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lundi 19 avril 2021

#thelancetrespiratorymedicine #rhinosinusite #polypesnasaux #mepolizumab Mepolizumab pour traitement de la rhinosinusite avec polypes nasaux (SYNAPSE) : essai de phase 3 randomisé, en double aveugle contrôlé par placebo

Polype nasal dans la narine droite
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Polypose_nasosinusienne

 

La rhinosinusite avec polypes nasaux (ou polypes rhinosinusiens) affecte approximativement 2-4% de la population générale, et l’utilisation à long terme de corticoïdes systémiques est associée à des effets indésirables. Le but de cette étude était d’évaluer l’efficacité et la sécurité du mepolizumab chez les adules atteints de rhinosinusite bilatérale chronique sévère récurrente et/ou réfractaire accompagnée de polypes nasaux.

SYNAPSE est un essai de phase 3 randomisé, en double-aveugle, à groupes parallèles et contrôlé par placebo, réalisé dans 93 centres hospitaliers situés dans 11 pays. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus, atteints de rhinosinusite bilatérale chronique sévère récurrente et/ou réfractaire accompagnée de polypes nausaux (score d’évaluation réalisée à l’aide de l’échelle visuelle analogique [VAS] > 5), étaient éligibles pour interventions chirurgicales nasales répétées (score VAS >7 avec score de polypes nasaux ≥5, avec un score minimal de 2 pour chacune des narines) malgré le traitement standard administré, et devaient avoir subi au moins une chirurgie nasale au cours des 10 dernières années. Les patients étaient répartis au hasard (1:1) par blocs, pour recevoir mepolizumab 100 mg par voie sous - cutanée ou le placebo une fois toutes les 4 semaines, en complément du traitement standard (mometasone furoate par spray intranasal pendant au moins 8 semaines avant la sélection pour recrutement dans l’essai et pendant l’essai, irrigation nasale avec une solution saline, corticoïdes par voie systémique ou antibiotiques ou les deux), selon les besoins, pendant 52 semaines. Ni le personnel des sites hospitaliers, ni l’équipe de l’étude en soi, ni les patients n’avaient accès au tableau de randomisation et aux numérations d’éosinophiles sanguins. Les critères principaux d’évaluation étaient le changement à partir de la ligne de base du score de polypes nasaux à la semaine 52 et le score d’obstruction nasale au cours des semaines 49-52, évalués dans la population en intention de traiter (ITT). (…).

Du 25 mai 2017 au 12 décembre 2018, 854 patients ont été examinés pour éligibilité. 414 patients ont été retenus ; et 407 ont été inclus dans la population ITT ; 206 ont reçu le mepolizumab et 201 ont reçu le placebo. Le score total des polypes rhinosinusiens s’est amélioré de manière significative à la semaine 52 à partir de la ligne de base avec le mepolizumab versus placebo (différence moyenne ajustée -0.73, Intervalle de Confiance [IC] 95% de -1.11 à -0.34 ; p<0.0001) et le score VAS d’obstruction nasale au cours des semaines 49-52 était également significativement amélioré (-3.14, de -4.09 à -2.18 ; p<0.0001). Les événements indésirables considérés comme liés au traitement à l’étude étaient également rapportés chez 30 (15%) des 206 patients recevant le mepolizumab et 19 (9%) des 201 patients recevant le placebo. Un événement indésirable grave est survenu chez 12 (6%) patients recevant le mepolizumab et chez 13 patients (6%) recevant le placebo ; aucun n’a été imputé au traitement chez les patients recevant le mepolizumab. Un décès a été rapporté dans le groupe placebo (infactus du myocarde ; décès survenant 99 jours après la dernière dose) ; ce décès étant considéré comme indépendant du traitement.

Le traitement au mepolizumab a amélioré la taille des polypes nasaux et les obstructions nasales en comparaison du placebo, sans autres paramètres de sécurité à relever, chez les patients atteints de rhinosinusite bilatérale chronique sévère récurrente et réfractaire accompagnée de polypes nausaux. Ces réslutats suggèrent que le mepolizumab est une optin de traitement de traitement additif efficace dans cette population. Joseph K Han, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 16 avril 2021 

Financement : Glaxosmithkline

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 6 avril 2017

#thelancetrespiratorymedicine #asthme #mepolizumab #corticostéroïdes Efficacité du mepolizumab comme thérapie d’appoint sur la qualité de vie liée à la santé et les marqueurs de contrôle de l’asthme (MUSCA) : un essai de phase 3b multicentrique randomisé, en double-aveugle, à groupes parallèles et contrôlé par placebo

Inflammation des voies aériennes et bronchoconstriction lors d'un épisode asthmatique. Les voies aériennes rétrécissent et voient leur section diminuer du fait de l'inflammation, causant des sifflements.
Source iconographique et légendaire: https://new.wikipedia.org/wiki 
Le mepolizumab, un anticorps monoclonal anti-interleukine-5 homologué comme thérapie d’appoint aux soins selon les normes en vigueur prodigués aux patients souffrant d’asthme éosinophilique sévère, a produit une diminution des exacerbations et la dépendance aux corticostéroïdes administrés per os en comparaison du placebo, ainsi que l’ont montré de précédentes études. Notre but était de d’étudier plus avant le mepolizumab chez des patients souffrant d’asthme éosinophilique sévère en examinant ses effets sur la qualité de vie liée à la santé (QVLS).

Nous avons réalisé  un essai de phase 3b multicentrique randomisé, en double-aveugle, à groupes parallèles et contrôlé par placebo (MUSCA) dans 146 hôpitaux ou centres de recherche situés dans 19 pays dans le monde. Les participants éligibles étaient âgés de 12 ans ou plus, souffraient d’asthme éosinophilique et présentaient un historique de deux exacerbations au minimum nécessitant un traitement au cours des 12 mois précédent le dépistage, malgré l’utilisation régulière de corticostéroïdes inhalés à haute dose ajoutés à d’autres médicaments de contrôle (prévention). Les critères d’exclusion comprenaient le tabagisme contemporain à la présente étude ou un tabagisme ancien avec un historique d’au moins 10 paquets – années. Nous avons réparti les participants de manière aléatoire (1:1) par pays pour recevoir une injection sous-cutanée de mepolizumab 100 mg ou [le placebo plus les soins selon les normes en vigueur], toutes les 4 semaines pendant 24 semaines (la dose finale étant administrée au cours de la semaine 20). La randomisation a été effectuée à l’aide d’un système vocal interactif ; avec permutation de blocs de six à séquence générée par ordinateur. Les deux traitements étaient d’apparence identique et administrés à l’aveugle ; ni les patients, ni les investigateurs, ni le personnel des sites de l’étude, ni l’équipe de l’étude en général (…) n’avaient accès au tableau de randomisation.  Le critère principal d’évaluation de l’étude était le changement moyen à partir de la ligne de base du score total obtenu au Questionnaire Respiratoire de Saint Georges (QRSG) à la semaine 24 dans la population en intention de traiter modifiée (ITT modifiée) (…). L’innocuité du médicament à l’étude était évaluée chez tous les patients qui en avaient reçu au moins une dose (analysée en fonction du traitement contemporain reçu). (…).

Nous avons recruté les patients entre le 11 décembre 2014 et le 20 novembre 2015, et l’étude a été réalisée entre le 11 décembre 2014 et le 10 juin 2016. La population ITT modifiée comprenait 274 patients recevant le mepolizumab 100 mg et 277 patients recevant le placebo. Le groupe mepolizumab a montré de significatives améliorations à la semaine 24 versus placebo du score QRSG (estimation moyenne des moindres carrés [Erreur Type -ET-] du changement à partir de la ligne de base -15.6 (1.0) versus -7.9 (1.0), une différence entre les traitements de -7.7 (Intervalle de Confiance [IC] 95% de -10 à -4.9 ; p<0.0001). Aucun décès n’est survenu au cours de l’étude. 192 (70%) patients sur les 273 qui recevaient le mepolizumab et 207 (74%) patients sur les 278 qui recevaient le placebo ont rapporté au moins événement indésirable au cours du traitement, le plus commun d’entre eux étant céphalée (chez 45 [16%] patients recevant le mepolizumab versus 59 [21%] recevant le placebo) et nasopharyngite (chez 31 [11%] patients recevant le mepolizumab versus 46 [17%] recevant le placebo). 15 (5%) patients et 22 (8%) patients ont rapporté un événement indésirable grave pendant le traitement dans les groupes mepolizumab et placebo, respectivement ; le plus fréquent étant asthme dans les deux groupes (chez trois [1%] patients recevant le mepolizumab versus neuf [3%] recevant le placebo).

Le  mepolizumab était associé à de significatives améliorations de la QVLS chez les patients souffrant d’asthme éosinophilique sévère, et ont présenté un profil d’innocuité similaire à celui du placebo. Ces résultats soutiennent l’utilisation du mepolizumab comme traitement d’appoint aux soins prodigués selon les normes en vigueur chez les patients atteints d’asthme éosinophilique sévère.  Prof Geoffrey L Chupp, MD, publication en ligne en avant-première, 5 avril 2017

Financement : Glaxosmithkline

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ