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vendredi 10 juin 2022

#thelancetinfectiousdiseases #éditorial #monkeypox #épidémie Suivi de l'épidémie de monkeypox de 2022 avec des données épidémiologiques en temps réel

Graphe montrant la rapide diffusion du virus monkeypox (variole du singe) - en nombre total de cas (histogrammes bleus) et en pays touchés (courbe rouge) lors de l'épidémie de 2022

 

Le virus monkeypox a été documenté pour la première fois chez l'homme dans les années 1970 et des épidémies ont été signalées dans de nombreux pays, la plupart des cas étant limités aux zones endémiques. Début mai 2022, des cas de monkeypox ont été signalés au Royaume-Uni, en Espagne et ailleurs en Europe.

Le modèle de dispersion géographique était beaucoup plus important que les épidémies passées qui étaient plus localisées et se produisaient souvent dans des communautés défavorisées.3 La taille des grappes d'épidémies augmente chaque jour, tout comme la répartition géographique en Europe et en Amérique du Nord. Au cours de la première semaine du rapport initial, 24 pays ont signalé des cas suspects et confirmés de virus monkeypox, dont certains avaient des liens de voyage connus vers le Royaume-Uni, l'Espagne, le Canada et l'Europe occidentale. Au 5 juin 2022, il y avait 920 cas confirmés et 70 cas suspects. Sur 64 cas confirmés avec des antécédents de voyage connus, 32 étaient associés à des voyages en provenance d'Europe, trois d'Afrique de l'Ouest, deux du Canada et un d'Australie. Pour 26 cas, les lieux d'antécédents de voyage restent inconnus.

L'OMS a convoqué une réunion d'experts et de groupes consultatifs techniques le 20 mai 2022, pour enquêter sur les causes de l'épidémie et a publié des directives actualisées sur la surveillance, l'investigation des cas et la recherche des contacts. La raison pour laquelle l'épidémie a une portée géographique plus large est étudiée par la communauté internationale et nationale de la santé publique et la communauté des chercheurs, contribuant à une compréhension à plus grande échelle de la dynamique de l'épidémie. Cependant, l'arrêt des programmes de vaccination contre la variole, l'empiètement des humains dans les zones forestières et la mobilité internationale croissante semblent jouer un rôle important dans l'épidémiologie des épidémies de virus du monkeypox.

Pour soutenir les efforts de réponse mondiaux, notre équipe a créé une base de données et une visualisation en libre accès pour suivre l'apparition de cas dans différents pays. De plus, le cas échéant, nous avons ajouté des informations sur l'âge (agrégées en tranches d'âge, avec une fourchette minimale de 5 ans), le sexe, les dates d'apparition des symptômes et de confirmation en laboratoire, les symptômes, les lieux (agrégés au niveau de l'État), les antécédents de voyage, et métadonnées supplémentaires définies par l'OMS. 

Les données sont compilées à partir de sources vérifiées, y compris les rapports des gouvernements et des organisations de santé publique et les reportages des médias sur les déclarations officielles de la santé. Au fur et à mesure que des informations vérifiées et des déclarations officielles sont publiées, nous documentons les sources secondaires et mettons à jour les métadonnées dans l'ensemble de données. Un horaire d'astreinte pour les conservateurs fonctionnant 24h/24 et 7j/7 a été établi pour assurer la mise à jour des données en temps quasi réel. Chaque cas est vu et discuté par au moins deux conservateurs avant d'être mis à disposition via notre référentiel Global.health GitHub, et poussé vers la visualisation de la carte au moins quatre fois par jour.

Au cours des premiers stades des épidémies, obtenir des données fiables et synthétisées sur les caractéristiques des cas est un défi, en particulier à l'échelle mondiale. Notre travail tente d'harmoniser les informations entre les pays et de fournir des données supplémentaires pour soutenir la compréhension épidémiologique des origines et de la dynamique de transmission de cette épidémie. Idéalement, ces données sont associées aux données génomiques du virus et intégrées directement aux données épidémiologiques de la liste des pays. Dans notre référentiel, nous travaillons également avec des collègues et le Hub de l'OMS pour le renseignement sur les pandémies et les épidémies pour définir un schéma de données de contact permettant aux pays et aux chercheurs d'estimer et de réestimer les paramètres épidémiologiques clés, tels que la période d'incubation et l'intervalle de série, à travers différents réglages.

Des données en temps réel sont nécessaires pour planifier des mesures de contrôle efficaces si cette épidémie se développe davantage. Le travail s'appuie sur l'infrastructure développée pour le contrôle des épidémies et la préparation à la pandémie et a été utilisé pour la pandémie de COVID-19.7 Des efforts mondiaux sont nécessaires pour garantir que des efforts similaires pour harmoniser et publier rapidement des données épidémiologiques détaillées soient soutenus lors de futures épidémies d’agents pathogènes émergents et ré-émergents. Cet exemple sera une voie d'apprentissage pour construire de meilleurs systèmes de surveillance à l'échelle mondiale. Moritz UG Kraemer, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 8 juin 2022

Financement : Fondation Rockefeller

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ


mercredi 4 mars 2020

#thelancetgolbalhealth #COVID-19 #épidémie Faisabilité du contrôle des foyers d’épidémie du COVID-19 par mise en quarantaine de cas et de personnes ayant été en contact

Corona virus. Copyright: The Lancet collection/PASIEKA

La mise en quarantaine des cas et la recherche des personnes ayant été en contact sont utilisées pour le contrôle des épidémies de maladies infectieuses ; ces méthodes ont été appliquées à la maladie provoquée par le coronavirus 2019 (COVID-19). La probabilité de succès de cette stratégie pour le contrôle de la maladie dépend à la fois des caractéristiques du pathogène et de la réponse. Ici, nous utilisons un modèle mathématique pour évaluer l’effet de la mise en quarantaine et de la recherche de personnes ayant été en contact sur le contrôle de la poursuite de la transmission du virus à partir de cas importés de COVID-19.

Nous avons développé un modèle de transmission stochastique, paramétré spécifiquement pour l’épidémie du COVID-19. Nous avons appliqué ce modèle pour quantifier l’efficacité de la recherche de personnes ayant été en contact et d’isolation de cas ; pour ce qui est du contrôle du syndrome respiratoire aigu sévère dû au pathogène coronavirus 2 (SARS-CoV-2). Nous avons pris en considération des scénarios variant en termes de cas initiaux, de taux de reproduction de base (R0)*, de période écoulée entre l’apparition des symptômes et la mise en quarantaine, de la probabilité de rencontre de personnes ayant été en contact, de la proportion de contagion avant l’apparition des symptômes, de la proportion d’infections sous-cliniques. Nous tenons pour acquis que la mise en quarantaine prévient toute future contagion dans ce modèle. Les épidémies étaient considérées comme contrôlées si la contagion prenait fin dans les 12 semaines ou avant d’atteindre le nombre de 5 000 cas au total. Nous avons mesuré la réussite du contrôle des épidémies à l’aide de la mise en quarantaine et de la recherche de contact, et avons quantifié le nombre maximum de cas relevés par semaine pour mesurer la faisabilité de l’effort de santé publique à réaliser.

Les épidémies simulées commençant avec cinq cas initiaux, un R0 de 1.5, et 0% de transmission avant l’apparition des symptômes ont pu être contrôlées même avec une faible probabilité de localisation des contacts ; cependant, la probabilité de contrôle d’une épidémie diminuait avec le nombre initial de cas, quand R0 était de 2.5 ou 3.5 et avec un niveau de contagion plus élevé avant l’apparition des symptômes. Parmi tous les cas initiaux de nombre de cas, la majorité des scénarios présentant un R0 de 1.5 étaient contrôlables avec moins de 50% des contacts correctement localisés. Afin de contrôler la majorité des foyers d’épidémie, pour un R0 de 2.5 ou plus, 70% des contacts devaient avoir été localisés, et pour un R0 de 3.5 ou plus, 90% des contacts devaient avoir été localisés. Le temps écoulé entre l’apparition des symptômes et la mise en quarantaine représentait le paramètre crucial pour déterminer si un foyer d’épidémie était contrôlable pour un R0 de 1.5. Pour un R0 de 2.5 ou 3.5, s’il y avait 40 cas initiaux, la localisation des contacts et leur mise en quarantaine étaient potentiellement réalisables quand une proportion de contamination de moins de 1% était survenue avant l’apparition des symptômes.

Dans la plupart des scénarios, une localisation des personnes ayant été en contact et la mise en quarantaine hautement efficace sont suffisantes pour contrôler un nouveau foyer de COVID-19 dans les 3 mois. La probabilité de contrôle diminue avec les périodes de temps longues entre apparition des symptômes et mise en quarantaine, un nombre plus faible de cas certifiés par recherche de personnes ayant été en contact, et une contagion augmentée avant l’apparition des symptômes. Ce modèle peut être modifié pour refléter les données de contagion mises à jour et les définitions plus spécifiques du contrôle des foyers d’épidémie pour évaluer la réussite potentielle des efforts entrepris au niveau local. Joel Hellewell, PhD, et al, dans The Lancet Global Health, publication en ligne en avant-première, 28 February 2020

Financement : Wellcome Trust, Fonds de Recherche Global Challenges, et Health Data Research UK.


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

*Le taux de reproduction est le nombre moyen de cas secondaires générés par une personne durant la période où elle est infectieuse, symptomatique ou non. Lors de l'introduction d'une infection dans une population entièrement susceptible, on parle de taux de reproduction de base (Ro).

mardi 3 octobre 2017

#thelancetdiabetesandendocrinology #obésité #profilmétabolique La notion d'« Obésité saine sur le plan métabolique » peut-elle être adoptée comme solution de facilité pour traiter l’Obésité ?

La transition vers un régime alimentaire riche en légumes mène à une plus rapide satiété.
Source iconographique et légendaire: https://en.wikipedia.org/wiki/Weight_management#/media/File:Arcimboldo_Vegetables.jpg
L’obésité représente un facteur de risque pour plusieurs autres maladies chroniques et ; du fait de l’ampleur du phénomène relevant maintenant de l’épidémie, l’obésité est devenue un problème majeur de santé publique dans le monde. 
L’un de ses aspects des plus alarmants est sa banalisation :  une proportion plus faible d’adultes a tenté de perdre du poids au cours de la dernière décennie qu’au cours des années 1985-2000. L’option de traitement de première ligne de l’obésité est d’agir sur le mode de vie. Bien que cette approche soit de nature à diminuer la masse grasse à moyen terme, ces effets bénéfiques sont rarement durables. Une perte de poids importante est un objectif difficile à atteindre ; ainsi, d’autres objectifs de nature à motiver les personnes atteintes d’obésité à adopter un mode de vie sain devraient être pris en considération. Dans ce contexte, la notion d’« obésité saine sur le plan métabolique » est utile. Il existe de plus en plus de preuves disponibles suggérant que malgré le risque de mortalité pour toutes causes confondues et d’événements cardiovasculaires pourrait être plus élevé chez les personnes présentant une obésité saine sur le plan métabolique en comparaison des personnes normopondérales; ledit risque reste cependant significativement plus bas que chez les sujets présentant une obésité pathologique sur le plan métabolique. Ainsi, toute personne obèse devrait se motiver pour atteindre un poids normal dans le long terme ; toutefois, une perte de poids modérée, suffisante pour la transition d’une obésité pathologique sur le plan métabolique vers une obésité saine sur le plan métabolique pourrait également diminuer le risque d’événements graves. Cependant, la perte de poids nécessaire à la survenue de cette transition reste débattue. 
Cette transition pourrait être soutenue par des facteurs liés au mode de vie – comme le régime alimentaire de type méditerranéen – influant sur le risque cardiovasculaire indépendamment de la masse grasse. Dans cet article* (…), nous résumons l’information disponible relative à la notion d’ obésité saine sur le plan métabolique, mettons en lumière les lacunes dans la recherche, et discutons comment cette notion devrait être appliquée en soins cliniques. Prof Norbert Stefan, MD, et al, dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, publication en ligne le 14 septembre 2017

*texte complet de l'article (full text)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ       

mardi 14 mars 2017

#thelancet #choléra #Vibriocholerae #épidémie #endémie Séminaire – Choléra

Vibrio cholerae, agent pathogène du choléra.
Source: http://medecins-sans-frontieres.webnode.fr/news/a1er-le-cholera/
Le choléra est une maladie diarrhéique aigue causée par Vibrio cholerae appartenant au sérogroupe O1 ou au sérogroupe O139. Au cours des deux derniers siècles, le choléra a émergé et s’est étendu à partir du delta du Gange à six reprises et une fois à partir de l’Indonésie, causant des pandémies globales. Des approches rationnelles de prise en charge du choléra ont été adoptées, à l’aide de thérapies de réhydratation per os et par voie intraveineuse, qui ont permis de réduire la mortalité dues au choléra de plus de 50% à moins de 1%.

Malgré des améliorations apportées à la qualité de l'eau, notamment à son assainissement, son hygiène, et au traitement clinique du choléra, environ 100 000 décès lui sont encore imputables chaque année. La plupart des décès surviennent dans des environnements où le choléra est présent à l’état endémique, et presque uniquement dans les pays en  voie de développement. Les connaissances actuelles en matière de protection immunitaire contre le choléra, résultant en une immunité intestinale locale, a abouti à la mise au point de vaccins administrés par voie orale, sûrs et protecteurs; et qui sont maintenant stockés et mis à disposition pour le contrôle du choléra, à la fois sur le plan épidémiologique et sur le plan endémique. Prof John D Clemens, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 13 mars 2017


Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ   

lundi 6 juin 2016

#thelancetglobalhealth #malaria #paludisme #plasmodiumfalciparum Estimation de la meilleure affectation d’interventions en vue de réduire le fardeau et la transmission de la malaria à Plasmodium falciparum en Afrique : étude de modélisation

Le paludisme est provoqué par quatre parasites du genre Plasmodium. Il se développe d'abord chez le moustique (anophèle), qui infecte ensuite l'être humain par piqûre. Un gène appelé TEP1 est à l'origine de la résistance au paludisme chez certains moustiques.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/paludisme
La réduction du fardeau de la malaria* est une priorité globale, toutefois, les contraintes budgétaires font que les ressources disponibles doivent être allouées de manière rationnelle, afin de maximiser leur effet. Notre but était de développer un modèle permettant d’estimer l’agencement le plus efficace des interventions (c’est-à-dire au plus faible coût) afin de réduire au mieux le fardeau et la transmission de la malaria. Notre but était aussi d’estimer l’efficacité des divers aspects des interventions contre la malaria, notamment sur le plan spatio-temporel.

Nous avons combiné un modèle dynamique de capture de l’hétérogénéité de la transmission de la malaria en Afrique, avec les coûts financiers nets associés à la réalisation des interventions clés contre la malaria. Nous avons combiné les schémas estimés d’endémicité de la malaria, liés à la saisonnalité des pluies et à la présence des moustiques, pour cartographier le bouquet optimal des interventions à entreprendre contre la malaria dans toute l’Afrique. À l’aide de méthodes d’optimisation non-linéaires, nous avons examiné comment ces actions optimales peuvent varier, lorsque des mesures de contrôle sont déployées et évaluées au niveau d’un état, d’une région administrative d’un état, ou à plus petite échelle (pixel de 5 km2) sur le plan spatial.

Le bouquet d’interventions le plus efficace dans un contexte donné varie, dépendant de la manière dont la diminution de la prévalence d’une maladie donnée est ciblée. Les moustiquaires traités aux insecticides à action de longue durée représentent généralement des primo-interventions d’un meilleur rapport coût/efficacité pour ce qui est des objectifs à réaliser, s'agissant d'une chimioprévention comme protection saisonnière principale contre la malaria ou d'une chimioprévention ajoutée par vaporisation comme protection secondaire selon la saison et les espèces vectrices. 
Du fait de ces interventions, la transmission de la malaria est ramenée à un point tel qu’elle en est réduite à un cas pour mille personnes par an pour 43.4% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 40.0-49.0) de la population à risque en Afrique. Ajouter trois séries d’administration en masse du produit par an est propre à être efficace dans une proportion de 90.9% (IC 95% 86.9-94.6) de cette même population à risque. Une optimisation encore meilleure de ces démarches peut être obtenue en ciblant les actions au niveau provincial, permettant une économie de 32.1% (IC 95% 29.6-34.5) par rapport au coût engendré par une politique effectuée au niveau national. Toutefois, nous prédisons que seuls 26 pays (IC 95% 22-29) sur les 41 pays concernés pourraient réduire les transmissions de la malaria à ces niveaux, avec ces approches.

Ces résultats soulignent l’impact sur le rapport coût/bénéfice des interventions contre la malaria taillées sur mesure, en fonction du paysage écologique des différentes zones géographiques concernées. Cependant, des nouvelles interventions sont nécessaires pour parvenir à une éradication de la malaria. Patrick GT Walker, et al, dans The Lancet Global Health, publication en ligne en avant-première, 3 juin 2016

*malaria = paludisme

Financement : Fondation Bill & Melinda Gates, Conseil à la Recherche Médicale du Royaume – Uni


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 18 avril 2016

#thelancetinfectiousdiseases #dengue Fardeau économique global de la dengue : analyse systématique

Source: http://www.esculape.com/fmc2/dengue.html
La dengue représente un important fardeau économique. Les cas d’infections au virus de la dengue non rapportés ou méconnus rendent la mesure de l’étendue de l’épidémie de dengue difficile à évaluer, et les estimations de l’incidence et des coûts engendrés par la dengue montrent un haut degré d’incertidude. Des mesures objectives, systématiques et comparables du fardeau de la dengue nécessitent le suivi des progrès accomplis, l’évaluation de l’application et du financement de stratégies de contrôle préventif ; et de mieux orienter les politiques de santé. Nous avons estimé le fardeau économique global de la dengue par pays et par super-région (groupes de pays similaires sur le plan épidémiologique).

Nous avons utilisé les dernières données recueillies en matière d’incidence de la dengue fournies par l’Institut des Indicateurs et de l’Évaluation de la Santé sur l’étude sur la charge mondiale de morbidité 2013 et d’autres données source pour qualifier et quantifier le fardeau économique et symptomatique des cas de dengue dans les 141 pays et territoires où la transmission de la dengue y est reconnue comme active. À partir de la littérature scientifique et des régressions, nous avons estimé les cas et les coûts par contexte, incluant le contexte non-médical, pour tous les pays et territoires.

Nos estimations globales suggèrent qu’en 2013, on a comptabilisé 58.40 millions de cas d’infections dues au virus de la dengue au total (Intervalle d’Incertitude 95% [II 95%] 24 millions – 122 millions), incluant les 13 586 cas à issue fatale comptabilisés (II 95% 4200-34700), et que le coût total annuel de la dengue était de 8.9 milliards US$ (II 95% 3.7 milliards – 19.7 milliards). Les contextes globaux d’identification des cas de dengue était de 18% lors d’admissions à l’hôpital, de 48% en ambulatoire, et de 34% en contexte non-médical.

Le coût global de la dengue est substantiel, et si les stratégies de contrôle pouvaient réduire l’étendue de l’épidémie de dengue de manière appréciable, des milliards de dollars pourraient potentiellement être épargnés. En estimant ainsi le coût de la dengue par pays et par contexte, cette étude contribue aux besoins d’évaluation nécessaires aux décideurs politiques, donneurs, développeurs, et chercheurs en matière d’évaluation des interventions à mener contre la dengue, et plus particulièrement pour ce qui est de la mise sur le marché d’un vaccin contre la dengue et de développement prometteurs concernant d’autres technologies. Prof Donald S Shepard, PhD et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 15 avril 2016

Financement : Sanofi Pasteur

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ 

jeudi 7 avril 2016

#thelancet #diabète #épidémiologie Tendance du diabète au niveau mondial depuis 1980 : analyse mutualisée de 751 études de population réunissant 4.4 millions de participants

Le diabète est caractérisé par un excès de sucre dans le sang.
Source iconographique et légendaire: http://sante.lefigaro.fr/sante/maladie/complications-diabete/quest-ce-que-cest
L’un des objectifs globaux en matière de maladies non-transmissibles est de stopper, à l’horizon 2025, la prévalence du diabète standardisée selon l’âge à ses niveaux de 2010. Notre but était d’estimer la tendance du diabète au niveau mondial, avec quelle probabilité les pays atteindront leur objectif global, et comment les évolutions concernant la prévalence de la maladie prises en considération avec la croissance et le vieillissement de la population, sont de nature à influer sur le nombre d’adultes atteints de diabète.

Nous avons mutualisé les données à partir d’études basées sur la population dont l’objet était de collecter des données sur le diabète par le truchement de la mesure de ces biomarqueurs. Nous avons utilisé un modèle hiérarchique bayésien pour estimer les tendances de prévalence du diabète – défini par un niveau de glycémie à jeun de 7.0 mmol/L ou plus, ou un historique de diagnostic de diabète, ou une utilisation d’insuline ou de médicaments hypoglycémiants pris per os – dans 200 pays ou territoires répartis dans 21 régions, par sexe, de 1980 à 2014. Nous avons également calculé la probabilité à postériori de réaliser l’objectif diabète - mentionné ci-dessus*- si la tendance observée à partir des années 2000 se confirme.

Nous avons mutualisé les données extraites de 751 études ayant réuni 4 372 000 adultes au total originaires de 146 des 200 pays sur lesquels nous effectuons des estimations. La prévalence globale du diabète standardisée par l’âge a crû de 4.3% (Intervalle de Confiance -IC- 95% 2.4 - 7.0) en 1980 à 9.0 % (7.2 – 11.1) chez les hommes, et de 5.0% (2.9-7.9) à 7.9% (6.4-9.7) chez les femmes. Le nombre d’adultes atteints de diabète dans le monde a crû de 108 millions en 1980 à 422 millions en 2014 (28.5% imputables à la croissance en prévalence, 39.7% imputables à la croissance de la population et de son vieillissement, et 31.8% imputables à l’interaction entre ces deux facteurs). La prévalence du diabète standardisée par l’âge la plus faible était observée en Europe du Nord-Ouest, et la plus élevée en Polynésie et en Polynésie, en 2014, se situant à presque 25%, suivi par la Mélanésie, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Entre 1980 et 2014, peu de changements ont été observés en termes de prévalence du diabète standardisée par l’âge chez les femmes adultes en Europe de l’Ouest Continentale, bien que la prévalence brute se soit vue croître du fait du vieillissement de la population, au cours de cette même période. En revanche, la prévalence de la maladie standardisée par l’âge a crû de 15 points de pourcentage chez les hommes et chez les femmes en Polynésie et Micronésie. En 2014, les Samoa américaines ont présenté le plus haut niveau de prévalence du diabète au niveau national (>30% dans les deux sexes), avec une prévalence standardisée par l’âge se situant à des niveaux supérieurs de 25% par rapports aux niveaux observés dans d’autres îles de Polynésie et de Micronésie. 
Si la tendance observée après les années 2000 se confirme, la probabilité de réaliser l’objectif de stopper la croissance en prévalence du diabète à l’horizon 2025 - de la ramener aux niveaux de 2010, de fait - au niveau mondial est inférieure à 1% chez les hommes et de 1% chez les femmes.
Seuls neuf pays pour les hommes et 29 pays pour les femmes, situés principalement en Europe de l’Ouest, présentent une probabilité de 50% ou supérieure à 50% de réaliser l’objectif.

Depuis 1980, la prévalence du diabète standardisée par l’âge a crû; ou, au mieux, est restée inchangée dans chaque pays inclus dans cette étude. En prenant en considération la croissance et le vieillissement de la population, cette croissance a presque fait quadrupler le nombre d’adultes atteints de diabète dans le monde. Le fardeau du diabète, à la fois en termes de prévalence et de nombres d’adultes atteints, a présenté une croissance plus forte dans les pays à faibles revenus et à revenus moyens que dans les pays à hauts revenus. Collaborateurs du Groupe d’Etude des Facteurs de Risques de Maladies Non Transmissibles, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 6 avril 2016

*Note du traducteur

Financement : Wellcome Trust

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 24 octobre 2014

#Ebola #EVD #épidémie #modélisation Dynamique et contrôle de la transmission du virus d’Ebola à Montserrado, Liberia : analyse par modélisation mathématique

Cartographie du foyer initial de l'épidémie d'EVD (Ebola). On notera que la zone définie par un halo rouge - zone de circulation du virus - recouvre une zone située en Guinée, ainsi qu'une autre zone, plus petite, située au nord du Liberia.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/espace-journalistes/l-inserm-et-l-institut-pasteur-identifient-une-nouvelle-variante-du-virus-ebola-en-guinee
Un renforcement considérable en matière d’intervention de santé publique est nécessaire, afin d’exercer un contrôle sur l’ampleur sans précédent de l’épidémie du virus ebola (EVD) en Afrique de l’Ouest. Les engagements internationaux visent à amplifier la capacité d’intervention dans trois domaines : nouveaux centres de traitement de l’EVD, constatation des cas par le truchement du dépistage systématique, et fourniture de kits de protection des habitations. Notre but était d’évaluer à quel point ces interventions pourraient être appliquées, à la fois sur un plan individuel et sur le plan des communautés, afin de prévenir la survenue de nouveaux cas d’EVD et de décès causés par l’EVD dans le futur.

Nous avons développé un modèle de transmission du virus Ebola permettant d’établir l’existence éventuelle d’une corrélation entre son étendue et le nombre de cas d’EVD et de décès par EVD rapportés dans la comté de Montserrado (Liberia). Nous avons appliqué de modèle pour l’évaluation de l’efficacité de l’augmentation du nombre de centres de traitement de l’EVD, de l’augmentation des actions de dépistage des cas nouveaux, et de la fourniture de kits de protection pour le contrôle de la propagation de la maladie à Montserrado. Les kits de protection fournis offraient une efficacité variant entre 10% et 50%. Nous avons effectué une comparaison prospective de ce que seraient les initiations d’intervention prévisionnelles commençant le 15 octobre 2014, le 31 octobre 2014, et le 15 novembre 2014. Le cadre de l’intervention a été défini et arrêté en termes de dépistage systématique et de capacité déclarée des centres de traitement de l’EVD en date du 23 septembre 2014, concernant également les compte-rendus de tous les schémas comportementaux et de contact entre les personnes relatifs à la transmission du virus en temps réel. Le critère principal d’évaluation était la mesure du nombre de cas attendus en date du 15 décembre 2014.

Nous avons estimé le taux basal de reproduction du virus EVD dans le comté de Montserrado à 2.49 (Intervalle de Confiance [IC] 95% 2.38-2.60). Notre postulat est que la mise à disposition de 4 800 lits supplémentaires dans les centres de traitement de l’EVD et la multiplication par cinq de la capacité de dépistage en novembre 2014 peut empêcher la survenue de 77 312 (IC 95% 68 400 – 85 870) cas d’EVD en rapport avec la situation arrêtée au 15 décembre 2014. En complétant ces mesures par la fourniture d’un kit de protection élèvera l’évaluation de la prévision de non -survenue de la maladie à 97 940 (90 096- 105 606) cas d’EVD. En cas de déploiement de ces mesures le 15 octobre 2014, ces mêmes interventions pourraient permettre la non – survenue de 137 432 (129 736 – 145 874) cas d’EVD. Si ces interventions sont reportées au 15 novembre 2014, nos prévisions sont que ces interventions permettront, au mieux, la non – survenue de 53 957 (46 963 – 60 490) cas d’EVD.

Le nombre total de lits dont les centres de traitement de l’EVD ont besoin pour contrôler efficacement l’EVD dans le comté de Montserrado dépasse les 1 700 unités promises par les États – Unis d’Amérique (USA) pour l’Afrique de l’Ouest tout entière. L’amplification du dépistage de nouveaux cas est nécessaire, afin de maximiser l’efficacité de l’augmentation de capacité des centres de traitement de l’EVD. La distribution de kits de protection peut encore augmenter le taux non – survenue de nouveaux cas d’EVD, mais cela n’est en aucun cas une mesure à prendre indépendamment d’autres mesures, pour le contrôle de la propagation de l’épidémie et pour en empêcher son catastrophique impact sur le nombre de cas d’EVD et de décès dus à l’EVD. Joseph A Lewnard et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant – première, 24 octobre 2014

Financement: US National Institute of Health

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ 

vendredi 24 juin 2011

Dépêche en Une - Epidémie allemande à E. coli

Escherichia coli. Copyright: AP
L'épidémie à Escherichia coli 0104:H4 en cours est la pire que l'Histoire ait connue, comptabilisant à ce jour 3500 malades avérés et 40 morts en Europe. Dans une étude (The Lancet Infectious Diseases, Early Online Publication 23 June 2011, in press) effectuée sur des isolats de patients allemands, Bialaszewska et al montrent que la souche à l'origine de l'épidémie dévoile une combinaison nouvelle de E. coli (entéroaggrégative) productrice de toxine Shiga. Son profil de virulence unique pourrait expliquer l'étendue de l'épidémie. (...).

Source: http://www.thelancet.com/ Dépêche en Une 24 juin 2011 / Traduction et adaptation: NZ