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mardi 10 octobre 2017

#thelancethaematology #fer #anémie #supplémentation Absorption du fer provenant d’une supplémentation en fer en administration quotidienne versus un jour sur deux et en dose unique administrée le matin versus en dose fractionnée en deux administrations quotidiennes chez des femmes carencées en fer : deux essais ouverts, randomisés, contrôlés

Le Fer (Fe) est le 26ème élément du tableau périodique
Source: Wikipedia
Les directives actuelles pour le traitement de la carence en fer recommandent la prise d’ions ferreux fractionnée au cours de la journée, afin d’améliorer leur absorption. Cependant, l’administration quotidienne, de même qu’une administration fractionnée pourrait avoir pour effet d’augmenter l’hepcidine sérique et de diminuer l’absorption des doses administrées par la suite. Le but de notre étude était de comparer l’absorption provenant d’une supplémentation en fer prise per os tous les jours versus un jour sur deux [et] l’administration du fer quotidienne en une prise unique le matin versus une administration quotidienne fractionnée en deux prises par jour.

Nous avons effectué deux essais prospectifs ouverts, randomisés et contrôlés pour évaluer l’absorption du fer en utilisant le sulfate ferreux 54Fe marqué, 57Fe marqué, ou 58Fe marqué  chez des femmes âgées de 18 ans à 40 ans carencées en fer (ferritine sérique ≤ 25 μg/L) recrutées à l’ETH de Zurich et à l’université de Zurich, Suisse.
Dans l’étude 1, les femmes ont été réparties de manière aléatoire (1:1) dans deux groupes. Dans un groupe, les femmes recevaient 60 mg de fer à 8h00 (+/- 1h) tous les jours pendant 14 jours, et  dans l’autre groupe, les femmes recevaient les mêmes doses, un jour sur deux pendant 28 jours.
Dans l’étude 2, les femmes étaient réparties dans deux groupes, stratifiés selon la ferritine sérique de manière à former deux groupes à statut en fer similaire. Les participantes d’un groupe ont reçu 120 mg de fer en une prise à 8h00 (+/- 1h) et les participantes de l’autre groupe ont reçu 120 mg de fer fractionnés en deux prises : une prise de 60 mg à  8h00 (+/- 1h) et une prise à 17h00 (+/- 1h) pendant trois jours consécutifs. 14 jours après la dose finale, les groupes ont permuté, de manière à échanger les protocoles d’administration du fer. Des comparaisons individuelles à l’intérieur des groupes ont été effectuées. Les résultats principaux des deux études concernaient la biodisponibilité en fer (absorption totale et absorption fractionnée), par mesure de l’abondance relative du Fer marqué dans les érythrocytes 14 jours après administration, ainsi que celle de l’hepcidine sérique. L’allocation des participantes dans les groupes des deux études était effectuée en ouvert et les analyses principales et les analyses d’innocuité étaient réalisées sur les populations en intention de traiter. Les deux études (étude 1 et étude 2) sont maintenant terminées (…).

Dans l’étude 1, 140 femmes ont été recrutées du 15 au 29 octobre 2015. 21 femmes ont été tirées au sort pour rejoindre le groupe administration de traitement tous les jours et 19 femmes ont été tirées au sort pour rejoindre le groupe administration de traitement un jour sur deux. A la fin du traitement (14 jours pour le groupe traitement administré tous les jours et 28 jours pour le groupe traitement administré un jour sur deux), la moyenne géométrique (-SD, +SD) de la fraction cumulative des absorptions en fer était de 16.3% (9.3, 28.8) dans le groupe « tous les jours » versus 21.8% (13.7, 34,6) dans le groupe « un jour sur deux » (p=0.0013) ; et, de son côté, l’absorption totale cumulée en fer était de 131.0 mg (71.4, 240.5) versus 173.5 mg (110.3, 278.5 ; p=0.0010). Au cours des 14 premiers jours de supplémentation dans les deux groupes, l’hepcidine sérique était plus élevée dans le groupe « tous les jours » que dans le groupe « un jour sur deux » (p=0.0031).
Dans l’étude 2, 20 femmes ont été recrutées entre le 13 août et le 18 août 2015. Dix femmes ont été tirées au sort pour rejoindre le groupe d’administration monoquotidienne et dix femmes ont été tirées au sort pour rejoindre le groupe d’administration biquotidienne à dose fractionnée. Aucune différence significative n’a été relevée en absorption fractionnée (jours 1 à 3 moyenne géométrique : 11.8% [7.1, 19,4] une fois par jour versus 13.1% [8.2, 20.7] deux fois par jour ; p=0.33) ou en quantité totale de fer absorbée (jours 1 à 3 : 44.3 mg [29.4, 66.7] une fois par jour versus 49.4 [35.2, 69.4] deux fois par jour ; p=0.33) entre les deux régimes d’administration. Les doses fractionnées (administration biquotidienne de fer) ont eu pour résultat une concentration sérique en hepcidine supérieure que lors d’une administration monoquotidienne de fer (p=0.013). Aucun événement indésirable de grade 3 ou 4 n’a été relevé, ni dans l’une ni dans l’autres des études décrites ici.

Chez les femmes carencées en fer, l’apport supplémenté en fer d’administration quotidienne en doses fractionnées (deux prises par jour) augmente l’hepcidine sérique et diminue l’absorption du fer. L’apport supplémenté en fer, administré en une prise une fois tous les deux jours a pour effet d’optimiser l’absorption du fer et pourrait se révéler plus efficace, en comparaison des autres régimes d’administration du fer testés ici. Ces résultats devraient être confirmés chez les patients carencés en fer et anémiques. Nicole U Stoffel, MSc, et al, dans The Lancet Haematology, publication en ligne en avant-première, 9 octobre 2017

Financement : Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique, Berne, Suisse

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ       

mardi 18 juillet 2017

#thelancethiv #femmes #VIH1 #dolutegravir #abacavir #lamivudine #atazavavir #ritonavir #tenofovirdisoproxilfumarate #emtricitabine Combinaison à dose fixe de dolutegravir, abacavir, et lamivudine versus atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine chez des femmes non précédemment traitées atteintes d’infections par le virus VIH-1 (ARIA) : résultats à 48 semaines de d’une étude de non-infériorité de phase 3b, randomisée, ouverte

Cycle de réplication du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH)
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine
Le dolutegravir est un inhibiteur de transfert de brin de l’intégrase du virus de l’immunodéficience humaine ne nécessitant pas de réhaussement pharmacocinétique, qui est indiqué pour le traitement des infections par le VIH. Du fait que les femmes sont souvent sous-représentées dans les essais cliniques sur le VIH, nous nous sommes penchés sur l’innocuité et l’efficacité du dolutegravir chez les femmes atteintes par le VIH-1.

L’étude ARIA est une étude multicentrique de non-infériorité de phase 3b, randomisée, à groupes parallèles, ouverte, contrôlée par un médicament actif, effectuée dans 86 hôpitaux et cliniques universitaires de traitement des maladies infectieuses, cliniques de soins locales, et cliniques privées de soins des maladies infectieuses situés dans 12 pays et un territoire américain, en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Afrique, et Asie. Les participants éligibles étaient des femmes âgées de 18 ans ou plus, présentant une charge virale en ARN de VIH-1 de 500 copies par mL ou plus, avaient précédemment reçu un traitement antirétroviral, et avaient obtenu un résultat négatif aux tests de dépistage de l’allèle HLA-B*5701. Les femmes enceintes étaient exclues. Les femmes éligibles étaient réparties de manière aléatoire (1 1) pour recevoir soit comprimé unique de dolutegravir + abacavir et lamivudine une fois par jour (groupe dolutegravir), soit une combinaison de trois comprimés d’atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine une fois par jour (groupe atazanavir). La répartition aléatoire des sujets dans les groupes était stratifiée en fonction de la charge virale d’ARN de VIH-1 et en fonction des comptes de cellules CD4+ à la ligne de base. Le critère principal était la proportion de participants présentant une charge virale inférieure à 50 copies par mL à la semaine 48 chez tous les participants qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude (population en intention de traiter). Nous avons appliqué une marge de non-infériorité de -12%. Les investigateurs ont relevé les événements indésirables afin d’évaluer l’innocuité. (…).

Entre le 22 août 2013 et le 22 septembre 2015, sur 705 femmes évaluées, 499 ont été réparties de manière aléatoire pour rejoindre soit le groupe dolutegravir (n=250) soit le groupe atazanavir (n=249) ; deux participants de chaque groupe ont été randomisés pour recevoir son traitement attitré mais n’ont pas reçu de médicaments. À la semaine 48, 203 (82%) des 248 participants au groupe dolutegravir en comparaison des 176 (71%) des 247 participantes du groupe atazanavir présentaient des charges virales d’ARN de VIH-1 inférieures à 50 copies par mL (différence moyenne 10.5%, Intervalle de Confiance [IC] 3.1-17.8, p=0.005). (…). Les événements indésirables étaient similaires entre le groupes dolutegravir et atazanavir ; les plus communément rencontrés étant nausée (46 [19%]) sur 248 dans le groupe dolutegravir versus 49 [20%] sur 247 dans le groupe atazanavir) et cépahlée (28 [11%] versus 32 [13%]). Un nombre moins important de participants dans le groupe dolutegravir que dans le groupe atazanavir ont rendu compte d’événements indésirables liés aux médicaments (83 [33%] versus 121 [49%]) ou d’événements indésirables conduisant à une sortie d’étude (dix [4%] versus 17 [7%]). Un décès a été rapporté dans chaque groupe de traitement, mais aucun d’eux n’était lié aux médicaments à l’étude.

Une efficacité non-inférieure et un profil d’innocuité similaire du régime dolutegravir combiné en comparaison du traitement à base d’atazanavir soutiennent l’utilisation du dolutegravir pour le traitement des femmes atteintes d’une infection à VIH-1 chez les femmes n’ayant pas reçu de traitement au préalable. Dr Catherine Orrell, MBChB, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 17 juillet 2017

Financement : ViiV Healthcare

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

lundi 4 février 2013

Emphysème patent et évolutif dans la MPOC déterminée par tomodensitométrie et par mesure de l’expression de biomarqueurs : analyse prospective de l’étude ECLIPSE

Intéraction gènes - environnement dans la BPCO et relations  avec la composition corporelle. Les phénotypes masse corporelle et composition corporelle interagissent avec le risque de développer ou aggraver une maladie obstructive pulmonaire type BPCO ou asthme. (...) In Nutrition Clinique et Métabolisme Volume 20, Issue 4, December 2006, Pages 185 - 189
Source iconographique et légendaire:  http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0985056206002573

L’emphysème est la cause principale de la limitation du débit d’air dans la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ; son importance peut être quantifiée par tomodensitométrie (TDM). Nous avons étudié les changements de densité pulmonaire mesurée par TDM sur une cohorte internationale de patients atteints de MPOC. Nous avons également exploré le lien potentiel entre emphysème et profil du patient, et déterminé si certains biomarqueurs circulants étaient associés à la baisse de densité pulmonaire mesurée par TDM.

Nous avons utilisé un modèle à coefficient aléatoire pour l’étude des paramètres prédicteurs de la densité pulmonaire mesurée par TDM et son évolution longitudinale sur une période de 3 ans, chez 1928 patients atteints de MPOC recrutés dans l’Évaluation longitudinale d’Identification des Paramètres Prédictifs Annexes de l’étude ECLIPSE [Evaluation of COPD Longitudinally to Identify Predictive Surrogate Endpoints (ECLIPSE) study dans le texte]. La densité pulmonaire était mesurée pour chaque voxel de l’examen TDM, et exprimée comme la densité mesurée au 15ème point percentile le plus bas de la distribution. (…)

La densité pulmonaire mesurée au départ (de l’étude) était dépendante de l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, du tabagisme en l’état ainsi que l’historique de tabagisme, et de la gravité de la diminution du débit d’air. La baisse observée en termes de densité pulmonaire était variable (baisse moyenne -1,13g/L [Erreur Standard – ES – 0,06] par an). La baisse annuelle de la densité pulmonaire était plus forte chez les femmes (-0,41 [ES 0,14] g/L  supplémentaires par an ; p=0,003) que chez les hommes; cette baisse s'est également montrée plus forte chez les fumeurs (-0,29 [ES 0,14] g/L supplémentaires par an ; p=0,047) que chez les anciens fumeurs. Les niveaux circulants de protéine D du surfactant sérique (protéine biomarqueur SP-D) et de récepteurs solubles au produit terminal de glycation avancée (sRAGE) étaient significativement associés à la densité pulmonaire mesurée au départ, et à sa baisse mesurée au cours du temps.

Cette étude montre que la baisse de densité pulmonaire dans la MPOC peut être mesurée, et qu’elle est variable et dépendante à la fois du tabagisme et du sexe. Nous avons identifié des paramètres biochimiques prédicteurs de présence et de progression d’emphysème. Harvey O Coxson PhD et al, in The Lancet Respiratory Medicine, Early Online Publication 1 February 2013, in press

Financement: Glaxosmithkline

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ