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jeudi 9 décembre 2021

#thelancetoncology #axibabtageneciloleucel #lymphomenonhodgkinien Axicabtagene ciloleucel dans le lymphome non hodgkinien indolent en rechute ou réfractaire (ZUMA-5) : un essai de phase 2 multicentrique à un seul bras

Lymphome du manteau (moyen grossissement) de l'iléon terminal (...).
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Lymphome_non_hodgkinien 

 

La plupart des patients atteints d'un lymphome non hodgkinien indolent à un stade avancé ont des rechutes multiples. Nous avons évalué la thérapie par lymphocytes T autologues anti - récepteur chimérique de l’antigène CD-19 (CAR) axicabtagene ciloleucel dans le lymphome non hodgkinien indolent en rechute ou réfractaire.

ZUMA-5 est un essai de phase 2 multicentrique à un seul bras mené dans 15 centres anticancéreux médicaux aux États-Unis et dans deux centres anticancéreux médicaux en France. Les patients étaient éligibles s'ils étaient âgés de 18 ans ou plus, atteints d’un lymphome non hodgkinien indolent confirmé histologiquement (lymphome folliculaire ou lymphome de la zone marginale) en rechute ou réfractaire, qui avaient déjà bénéficié d’au moins deux lignes de traitement (y compris un anti-CD20 monoclonal anticorps avec un agent alkylant), et qui présentaient un index de performance de l'Eastern Cooperative Oncology Group de 0 ou 1. Les patients ont subi une leucophorèse et ont reçu une chimiothérapie de conditionnement (cyclophosphamide à 500 mg/m2 par jour et fludarabine à 30 mg/m2 par jour aux jours -5, -4 et -3) suivi d'une seule perfusion d'axicabtagene ciloleucel (2 × 106 cellules CAR T par kg) au jour 0. Le critère d'évaluation principal était le taux de réponse globale (réponse complète et réponse partielle) évalué par un comité d'examen indépendant à l’aide du Classement de Lugano. L'analyse de l'activité principale a été effectuée après qu'au moins 80 patients traités pour un lymphome folliculaire aient été suivis pendant au moins 12 mois après la première évaluation de la réponse à la semaine 4 après la perfusion. Les analyses primaires ont été effectuées dans la population per protocole (c'est-à-dire les patients éligibles atteints de lymphome folliculaire qui ont eu 12 mois de suivi après l'évaluation de la première réponse et les patients éligibles atteints d'un lymphome de la zone marginale qui ont eu au moins 4 semaines de suivi après infusion d'axicabtagene ciloleucel). Des analyses de sécurité ont été effectuées chez des patients ayant reçu une perfusion d'axicabtagene ciloleucel. Le recrutement de patients pour cette étude (…) est clos.

Entre le 20 juin 2017 et le 16 juillet 2020, 153 patients ont été inclus et ont subi une leucophérèse, et l'axicabtagene ciloleucel a été synthétisé avec succès pour tous les patients inscrits. À la date de clôture des données (14 septembre 2020), 148 patients avaient reçu une perfusion d'axicabtagene ciloleucel (124 [84 %] avaient un lymphome folliculaire et 24 [16%] un lymphome de la zone marginale). Le suivi médian pour l'analyse principale était de 17,5 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 14,1–22,6). Parmi les patients éligibles pour l'analyse principale (n=104, dont 84 avaient un lymphome folliculaire et 20 un lymphome de la zone marginale), 96 (92 % ; Intervalle de Confiance [IC] 95 % 85-97) ont présenté une réponse globale et 77 (74 %) eu une réponse complète. Les événements indésirables de grade 3 ou pire les plus courants étaient les cytopénies (104 [70 %] sur 148 patients) et les infections (26 [18 %]). Un syndrome de libération de cytokines de grade 3 ou plus est survenu chez dix (7 %) patients et des événements neurologiques de grade 3 ou 4 sont survenus chez 28 (19 %) patients. Des événements indésirables graves (…) sont survenus chez 74 (50 %) patients. Des décès dus à des événements indésirables sont survenus chez quatre patients (3 %), dont l'un a été jugé lié au traitement (défaillance multisystémique).

L’axicabtagene ciloleucel a montré des taux élevés de réponses durables et avait un profil d'innocuité gérable chez les patients atteints d'un lymphome non hodgkinien indolent en rechute ou réfractaire. Carol A Jacobson, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 8 décembre 2021

Financement : Kite, filiale de Gilead

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

mardi 13 octobre 2020

#EClinicalMedicine #exclusif #lymphome #COVID-19 Éléments déterminant les résultats chez les patients atteints de lymphome hospitalisés du fait de la Covid-19 : étude de cohorte multicentrique rétrospective

Lymphome non-hodgkinien
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Lymphome_non_hodgkinien

Les patients atteints de lymphome sont immunodéprimés du fait de leur pathologie per se et de ses traitements. Notre but était de décrire les caractéristiques des patients atteints de lymphome hospitalisés du fait d’une maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) et d’analyser des déterminants de mortalité préexistant à une Covid-19.

Cette étude de cohorte multicentrique a fait usage de la base de données du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information pour identifier toues les patients adultes atteints par un lymphome, hospitalisés du fait d’une Covid-19 en mars et avril 2020, dans 12 hôpitaux situés dans 3 régions françaises subissant l’éclosion de la pandémie. Les caractéristiques du lymphome et de la Covid-19 ont été recueillies à partir du dossier médical.

Quatre vingt neuf patients ont été inclus. Leur âge médian était de 67 ans (fourchette d’âge s’étendant de 19 ans à 92 ans), 66% étaient des hommes et 72% étaient atteints de comorbidités. La plupart des patients avaient un lymphome non-Hodgkinien à cellules B (86%) et avaient reçu un traitement pour leur lymphome au cours des 12 dernier mois (70%). Avec une période médiane de suivi de 33 jours à partir de leur admission, la survie à 30 jours était de 71% (Intervalle de Confiance -IC- 95%, 62-81%). Une analyse multivariée a montré qu’un âge 70 ans (hazard ratio 2.87, 1.20-6.85, p = 0.02) et un lymphome récidivant/réfractaire (hazard ratio 2.54, 1.14-5.66, p = 0.02) étaient associés au taux de mortalité. Un traitement récent à la bendamustine (n=9) était également péjorant (hazard ratio 3.20, 1.33-7.72, p = 0.01), mais fortement associé à un lymphome récidivant/réfractaire. Il est très intéressant de noter que la survie à 30 jours des patients d’âge < 70 ans sans lymphome récidivant/réfractaire était de 88% (78% - 99%).

Le taux de mortalité à 30 jours était associé à un âge plus avancé et un lymphome récidivant/réfractaire. La survie des patients plus jeunes que 70 ans sans lymphome réfractaire/récidivant était comparable à celle de la population générale. Sylvain Lamure, et al, dans EClinicalMedicine, publication en ligne en avant-première, 12 octobre 2020.

Financement : Aucun fonds spécifique n’a été sollicité pour la réalisation de cette étude.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 17 mars 2020

#thelancetoncology #nivolumab #lymphome #hodgkin #tumeursolide Nivolumab chez des enfants et les jeunes adultes atteints de tumeurs solides ou d’un lymphome récidivants ou réfractaires (ADVL1412) : étude multicentrique ouverte de phase 1-2 à simple bras

Cette micrographie montre un échantillon de cellules caractérisant un lymphome de Hodgkin: éosinophiles, cellules de Reed-Sternberg, plasmocytes, histiocytes
Source iconographique et légendaire:https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hodgkin_lymphoma_cytology_large.jpg

Les inhibiteurs du point de contrôle immunitaire ciblant PD-1 ont montré un bénéfice clinique chez les adultes atteints de cancer, mais les données concernant ces médicaments chez les enfants sont rares. Nous avons réalisé une étude de phase 1-2 sur le nivolumab, un anticorps monoclonal bloquant PD-1, afin de déterminer son innocuité, sa pharmacocinétique, ainsi que son activité antitumorale chez des enfants et des jeunes adultes atteints de tumeurs solides ou de lymphome récidivants ou réfractaires ne touchant pas le système nerveux central (SNC).

Nous avons réalisé une étude de phase 1-2 multicentrique ouverte à simple bras de confirmation et d’expansion de doses dans 23 hôpitaux situés aux USA. Les patients éligibles pour participation à la partie A de l’essai (phase de confirmation de dose) étaient âgés de 1-18 ans, présentaient des tumeurs solides ou pathologie évaluable (…) (selon les Critères d’Evaluation de la Réponse des Tumeurs Solides [RECIST] version 1.1), abstraction faite de l’histologie. Les patients éligibles pour la partie B de l’essai (expansion de dose) étaient âgés de 1-30 ans et atteints d’une pathologie évaluable (selon les critères RECIST) et étaient répartis selon les cohortes suivantes : rhabdomyosarcome, sarcome de Ewing, ostéosarcome, neuroblastome, lymphome de Hodgkin, lymphome non-Hodgkinien, et mélanome. Les patients de la partie A ont reçu le nivolumab 3 mg/kg par voie intraveineuse sur 60 minutes aux jours 1 et 15 sur un cycle de 28 jours selon un schéma d’étude évolutif (…) permettant la détermination de la dose recommandable pour une étude de phase 2.  Les patients participant à la partie B ont reçu la dose recommandable à administrer, déterminée lors de la partie A de l’essai. Le critère principal était la tolérance, l’exposition systémique, la dose maximale tolérée, et l’activité antitumorale du nivolumab à la dose recommandée chez l’adulte à administrer chez les enfants et les jeunes adultes. (…).

85 patients ont été recrutés entre le 22 février 2015 et le 31 décembre 2018, et 75 patients étaient définis comme évaluables sur le plan de la toxicité. La durée médiane de suivi était de 30 jours (Intervalle Interquartile -IQR- 27-83). 
Dans la partie A, 13 patients ont été recrutés et 12 étaient évaluables pour la toxicité. Aucune désescalade de dose n’a été nécessaire ou de toxicités limitant la dose à administrer n’ont été relevées ; ainsi, la dose de nivolumab de 3 mg/kg a été confirmée comme la dose à recommander pour cette étude pédiatrique de phase 2. 
72 patients ont été recrutés pour la partie B et 63 étaient évaluables pour la toxicité. Cinq (7%) patients pour la partie B ont présenté des effets toxiques limitant la dose. La toxicité la plus communément rencontrée, globalement, était anémie (35 [47%] patients sur 75 ; cinq patients en présentaient des manifestations de grade 3 ou de grade 4); la toxicité non-hématologique la plus communément rencontrée était fatigue (28 [37%] patients ; aucune manifestation n’atteignait le grade 3 ou le grade 4). 
Des réponses cliniques objectives ont été observées chez des patients atteints de lymphome (trois [30%] patients sur dix atteints du lymphome de Hodgkin et un [10%] patient sur dix atteints de lymphome non-Hodgkinien ; tous les patients « répondants » exprimait PD-L1). Des réponses objectives n’étaient pas observées chez les patients présentant d’autres types de tumeurs.

Le nivolumab s’est révélé sûr et bien toléré chez des enfants et des jeunes adultes et a montré une activité clinique dans les cas de lymphome. Le nivolumab n’ai montré aucune activité comme agent administré en monothérapie sur les tumeurs solides pédiatriques. Cette étude définit donc la dose recommandable en phase 2 et établit un profil d’innocuité favorable pour une administration du nivolumab chez des enfants et les jeunes adultes, qui peut servir de base pour de potentielles études de combinaison de traitements contre les cancers pédiatriques. Kara L Davis, DO, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 16 mars 2020

Financement : Bristol-Myers Squibb, Children’s Oncology Group, National Institute of Health (USA), Cookies for Kids Cancer Foundation

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 14 janvier 2019

#thelancethaematology #lymphomenonhodkinien #leucémielymphoïdechronique #ibrutinib #nivolumab Sécurité et activité de l’ibrutinib en combinaison avec le nivolumab chez des patients atteints de lymphome non-hodgkinien récidivant ou de leucémie lymphoïde chronique : essai de phase 1/2a

Long historique de leucémie lymphoïde chronique avec syndrome de Richter patent, révélant une masse de 8 cm de diamètre sur le rein par tomodensitométrie; masse inexistante une année auparavant.
Source iconographique:   https://www.flickr.com/photos/euthman/19337925450

Des études précliniques ont montré des effets antitumoraux synergiques entre l’ibrutinib et l’inhibition du point de contrôle immunitaire. Le but de cette étude était d’évaluer l'innocuité et l’activité de l’ibrutinib en combinaison avec le nivolumab chez des patients atteints de maladies malignes des cellules B récidivantes ou réfractaires.

Nous avons effectué une étude de phase 1/2a en deux parties, en ouvert, dans 21 hôpitaux situés en Australie, Israël, Pologne, Espagne, Turquie, et aux États-Unis.
L’objectif principal de la partie A de l’essai (à dose croissante) était d’évaluer l’innocuité de l’administration quotidienne per os d’ibrutinib (420 mg ou 560 mg) en combinaison avec le nivolumab par voie intraveineuse (3 mg/kg toutes les 2 semaines) pour définir une dose à recommander pour la réalisation d’un essai clinique de phase 2 chez des patients atteints de leucémie lymphoïde chronique récidivante ou réfractaire à haut risque ou de lymphome à petits lymphocytes (del17p ou del11q), de lymphome folliculaire, ou lymphome diffus à grandes cellules B. L’optimisation de la dose à administrer était investiguée à l’aide d’un modèle modifié de probabilité de toxicité.
L’objectif principal de la partie B de l’essai, dite phase d’expansion, était d’établir l’activité préliminaire (c’est-à-dire la proportion de patients obtenant une réponse globale au traitement) suite à l’administration du cocktail ibrutinib + nivolumab sur 4 cohortes de patients : patients atteints de leucémie lymphoïde chronique à haut risque ou lymphome lymphocytaire à petits lymphocytes (del17p ou del11q), lymphome folliculaire, ou lymphome diffus à grandes cellules B, et transformation en Syndrome de Richter. Tous les participants qui avaient reçu au moins une dose de traitement étaient inclus dans l’analyse principale et les analyses étaient réalisées par cohorte de patients, établies selon la pathologie dont ils étaient atteints. (…).

Entre le 12 mars 2015 et le 11 avril 2017, 144 patients ont été recrutés dans l’étude. Trois patients sont décédés avant de recevoir le traitement à l’étude ; ainsi, 141 patients ont été inclus dans l’analyse, 14 dans la partie A, et 127 dans la partie B. Une toxicité dose-limitante (hyperbilirubinémie de grade 3) a été rapportée sous administration de la dose de 420 mg dans la cohorte composée de patients atteints de lymphome diffus à grandes cellules B, résolue 5 jours plus tard. La combinaison (cocktail) ibrutinib + nivolumab a conduit à des réponses globales chez 22 (61%) patients sur les 36 atteints de leucémie lymphoïde chronique à haut risque ou lymphome lymphocytaire à petits lymphocytes, chez 13 (33%) patients sur les 40 atteints de lymphome folliculaire, chez 16 (36%) patients sur les 45 atteints de lymphome diffus à grandes cellules B, et chez 13 (65%) patients sur les 20 patients ayant évolué en Richter. Les évènements indésirables tous grades confondus les plus communément rencontrés étaient diarrhée (47 [33%] sur 141 patients), neutropénie (44 [31%]), et fatigue (37 [26%]). 11 (8%) patients sur 141 ont présenté des événements indésirables conduisant au décès ; aucun d’entre eux n’était imputable au médicament à l’étude. Les événements indésirables de grade 3-4 les plus communément rencontrés étaient neutropénie (40 [28%] patients sur 141) et anémie (32 [23%]). La fourchette d’incidence des neutropénies de grade 3-4 allait de huit (18%) patients sur les 45 atteints de lymphome diffus à grandes cellules B à 19 (56%) patients sur les 36 atteints de leucémie lymphoïde chronique ; la fourchette d’incidence des anémies de grade 3-4 allait de cinq (13%) patients sur 40 patients atteints de lymphome folliculaire à sept (35%) patients sur 20 patients atteints d’une pathologie évoluant vers un syndrome de Richter. Les événements indésirables graves les plus communément relevés comprenaient anémie (six [4%] patients sur 141) et pneumonie (cinq [4%]). Les événements indésirables de grade 3-4 liés à des réactions immunitaires étaient éruption cutanée (six [4%] patients sur 141) et augmentation de l’alanine aminotransférase (trois [2%]).

La combinaison d’ibrutinib et de nivolumab a présenté un profil d’innocuité et d’activité préliminaire rapportées similaires à celles obtenues avec ibrutinib uniquement dans les cas de leucémie lymphoïde chronique ou de lymphome lymphocytaire à petites cellules, et de lymphome diffus à grandes cellules B. La réponse clinique chez les patients dont la pathologie avait évolué en syndrome de Richter s’est révélée prometteuse et justifie de futures évaluations cliniques. Anas Younes, MD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 11 janvier 2019

Financement : Janssen R&D

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ  

jeudi 15 mars 2018

#thelancethaematology #lymphomenonhodgkinien #leucémielymphoïdechronique Voxtalisib (XL 765) chez des patients atteints de lymphome non-Hodgkinien récidivant ou réfractaire ou de leucémie lymphoïde chronique : un essai ouvert de phase 2

Lymphome d'un type non précisé.
Source: https://www.flickr.com/photos/pulmonary_pathology/4867142040

Les patients atteints de lymphome récidivant ou réfractaire ou de leucémie lymphoïde chronique présentent un mauvais pronostic. Les thérapies ciblant plus d’un isoforme de PI3K, ou de mTOR, pourraient présenter une activité antitumorale augmentée. Notre but était de poursuivre des investigations sur l’efficacité et l’innocuité du voxtalisib (aussi connu sous l’appellation XL765 ou SAR245409), un inhibiteur à large spectre PI3K/mTOR, chez des patients atteints de lymphome récidivant ou réfractaire, ou de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules.

Nous avons réalisé un essai de phase 2 en ouvert et non randomisé, dans 30 cliniques d’oncologie situées aux USA, en Belgique, Allemagne, France, aux Pays Bas, et en Australie. Les patients âgés d’au moins 18 ans, présentant un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 2 ou moins, atteints de lymphome du manteau, de lymphome folliculaire, de lymphome diffus à grandes cellules B récidivants ou réfractaires, ou une leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules, ont été recrutés et traités par administration de voxtalisib 50 mg per os  deux fois par jour au cours d’un cycle continu de 28 jours jusqu’à progression de la maladie ou toxicité non tolérable. Le critère principal était la proportion de patients obtenant une réponse globale au traitement - définie comme réponse complète ou comme réponse partielle -, dans chaque cohorte composée de patients souffrant d’une pathologie donnée, prise individuellement. Tous les patients qui avaient reçu le traitement pendant plus de 4 semaines et dont le statut tumoral était évalué au début de l’essai (ligne de base) et au moins une fois (après évaluation à la ligne de base) au cours de l’essai ont été pris en considération pour analyse d’efficacité ; tous les patients ont été pris en considération pour l’analyse d’innocuité. Cette étude est maintenant terminée. (…).

Entre le 19 octobre 2011 et le 24 juillet 2013, 167 patients ont été recrutés (42 étaient atteints de lymphome du manteau, 47 de lymphome folliculaire, 42 de lymphome diffus à grandes cellules B, et 36 de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules. Le nombre médian de traitements anticancéreux subis au préalable était de trois (Intervalle Interquartile [IQR] 2-4) chez les patients atteints de lymphome et de quatre (2-5) chez les patients atteints de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules.
Sur les 164 patients évaluables sur le plan de l’efficacité du traitement, 30 (18.3%) ont obtenu une réponse globale (partielle, n=22 ; complète, n=8) ; dont 19 (41.3%) patients sur les 46 atteints de lymphome folliculaire, cinq (11.9%) patients sur les 42 atteints de lymphome du manteau, deux patients (4.9%) sur les 41 atteints de lymphome diffus à grandes cellules B, et quatre patients  (11.4%) sur les 35 atteints de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules.
Le profil d’innocuité était conforme à celui observé dans de précédentes études sur le voxtalisib. Les événements indésirables les plus fréquemment rapportés étaient diarrhée (chez 59 [35%] patients sur 167), fatigue (chez 53 [32%]), nausée (chez 45 [27%]), pyrexie (chez  44 [26%]), toux (chez 40 [24%]), et appétit diminué (chez 35 [21%]). Les événements indésirables de grade 3 et plus le plus fréquemment rapportés étaient anémie (chez 20 [12%] patients sur 167), pneumonie (chez 14 [8%]) et thrombocytopénie (chez 13 [8%]). Des événements indésirables graves sont survenus chez 97 (58.7%) patients sur 167.

Le voxtalisib 50 mg administré per os deux fois par jour a présenté un profil d’innocuité acceptable, accompagné d’une efficacité prometteuse chez les patients atteints de lymphome folliculaire ; toutefois, l’efficacité était limitée chez les patients atteints de lymphome du manteau, de lymphome diffus à grandes cellules B, ou de leucémie lymphoïde chronique/lymphome lymphocytaire à petites cellules. Jennifer R Brown, MD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 14 mars 2018

Financement : Sanofi

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 3 mai 2017

#thelancethaematology #lymphomefolliculaire #rituximab Efficacité et innocuité du rituximab administré par voie sous-cutanée versus administré par voie intraveineuse comme traitement de première ligne du lymphome folliculaire (SABRINA) : étude de phase 3 randomisée, ouverte

Micrographie à fort grossissement d'un lymphome folliculaire (néphron).
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Follicular_lymphoma_--_very_low_mag.jpg#/media/File:Follicular_lymphoma_--_very_high_mag.jpg
Le rituximab administré par voie intraveineuse représente la norme en matière de traitement du lymphome non-Hodgkinien à cellules B, et il est administré sur une durée de 1.5h-6h. Une formulation sous-cutanée pourrait réduire le fardeau du traitement subi par les patients et d'améliorer la gestion des ressources en soins de santé. Notre but était de montrer la non-infériorité pharmacocinétique du rituximab administré en sous-cutané versus celle du rituximab administré en intraveineuse dans le traitement du lymphome folliculaire et de fournir des données d’efficacité et d’innocuité.

SABRINA était une étude de phase 3, ouverte, effectuée dans 113 centres de soins situés dans 30 pays. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans et plus, et présentaient tous un lymphome folliculaire CD 20 positif de grade 1, 2, ou 3a ; un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0-2 ; une pathologie mesurable par TDM ou IRM ; une espérance de vie évaluée à 6 mois ou plus ; une fonction hématologique adéquate sur 28 jours ou plus ; et un ou plusieurs symptômes requérant traitement selon les critères du Groupe d’Études des Lymphomes Folliculaires. Les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1) par les investigateurs ou les membres de l’équipe de recherche à l’aide d’un algorithme de randomisation dynamique à 375 mg / m2 de rituximab par voie intraveineuse ou 1 400 mg de rituximab par voie sous-cutanée + chimiothérapie (six à huit cycles de cyclophosphamide, doxorubicine, vincritstine, et prednisone [CHOP] ou huit cycles de cyclophosphamide, vincristine, et prednisone [CVP]), toutes les 3 semaines pendant la phase d’induction, puis un traitement de maintien avec rituximab toutes les 8 semaines. La randomisation était stratifiée selon la chimiothérapie sélectionnée, l’Index de Pronostic International Lymphome, et la région. Le critère principal pour le stade 2 était la réponse globale (c’est – à – dire une réponse confirmée complète, réponse complète non confirmée, et réponse partielle) en fin de période d’induction. Les analyses d’efficacité ont été effectuées dans la population en intention de traiter. Les données mutualisées des stades 1 et 2 sont rapportées sur la base de la date limite de rendu des données du dernier patient ayant terminé la phase de maintien de l’étude. (…). Le recrutement est maintenant terminé ; toutefois, quelques patients sont encore suivis.

Entre le 15 février 2011 et le 15 mai 2013, 410 patients ont été répartis; 205 pour recevoir le rituximab par voie intraveineuse et, 205 pour recevoir le rituximab par voie sous-cutanée. La réponse globale, évaluée par l’investigateur en fin de période d’induction était de 84.9% (Intervalle de Confiance [IC] 95% 79.2-89.5) dans le groupe administration par voie intraveineuse, et de 84.4% (78.7-89.1) dans le groupe administration par voie sous-cutanée. 
La fréquence des événements indésirables était similaire dans les deux groupes (199 [95%] sur 210 dans le groupe administration par voie intraveineuse versus 189 [96%] sur 197 dans le groupe administration par voie sous-cutanée) ; la fréquence des événements indésirables de grade 3 ou plus était également similaire (116 [55%] versus 111 [56%]). L’événement indésirable de grade 3 ou plus était neutropénie, survenu chez 44 patients (21%) du groupe administration par voie intraveineuse et 52 (26%) dans le groupe administration par voie sous-cutanée. Des événements indésirables graves ont été relevés chez 72 patients (34%) dans le groupe administration par voie intraveineuse et 73 (37%) dans le groupe administration par voie sous-cutanée. 
Des réactions liées à l’administration du médicament sont survenues chez 73 patients (37%) du groupe administration par voie intraveineuse et chez 95 (48%) patients du groupe administration par voie sous-cutanée (principalement des réactions locales de grade 1 ou 2 au niveau du site d’injection).

Le rituximab administré par voie intraveineuse ou par voie sous-cutanée ont présenté des profils d’efficacité et d’innocuité similaires; aucun autre problème d’innocuité n’a été relevé. L’administration par voie sous – cutanée ne compromet pas l’activité anti-lymphomateuse du rituximab lors de son administration avec chimiothérapie concomitante. Dr Andrew Davies, PhD, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 2 mai 2017

Financement : F Hoffmann-La Roche

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ     

mercredi 1 février 2017

#thelancet #lymphome #lymphomenonhodgkinien Lymphome Non-Hodgkinien

Echographie de la gorge dans le lymphome non-hodgkinien
Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ultrasound_throat_-_lymphadenopathy_(non-hodgkin-lymphoma)_-_07.jpg
Les lymphomes peuvent affecter n’importe quel organe du corps; ils s'accompagnent d’une gamme étendue de symptômes et peuvent être pris en charge par des médecins de soins primaires et par la plupart des médecins spécialistes. On distingue traditionnellement le lymphome de Hodgkin (comptant pour environ 10%  des lymphomes) et le lymphome non-Hodgkinien, qui est le sujet même de ce séminaire. Le lymphome non-Hodgkinien comprend une large palette de pathologies, depuis la plus indolente jusqu’à la plus agressive des malignités. Ces pathologies atteignent les lymphocytes au cours de leurs divers stades  de développement, et les caractéristiques d’un sous-type spécifique de lymphome est de fait le reflet du sous-type cellulaire qu’il affecte à l’origine. Depuis la revue de littérature dont cette thématique a été l’objet dans The Lancet en 2012, de grandes avancées dans la compréhension de la biologie et de la génétique du lymphome de Hodgkin et la mise à disposition de méthodes de diagnostic et de thérapies nouvelles ont amélioré notre capacité à gérer les patients atteints de ce trouble. Prof James O Armitage, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 30 janvier 2017

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

vendredi 24 juin 2016

#thelancetoncology #lymphomenonhidgkinien #obinutuzumab #bendamustine #exclusif Obinutuzumab + bendamustine versus bendamustine en monothérapie chez des patients atteints de lymphome non-Hodgkinien indolent réfractaire au rituximab (GADOLIN) : un essai de ouvert de phase 3 multicentrique randomisé et contrôlé

Le lymphome non-hodgkinien est un cancer du système lymphatique, caractérisé par une prolifération anormale des lyphocytes B. Il peut atteindre les ganglions et/ou n'importe quel organe : tube digestif, peau, testicules...
Source iconographique et légendaire: http://www.ameli-sante.fr/lymphome-non-hodgkinien/lymphome-non-hodgkinien-definition-et-facteurs-favorisants.html  
Les patients atteints de lymphome non-Hodkinien qui  ne parviennent pas à contrôler leur maladie de manière adéquate à l’aide du rituximab ont peu d’autres options de traitement à disposition et présentent un mauvais pronostic. Notre but était d’évaluer la combinaison de obinutuzumab (GA101), un nouvel anticorps monoclonal anti cd-20 de type II (…) + bendamustine, chez cette population de patients.

Dans cet étude ouverte de phase 3 randomisée (GADOLIN), des patients âgés de 18 ans ou plus, possédant des données histologiques confirmées, atteints de lymphome non-Hodgkinien indolent CD20-positif réfractaire au rituximab, ont été recrutés dans 83 hôpitaux et sites communautaires situés en Europe, Asie, Amérique du Nord et Amérique Centrale. Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’un schéma de randomisation hiérarchique dynamique, et stratifiés par sous-type de lymphome non-Hodgkinien indolent, type de résistance au rituximab, nombre de traitements précédents, et région géographique, pour recevoir un traitement d’induction (six cycles de 28 jours) par voie intraveineuse [obinutuzumab + bendamustine ou bendamustine en monothérapie]. Le dosage de [obintuzumab + bendamustine] était : obintuzumab 1 000 mg (jours 1, 8, et 15, cycle 1 ; jour 1, cycles de 2 à 6) + bendamustine 90 mg/m2 par jour (jours 1 et 2, cycles 1 à 6) ; le dosage de [bendamustine en monothérapie] était de 120 mg / m2 par jour (jour 1 et jour 2 pour tous les cycles d’administration de médicament). Les patients du groupe obintuzumab + bendamustine ne présentant pas de progression de la maladie ont reçu un traitement obintuzumab de maintien (1 000 mg tous les 2 mois) sur une période allant jusqu’à 2 ans. Le résultat principal de l’étude était la survie sans progression de la maladie, évaluée par un comité d’experts indépendant. La sécurité de l’essai était évaluée chez tous les patients qui avaient reçu obinutuzumab ou bendamustine, quelle que soit la dose administrée. (…).

Entre le 15 avril 2010 et le 1er septembre 2014 (…), 396 patients ont été répartis de manière aléatoire (194 pour recevoir obintuzumab + bendamustine et 202 pour recevoir bendamustine en monothérapie). Après une période médiane de suivi de 21.9 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 12.1-31.0] dans le groupe obintuzumab + bendamustine et de 20.3 mois (9.5-29.7) dans le groupe bendamustine en monothérapie, la survie sans progression de la maladie était significativement plus longue avec obintuzumab + bendamustine (médiane non-atteinte [Intervalle de Confiance -IC- 95% 22.5 mois - non estimable]) qu’avec bendamustine en monothérapie (14.9 mois [12.8-18.6] ; hazard ratio 0.55 [IC 95% 0.40-0.74] ; p=0.0001). 
Des évènements indésirables de grade 3-5 sont survenus chez 132 (68%) patients sur 194 du groupe obintuzumab + bendamustine et chez 123 (62%) patients sur 198 du groupe bendamustine en monothérapie. Les évènements indésirables de grade 3 les plus fréquents étaient neutropénie (64 [33%] dans le groupe obintuzumab + bendamustine versus 52 [26%] dans le groupe bendamustine en monothérapie), thrombocytopénie (21 [11%] versus 11 [6%]), anémie (15 [8%] versus 20 [10%]) et réactions reliées à la perfusion (21 [11%] versus 11 [6%]). 
Des évènements indésirables graves sont survenus chez 74 patients (38%) dans le groupe obinutuzumab + bendamustine et chez 65 patients (33%) du groupe bendamustine en monothérapie, et des décès dus à des évènements indésirables chez 12 patients (6%) et 12 patients respectivement. Trois (25%) décès dus à des évènements indésirables sur 12 dans le groupe obinutuzumab + bendamustine et cinq (42%) sur 12 dans le groupe bendamustine en monothérapie étaient liés aux traitements.

Obinutuzumab + bendamustine suivi par un maintien sous obinutuzumab est un protocole qui a montré une efficacité meilleure que le protocole bendamustine en monothérapie, chez des patients atteints de lymphome non-Hdgkinien indolent réfractaires au rituximab, avec une toxicité gérable. Il s’agit d’une option de traitement nouvelle chez des patients présentant une récidive de leur maladie ou chez les patients ne répondant plus à une thérapie rituximab. Dr Laurie H Sehn, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 23 juin 2016

Financement : F Hoffmann-La Roche Ltd

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ