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mardi 18 juillet 2017

#thelancethiv #femmes #VIH1 #dolutegravir #abacavir #lamivudine #atazavavir #ritonavir #tenofovirdisoproxilfumarate #emtricitabine Combinaison à dose fixe de dolutegravir, abacavir, et lamivudine versus atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine chez des femmes non précédemment traitées atteintes d’infections par le virus VIH-1 (ARIA) : résultats à 48 semaines de d’une étude de non-infériorité de phase 3b, randomisée, ouverte

Cycle de réplication du Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH)
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27immunod%C3%A9ficience_humaine
Le dolutegravir est un inhibiteur de transfert de brin de l’intégrase du virus de l’immunodéficience humaine ne nécessitant pas de réhaussement pharmacocinétique, qui est indiqué pour le traitement des infections par le VIH. Du fait que les femmes sont souvent sous-représentées dans les essais cliniques sur le VIH, nous nous sommes penchés sur l’innocuité et l’efficacité du dolutegravir chez les femmes atteintes par le VIH-1.

L’étude ARIA est une étude multicentrique de non-infériorité de phase 3b, randomisée, à groupes parallèles, ouverte, contrôlée par un médicament actif, effectuée dans 86 hôpitaux et cliniques universitaires de traitement des maladies infectieuses, cliniques de soins locales, et cliniques privées de soins des maladies infectieuses situés dans 12 pays et un territoire américain, en Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Afrique, et Asie. Les participants éligibles étaient des femmes âgées de 18 ans ou plus, présentant une charge virale en ARN de VIH-1 de 500 copies par mL ou plus, avaient précédemment reçu un traitement antirétroviral, et avaient obtenu un résultat négatif aux tests de dépistage de l’allèle HLA-B*5701. Les femmes enceintes étaient exclues. Les femmes éligibles étaient réparties de manière aléatoire (1 1) pour recevoir soit comprimé unique de dolutegravir + abacavir et lamivudine une fois par jour (groupe dolutegravir), soit une combinaison de trois comprimés d’atazanavir réhaussé par le ritonavir + tenofovir disoproxil fumarate et emtricitabine une fois par jour (groupe atazanavir). La répartition aléatoire des sujets dans les groupes était stratifiée en fonction de la charge virale d’ARN de VIH-1 et en fonction des comptes de cellules CD4+ à la ligne de base. Le critère principal était la proportion de participants présentant une charge virale inférieure à 50 copies par mL à la semaine 48 chez tous les participants qui avaient reçu au moins une dose du médicament à l’étude (population en intention de traiter). Nous avons appliqué une marge de non-infériorité de -12%. Les investigateurs ont relevé les événements indésirables afin d’évaluer l’innocuité. (…).

Entre le 22 août 2013 et le 22 septembre 2015, sur 705 femmes évaluées, 499 ont été réparties de manière aléatoire pour rejoindre soit le groupe dolutegravir (n=250) soit le groupe atazanavir (n=249) ; deux participants de chaque groupe ont été randomisés pour recevoir son traitement attitré mais n’ont pas reçu de médicaments. À la semaine 48, 203 (82%) des 248 participants au groupe dolutegravir en comparaison des 176 (71%) des 247 participantes du groupe atazanavir présentaient des charges virales d’ARN de VIH-1 inférieures à 50 copies par mL (différence moyenne 10.5%, Intervalle de Confiance [IC] 3.1-17.8, p=0.005). (…). Les événements indésirables étaient similaires entre le groupes dolutegravir et atazanavir ; les plus communément rencontrés étant nausée (46 [19%]) sur 248 dans le groupe dolutegravir versus 49 [20%] sur 247 dans le groupe atazanavir) et cépahlée (28 [11%] versus 32 [13%]). Un nombre moins important de participants dans le groupe dolutegravir que dans le groupe atazanavir ont rendu compte d’événements indésirables liés aux médicaments (83 [33%] versus 121 [49%]) ou d’événements indésirables conduisant à une sortie d’étude (dix [4%] versus 17 [7%]). Un décès a été rapporté dans chaque groupe de traitement, mais aucun d’eux n’était lié aux médicaments à l’étude.

Une efficacité non-inférieure et un profil d’innocuité similaire du régime dolutegravir combiné en comparaison du traitement à base d’atazanavir soutiennent l’utilisation du dolutegravir pour le traitement des femmes atteintes d’une infection à VIH-1 chez les femmes n’ayant pas reçu de traitement au préalable. Dr Catherine Orrell, MBChB, et al, dans The Lancet HIV, publication en ligne en avant-première, 17 juillet 2017

Financement : ViiV Healthcare

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

lundi 8 juin 2015

#thelancetinfectiousdiseases #VIH #VIH-1 #atazanavir #ritonavir #lamivudine #nucléoside #nucléotide Double traitement avec atazanavir-ritonavir plus lamivudine versus triple traitement avec atazanavir-ritonavir plus deux nucléos(t)ides chez des patients virologiquement stables atteints par le VIH-1

Particules virales du virus de l'immunodéficience humaine (VIH)
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/vih-et-sida
Les problèmes communément associés à toute thérapie antirétrovirale devant être poursuivie pendant toute la vie, comme par exemple le besoin d’une stricte observance, les effets toxiques reliés, les difficultés liées au calendrier de prise des traitements, le coût ; signifient qu’une simplification des stratégies devrait être recherchée. Notre but était d’explorer l’efficacité et la sécurité d’un traitement double avec atazanavir – ritonavir plus lamivudine comme option de changement de traitement - à la place d’une triple thérapie antirétrovirale standard - chez des patients atteints d’infection VIH-1 virologiquement supprimés.

Pour cet essai de non-infériorité randomisé, ouvert, nous avons recruté des patients âgés de 18 ans et plus dans 30 hôpitaux situés en Espagne, atteints d’infection VIH-1 chronique et n’ayant montré ni résistance ou ni échec préalables aux traitements, présentant un titre de d’ARN du VIH-1 inférieur à 50 copies par mL depuis au moins 6 mois, négatifs pour ce qui est des antigènes de surface du virus de l’hépatite B, et affichant par ailleurs une bonne santé générale. Les critères d’exclusion étaient les suivants : changement de thérapie antirétrovirale au cours des 4 derniers mois, échec virologique préalable, grossesse ou allaitement, syndrome de Gilbert, absorption de médicaments contrindiqués, anomalies de laboratoire de grade 4, et intolérance préalable aux médicaments à l’étude.
Nous avons réparti les patients de manière aléatoire (1:1 ; stratifiés selon le statut d’infection au virus de l’hépatite C et traitement préalable, à l’aide d’une séquence de nombres aléatoires générée par ordinateur) à un traitement double avec atazanavir per os (300 mg une fois par jour) et ritonavir (300 mg une fois par jour) plus lamivudine (300 mg par jour) ou traitement triple avec atazanavir per os (300 mg une fois par jour) et ritonavir (100 mg par jour) plus deux inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse, au choix des investigateurs.
Le critère principal était la réponse virologique, définie par un titre d’ARN de VIH-1 inférieur à 50 copies par mL à la semaine 48 dans la population per-protocole, avec une marge de non-infériorité de 12%. Nous avons inclus les patients qui recevaient au moins une dose du médicament à l’étude dans l’analyse de sécurité. (…).

Entre le 29 septembre 2011 et le 2 mai 2013, nous avons réparti 286 patients (143 [50%] dans chaque groupe). À la semaine 48 dans la population per protocole, 112 (84%) des 133 patients ont montré une réponse virologique dans le groupe traitement double versus 105 (78%) sur 135 dans le groupe traitement triple (différence 6% Intervalle de Confiance [IC] 95% de -5 à 16%), montrant ainsi une non-infériorité au niveau précisé au départ. 14 (5%) patients ont présenté des événements indésirables (traitement double : six [4%] ; traitement triple huit [6%]) ; aucun de ces événements n’a été imputé aux médicaments à l’étude. Les événements indésirables de grade 3-4 étaient similaires entre les groupes (traitement double : 77 [55%] sur 140 ; triple traitement 78 [55%] sur 141). Les interruptions de traitement (sortie d’étude) étaient moins nombreuses dans le groupe traitement double (trois [2%]) que dans le groupe traitement triple (dix [7%] ; p=0.047).

Dans notre essai, le traitement double s’est révélé efficace, sûr, et non – inférieur au traitement triple chez les patients atteints d’infection VIH-1 virologiquement supprimés qui changent de thérapie antirétrovirale du fait d’effets toxiques, d’intolérance, ou de simplification. Cette combinaison a le potentiel de supprimer certains des effets toxiques à long terme associés aux inhibiteurs nucléosidiques et/ou nucléotidiques de la transcriptase inverse, de préserver du futures options de traitement, et de réduire les coûts de la thérapie antirétrovirale. José A Perez-Molina, PhD et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 7 juin 2015

Financement : Bristol Myers-Squibb et Fundación SEIMC-GESIDA.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ