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mercredi 23 septembre 2015

#thelancetpsychiatry #suicide #comportementsuicidaire Interventions visant à réduire les suicides en zone de pic de probabilité suicidaire : revue systématique et méta-analyse

Source: http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/02/07/la-hausse-des-suicides-lies-a-la-crise-une-realite-ignoree_1639939_3224.html#
Plusieurs interventions ont été mises en place pour tenter de prévenir les suicides en zone de pic de probabilité suicidaire, mais l’évidence de leur efficacité nécessite d’être étayée.

Nous avons effectué une recherche systématique d'études d'intervention dans les bases de données Medline, PsyclINFO, et Scopus, effectuées en combinaison ou de façon isolée, afin de prévenir les suicides en zone de pic de probabilité suicidaire. Nous avons effectué une méta-analyse afin d’évaluer les effets d’interventions restreignant l’accès au moyens, encourageant la demande d’une aide, ou augmenter la probabilité d’intervention d’un tiers.

Nous avons identifié 23 articles représentant 18 études distinctes. Après mise à l’écart d’une étude aberrante, les interventions restreignant l’accès aux moyens étaient associées à une réduction du nombre de suicides par an (ratio du taux d’incidence 0.09, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.03-0.27 ; p<0.0001), de même que les interventions visant à encourager la demande d’une aide (0.49, IC 95% 0.31-0.89 ; p=0.0155). Lorsque nous avons inclus uniquement les études évaluant l’effet d’interventions spécifiques, la restriction de l’accès aux moyens était associé à une réduction du risque de suicide (0.07, IC 95% 0.02-0.19 ; p<0.0001), de même que l’encouragement à demander une aide (0.39, IC 95% 0.19-0.80 ; p=0.0101) ; aucune étude n’a évalué l’effet de la seule intervention d’un tiers. 

Les approches clé actuellement utilisées comme interventions en zone de pic de probabilité suicidaire semblent être efficaces. La priorité devrait être donnée à l’implantation continue d’évaluations des initiatives visant les cas à très forte probabilité de comportement suicidaire, visant non seulement à prévenir la répétition de ces événements, mais aussi parce que les effets que les événements suicidaires peuvent provoquer chez les proches des personnes concernées (…). Prof Jane Pirkis, PhD, et al, dans The Lancet Psychiatry, publication en ligne en avant-première, 22 septembre 2015

Financement : Conseil National pour la Recherche Médicale et Sanitaire, Département de la Santé du Commonwealth

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ   

lundi 16 décembre 2013

Suicide et automutilation dans les prisons en Angleterre et au Pays de Galles : étude épidémiologique de prévalence, facteurs de risques et leurs combinaisons, et conséquences en matière de prévalence des suicides

Des soldats devant la prison de Moldovanovka au Kirghizistan; où un millier de prisonniers se sont cousus les lèvres, en 2006. (Pratique d'automutilation).
Source iconographique et légendaire: http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2012/01/24/au-kirghizistan-un-millier-de-prisonniers-se-cousent-les-levres_1633954_3216.html
L’automutilation et le suicide sont des phénomènes fréquents chez les prisonniers, toutefois, des données exhaustives concernant les personnes à risque manquent encore à l’heure actuelle. De plus, la compréhension de la fréquence du geste suicidaire suivant l’automutilation proprement dite - et c’est important pour la compréhension du phénomène - et quelles catégories de prisonniers montrent le plus de probabilité d’occurrence, restent à définir. Nous avons effectué une étude de cas-témoin rassemblant tous les prisonniers incarcérés en Angleterre et au Pays de Galles; afin de définir la prévalence du geste d’automutilation dans cette population, les facteurs de risque associés, et les risques de suicide suivant le geste d’automutilation.


L’ensemble des données d’incidents d’automutilation consignés de toutes les prisons d’Angleterre et du Pays de Galles ont été systématiquement rassemblées entre janvier 2004 et décembre 2009. Nous avons effectué des études cas-témoin comportant des groupes de comparaison, sur les prisonniers ayant fait montre d’automutilation et sur les prisonniers  n’ayant pas montré de geste d’automutilation, entre janvier 2006 et décembre 2009. Nous avons aussi analysé plus en détail les personnes s’étant automutilées de manière plus spécifique, à l’aide d’une approche Bayésienne. Le groupe de prisonniers automutilés, morts en prison par suicide par la suite a été comparé au groupe des détenus automutilés n’ayant pas succombé en prison par la suite.

139 195 incidents d’automutilation ont été enregistrés chez 26 510 prisonniers différents entre 2004 et 2009 ; 5-6% des prisonniers de sexe masculin et 20-24% des prisonnières de sexe féminin se sont automutilées chaque année. Les taux d’automutilation se sont montrés dix fois supérieurs chez les prisonnières que chez leurs collègues prisonniers.  La répétition de l’acte d’automutilation s’est révélée fréquent, particulièrement chez les femmes et les adolescentes, chez lesquelles il a été comptabilisé 17 307 épisodes d’automutilation sur sous-groupe de 102 prisonnières. À la fois chez les hommes et les femmes, la fréquence d’automutilation était corrélée avec l’âge – actes plus fréquents chez les jeunes -, une origine caucasienne, le type de prison, la condamnation à vie, l’attente du jugement ; par ailleurs, chez les femmes, l’acte de violence perpétré contre un tiers a été également pris en compte dans l’évaluation. De substantielles évidences d’effet groupé en termes de moment d’occurrence des actes localisation des prisonniers automutilés (corrélation intra-classe de prisonniers ajustée 0.15, Intervalle de Confiance – IC – 95% 0.11 – 0.18). 109 suicides suite à automutilation ont été rapportés ; le risque de suicide se révélant supérieur de fait chez les prisonniers automutilés que dans la population carcérale générale, plus de la moitié des morts survenant dans le mois suivant l’acte d’automutilation. Les facteurs de risque de suicide après automutilation chez les prisonniers masculins étaient l’âge et un épisode précédent d’automutilation (…) ; et, chez les prisonnières féminines, un historique de plus de cinq incidents d’automutilation dans l’année étant associé à un suicide survenant par la suite.

Le fardeau que représente le phénomène d’automutilation dans la population carcérale est important, particulièrement chez les femmes. L’automutilation en prison est fréquemment suivie d’un suicide dans ce cadre. La prévention contre le geste d’automutilation chez les prisonnières et les prisonniers représente une composante essentielle pour la prévention des suicides dans les prisons. Prof Keith Hawton FMedSci et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant – première, 16 décembre 2013

Financement : Wellcome Trust, National Institute of Health Research, National Offender Management Service, and Department of Health.


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

jeudi 2 février 2012

Mise en oeuvre d'un service de recommandations en matière de santé mentale en Angleterre et au Pays de Galles et taux de suicide: études d'observation transversale et "avant-et-après"

Le suicide constitue un problème majeur de santé publique. (...). Il concerne toutes les catégories d'âge et les deux sexes. Source: http://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/dossiers-d-information/suicide-autopsie-psychologique-et-prevention
La recherche en matière d'efficacité des prestations de santé mentale dans la prévention des suicides est rare. Notre but était de d'examiner l'adoption de recommandations clef en matière de santé mentale sur la durée et d'étudier l'association entre la mise en oeuvre desdites recommandations et les taux de suicide.

Nous avons effectué une étude transversale et une analyse "avant-et-après" de données nationales relatives au suicide en Angleterre et au Pays de Galles. Nous avons collecté des données concernant des personnes décédées par suicide entre 1997 et 2006, qui étaient en contact avec les services de santé mentale dans les 12 mois précédent le décès. Ces données ont été obtenues du "National Confidential Inquiry into Suicide and Homicide by People with Mental Illness" (Service d'Enquête Nationale et Confidentielle en Matière de Suicide et d'Homicide chez les personnes atteintes de Maladies Mentales). Quand les données du dénominateur (données statistiques concernant les admissions de patients) étaient manquantes, nous avons exploité les informations émanant de la base de données "Mental Health Minimum Data Set" (MHMDS). Nous y avons comparé les taux de suicide dans les services ayant adopté la plupart des recommandations avec les taux observés dans les services ayant adopté une petite partie des recommandations. Nous avons stratifié les résultats selon le niveau de carences socio-économiques et la taille (capacité d'accueil et de prise en charge) des fournisseurs de services d'aide à la santé mentale.

Le nombre moyen de recommandations adoptées a augmenté, passant de 0.3 par service en 1998 à 7,2 en 2006. L'implémentation des recommandations était associé à un taux de suicide plus bas, selon les analyses transversales et "avant-et-après". Les prestations apportées dans les 24 h en cas de crise étaient associées à la baisse la plus importante des taux de suicide: de 11,44 pour 10000 patients par an avant à 9,32 après (p<0,0001). Les politiques locales adoptées chez les patients à double diagnostic (10,55 avant versus 9,61 après; p=0,0007) et la pratique de l'étude multidisciplinaire des cas après suicide (11,59 avant versus 10,48 après; p<0,0001) était aussi associés à des taux en diminution. Les services qui n'ont pas adopté les recommandations ont montré une très faible diminution des suicides. Les diminutions les plus fortes ont été observées dans les services des zones les plus défavoriées (...).

Nos résultats suggèrent que certains aspects de la prestation de services en matière de santé mentale peut avoir un effet sur les taux de suicide dans le populations suivies cliniquement. Des recherches sur les relations entre les intiatives nouvelles et la prévalence des suicides pourrait être utiles pour les futures campagnes de prévention du suicide, et améliorer la sécurité des patients recevant des soins de santé mentale. David While PhD et al, in The Lancet, Early Online Publication, 2 February 2012

Source: http://www.thelancet.com/ / Traduction et adaptation: NZ