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mercredi 2 décembre 2015

#thelancetneurology #carvenomecérébral #hémorragieintracrânienne Évolution clinique des malformations caverneuses cérébrales non traitées: méta-analyse de données individuelles de patients

Imagerie en résonance magnétique (IRM) en T2 de lésions cavernomateuses.
Source iconographique et légendaire: http://association.gens.free.fr/NEUROLOGIA/EMC%20neurologie/
Les malformations caverneuses cérébrales (cavernome cérébral - CC) peuvent causer des hémorragies intracrâniennes symptomatiques (HIC), mais les risques estimés sont imprécis, et les indicateurs restent incertains. Notre but était d’obtenir des estimations et des indicateurs de risque de HIC au cours du suivi de méta-analyse de patients individuels non traités.

Nous avons invité les investigateurs ayant participé à la publication d’études de cohortes de personnes âgées d’au moins 16 ans, identifiés par un passage en revue systématique des bases de données Ovid, MEDLINE et Embase ; depuis leur création jusqu’au 30 avril 2015, afin d’y trouver des données individuelles d’évolution clinique de patients, depuis le diagnostic de CC jusqu’au premier traitement de CC ou dernier compte rendu de suivi disponible. Nous avons utilisé l’analyse de survie pour estimer les risques à cinq ans de survenue d’une HIC due à un CC (résultat principal), la régression multivariée de Cox pour identifier les indicateurs prédictifs de données recueillies à la ligne de base, ainsi qu’un modèle d’analyse à effets aléatoires pour la mutualisation des données pour méta-analyse.

Parmi les 1 620 personnes appartenant à sept cohortes issues de six études, 204 ont présenté une HIC au cours des 5 197 personnes-années de suivi (Estimation Kaplan-Meier à 5 ans 15.8%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 13.7-17.9). Le résultat principal relatif à la survenue d’une HIC dans les cinq ans suivant le diagnostic d’un CC était associé à une présentation clinique avec HIC ou déficit neurologique focalisé (DNF) sans résultat d’imagerie indiquant la survenue d’une hémorragie récente versus une autre présentation clinique (hazard ratio 5.6, IC 95% 3.2-9.7), et avec un CC au niveau du tronc cérébral versus d’autres localisations (4.4, 2.3-8.6) ; mais l’âge, ni le sexe, ni la multiplicité de CCs n’ont fourni d’informations pronostiques indépendantes.
Le risque estimé de HIC au cours du suivi en l’absence de traitement était de 3.8% (IC 95% 2.1-5.5) chez les 718 personnes atteintes d’un CC non situé au niveau du tronc cérébral et ne présentant pas de HIC ou de DNF, de 8.0% (0.1-15.9) chez les 80 personnes atteintes d’un CC du tronc cérébral ne présentant pas de HIC ou de DNF, de 18.4% (13.3-23.5) chez les 327 personnes atteintes d’un CC non situé au niveau du tronc cérébral présentant une HIC ou un DNF, et de 30.8% (26.3-35.2) chez 495 personnes atteintes de CC du tronc cérébral présentant une HIC ou un DNF.

Le mode de présentation clinique et la localisation de CCs sont indépendamment associés aux HICs dans les 5 ans suivant le diagnostic de CC. Ces résultats peuvent orienter les décisions en matière de traitement des CCs. Margaret A Horne, PhD, et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 1er décembre 2015 

Financement : UK Medical Research Council, Chief Scientist Office of the Scottish Government, and UK Stroke Association.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

mardi 31 janvier 2012

Evolution clinique des malformations cérébrales caverneuses non traitées: étude prospective de cohorte basée sur une population

Malformation cérébrovasculaire. Source: Société Française de Neuroradiologie (SFNR)
Les malformations caverneuses cérébrales (CCM) sont sujettes aux saignements, mais le risque d'hémorragie intracrânienne et de déficits neurologiques focalisés, ainsi que des facteurs pouvant prédire leur survenue, restent obscurs. Notre but était de quantifier ces risques et d'étudier s'ils dépendent du sexe et de la localisation des CCMs.

Nous avons entrepris une étude sur une population; à partir de sources multiples de données de constatation de cas se recoupant (avec la collaboration de neurologues, neurochirurgiens, de médecins experts en accidents vasculaires cérébraux [AVC], radiologues, pathologistes, avec des données issues de registres de sortie d'hôpitaux et de certificats de décès) afin d'identifier les diagnostics de CCMs avérés, établis entre 1999 et 2003 chez des personnes adultes résidant en Ecosse, et validés de manière indépendante par les neurologues participant à l'étude. Nous avons fait usage de sources multiples de suivi prospectif pour identifier les résultats et données (sur des évalutations effectuées à l'aide d'outils d'imagerie cérébrale, par des investigateurs n'ayant pas accès aux facteurs prédictifs pré-identifiés) et évaluer la dépendance liée. Le critère principal d'évaluation était le résultat de mesure des effets combinés des hémorragies intracrâniennes ou déficits neurologiques focalisés (n'incluant pas les crises épileptiques) qui étaient reliés aux CCMs de façon certaine ou quasi certaine. 

139 adultes étaient atteints d'au moins un CCM avéré; et 134 étaient étaient vivants à la présentation initiale. Pendant 1177 années-personnes de suivi (97% d'exhaustivité) pour hémorragie intracrânienne seule, le risque à cinq ans de première hémorragie était plus bas que le risque d'une hémorragie récidivante (2,4% versus 29,5% [...]; p<0,0001). Pour ce qui est du critère primaire d'évaluation, le risque à cinq ans d'un premier évènement était plus bas que le risque de récidive (9,3% versus 42,4% [...]; p<0,0001). Le risque annuel de récidive du critère primaire d'évaluation était de 19,8% au cours de la première année, pour s'établir à 5,0% au cours de la cinquième année; et était plus élevé chez les femmes que chez les hommes (p=0,01) chez les adultes atteints de CCMs du tronc cérébral, mais pas chez les adultes atteints de CCMs identifiés et localisés ailleurs (p=0,17).

Le risque d'hémorragie intracrânienne récidivante ou de déficit neurologique focalisé dû à un CCM est plus élevé que le risque de premier évènement, et est plus élevé chez les femmes que chez les hommes; déclinant au cours du temps (cinq années). Cette information peut être utilisée en pratique clinique, mais des travaux complémentaires seront nécessaires pour quantifier précisément les risques à long terme et comprendre pourquoi le risque de récidive et polus élevé chez les femmes que chez les hommes. Dr Rustam Al-Sahi Salman FRCP et al, in The Lancet Neurology, Early Online Publication, 31 January 2012

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ