statisticien de l’essai et la randomisation était effectuée par internet effectuée par un clinicien du site ou l’une des trois unités de coordination de l’essai. Le résultat principal de l’étude était la proportion de participants avec charge virale confirmée de 50 copies par mL ou plus à tout temps t de l’étude sur 48 semaines, estimée par la méthode de Kaplan-Meier. L’essai était mis au point pour pouvoir exclure une marge de non-infériorité de 12%. Les analyses ont été effectuées sur population en intention de traiter.

Entre le 1er avril 2011, et le 28 juin 2013, 199 participants provenant de 11 pays situés dans le monde entier étaient répartis de manière aléatoire, 99 pour suivre un traitement à cycle court et 100 pour suivre un traitement en continu, ils étaient suivi jusqu’à la 48ème semaine de traitement du dernier patient. 105 (53%) patients étaient des hommes, de 14 ans d’âge médian (Intervalle Interquartile [IQR] 12-18), et un compte de cellules CD4+ (cellules T) médian de 735 cellules par μL (IQR 576-968). Six (6%) patients appartenant au groupe traitement à cycle court versus sept (7%) patients appartenant au groupe de traitement continu avaient une charge virale confirmée de 50 copies ou plus par mL (différence -1.2%, Intervalle de Confiance [IC] de -7.3 à 4.9, non-infériorité démontrée). 13 évènements indésirables de grade 3 ou de grade 4 sont survenus au cours du cycle de traitement court et 14 au cours du cycle de traitement en continu (p=0.89). Deux évènements indésirables liés à la TAV (une gynécomastie et un avortement spontané)  sont survenus dans le groupe thérapie à cycle court en comparaison des 14 évènements indésirables (p=0.02) survenus dans le groupe thérapie en continu (cinq lipodystrophies, deux gynécomasties, un cas d’idées suicidaires, une nausée, un mal de tête avec syncope, un avortement spontané, une neutropénie, et deux niveaux élevés en transaminases).

La non-infériorité du maintien de suppression virologique chez les enfants, adolescents et jeunes adultes était montrée dans la thérapie à cycle court versus thérapie en continu à 48 semaines, avec une résistance aux traitements semblable et un meilleur profil de sécurité. La thérapie en cycle court représente donc une option viable chez les patients jeunes infectés par le VIH et stabilisés par TAV à base d’efavirenz.

Financement : UK National Institute for Health Research Health Technology Assessment; UK Medical Research Council; European Commission; Fondation PENTA; INSERM SC10-US19, France.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

vendredi 27 mai 2016

#thelancetoncology #cancer #épidémiologie #enfants #adolescents #adultes Survie des adolescents et des jeunes adultes européens diagnostiqués avec un cancer en 2000-07: données basées sur la population EUROCARE-5

2 753 cas de leucémie ont été diagnostiqués dans toute la France entre 2002 et 2007 et parmi les victimes, une augmentation jusqu'à 2.2 fois plus élevée chez les enfants de moins de 5 ans vivant dans des localités proches de sites nucléaires.
Source iconographique et légendaire: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/public/photos/Vaucluse/cancer-discrimination.jpg
Les données EUROCARE ont montré une survie plus faible chez les adolescents et jeunes adultes (AJAs ; âgés de 15-24 ans) que chez les enfants (âgés de 0-14 ans) pour ce qui est de la plupart des cancers pouvant affecter ces deux groupes de populations, et de modestes améliorations de survie jusqu’à 2000-2002. Toutefois, les AJAs présentent des taux de survie supérieurs que ceux relevés chez les adultes pour la plupart des cancers. Nous avons, pour la présente étude, utilisé la toute dernière définition des AJAs (âgés de 15-39 ans) et fourni des estimations de la survie relative à 5 ans chez les AJAs européens atteints d’un cancer diagnostiqué en 2000-2007, et les avons comparées avec les estimations relevées chez les enfants et les adultes (âgés de 40-49 ans) atteints de cancer, et étudié les améliorations de la survie en fonction du temps.

Nous avons analysé des données de populations fournies par les registres du cancer de 27 pays européens participant à EUROCARE-5. Nous avons utilisé la soi-disant méthode complète pour estimer la survie relative sur 5 ans pondérée par le type de population pour 19 cancers affectant les AJAs et les enfants, et pour 27 cancers affectant les AJAs et les adultes. Nous avons évalué les différences de survie relative entre enfants versus AJAs, et entre AJAs et adultes, à l’aide du test Z. Nous avons utilisé une approche fondée sur la période pour estimer la survie relative à 5 ans dans le temps chez les enfants et les AJAs, et utilisé une modèle linéaire généralisé pour la modélisation des tendances en matière de temps de survie (1999-2007) et pour évaluer la significativité des changements dans le temps.

Nous avons analysé 56 505 cancers diagnostiqués chez les enfants, 312 483 chez les AJAs, et 3 567 383 chez les adultes. Pour tous les cas de cancers combinés mutualisés, la survie s’est améliorée dans le temps chez les AJAs (de 79% [Intervalle de Confiance -IC- 95% 78.1-80.5] en 1999-2002 à 82% [81.1-83.3] en 2005-2007 ; p<0.0001) et les enfants (de 76% [74.7-77.1] à 79% [77.2-79.4] ; p<0.0001). La survie s’est significativement améliorée chez les enfants et les AJAs atteints de leucémie lymphoïde aiguë (p<0.0001) et le lymphome non-Hodgkinien (p<0.0001 chez les AJAs et p=0.023 chez les enfants). La survie s’est significativement améliorée chez les seuls AJAs pour ce qui est des tumeurs du système nerveux central (p=0.0046), atrocytomes (p=0.040), et les mélanomes malins (p<0.0001). La survie est demeurée significativement plus faible chez les AJAs que chez les enfants pour huit cancers importants : leucémies lymphoïdes aiguës, leucémies myéloïdes aiguës, lymphomes Hodgkiniens, lymphomes non-Hodgkiniens, astrocytomes, sarcomes de Ewing, et rhabdomyosarcomes (p<0.0001 dans tous les cas), et les ostéosarcomes (p=0.011).

Nonobstant les résultats encourageants observés pour certains cancers, nous montrons dans l’ensemble une survie moindre chez les AJAs que chez les enfants pour huit cancers importants. Les initiatives récentes prises à l’échelon Européen pour l’amélioration des résultats chez les AJAs pourraient réduire les écarts de taux de survie existant entre les enfants et les AJAs, mais cette réduction ne peut qu’être vérifiée par de nouvelles études basées sur la population, dans le futur.  Dr Annalisa Trama, PhD, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première,  26 mai 2016

Financement : Ministère Italien de la Santé, Commission Européenne

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 10 mai 2016

#thelancet #santé #jeunes #chargemondialedemorbidité Fardeau global de maladies, blessures, et facteurs de risque relatifs à la santé chez les jeunes au cours des années 1990-2013 : analyse systématique de l’Étude Charge Mondiale de Morbidité 2013

En plein été, comme ici à Moscou, la Journée de la marine russe est prétexte à toutes sortes de libations. Mais en Russie, c'est tous les jours qu'on boit sec. (...).
Source iconographique et légendaire: http://www.parismatch.com/Actu/International/L-alcool-l-opium-du-peuple-russe-156317
La santé des jeunes constitue désormais une question à traiter d’urgence dans le cadre du développement global. L’évolution délétère de la santé chez les jeunes peut potentiellement ruiner la santé future de la population toute entière de même que le développement économique global, à moins que des stratégies efficaces soient mises en place à temps. Nous rendons compte du fardeau de la santé chez les jeunes âgés de 10 ans à 24 ans à partir de 1990 à 2013, à l’aide des données de mortalité, infirmité, blessure et facteurs de risque pour la santé.

L’Étude Charge Globale de Morbidité 2013 (GBD 2013) a inclus les évaluations annuelles effectuées dans 188 pays de 1990 à 2013, couvrant 306 maladies et blessures, 1 233 séquelles, et 79 facteurs de risque. Nous avons utilisé l’approche de risque comparative pour évaluer quelle était la part du fardeau des maladies rapportée pour une année donnée, pouvait être imputable à une exposition passée à des risques. Nous avons estimé la charge imputable en comparant les effets observés sur la santé avec ceux qui auraient été observés si une alternative ou un niveau contrefactuel d’exposition était survenu dans le passé. Nous avons appliqué la même méthode sur les années passées, afin de permettre des comparaisons incluant les années 1990 à 2013. Nous avons effectué une tabulation croisée des quantiles des années de vie corrigées du facteur invalidité (AVCI) par les quintiles de croissance annuelle en AVCI de 1990 à 2013 pour montrer les niveaux d’augmentation d’AVCI par classe de charge de morbidité. Nous avons utilisé les tabelles GBD 2013 pour identifier les 306 maladies et blessures en quatre niveaux de classification. Le niveau un distingue trois grandes catégories : classe 1 : troubles contagieux, maternels, des nouveaux nés et les troubles nutritionnels ; classe 2 : maladies non-contagieuses ; et classe 3 : blessures. Le niveau deux comprend 21 catégories s’excluant mutuellement et collectivement exhaustives, le niveau trois comprend 163 catégories, et le niveau 4 en comprend 254 catégories.

Les causes principales de mort en 2013, chez les jeunes de 10 ans à 14 ans étaient VIH/SIDA, accidents de la route et noyades (25.2%), alors que les blessures dues aux transports étaient la cause principale de mort chez les 15-19 ans (14.2%) et les 20-24 ans (15.6%).
Les troubles maternels constituaient la cause la plus fréquente de décès chez les jeunes femmes âgées de 20 ans à 24 ans (17.1%), et la quatrième cause de décès chez les filles âgées de 15-19 ans (11.5%) en 2013. Les rapports sexuels non protégés constituaient un facteur de risque d’AVCI passant du 13ème au 2ème rang - entre 1990 et 2013 - chez les jeunes de 15-19 ans des deux sexes.
L’abus d’alcool constituait le facteur de risque d’AVCI le plus élevé (7.0% pour les deux sexes pris ensemble, 10.5% pour les hommes, et 2.7% pour les femmes). Les contributions respectives des facteurs de risque étaient variables à la fois entre les pays et entre populations d'un même pays. Par exemple, c’est au Qatar que la consommation de drogues était la plus élevée chez les 20-24 ans, et comptait pour 4.9% des AVCI, suivi par les Emirats Arabes Unis (4.8%) ; alors que c’est en Russie que la consommation d’alcool était la plus élevée (comptant pour 21.4% des AVCI) suivi par la Belarus (21.0%). (…). La consommation d’alcool et de drogue a crû de plus d’1% par an, entre 1990 et 2013, et a compté pour plus de 3.1% des AVCI, globalement dans le monde.

Nos résultats montrent qu’il faut redoubler d’efforts pour améliorer la santé et réduire la charge de morbidité et de risques de maladies survenant plus tard dans la vie chez les jeunes. De plus, du fait des grandes variations observées entre pays pour ce qui est des risques et du fardeau, une approche globale d’amélioration de la santé au cours de cette période de la vie échouera, à moins que soient prises en compte les particularités propres à chaque pays. Finalement, nos résultats appellent à la mise en place d’une stratégie permettant de surmonter les barrières financières et techniques s’opposant à la prise de conscience des jeunes des facteurs de risques pour leur santé, et à la mise en place de systèmes d’information sanitaire efficaces. Prof Ali H Mokdad, PhD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 9 mai 2016

Financement : Bill & Melinda Gates Foundation.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 31 août 2015

#thelancet #dépression #automutilation #sousculturegothique #adolescents Risque de dépression et d’automutilation chez des adolescents s’identifiant à la sous-culture gothique : étude longitudinale de cohorte

Photographie à l'esthétique proche du gothique (noir et blanc, mise en valeur de la peau, importance du flou) mettant en scène une jeune fille habillée selon les canons de cette mouvance.
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_gothique
De précédentes recherches ont suggéré que l’automutilation délibérée est associée à la sous-culture gothique contemporaine chez les jeunes ; cependant, la question de savoir si cette association se confond avec les caractéristiques des jeunes au sens large - leurs familles, les circonstances de la vie - reste non élucidée. Notre but était de tester si l’autoidentification comme telle à la sous-culture gothique est en corrélation avec l’émergence d’une dépression clinique et de comportements automutilatoires chez les très jeunes adultes.

Nous avons utilisé des données extraites de l’étude longitudinale Avon sur les Parents et les Enfants, étude de cohorte de naissances menée sur une population de 14 541 femmes enceintes dont les accouchements respectifs étaient prévus entre le 1er avril 1991 et le 31 décembre 1992. Tous les enfants de l’étude étaient invités, à partir de l’âge de sept ans, à se rendre périodiquement à des visites de suivi organisées à la clinique de recherche. À l’âge de 15 ans, les participants ont dû rendre compte de leur niveau d’autoidentification à la sous culture gothique. Nous avons étudié l’humeur dépressive et l’automutilation à l’âge de 15 ans à l'aide d'une version remaniée d’un protocole d’interview cliniques. Nous avons calculé l’association prospective existante entre l’identification à la sous-culture gothique à l’âge de 15 ans et la prévalence de dépression et de comportements automutilatoires à 18 ans à l’aide d’analyses de régression logistique.

Sur 5 357 participants dont des données relatives à l’identification à la sous-culture gothique étaient disponibles, 3694 sujets présentaient également des données de dépression et de comportements automutilatoires à 18 ans. 105 (6%) adolescents sur 1 841 qui ne s’identifiaient pas à la sous-culture gothique satisfaisaient aux critères de dépression en comparaison avec les 28 (18%) adolescents sur 154 qui s’y identifiaient ; pour ce qui est des comportements automutilatoires, les données étaient de 189 (10%) sur 1 841 versus 57 (37%) sur 154. Nous avons noté une relation de corrélation avec l’autoidentification à la sous-culture gothique à la fois pour la dépression et le comportement automutilatoire.
En comparaison avec des jeunes gens ne s’identifiant pas à la sous-culture gothique, ceux qui s’y identifiaient d’une manière ou d’une autre présentaient une prévalence 1.6 fois supérieure (Rapport de Cotes Odds Ratio [OR] non ajusté 1.63, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.14-2.34, p<0.001), et ceux qui s’y identifiaient totalement présentaient une prévalence trois fois supérieure (OR non ajusté 3.67, 2.33-4.79, p<0.001) de montrer des résultats aux questionnaires se situant dans la zone définissant un état dépressif à 18 ans ; des résultats similaires ont été obtenus concernant le comportement automutilatoire. Les corrélations n’étaient pas diminuées après ajustement selon les individualités personnelles, les origines familiales et sociales.

Nos résultats suggèrent que des jeunes gens s’identifiant avec la sous-culture gothique présentent un risque plus élevé de dépression et de comportement automutilatoire. Bien que nos données suggèrent l’existence d’une contagion au sein de la communauté gothique, des résultats d’étude observationnelle ne peuvent être utilisées dans le but de prétendre que le fait même d’intégrer une communauté gothique augmente en soi le risque de comportement automutilatoire ou de dépression. Le travail avec les  jeunes appartenant à la sous-culture gothique dans le but d’identifier les sujets à risque accru de dépression et de comportement automutilatoire, ainsi que l’apport d’un soutien, représentent des démarches qui pourraient se révéler efficace. Dr Lucy Bowes, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première,  27 août 2015

Financement : Wellcome Trust, Medical Research Council Programme

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ