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mardi 5 juillet 2016

#thelancethaematology #thromboemolieveineuse #edoxaban #cancer Edoxaban pour le traitement de la thrombo-embolie chez des patients atteints de cancer : résultats d’une analyse de non-infériorité sur un sous-groupe de l’essai Hokusai-VTE randomisé, en double-aveugle et à double placebo

Caillot de sang.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/thrombose-veineuse-phlebite
La thrombo-embolie veineuse survient souvent chez des patients atteints de cancer. Les anticolagulants administrés directement par voie per os ne sont pas inférieurs aux anticoagulants traditionnels pour le traitement de la thrombo-embolie veineuse. Nous avons ainsi émis l’hypothèse que l'edoxaban, un inhibiteur direct du facteur de coagulation Xa activé, administré per os, pourrait être plus approprié que les anticoagulants traditionnels dans la gestion des thrombo-embolies associées au cancer. Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’edoxaban en comparaison de la warfarine dans un sous-groupe de patients atteints de cancer, recrutés dans l’essai Hokusai-VTE.

Nous avons effectué une analyse de sous – groupe préspécifiée en août 2013, ainsi qu’une analyse post-hoc de non-infériorité et de sécurité dans l’essai randomisé Hokusai-VTE en double-aveugle et à double placebo, effectué entre le 28 janvier 2010 et le 31 octobre 2012. Dans cette étude, des patients âgés d’au moins 18 ans, atteints de thrombose veineuse profonde aiguë symptomatique ou d’embolie pulmonaire aiguë symptomatique (avec ou sans thrombose veineuse profonde) ont été répartis pour recevoir edoxaban 60 mg une fois par jour (ou 30 mg une fois par jour chez les patients présentant une clairance de la créatinine de 50 mL / min, un poids corporel < 60 kg, ou qui recevaient simultanément un traitement avec des inhibiteurs de la P-glycoprotéine quinidine ou verapamil) ou warfarine (à une dose ajustée permettant de maintenir les niveaux internationaux normalisés de 2.0 et 3.0) ou les placebos pour chaque groupe de traitement pendant au moins 3 mois, et jusqu’à 12 mois au plus. Tous les patients ont reçu au préalable un traitement initial enoxaparine en ouvert ou de l’héparine non fractionnée pour au moins 5 jours. L’administration d’edoxaban (ou le placebo) a commencé après interruption de l’administration intitiale d’héparine ; la warfarine (ou le placebo) ont commencé parallèlement avec l’héparine. Dans notre analyse, nous avons examiné les données d’un sous-groupe de ces patients, présentant un historique de cancer ou qui avaient été définis comme atteints d’un cancer patent par le médecin de l’essai au moment du recrutement. De plus, tous les patients présentant un historique de cancer ont subi un examen supplémentaire et catégorisés selon la présence ou l’absence de cancer patent.
Le paramètre principal d’efficacité était la proportion de ces patients avec thrombo-embolie veineuse symptomatique récurrente pendant la période de 12 mois de la durée de l’étude, analysée dans la population en intention de traiter modifiée, avec la limite supérieure de l’Intervalle de Confiance [IC] du Hazard Ratio [HR] de 1.5.
Le paramètre principal de sécurité (innocuité) était la proportion de patients qui présentaient des hémorragies cliniquement significatives dans la population de patients ayant reçu au moins une dose du médicament à l’étude. (…).

Sur les 771 patients atteints de cancer et recrutés dans l’essai, 378 ont été placés sous edoxaban et 303 sous warfarine. Des thrombo-embolies veineuses récurrentes sont survenues chez 14 (4%) patients sur 378 recevant edoxaban et chez 28 (7%) patients sur 393 recevant la warfarine (hazard ratio [HR] 0.53, IC 95% 0.28-1.00 ; p=0.0007). La limite supérieure de IC 95% n’a pas dépassé la marge de non-infériorité de 1.5, spécifiquement préspécifiée pour cet essai. Des hémorragies cliniquement significatives (majeures et non majeures) sont survenues chez 47 (12%) patients sur 378 recevant edoxaban et chez 74 (19%) patients sur 393 recevant la warfarine ; HR relatif aux hémorragies cliniquement significatives: 0.64, IC 95% 0.45-0.92 ; p=0.017. Des hémorragies majeures sont survenues chez dix (3%) des 378 patients avec un historique de cancer et qui recevaient edoxaban et chez 13 (3%) des 393 patients recevant la warfarine (HR 0.80, IC 95% 0.35-1.83).

Edoxaban pourrait être aussi efficace que la warfarine pour le traitement des patients atteints de cancer et de thrombo-embolie veineuse, présentant des hémorragies modérément significatives sur le plan clinique. Des essais cliniques supplémentaires évaluant edoxaban versus héparines de bas poids moléculaire pour le traitement de la thrombo-embolie veineuse chez des patients est justifiée. Prof Gary E Raskob, PhD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 1er juillet 2016

Financement : Daiichi Sankyo


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

lundi 28 novembre 2011

Risque d'embolie pulmonaire chez des patients atteints de désordres auto-immuns: étude de suivi à l'échelle nationale, en Suède

Protocole d'exploration pour la détection d'une embolie pulmonaire. Source: www.cardiologie-henri-mondor.fr

Certains désordres auto-immuns sont liés à des accidents thromboemboliques veineux. Nous avons examiné s'il existe une association entre désordres auto-immuns et embolie pulmonaire.

Nous avons suivi des sujets domiciliés en Suède, sans admission préalable à l'hôpital pour accident thromboembolique veineux, chez lesquels a été décelé un désordre auto-immun en diagnostic primaire ou secondaire; entre le 1er janvier 1964 et le 31 décembre 2008; pour admission de fait à l'hôpital pour embolie pulmonaire. Nous avons obtenu des données à partir de la base MigMed2, qui recèle des informations individuelles à propos de tous les résidents sur le territoire du Royaume de Suède. Nous avons calculé les taux standardisés d'incidence d'embolie pulmonaire, ajustés selon les variables individuelles, dont l'âge et le sexe.

535 538 sujets ont été admis à l'hôpital du fait d'un désordre auto-immun. Le risque global d'embolie pulmonaire pendant la première année suivant la date d'admission pour désordre auto-immun était de 6,38 Intervalle de Confiance - IC - à 95% = [6,19 - 6,57]. Tous les 33 types de désordres auto-immuns répertoriés étaient associés à un risque d'embolie pulmonaire significativement augmenté au cours de la première année suivant l'admission à l'hôpital. Cependant, certains sujets présentaient un risque particulièrement élevé, du fait de leur pathologie patente comme ceux atteints de purpura thrombocytopénique: 10,79 (IC à 95% = [9,98 - 14,28], périartérite noueuse: 13,26 [9,33 - 18,29], polymyosite ou dermatomyosite: 16,44 [11,57 - 22,69], et lupus érythémateux: 10,23 [8,31 - 12,45]. Le risque global a montré une décroissance en fonction du temps écoulé depuis l'admission; passant de 1,53 (1,48 - 1,57) à 1-5 ans, à 1,15 (1,11 - 1,20) à 5-10 ans, pour atteindre le plancher de 1,04 (1,00 - 1,07) à 10 ans et  plus. Le risque était indépendant du sexe et de l'âge des sujets.

Les désordres auto-immuns sont associés à un haut risque d'embolie pulmonaire au cours de la première année qui suit l'admission à l'hôpital. Nos résultats suggèrent que ces désordres en général devraient étre considérés comme des désordres de l'hypercoagulation. Dr Bengt Zöller MD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 26 November 2011

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ 

jeudi 23 juin 2011

Traitement des patients en ambulatoire versus traitement des patients hospitalisés, atteints d'embolie pulmonaire aigüe: un essai international de non-infériorité, ouvert et randomisé

"L'embolie pulmonaire est une affection qui correspond à la présence d'un caillot obstructif dans l'arbre artériel pulmonaire". Source: princesse911.centerblog.net/19-embolie-pulmonaire
Bien que les directives en vigueur recommandent des soins en ambulatoire pour les patients atteints d'embolie pulmonaire et hémodynamiquement stables, la plupart d'entre eux sont hospitalisés. Notre but était d'évaluer la non - infériorité du suivi des patients en ambulatoire, comparé au suivi des patients hospitalisés.

Nous avons entrepris un essai de non - infériorité dans 19 départements de médecine d'urgence situés en Suisse, France, Belgique, et aux Etats - Unis. Nous avons réparti les patients atteints d'embolie pulmonaire symptomatique à risque réduit de mortalité (embolie pulmonaire à index de gravité I ou II) désignés par séquence de randomisation générée par informatique (groupes de 2 ou 4 sujets) en proportion égale (1:1)pour ce qui est 1. des patients admis en ambulatoire (c.à.d sortis d'hospitalisation au plus tard 24 h après randomisation) versus 2. les patients hospitalisés recevant de l'enoxaparine en sous - cutané (> ou = 5 jours) suivi par un anticoagulant per os (> ou = 90 jours). Le paramètre principal mesuré était la survenue de symptomes de thromboembolie veineuse récurrente dans les 90 jours; les paramètres de sécurité consignés étant l'ocurrence de saignements majeurs à (dans les) 14 jours ou à (dans les) 90 jours. Nous avons utilisé une marge de non - infériorité de 4% pour l'évalutation de la différence entre les groupes de patients en ambulatoire et les groupes de patients hospitalisés. Nous avons inclus tous les patients en première analyse, en excluant les patients perdus de l'étude. (...).

Entre février 2007 et juin 2010, nous avons inclus 344 patients éligibles. En première analyse, 1 (0,6%)  des 171 patients en ambulatoire a développé une thromboembolie veineuse récurrente à 90 jours, comparé à aucun des 168 patients hospitalisés (p=0,011). Seul 1 patient dans les 2 groupes de traitement est mort à 90 jours (p=0,005); 2 (1,2%) des 171 patients en ambulatoire et aucun patient hospitalisé montrant des saignements majeurs à 14 jours (p=0,031). A 90 jours, 3 (1,8%) patients en ambulatoire et aucun patient hospitalisé montraient des saignements majeurs (p=0,086). La durée moyenne du séjour était de 0,5 jours (Dév Stand = 1,0) pour les patients en ambulatoire et de 3,9 jours (Dév Stand = 3,1) pour les patients hospitalisés.

Dans une population de patients à faibles risques, le suivi en ambulatoire peut être installé en toute efficacité et toute sécurité. Prof Drahomir Aujesky MD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 23 June 2011

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ