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jeudi 18 octobre 2018

#thelancethiv #VIH #prophylaxie Efficacité mesurée au niveau de la population d’un déploiement rapide et de grande ampleur de mesures prophylactiques avant exposition au VIH chez les hommes entretenant des relations sexuelles avec des hommes : étude prospective EPIC-NSW de cohorte

Le médicament antirétroviral TRUVADA est une combinaison de deux principes actifs : tenofovir et emtricitabine.
Source:  https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Truvada.JPG

La prophylaxie avant exposition au VIH (PrEP) est hautement efficace chez les hommes qui entretiennent des relations sexuelles avec des hommes (MSM) au niveau individuel, mais les données globales de population manquent. Nous avons examiné si le déploiement rapide et de grande ampleur de mesures prophylactiques avant exposition pouvait, dans le cadre d’une épidémie MSM, réduire l’incidence des infections par le VIH, au niveau d’une cohorte dont les patients la composant suivent une PrEP, et plus généralement au niveau de l’état le plus peuplé d’Australie, les Nouvelles Galles du Sud.

L’étude « Implémentation Élargie d’une PrEP dans les Communautés de Nouvelle Galles du Sud » est une étude prévoyant la mise en place d’une cohorte testant l’administration d’une coformulation tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine comme PrEP contre le VIH. Nous avons recruté des hommes homosexuels à haut risque, répertoriés au niveau d’un réseau de 21 cliniques situées en Nouvelle Galles du Sud. Nous faisons état de résultats relatifs aux critères principaux conjoints spécifiés à l’avance par le protocole, 12 mois après le recrutement des 3 700 participants : incidence intra-cohorte du VIH ; et changements observés en termes de diagnostic en Nouvelle Galles du Sud entre les périodes de 12 mois avant et après le déploiement des mesures PrEP. (…).

Nous avons recruté 3 700 participants en 8 mois, entre le 1er mars 2016 et le 31 octobre 2016. 3 676 (99%) étaient des hommes ; 3 534 (96%) d’entre eux étaient homosexuels et 149 (4%) étaient bisexuels. Leur âge médian était de 36 ans (Intervalle Interquartile [IQR] 30 – 45 ans). Dans l’ensemble, 3 069 (83%) participants se sont présentés à la visite prévue 12 mois ou plus après le recrutement. Deux hommes ont été infectés par le VIH sur une population de 4 100 personnes-années (incidence : 0.048 pour 100 personnes-années, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.012-0.195). Les deux sujets concernés n’avaient pas adhéré à la PrEP. Les diagnostics de VIH chez les MSM en Nouvelles Galles du Sud ont décru au cours de l’étude : de 295 sujets positifs dépistés dans les 12 mois précédant le déploiement de la PrEP à 221 sujets dépistés dans les 12 suivant la mise en place de la PrEP (réduction du risque relatif [RRR] 25.1%, IC 95% 10.5-37.4). Une baisse de contamination a été observée à la fois en ce qui concerne les infections récentes par le VIH (de 149 à 102, RRR 31.5%, IC 95% de 11.3 à 47.3) et en ce qui concerne les autres diagnostics de VIH (de 146 à 119, RRR 18.5%, IC 95% de -4.5 à 36.6).

Le déploiement d’une PrEP était associé à une baisse rapide du nombre de diagnostics d’infections VIH dans l’état de Nouvelles Galles du Sud ; cette baisse étant plus importante pour ce qui est des infections récentes. Dans la perspective d’une approche combinée, le déploiement d’une PrEP de grande ampleur est efficace dans la diminution du nombre de nouvelles infections par le VIH au niveau d'une population. Prof Andrew E Grulich, PhD, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 17 octobre 2018

Financement : Ministère de la Santé de Nouvelles Galles du Sud, Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 21 février 2018

#thelancethiv #VIH1 #tenofoviralafenamide #emtricitabine #abacavir #lamivudine Tenofovir alafenamide + emtricitabine versus abacavir + lamivudine pour le traitement d’adultes virologiquement infectés par le VIH-1 : étude de non-infériorité de phase 3 randomisée en double-aveugle contrôlée par un traitement actif

Goma, RD Congo, 1er avril 2017. (...). L'infection à VIH est un sujet émotionnel qui interpelle la vie humaine. (...). A Goma comme ailleurs, les enfants, les femmes et les hommes sortent toujours en grand nombre pour écouter des messages de prévention, de compassion, et d'espoir. (...).
Source iconographique et légendaire: https://www.flickr.com/photos/monusco/26984062199

Abacavir et le tenofovir alafenamide sont moins toxiques pour l’os en comparaison du tenofovir disoproxil fumarate. Notre but était de comparer l’innocuité et l’efficacité de tenofovir alafenimide + emtricitabine avec celles d’abacavir + lamivudine.

Dans cette étude de non-infériorité de phase 3 randomisée, en double-aveugle, et contrôlée par un traitement actif, des adultes (âge 18 ans) VIH-1 positifs ont été sélectionnés dans 79 sites situés dans 11 pays d’Amérique du Nord et d’Europe. Les participants éligibles étaient virologiquement supprimés (ARN de VIH-1 < 50 copies par mL) et sous traitement trithérapique stable contenant abacavir + lamivudine. Les participants ont été répartis de manière aléatoire (1:1) à l’aide d’une séquence de randomisation générée par ordinateur (blocs de 4) pour passer à un traitement par comprimés à dose fixe de tenofovir alafenamide (10 mg ou 25 mg) + emtricitabine (200 mg) ou rester sous abacavir (600 mg) + lamivudine (300 mg), avec le placebo correspondant, tout en continuant la prise du troisième médicament. La randomisation a été stratifiée en fonction du troisième médicament (…) au moment de la sélection. Ni les investigateurs, ni les participants, ni le personnel de l’étude administrant les traitements, évaluant les résultats, et collectant les données, n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal de l’étude était la proportion de participants virologiquement supprimés (ARN de VIH-1 <  50 copies par mL) à la semaine 48 (évaluation effectuée par algorithme de capture instantanée), avec une marge de non-infériorité de 10%. L’analyse de finalité principale a été effectuée chez tous les participants recrutés avant le 23 mai 2016 (à l’atteinte de la cible en termes d’effectif), et l’analyse d’innocuité a été réalisée chez tous les participants recrutés qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude (y compris les patients recrutés après la date d’atteinte de la cible en termes d’effectif). (…).

Le recrutement pour cette étude a commencé le 29 juin 2015, avec le 23 mai 2016 comme date butoir de recrutement pour l’évaluation du critère principal de l’étude de la semaine 48. 501 participants ont été répartis de manière aléatoire et reçu un traitement. A la semaine 48, la suppression virale était maintenue chez 227 (90%) participants sur les 253 recevant tenofovir alafenamide + emtricitabine en comparaison des 230 (93%)  participants sur les  248 recevant abacavir + lamivudine (différence -3.0%, Intervalle de Confiance [IC] de -8.2 à 2.0), montrant ainsi une non-infériorité. Peu de participants sont sortis d’étude du fait d’événements indésirables : 12 (4%) participants sur 280 du groupe tenofovir alafenamide + emtricitabine et neuf (3%) participants sur 276 du groupe abacavir + lamivudine. Trois patients ont présenté des événements indésirables graves imputables aux traitements : un patient a présenté une colique rénale et un patient a présenté une neutropénie dans le groupe tenofovir alafenamide + emtricitabine, et un patient a présenté un infarctus du myocarde dans le groupe abacavir + lamivudine. Il n’y a pas eu de décès imputables aux traitements.

Le tenofovir alafenamide, en combinaison avec emtricitabine et d’autres produits comme troisième médicaments, a maintenu une efficacité élevée avec un profil d’innocuité au niveau du rein et de l’os similaire à celui obtenu sous abacavir. Chez les patients virologiquement supprimés, le régime de traitement contenant tenofovir alafenamide pourrait être une alternative à ceux comprenant abacavir, sans crainte de réapparition de toxicité rénale ou d’hyperlipidémie. Alan Winston, MD, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 20 février 2018

Financement : Gilead Sciences Inc.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ          

lundi 24 juillet 2017

#thelancethiv #VIH #prophylaxiepréexposition #tenofovirdisoproxilfumarate #emtricitabine #préservatif Efficacité, innocuité et effet sur le comportement sexuel d’une prophylaxie pré-exposition sur demande contre le VIH chez des hommes entretenant des relations sexuelles avec des hommes : étude de observationnelle de cohorte

Source iconographique :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Plaque_comm%C3%A9morative_Jean_DIOT_Bruno_LENOIR_-_Paris_2e_-_67_rue_Montorgueil.jpeg
Les données concernant les services pourvoyeurs de prophylaxie pré-exposition (PrEP) sont rares. Nous avons mis en place une étude de cohorte, afin d’évaluer son efficacité, son innocuité et ses effets sur le comportement sexuel.

Nous avons invité des hommes et des femmes transgenre qui entretiennent des relations sexuelles avec des hommes, précédemment recrutés dans l’essai ANRS IPERGAY randomisé et contrôlé par placebo dans sept sites (six en France et un au Canada), pour participer à l’essai de prolongation  avec distribution sur demande de tenofovir disoproxil fumarate (300mg) et emtricitabine (200 mg) à prendre avant et après le rapports sexuel. Nous avons évalué l’incidence du VIH et d’autres infections sexuellement transmises (STIs), l’adhésion au PrEP, l’innocuité et le comportement sexuel. Les analyses statistiques incluaient les comparaisons des proportions et incidence entre la phase randomisée de l’essai ANRS IPERGAY et la phase en ouvert, et tous les participants ont été inclus dans les analyses d’innocuité. (…).

Entre le 4 novembre 2014 et le 27 janvier 2015, nous avons recruté 361 participants. La médiane de suivi était de 18.4 mois (Intervalle Interquartile [IQR] 17.7-19.1). Un participant, qui avait interrompu le suivi de la démarche PrEP a été infecté par le VIH. L’incidence de l’infection par le VIH était de 0.19 pour 100 personnes-années (Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.01-1.08), en comparaison de l’incidence de 6.60 pour 100 personnes-années (3.60-11.05) mesurée dans le groupe placebo de l’étude randomisée, indiquant une réduction relative de 97% (IC 95% 81-100) de l’incidence de l’infection par le VIH dans le groupe PrEP sur demande. Les participants ont utilisé une quantité médiane de 18 cachets de médicament à l’étude par mois (IQR 11-25), et à la visite de 6 mois, 240 (71%) des 336 participants étaient détectés positifs pour le tenofovir. Les événements gastro-intestinaux liés aux médicaments ont été rapportés par 49 participants (14%) (…). Seuls 4 participants (1%) ont interrompu la démarche PrPP; trois du fait d’une augmentation de la créatinine plasmatique. La proportion des participants la pratique de relations sexuelles sans préservatif à l’occasion de leur dernier rapport sexuel anal passif a augmenté de manière significative, passant de 77% (136 participants sur 176) à la ligne de base à 86% (66 participants sur 77) à 18 mois de suivi (p= 0.0004). L’incidence d’une première STI au cours de cette phase ouverte d’essai n’a pas montré de changement significatif en comparaison de l’incidence de première STI au cours de la phase randomisée (59.0 versus 49.1 pour 100 personnes-années, respectivement ; p=0.11).

La démarche de PrEP sur demande est d’une très haute efficacité pour ce qui est de la prévention des infections par le VIH, dans la population à haut risque des hommes ayant des relations avec des hommes ; elle représente donc une alternative à la démarche de PrEP quotidienne, amplifiant ce faisant les choix de prévention de l’infection par le VIH. Des niveaux élevés de STI résultant d’une faible utilisation du préservatif n’a pas affecté l’efficacité de la PrEP, mais justifie un dépistage plus fréquent. Prof Dr Jean-Michel Molina, MD, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 23 juillet 2017

Financement : ANRS (France Recherche Nord and Sud Sida-HIV Hépatites), the Canadian HIV Trials Network, Fonds Pierre Bergé—Sidaction, Gilead Sciences, and the Bill & Melinda Gates Foundation.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 18 juillet 2017

#thelancethiv #femmes #VIH1 #dolutegravir #abacavir #lamivudine #atazavavir #ritonavir #tenofovirdisoproxilfumarate #emtricitabine Combinaison à dose fixe de dolutegravir, abacavir, et lamivudine versus atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine chez des femmes non précédemment traitées atteintes d’infections par le virus VIH-1 (ARIA) : résultats à 48 semaines de d’une étude de non-infériorité de phase 3b, randomisée, ouverte

Cycle de réplication du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH)
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine
Le dolutegravir est un inhibiteur de transfert de brin de l’intégrase du virus de l’immunodéficience humaine ne nécessitant pas de réhaussement pharmacocinétique, qui est indiqué pour le traitement des infections par le VIH. Du fait que les femmes sont souvent sous-représentées dans les essais cliniques sur le VIH, nous nous sommes penchés sur l’innocuité et l’efficacité du dolutegravir chez les femmes atteintes par le VIH-1.

L’étude ARIA est une étude multicentrique de non-infériorité de phase 3b, randomisée, à groupes parallèles, ouverte, contrôlée par un médicament actif, effectuée dans 86 hôpitaux et cliniques universitaires de traitement des maladies infectieuses, cliniques de soins locales, et cliniques privées de soins des maladies infectieuses situés dans 12 pays et un territoire américain, en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Afrique, et Asie. Les participants éligibles étaient des femmes âgées de 18 ans ou plus, présentant une charge virale en ARN de VIH-1 de 500 copies par mL ou plus, avaient précédemment reçu un traitement antirétroviral, et avaient obtenu un résultat négatif aux tests de dépistage de l’allèle HLA-B*5701. Les femmes enceintes étaient exclues. Les femmes éligibles étaient réparties de manière aléatoire (1 1) pour recevoir soit comprimé unique de dolutegravir + abacavir et lamivudine une fois par jour (groupe dolutegravir), soit une combinaison de trois comprimés d’atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine une fois par jour (groupe atazanavir). La répartition aléatoire des sujets dans les groupes était stratifiée en fonction de la charge virale d’ARN de VIH-1 et en fonction des comptes de cellules CD4+ à la ligne de base. Le critère principal était la proportion de participants présentant une charge virale inférieure à 50 copies par mL à la semaine 48 chez tous les participants qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude (population en intention de traiter). Nous avons appliqué une marge de non-infériorité de -12%. Les investigateurs ont relevé les événements indésirables afin d’évaluer l’innocuité. (…).

Entre le 22 août 2013 et le 22 septembre 2015, sur 705 femmes évaluées, 499 ont été réparties de manière aléatoire pour rejoindre soit le groupe dolutegravir (n=250) soit le groupe atazanavir (n=249) ; deux participants de chaque groupe ont été randomisés pour recevoir son traitement attitré mais n’ont pas reçu de médicaments. À la semaine 48, 203 (82%) des 248 participants au groupe dolutegravir en comparaison des 176 (71%) des 247 participantes du groupe atazanavir présentaient des charges virales d’ARN de VIH-1 inférieures à 50 copies par mL (différence moyenne 10.5%, Intervalle de Confiance [IC] 3.1-17.8, p=0.005). (…). Les événements indésirables étaient similaires entre le groupes dolutegravir et atazanavir ; les plus communément rencontrés étant nausée (46 [19%]) sur 248 dans le groupe dolutegravir versus 49 [20%] sur 247 dans le groupe atazanavir) et cépahlée (28 [11%] versus 32 [13%]). Un nombre moins important de participants dans le groupe dolutegravir que dans le groupe atazanavir ont rendu compte d’événements indésirables liés aux médicaments (83 [33%] versus 121 [49%]) ou d’événements indésirables conduisant à une sortie d’étude (dix [4%] versus 17 [7%]). Un décès a été rapporté dans chaque groupe de traitement, mais aucun d’eux n’était lié aux médicaments à l’étude.

Une efficacité non-inférieure et un profil d’innocuité similaire du régime dolutegravir combiné en comparaison du traitement à base d’atazanavir soutiennent l’utilisation du dolutegravir pour le traitement des femmes atteintes d’une infection à VIH-1 chez les femmes n’ayant pas reçu de traitement au préalable. Dr Catherine Orrell, MBChB, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 17 juillet 2017

Financement : ViiV Healthcare

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

vendredi 23 septembre 2016

#thelancetgastroenterologyandhepatology #hépatiteB #HBeAg #tenofoviralafenamide #tenofovirdisoproxilfumarate Tenofovir alafenamide versus tenofovir disproxil fumarate pour le traitement de l’hépatite B chronique HBeAg-positive : un essai de non-infériorité de phase 3, randomisé en double-aveugle, de non-infériorité de phase 3

Virus de l'hépatite B.
Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Hepatitis_B_virus#/media/File:HBV.png
Le tenofovir alafenamide est un nouveau promédicament formulé pour distribuer plus efficacement le métabolite actif aux cellules cibles que le tenofovir disoproxil fumarate à une dose plus faible, réduisant ce faisant l’exposition systémique chez l’homme. Chez les patients atteints par le VIH, le tenofovir alafenamide s’est montré aussi efficace que le tenofovir disoproxil fumarate, avec des effets toxiques sur réduits au niveau de l’os et du rein. Nous avons comparé l’efficacité et l’innocuité des deux compositions sur les infections causées par le virus à hépatite B (VHB) dans une étude de non-infériorité.

Nous avons entrepris cette étude de non infériorité en double-aveugle toujours en cours à l’heure actuelle chez des patients en ambulatoire dans 161 centres dans 19 pays. Des patients, atteints d’infection à VHB chronique, positifs pour l’Antigène e (HBeAg positifs) étaient répartis de manière aléatoire (2:1) pour recevoir soit 25 mg de tenofovir alafenamide ou 300 mg tenofovir disoproxil fumarate avec le placebo correspondant. La randomisation a été effectuée par séquence générée par ordinateur (blocs de six) et stratifiée selon les concentrations plasmatiques en ADN de VHB et les traitements précédemment reçus. Le critère principal d’efficacité était la proportion de patients présentant une concentration plasmatique en ADN de VHB inférieure à 28 IU/mL à la semaine 48, chez tous les patients qui étaient répartis de manière aléatoire dans les groupes, à l’aide d’une approche par défaut. La marge préspécifiée de non-infériorité était de 10%. Les critères préspécifiés de sécurité de l’essai étaient évalués par les effets observés au niveau de l’os et du rein à la semaine 48.

Sur les 1 473 patients dépistés du 11 septembre 2013 au 20 décembre 2014, 875 patients éligibles étaient répartis de manière aléatoire dans les groupes et 873 ont reçu un traitement (581 avec tenofovir alafenamide et 292 avec tenofovir disoproxil fumarate). 371 (64%) des patients recevant le tenofovir alafenamide présentaient une concentration d’ADN de VHB inférieure à 29 IU/mL à la semaine 48, résultat non-inférieur au résultat obtenu par les 195 (67%) des patients recevant le tenofovir disoproxil fumarate - qui de fait, présentaient une concentration plasmatique en ADN de VHB inférieure à 29 IU/mL (différence ajustée -3.6% [Intervalle de Confiance -IC- 95% de -9.8 à 2.6] ; p=0.25). Les patients recevant tenofovir alafenamide présentaient une plus faible diminution en densité minérale osseuse au niveau de la hanche (changement moyen -0.10% [IC 95% de -0.29 à -0.09] versus -1.72% [de -2.02 à -1.41] ; différence ajustée 1.62 [de 1.27 à 1.96] ; p<0.0001) et au niveau de la colonne vertébrale (changement moyen -0.42% [de -0.66 à -0.17] versus -2.29% [de -2.67 à -1.92] ; différence ajustée 1.88 [de 1.44 à 2.31] ; p<0.0001) de même qu’une moindre augmentation moyenne en sérum créatinine à la semaine 48 (0.01 mg/dL [de 0.00 à 0.02] versus 0.03 mg/dL [de 0.02 à 0.04] ; p=0.02).
Les évènements indésirables les plus fréquemment rencontrés dans les deux groupes de traitements étaient infections du tractus respiratoire supérieur (…), nasopharyngite (…), et maux de tête. Des évènements indésirables graves ont été relevés dans les deux groupes traitements ; aucun toutefois n’était lié au médicament à l’étude, selon l’investigateur.
Des anomalies de laboratoire de grade 3 et de grade 4 ont été relevées ; les plus communes étaient des niveaux élevés de ALAT et de ASAT (…)

Chez les patients atteints d’infection par le VHB HBeAg postifs, le tenofovir alafenamide était non-inférieur au tenofovir disoproxil fumarate, et a présenté une amélioration concernant les effets sur l’os et sur le rein. Un suivi de plus longue durée est nécessaire afin de mieux comprendre l’impact clinique de ces changements. Prof Henry L Y Chan, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatogy, publication en ligne en avant-première, 22 septembre 2016

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ     

mardi 15 mars 2016

#thelancethiv #VIH-1 #emtricitabine #tenofoviralafenamide #tenofovirdisoproxilfumarate Efficacité et innocuité du tenofovir alafenamide versus tenofovir disoproxil fumarate administrés en association fixe contenant de l’emtricitabine comme épine dorsale du traitement d’une infection VIH-1 chez des adultes virologiquement supprimés : essai de phase 3, randomisé en double-aveugle et contrôlé par médicament actif

Lymphocytes infectés par le VIH-1. Les particules virales (en jaune) bourgeonnent à la surface d'une cellule infectée. Image réalisée en microscopie électronique à balayage. Olivier Shwartz / Ultrapole Institut Pasteur 
L’emtricitabine combiné au tenofovir disoproxil fumarate représente la norme de soins de l’épine dorsale du traitement par l’inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse (NRTI). Cependant, l’action du tenofovir disoproxil fumarate est associée à des effets toxiques au niveau rénal et osseux ; le nouveau promédicament tenofovir alafenamide atteint, pour sa part, des concentrations plasmatiques en tenofovir diminuées de 90%. Notre but était d’étudier plus avant l’innocuité et l’efficacité d’une association fixe emtricitabine – tenofovir alafenamide chez des patients précédemment sous emtricitabine – tenofovir disoproxil fumarate.

Dans cet essai multicentrique de phase 3 contrôlé en double - aveugle, nous avons recruté des patients virologiquement supprimés (concentration en ARN du VIH < 50 copies par mL), âgés de 18 ans et plus, recevant des régimes de traitement emtricitabine - tenofovir disoproxil fumarate combinés à dose fixe dans 78 sites en Amérique du Nord et Europe. Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour passer à un traitement à dose fixe emtricitabine 200 mg - tenofovir 10 mg ou 25 mg - ou de continuer le traitement emtricitabine 200 mg - tenofovir disoproxil fumarate 200 mg ou 300 mg, en conservant le même troisième agent pendant 96 semaines. La randomisation a été effectuée à l’aide d’une séquence d’allocation de traitement générée par ordinateur et stratifiée par le troisième agent (inhibiteur des protéases réhaussé versus autre agent). Ni les investigateurs, ni les patients, ni le personnel de l’étude distribuant les traitements, relevant les résultats et collectant les données n’avaient accès au tableau de randomisation. Le résultat principal était la proportion de patients présentant une concentration en ARN du VIH-1 inférieure à 50 copies par mL à la semaine 48 comme défini par un algorithme d’instantané de la Food and Drug administration des États-Unis, avec marge de non - infériorité préspécifiée de 10%. Le critère principal d’efficacité était analysé per-protocole, alors que l’analyse d’innocuité a inclus tous les patients assignés aux traitements de manière aléatoire ayant reçu au moins une dose du médicament à l’étude. (…).

Nous avons recruté les patients entre entre le 6 mai 2011 et le 11 septembre 2014 ; 780 ont été dépistés et 668 ont été répartis pour revoir tenofovir alafenamide (n=333) ou tenofovir disoproxil fumarate (n=330). Jusqu’à la semaine 48 le succès virologique (concentration en ARN de VIH-1 < 50 copies par mL) était maintenu chez 314 (94%) des patients du groupe tenofovir alafenamide en comparaison des 307 (93%) des patients du groupe tenofovir disoproxil fumarate (différence 1.3%, Intervalle de Confiance -IC- 95% de -2.5 à 5.1), montrant la non-infériorité du tenofovir alafenamide en comparaison du tenofovir disproxil fumarate. Sept patients du groupe tenofovir alafenamide (2%) et trois (1%) du groupe tenofovir disoproxil fumarate ont quitté l’essai du fait d’évènements indésirables. Aucun cas de tubulopathie rénale n’a été noté dans l’un ou l’autre groupe de patients.

Chez les patients passant d’un traitement emtricitabine - tenofovir disoproxil fumarate à un traitement emtricitabine - tenofovir alafenamide, les taux élevés de suppression virale étaient maintenus. Avec ses avantages en matière d’innocuité, une dose fixe d’emtricitabine – tenofovir alafenamide a le potentiel de devenir une épine dorsale NRTI importante. Joel E Gallant, MD, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 14 mars 2016

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 3 novembre 2015

#thelancetinfectiousdiseases #VIH-1 #tenofovirdisoproxilfumarate #tenofoviralafenamide Remplacement du tenofovir disoproxil fumarate par le tenofovir alafenamide dans des régimes antirétroviraux chez des adultes virologiquement supprimés atteints d’infection par le VIH-1 : étude multicentrique de non-infériorité de phase 3 randomisée en ouvert, avec contrôle par agent actif

Schéma du VIH
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine#/media/File:HI-Virion-fr.svg
Les régimes antirétroviraux comprenant du tenofovir disoproxil fumarate sont souvent associés à des effets secondaires comme la toxicité rénale et la réduction de la densité minérale osseuse. Le tenofovir alafenamide est un nouveau promédicament qui réduit de 90% les concentrations plasmatiques en tenofovir, réduisant ce faisant les effets secondaires non ciblés. Notre but était d’étudier si l’efficacité, la sécurité et la tolérance étaient non-inférieures chez les patients passant d’un régime de traitement comprenant du tenfovir alafenamide versus les patients restant sur le régime de traitement comprenant du tenofovir disoproxil fumarate.

Dans cette étude multicentrique de non-infériorité, randomisée en ouvert  avec contrôle par agent actif, nous avons recruté des adultes atteints d’infection par le VIH-1 participant à des études cliniques Gilead dans 168 sites situés dans 19 pays. Les patients étaient virologiquement supprimés (ARN de VIH-1 < 50 copies par mL), avec un taux estimé de filtration glomérulaire de 50 mL par minute ou plus, et qui étaient sous un des quatre traitements comprenant du tenofovir disoproxil fumarate pendant au moins 96 semaines avant le recrutement. À l’aide d’une séquence de randomisation générée par ordinateur sous contrôle d’un tiers, les patients ont été répartis (2:1) de manière aléatoire pour recevoir quotidiennement un comprimé unique contenant elvitegravir (150 mg), cobicistat (150 mg), emtricitabine (200mg), et tenofovir alafenamide (10 mg) [groupe tenofovir alafenamide] ou pour continuer la prise quotidienne de l’un des quatre traitements précédent, comprenant tenofovir disoproxil fumarate [groupe tenofovir disoproxil fumarate] pendant 96 semaines. La randomisation était stratifiée en fonction du traitement précédemment poursuivi par blocs de six. À la fois les patients et les médecins traitants avaient accès au tableau de distribution des traitements ; en revanche, le personnel chargé de l’évaluation des résultats n’avait accès au tableau de randomisation qu’au verrouillage de la base de données. Le critère principal d’évaluation était la proportion de patients présentant une charge virale indétectable (ARN de VIH-1 < 50 copies par mL), et qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude à la semaine 48. La marge de non-infériorité était fixée à 12%. (…).

Entre le 12 avril 2013 et le 3 avril 2014, nous avons recruté 1 443 patients. 959 patients ont été assignés de manière aléatoire au groupe de traitement tenofovir alafenamide et 477 au groupe de traitement tenofovir disoproxil fumarate. Une suppression virale à la semaine 48 a été notée chez 932 (97%) patients assignés au groupe tenofovir alafenamide et chez 444 (93%) patients assignés au groupe tenofovir disoproxil fumarate (différence rajustée : 4.1%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 1.6-6.7), avec échec du traitement sur le plan virologique chez dix et six patients, respectivement. Le nombre d’évènements indésirables était similaire entre les deux groupes, mais les évènements indésirables liés au médicament à l’étude étaient plus communément rencontrés chez les patients du groupe tenofovir alafenamide (204 patients [21%] versus 76 [16%]). La densité minérale osseuse de la hanche et de la colonne vertébrale, ainsi que la filtration glomérulaire, étaient significativement améliorées chez les patients du groupe tenofovir alafenamide, en comparaison des patients du groupe tenofovir disoproxil fumarate.  

Le passage à un traitement comprenant tenofovir fumarate en remplacement d’un traitement comprenant tenofovir disoproxil fumarate n’était pas inférieur pour le maintien d’une suppression virale, et a conduit à une amélioration de la densité minérale osseuse et de la fonction rénale. Un suivi à plus long terme est nécessaire à une meilleure compréhension de l’impact clinique de ces changements. Anthony Mills, MD, et al, dans The Lancet infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 1er novembre 2015

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ