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mardi 21 septembre 2021

#thelancet #cancerdupoumon #atezolizumab Atezolizumab adjuvant après chimiothérapie adjuvante dans le cancer du poumon non à petites cellules réséqué de stade IB-IIIA (IMpower010) : un essai de phase 3 randomisé, multicentrique, en ouvert

Micrographie d'un cancer du poumon non à petites cellules révélé PD-L1 positif par immunomarquage.
Source iconographique et légendaire: https://en.wikipedia.org/wiki/Non-small-cell_lung_carcinoma
 

De nouvelles stratégies adjuvantes sont nécessaires pour optimiser les résultats après résection chirurgicale complète chez les patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC) à un stade précoce. Notre objectif était d'évaluer l'atezolizumab adjuvant par rapport aux meilleurs soins de soutien après une chimiothérapie adjuvante à base de platine chez ces patients.

IMpower010 était une étude de phase 3 randomisée, multicentrique, en ouvert, réalisée sur 227 sites situés dans 22 pays et régions. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans, atteints d’un CBNPC de stade IB (tumeurs ≥4 cm) à IIIA selon le système de stadification de l'Union Internationale Contre le Cancer et de l'American Joint Committee on Cancer (7ème édition) complètement réséqué. Les patients ont été randomisés (1:1) par une méthode de blocs permutés (taille de bloc de quatre) pour recevoir l'atezolizumab en adjuvant (1200 mg tous les 21 jours ; pendant 16 cycles ou 1 an) ou les meilleurs soins de soutien (observation et examens réguliers de la maladie récidive) après une chimiothérapie adjuvante à base de platine (de un à quatre cycles). Le critère d'évaluation principal, la survie sans récidive évaluée par l'investigateur, a d'abord été testé de manière hiérarchique dans le sous-groupe de population de stade II-IIIA dont les tumeurs exprimaient PD-L1 sur 1 % ou plus des cellules tumorales (SP263), puis chez tous les patients de la population atteinte par la maladie à un stade II-IIIA, et enfin dans la population en intention de traiter (ITT) (stade IB-IIIA). L'innocuité a été évaluée chez tous les patients qui ont été randomisés et ont reçu de l'atezolizumab ou les meilleurs soins de soutien.

Entre le 7 octobre 2015 et le 19 septembre 2018, 1280 patients ont été recrutés après résection complète. 1269 ont reçu une chimiothérapie adjuvante, dont 1005 patients étaient éligibles à la randomisation pour recevoir l'atezolizumab (n=507) ou les meilleurs soins palliatifs (n=498) ; 495 patients de chaque groupe ont reçu un traitement. Après un suivi médian de 32,2 mois (Intervalle Interquartile [IQR] de 27,4 à 38,3) dans la population de stade II-IIIA, le traitement par l'atezolizumab a amélioré la survie sans récidive par rapport aux meilleurs soins de soutien chez les patients de la population de stade II-IIIA dont les tumeurs exprimaient PD-L1 sur 1 % ou plus des cellules tumorales (Hazard Ratio [HR] 0,66 ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 0,50-0,88 ; p = 0,0039) et chez tous les patients de la population de stade II-IIIA (0 ·79 ; 0,64-0,96 ; p=0,020). Dans la population ITT, le HR pour la survie sans récidive était de 0,81 (0,67-0,99 ; p=0,040). Des événements indésirables de grade 3 et 4 liés à l'atezolizumab sont survenus chez 53 (11 %) des 495 patients et des événements de grade 5 chez quatre patients (1 %).

IMpower010 a montré un bénéfice de survie sans récidive avec l'atezolizumab par rapport aux meilleurs soins de soutien après une chimiothérapie adjuvante chez les patients atteints d'un CBNPC de stade II-IIIA réséqué, avec un bénéfice prononcé dans le sous-groupe dont les tumeurs exprimaient PD-L1 sur 1 % ou plus des cellules tumorales, sans aucun nouveau signal de sécurité. L'atezolizumab après une chimiothérapie adjuvante offre une option de traitement prometteuse pour les patients atteints d'un CBNPC réséqué à un stade précoce. Prof Enriqueta Felip, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 20 septembre 2021

Financement : Hoffmann-La Roche et Genetech

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

jeudi 18 mars 2021

#thelancetoncology #carcinomeurothélial #atezolizumab Atezolizumab en adjuvant versus observation dans le cas du carcinome urothélial invasif sur le plan musculaire (IMvigor010) : essai multicentrique de phase 3 randomisé en ouvert

 

Le carcinome urothélial est la forme morphologique la plus fréquente de cancer des voies excrétrices (calices, bassinet, urethères, vessie, urèthre). Il représente 90% des cancers de la vessie. 
Source: 
https://www.wikiwand.com/fr/Carcinome_uroth%C3%A9lial

Malgré l’existence de traitements standard à visée curative à l'aide d'une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine, suivi d’une chirurgie radicale chez les patients éligibles, le carcinome urothélial invasif sur le plan musculaire présente un taux élevé de récidive et aucune preuve de niveau 1 pour ce qui est du bénéfice d’un traitement adjuvant. Notre but était d’évaluer l’atezolizumab comme traitement adjuvant chez des patients à haut risque de carcinome urothélial invasif sur le plan musculaire.

Dans l’étude IMvigor, un essai multicentrique de phase 3, ouvert, randomisé, réalisé dans 192 hôpitaux, centres académiques, et cabinets communautaires de consultation en oncologie dans 24 pays ou régions, des patients âgés de 18 ans et plus, atteints de carcinome urothélial invasif sur le plan musculaire et présentant un score de performance ECOG de 0, 1, ou 2, ont été recrutés dans les 14 semaines après cystectomie radicale ou néphrectomie avec dissection des ganglions lymphatiques. Les patients avaient (…). Les patients ne recevant pas de chimiothérapie néoadjuvante devaient être inéligibles pour une chimiothérapie adjuvante à base de cisplatine ou devaient l’avoir refusée. (…). Les patients étaient répartis au hasard (1:1) à l’aide de la méthode des blocs permutés (blocs de 4) et d’un système internet de réponse vocale; pour recevoir 1 200 mg d’atezolizumab par voie intraveineuse toutes les 3 semaines pendant 48 semaines au minimum ou pendant un an au maximum, ou pour être uniquement maintenus en observation. La randomisation était stratifiée selon le nombre de chimiothérapies néoadjuvantes reçues, le nombre de ganglions lymphatiques disséqués, le statut pathologique ganglionnaire, le stade tumoral, et l’expression de PD-L1 dans les cellules immunitaires infiltrant les tumeurs. Le critère principal d’évaluation était la durée de survie sans récidive dans la population en intention de traiter. L’innocuité était évaluée chez les patients qui avaient reçu au moins une dose d’atezolizumab ou qui avaient été évalués au moins une fois pour ce qui est de l’innocuité du traitement reçu. (…) Le recrutement de patients dans cet essai est terminé.

Entre le 5 octobre 2015 et le 30 juillet 2018, nous avons recruté 809 patients : 406 dans le groupe atezolizumab et 403 dans le groupe d’observation. La période médiane de suivi était de 21.9 mois (Intervalle Interquartile -IQR- 13.2-29.8). La période médiane de survie sans récidive était de 19.4 mois (Intervalle de Confiance [IC] 95% 15.9-24.8) sous atezolizumab et de 16.6 mois (11.2-24.8) sous observation (hazard ratio stratifié 0.89 [IC 95% 0.74-1.08] ; p=0.24). Les événements indésirables de grade 3 ou de grade 4 survenant le plus souvent étaient infection du tractus urinaire (31 [8%] patients sur 390 dans le groupe atezolizumab versus 20 [5%] dans le groupe observation), pyélonéphrite (12 [3%] versus 14 [14%]), et anémie (huit [2%] versus sept [2%]). Des événements indésirables graves sont survenus chez 122 (31%) patients recevant l’atezolizumab et chez 71 (18%) patients sous observation. 63 (16%) patients recevant l’atezolizumab ont présenté un événement indésirable de grade 3 ou de grade 4 relié au traitement. Un décès relié au traitement, dû à un syndrome de détresse respiratoire, est survenu dans le groupe atezolizumab.

A notre connaissance, IMvigor010 est l’essai de phase 3 de thérapie adjuvante du carcinome urothélial invasif sur le plan musculaire évaluant le rôle d’un inhibiteur du point de contrôle immunitaire, le plus important arrivé à son terme. Cet essai n’a pas satisfait au critère principal d’allongement de la période sans récidive dans le groupe atezolizumab versus groupe observation. L’atezolizumab était toutefois bien toléré, sans aucun signe nouveau mettant en cause l’innocuité ; cependant, la survenue à une fréquence plus élevée d’événements indésirables menant à sortie d’étude a été rapportée en comparaison d’études sur le carcinome urothélial métastasé. Ces données ne soutiennent donc pas l’utilisation d’un traitement adjuvant par inhibiteur du point de contrôle immunitaire dans ce contexte précis de l’essai IMvigor010. Joaquim Bellmunt, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 12 mars 2021

Financement : F Hoffmann-La Roche/Genentech

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 12 mai 2020

#thelancetoncology #cancerdupoumon #atezolizumab Atezolizumab en néoadjuvant et chimiothérapie chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules : essai ouvert multicentrique de phase 2 à simple bras

Micrographie à faible grossissement d'un cancer du poumon non à petites cellules - Coloration HE. (...) Le présent échantillon n'indique aucune métastatisation de la maladie à ce stade.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Non-small_cell_lung_carcinoma_--_low_mag.jpg

Environ 25% de tous les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules présentent une pathologie à un stade IB-IIIA resecable, et bien que la chimiothérapie péri-opétatoire en soit la norme de traitement prescrit en ce cas, cette stratégie thérapeutique ne fournit que de modestes bénéfices de survie. Sur la base de l’activité des inhibiteurs du point de contrôle immunitaire dans le cancer non à petites cellules métastatique, nous construit un essai clinique visant à tester l’activité de l’inhibiteur de PD-L1, atezolizumab, avec carboplatine et nab-paclitaxel administré comme traitement néoadjuvant avant résection chirurgicale.

Cet essai ouvert multicentrique de phase 2 a été réalisé dans trois hôpitaux situés aux USA. Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans et plus ; étaient atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade IB-IIIA selon les critères du Comité Commun du Cancer des États-Unis (USA), présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0-1 ainsi qu’un historique de tabagisme. Les patients ont reçu l’atezolizumab par voie intraveineuse (1200 mg) au jour 1, nab-paclitaxel (100 mg/m2) aux jours 1, 8, et 15, et carboplatine (aire sous la courbe 5 ; 5 mg/mL par minute) au jour 1 de chaque cycle de 21 jours. Les patients ne présentant pas de progression de leur pathologie à l’issue de deux cycles de traitements étaient admis à recevoir deux autres cycles, suivis d’une résection chirurgicale. Le critère principal était la mise en évidence d’une réponse pathologique majeure, définie par la présence de 10% ou moins de tissu tumoral résiduel viable au moment de la chirurgie. Toutes les analyses ont été réalisées sur population en intention de traiter. (…).

Entre le 26 mai 2016, et le 1er mars 2019, nous avons évalué 39 patients pour ce qui est de leur éligibilité, 30 d’entre eux ont été recrutés. 23 (77%) de ces patients présentaient une pathologie de stade IIIA. 29 (97%) patients ont été transférés en salle d’opération, et 26 (87%) ont subi une résection R0 avec succès. Au moment de la clôture de la phase de recueil des données (7 août 2019), la période médiane de suivi était de 12.9 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 6.2-22.9). 17 (57% ; Intervalle de Confiance [IC] 37-75) patients sur 37 présentaient une réponse pathologique majeure. Les évènements indésirables de grade 3-4 liés au traitement les plus communément rencontrés étaient neutropénie (15 [50%] patients sur 30), concentrations élevées en alanine aminotransférase (deux [7%] patients), concentrations élevées en aspartate aminotransférase (deux [7%] patients) et thrombocytopénie (deux [7%] patients). Les évènements indésirables graves relevés incluaient un (3%) patient avec neutropénie fébrile de grade 3, un (3%) patient avec hyperglycémie de grade 4, et un (3%) patient avec hémorragie bronchopulmonaire de grade 2. Aucun décès lié au traitement n’a été relevé.

La combinaison atezolizumab plus carboplatine et nab-paclitaxel représente un régime néoadjuvant potentiel pour le traitement du cancer non à petites cellules résécable; avec une proportion élevée de patients ayant obtenu une réponse pathologique majeure avec des effets toxiques liés au traitement gérables, sans compromettre la résection chirurgicale. Catherine A Shu, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 7 mai 2020

Financement : Genentech et Celgene

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 21 mai 2019

#thelancetoncology #cancer #CBNPC #atezolizumab #carboplatine Atezolizumab en combinaison avec carboplatine plus chimiothérapie nab-paclitaxel en comparaison de la chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux (IMpower130) : essai de phase 3 multicentrique, randomisé en ouvert

Cancer du poumon non à petites cellules peu différencié avec réponse inflammatoire de l'hôte. Les flèches indiquent les cellules tumorales.
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Poorly_differentiated_non-small_cell_carcinoma_NOS_with_a_massive_host_inflammatory_response_-_Case_267_(8597444473).jpg

L’atezolizumab (un anticorps monoclonal dirigé contre PD-L1), qui restaure l’immunité anticancer, a amélioré la survie globale chez les patients ayant déjà reçu un traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules au préalable et qui ont également tiré bénéfice clinique lorsque combiné avec une chimiothérapie comme traitement de première ligne du cancer non à petites cellules. Le but de l’essai IMpower130 était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité d’atezolizumab plus chimiothérapie versus chimiothérapie seule comme traitement de première ligne du cancer du poumon non à petites cellules non squameux.

IMpower130 est une étude de phase 3 multicentrique, randomisée en ouvert réalisée dans 131 centres situés dans huit pays (États-Unis d’Amérique, Canada, Belgique, Allemagne, Italie, Espagne, et Israël). Les patients éligibles étaient âgés de 18 ans ou plus, et étaient atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade IV non squameux confirmé pour histologie ou cytologie et présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, et n’avaient reçu aucune chimiothérapie pour traitement de pathologie au stade IV. Les patients ont été répartis au hasard (2:1 ; par blocs permutés [dimension de bloc = 6] à l’aide d’un système de réponse interactif vocal ou internet) pour recevoir atezolizumab (1 200 mg par voie intraveineuse toutes les 3 semaines) + chimiothérapie (carboplatine [selon la technique de mesures des surfaces sous la courbe des concentrations plasmatiques en fonction du temps 6 mg / mL par minute toutes les 3 semaines] + nab-paclitaxel [100 mg/m2 par voie intraveineuse chaque semaine]) ou chimiothérapie seule sur quatre ou six cycles de 21 jours, suivi d’une thérapie de maintien. Les facteurs de stratification comprenaient le sexe, les métastases hépatiques à la ligne de base, et l’expression tumorale de PD-L1. Les critères d’évaluation principaux étaient la survie sans progression évaluée par l’investigateur et la survie globale dans la population en intention de traiter dite « sauvage » (c’est-à-dire la population aux gènes EGFRwt et ALKwt). La population d’innocuité incluait tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Entre le 16 avril 2015 et le 13 février 2017, 724 patients ont été tirés au sort et randomisés par tirage au sort 723 ont été inclus dans la population en intention de traiter (un patient est décédé avant la randomisation […], il a donc été exclu de la population en intention de traiter) du groupe atezolizumab plus chimiothérapie (483 patients dans la population en intention de traiter et 451 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage ») ou du groupe chimiothérapie (240 patients dans la population en intention de traiter et 228 patients dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage »). La médiane de suivi dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage » était similaire entre les groupes (18.5 mois [Intervalle Interquartile -IQR- 15.2-23.6] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 19.2 mois [15.4-23.0] dans le groupe chimiothérapie). Dans la population en intention de traiter dite « de type sauvage », il y a eu de significatives améliorations en termes de médiane de survie globale (18.6 mois [Intervalle de Confiance -IC- 95% 16.0-21.2] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 13.9 mois [12.0-18.7] dans le groupe chimiothérapie; hazard ratio stratifié [HR] 0.79 [IC 95% 0.64-0.98] ; p=0.033) et de médiane de survie sans progression (7.0 mois [IC 95% 6.2-7.3] dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 5.5 mois [4.4-5.9] dans le groupe chimiothérapie ; HR stratifié 0.64 [IC 95% 0.54-0.77 ; p<0.0001]). Les événements indésirables de grade 3 ou plus les plus communément rencontrés étaient neutropénie (152 [32%] patients sur les 453 du groupe atezolizumab + chimiothérapie versus 65 [28%] patients sur les 232 du groupe chimiothérapie), anémie (138 [29%] versus 47 [20%]), et diminution des neutrophiles (57 [12%] versus 19 [8%]). Des événements indésirables graves liés au traitement ont été rapportés chez 112 (24%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et 30 (13%) patients sur 232 dans le groupe chimiothérapie. Des décès liés au traitement (quel que soit le traitement) sont survenus chez huit (2%) patients sur 473 dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie et un (<1%) patient sur 232 dans le groupe chimiothérapie.

IMpower130 a montré une amélioration importante et significative sur le plan clinique de la survie globale et une amélioration significative de la survie sans progression dans le groupe atezolizumab + chimiothérapie versus chimiothérapie comme traitement de première ligne chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules non squameux, ne présentant pas de mutations des gènes ALK et EFGR. Aucun signal délétère d’innocuité n’a été identifié. Cette étude démontre le bénéfice d’atezolizumab en combinaison avec la chimiothérapie à base de platine, comme traitement de première intention du cancer du poumon non à petites cellules non métastasé. Howard West, MD, et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant-première, 20 mai 2019

Financement : F. Hoffmann-La Roche.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 26 mars 2019

#thelancetrespiratorymedicine #cancer #cancerdupoumonnonàpetitescellules #EGFR #atezolizumab #bevacizumab Atezolizumab plus bevacizumab et chimiothérapie pour traitement du cancer du poumon non à petites cellules (IMpower150) : analyses clé du sous-groupe de patients présentant des mutations EFGR ou des métastases du foie à la ligne de base dans un essai de phase 3 randomisé, ouvert

Cellules de cancer du poumon non à petites cellules. Ces cellules présentes pratiquement toutes les caractéristiques cardinales de la malignité: variation marquée de la dimension et de la forme du noyau, une chromatine irrégulièrement distribuée et de grands et importants pronucléi. Certaines cellules tumorales (...) étant positives pour p63 et négatives pour TTF1-alpha par immunohistochimie, le diagnostic final était: carcinome à cellules squameuses peu différenciées.
Source iconographique et légendaire: https://www.flickr.com/photos/euthman/5715460701

L’essai IMpower150 a montré de significatives améliorations en termes de survie sans progression et de survie globale avec atezolizumab + bevacizumab + carboplatine + paclitaxel (ABCP) versus traitement standard bevacisumab + carboplatine + paclitaxel (BCP) chez des patients atteints de cancer du poumon non squameux non à petites cellules, n’ayant pas reçu de chimiothérapie au préalable. Ici, nous rapportons l’efficacité du traitement ABCP ou atezolizumab + carboplatine + paclitaxel (ACP) versus BCP dans des sous-groupes clé de patients.

IMpower150 était une étude de phase 3 randomisée, ouverte, réalisée dans 240 centres médicaux universitaires et des cabinets communautaires d’oncologie dans 26 pays dans le monde. Des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules métastasé, n’ayant préalablement pas reçu de chimiothérapie au préalable, ont été répartis au hasard (1:1:1) pour recevoir ABCP, ACP, ou BCP toutes les trois semaines. 
Les critères principaux conjoints étaient la survie globale et l’évaluation par l’investigateur de la survie sans progression dans la population en intention de traiter chez les patients de type sauvage (patients présentant des altérations génétiques du facteur de croissance épidermique [ EGFR] ou de la protéine kinase du lymphome anaplasique [ ALK] étaient exclus). L’efficacité a été évaluée dans les sous-groupes clé au sein de la population en intention de traiter, incluant les patients porteurs de mutations EGFR (sensibilisantes et non-sensibilisantes à la fois ; EGFR-positives) ayant précédemment été traités avec un (ou plusieurs) inhibiteur(s) de la tyrosine kinase et des patients présentant des métastases hépatiques à la ligne de base. La survie globale dans la population en intention de traiter était intégrée dans l’ensemble des critères d’efficacité secondaires. Les critères exploratoires incluaient la proportion de patients obtenant une réponse objective dans la population en intention de traiter, incluant les patients EGFR-positifs et les patients présentant des métastases hépatiques à la ligne de base. Les données rapportées sont celles obtenues à la date butoir du 22 janvier 2018 de fermeture de la base de données ; date à laquelle le nombre d’événements de survie globale prévu à l’avance était obtenu dans les groupes (…). L’essai est toujours en cours (…).

Entre le 31 mars 2015 et le 30 décembre 2016, 1 202 patients ont été recrutés. 400 patients ont rejoint le groupe ABCP, 402 ont rejoint le groupe ACP, et 400 le groupe BCP. 
Chez les patients EGFR-positifs (124 sur 1 202), la survie globale n’était pas estimable (NE ; Intervalle de Confiance [IC] 17.0-NE) avec ABCP (34 sur 400) et de 18.7 mois (IC 95% 13.4-NE) avec BCP (45 sur 400 ; hazard ratio [HR] 0.61 [IC 95% 17.0-NE]). 
Une amélioration de la survie globale avec ABCP versus BCP était observée chez les patients porteurs de mutations EGFR sensibilisantes (médiane de survie globale NE [IC 95% NE-NE] avec ABCP [26 sur 400] versus 17.5 mois [IC 95% 11.7-NE] avec BCP [32 sur 400]. HR 0.31 [IC 95% 0.11-0.83]) dans la population en intention de traiter (19.8 mois [17.4-24.2] versus 14.9 mois [13.4-17.1] ; HR [0.63-0.93]). 
Une amélioration de la médiane de survie globale avec ABCP versus BCP était observée chez des patients présentant des métastases à la ligne de base (13.3 mois [11.6-NE] avec ABCP [52 sur 400] ; HR 0.52 [0.33-0.82]). La médiane de survie globale était de 21.4 mois (IC 95% 13.8-NE) avec ACP versus 18.7 mois (IC 95% 13.4-NE) avec BCP chez les patients EGFR-positifs (HR 0.93 [IC 95% 0.51-1.68]). 
Aucun bénéfice en termes de survie globale n’était observé avec ACP versus BCP chez les patients porteurs de mutations EGFR sensibilisantes (HR 0.90 [IC 95% 0.47-1.74]), dans la population en intention de traiter (HR 0.85 [0.71-1.03]), ou chez les patients présentant des métastases hépatiques à la ligne de base (HR 0.87 [0.57-1.321]). Dans la population en intention de traiter évaluable pour ce qui est de l’innocuité, des événements de grade 3-4 liés aux traitements sont survenus chez 223 (57%) patients dans le groupe ABCP, chez 172 (43%) dans le groupe ACP, et 191 (49%) dans le groupe BCP ; 11 (3%) événements indésirables de grade 5 sont survenus dans le groupe ABCP, ainsi que quatre (1%) dans le groupe ACP, et neuf (2%) dans le groupe BCP.

Une amélioration de la survie a été notée chez les patients traités avec ABCP en comparaison de ceux traités avec BCP dans la population en intention de traiter, et chez les patients présentant des métastases hépatiques à la ligne de base. Le signal de survie global observé dans le sous-groupe de patients présentant des mutations EGFR sensibilisantes justifie la poursuite d’autres études. Martin Reck, MD, et al, dans The Lancet Respiratory Medicine, publication en ligne en avant-première, 25 mars 2019

Financement : F. Hoffmann-La Roche, Genentech

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 13 décembre 2016

#thelancet #CBNPC #atezolizumab #docetaxel Atezolizumab versus docetaxel chez des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (OAK) : étude ouverte de phase 3, multicentrique, randomisée et contrôlée

Cancer du poumon squameux. La coloration permet d'identifier les différents stades de malignité présentés par les noyaux.
Source iconographique et légendaire:https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Squamous_carcinoma_lung_cytology.gif 
L'atezolizumab est un anticorps monoclonal humanisé conçu pour cibler une protéine appelée PD-L1 (programmed death-ligand 1) à laquelle il se lie. Atezolizumab inhibe PD-L1 et l’anticorps monoclonal PD-1, ainsi que les interactions entre PD-L1 et B7-1, ravivant ce faisant l’immunité contre le cancer. Nous avons évalué l'efficacité l'innocuité d'atezolizumab versus docetaxel chez des patients ayant déjà reçu un traitement contre le cancer du poumon non à petites cellules (CBNPC).

Nous avons effectué un essai ouvert de phase 3 (OAK) dans 194 centres d’oncologie universitaires ou communautaires situés dans 31 pays. Nous avons recruté des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules squameux ou non-squameux, qui avaient 18 ans ou plus, et dont la pathologie était évaluable selon les critères RECIST, et qui présentaient un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1. Les patients avaient préalablement reçu une ou deux chimiothérapies cytotoxiques (une ou deux thérapies combinées à base de platine) destinées au traitement du cancer du poumon non à petites cellules de stade IIIB ou IV. Les patients présentant un historique de maladie autoimmune et ceux ayant précedémment reçu des traitements à base de docetaxel, d’agonistes CD137, d’anti-CTLA4, ou des thérapies ciblant les voies de signalisation PD-L1 et PD-1 étaient exclus.
Les patients étaient répartis de manière aléatoire (1:1) par randomisation par blocs permutés (blocs de huit) par système de réponse vocale interactive ou système de réponse internet interactive, pour recevoir atezolizumab 1 200 mg ou docetaxel 75 mg / m2 toutes les 3 semaines par voie intraveineuse.  Les objectifs principaux étaient la survie globale dans la population en intention de traiter (ITT) et la population TC1/2/3 ou IC1/2/3 exprimant PD-L1 (1% PD-L1 sur cellules tumorales ou cellules immunitaires infiltrantes). L’analyse principale d’efficacité a été effectuée chez les 850 des 1 225 patients recrutés. (…).

Entre le 11 mars 2014 et le 29 avril 2015, 1 225 patients ont été recrutés. Dans la population principale constituée de 850 patients, ceux-ci ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit atezolizumab (425 patients) soit docetaxel (425 patients). La survie globale était significativement plus longue chez les sujets recevant atezolizumab dans la population en ITT et celle exprimant PD-L1, que chez les sujets recevant docetaxel.
Dans la population en ITT, la survie globale était améliorée avec l’atezolizumab en comparaison du docetaxel (la médiane de survie globale était de 13.8 mois [Intervalle de Confiance –IC- 95% 11.8-15.7] versus 9.6 mois [8.6-11.2] ; hazard ratio [HR] 0.73 [IC 95% 0.62-0.87], p=0.0003). La survie globale dans les populations TC1/2/3 ou IC1/2/3 était améliorée avec l’atezolizumab (n=241) en comparaison du docetaxel (n=222) ; médiane de survie globale 15.7 mois [IC 95% 12.6-18.0] avec atezolizumab versus 10.3 mois [8.8-12.0] avec docetaxel ; HR 0.74 [IC 95% 0.58-0.93] ; p=0.102). Les patients du sous-groupe PD-L1 bas ou indétectable (TC0 et IC0) ont également présenté une survie améliorée sous atezolizumab (médiane de survie globale 12.6 mois versus 8.9 mois ; HR 0.75 [IC 95% 0.59-0.96]). L’amélioration de la survie globale était similaire chez les patients à histologie squameuse (HR 0.73 [IC 95% 0.54-0.98] ; n=112 dans le groupe atezolizumab et n=110 dans le groupe docetaxel) ou à histologie non – squameuse (0.73 [0.60-0.89] ; n=313 et n=315). Un nombre moins important de patients ont présenté des évènements indésirables de grade 3 ou 4 liés au traitement sous atezolizumab (90 [15%] patients sur 609) versus docetaxel (247 [43%] patients sur 578). Un décès du fait d’une infection du tractus respiratoire liée au traitement est survenu dans le groupe docetaxel.

OAK est la première étude randomisée de phase 3 rendant compte de résultats d’un essai thérapeutique ciblant PD-L1, avec l’atezolizumab résultant en une amélioration de la survie globale, pertinente sur le plan clinique versus docetaxel, chez des sujets atteints de cancer du poumon non à petites cellules ayant préalablement reçu un traitement, indépendamment de l’expression ou de l’histologie PD-L1, avec un profil de sécurité acceptable. Achim Rittmeyer, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 12 décembre 2016

Financement : F. Hoffmann-La Roche Ltd, Genentech, Inc.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ  

jeudi 8 décembre 2016

#thelancet #cancerurothelial #atezolizumab #cisplatine Atezolizumab comme traitement de première ligne chez des patients non éligibles pour le cisplatine atteints de carcinome urothélial localement avancé et métastatique : étude de phase 2 à simple bras, multicentrique

Cancer urothélial confirmé par cytologie urinaire
Source iconographique et légendaire: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Urine_citology_urothelial_carcinoma_2.jpg
La chimiothérapie de première ligne chez des patients non-éligibles atteints de carcinome urothélial localement avancé ou métastatique est associée à une réponse de courte durée, une faible survie, et une toxicité élevée. Cette étude avait pour but d’évaluer l’atezolizumab (anti-[ligand 1 de mort cellulaire programmée] [PD-L1]) comme traitement du cancer urothélial métastatique chez des patients non éligibles pour le cisplatine.

Pour cette étude de phase 2 à simple bras, multicentrique, effectuée dans 47 centres médicaux académiques et communautés médicales de pratique en oncologie situés dans sept pays d'Amérique du Nord et d'Europe, nous avons recruté des patients atteints de cancer urothélial localement avancé ou métastatique, naïfs de tout traitement, et qui étaient par ailleurs non éligibles pour le cisplatine. Les patients ont reçu 1 200 mg d’atezolizumab tous les 21 jours par voie intraveineuse, jusqu’à progression de la maladie.
Le critère principal d’évaluation de l’étude était la confirmation d’un taux de réponse objective, selon les Critères RECIST d’Évaluation des Tumeurs Solides - version 1.1 - (…) , mesurée dans les sous - groupes préspécifiés, et basée sur l’expression de PD-L1 ; ainsi que chez tous les patients. Tous les participants qui avaient reçu au moins une dose d’atezolizumab étaient inclus dans les analyses primaires d’efficacité et d’innocuité. (…).

Entre le 9 juin 2014 et le 30 mars 2015, nous avons recruté 123 patients ; 119 d’entre eux ont reçu une ou plusieurs doses d’atezolizumab. À la médiane de 17,2 mois de suivi, le taux de réponse objectif au traitement était de 23% (Intervalle de Confiance [IC] de 16 à 31), le taux de réponse complète s’établissant à 9% (n=11) ; 19 réponses les 27 relevées sont toujours positives. (...). Des réponses ont été notées dans tous les sous-groupes PD-L1 et de mauvais pronostic. La médiane de survie sans progression était de 2.7 mois (de 2.1 à 4.2). La médiane de survie globale était de 15.9 mois (de 10.4 à non-estimable). Le taux de mutations tumorales était associé à la réponse.
Des évènements indésirables liés au traitement qui sont survenus chez 10% ou plus des patients étaient fatigue (36 [30%] patients), diarrhée (14 [12%] patients), et purit (13 [11%] patients). Un décès lié au traitement a été relevé (septicémie). Neuf (8%) patients ont présenté un évènement indésirable conduisant à l’interruption du traitement. Des évènements à médiation immunitaire sont survenus chez 14 (12%) patients.

L’atezolizumab a présenté des taux de réponse durable, de survie, et de tolérance encourageants, appuyant son utilisation thérapeutique chez les patients atteints de cancer urothélial naïf de tout traitement. Dr Arjun V. Balar, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 7 décembre 2016

Financement :   F Hoffmann-La Roche, Genentech.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ