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lundi 22 août 2016

#thelancet #fracturedelacolonnevertébrale #vertébroplastie Sécurité et efficacité d’une vertébroplastie pour le traitement de fractures aigües douloureuses dues à l’ostéoporose (VAPOUR) : étude multicentrique randomisée en double aveugle et contrôlée par placebo

La vertébroplastie est une technique interventionnelle qui consiste à injecter dans une vertèbre une résine qui se transforme en ciment, pour la consolider.
Nous avions émis l’hypothèse selon laquelle la vertébroplastie provoque un effet analgésique efficace chez des patients atteints de fractures de la colonne vertébrale dues à l’ostéoporose survenues depuis moins de 6 semaines, accompagnées de douleur mal contrôlée. L’efficacité d’une vertébroplastie, utilisant une technique adéquate d’injection osseuse vertébrale pour la réduction de fractures datant de 6 semaines au plus n’a pas encore étudiée de manière spécifique dans les essais effectués en aveugle précédemment publiés.

Il s’agissait d’une étude multicentrique, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo avec pour objet la vertébroplastie, effectuée dans quatre hôpitaux situés à Sidney, Australie. Nous avons recruté des patients atteints d’une ou de deux fractures vertébrales due à l’ostéoporose datant de 6 semaines au plus, et dont le niveau de douleur lombaire était au moins égal à 7 selon l’échelle d’évaluation comportant 10 niveaux de perception de la douleur. Nous avons utilisé un service de randomisation automatique par téléphone fourni par le Conseil national pour la santé et la recherche médicale pour la répartition aléatoire des patients (1:1 ; stratifiés en fonction de l’âge, du degré de compression vertébrale, du niveau de traumatisme subi, de l’utilisation de corticoïdes, et de l’hôpital d’accueil) soit dans le groupe subissant une vertébroplastie, soit dans le groupe placebo, et cela juste avant la procédure. Les patients étaient placés sous sédation consciente. La vertébroplastie était effectuée à l’aide de la technique d’injection osseuse adéquate et la procédure placebo était une vertébroplastie simulée. Les patients étaient suivis au cours des 6 mois suivant la procédure. Le critère principal d’évaluation était la proportion de patients dont le niveau de douleur se situait au-dessous de 4 sur - sur l’échelle comportant 10 niveaux de douleur - à 14 jours suivant l’intervention, dans la population en intention de traiter. (…).

Entre le 4 novembre 2011 et le 5 décembre 2014, 120 patients ont été recrutés. 61 patient ont été aléatoirement désignés pour subir une vertébroplastie et 59 pour subir la procédure placebo. 24 (44%) patients du groupe vertébroplastie et 12 (21%) du groupe placebo présentaient un score de douleur inférieur à 4 -sur une échelle comportant 10 niveaux de douleur- (différence intergroupe : 23 points de pourcentage, Intervalle de Confiance [IC] 95% 6-39 ; p=0.011).  Trois patients dans chaque groupe sont décédés de causes indépendantes de la procédure de traitement. Deux événements indésirables graves sont survenus dans chaque groupe, liés à la procédure de traitement (groupe vertébroplastie) et à la fracture (groupe de contrôle).

La vertébroplastie est supérieure à l’intervention placebo pour réduire la douleur chez des patients atteints de fracture vertébrale aigüe due à l’ostéoporose datant de moins de 6 semaines. Ces résultats permettront aux patients atteints de douleurs de fracture aigües de disposer d’un moyen additionnel de gestion de la douleur dont l’efficacité est prouvée. Dr William Clark, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 17 août 2016

Financement : Bourse d’étude CareFusion


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 20 octobre 2015

#thelancetneurology #maladiedeparkinson #douleur #oxycodone-naloxone Oxycodone-naloxone à libération prolongée comme traitement de la douleur sévère chez les patients atteints par la maladie de Parkinson (PANDA) : étude randomisée en double – aveugle, contrôlée par placebo

Les troubles moteurs sont souvent à l'avant-plan de la maladie de Parkinson. Cependant plus de la moitié des patients vont également se plaindre de douleurs. (...).
Source iconographique et légendaire: http://fr.medipedia.be/parkinson/news_parkinson-douleur_368
La douleur est un symptôme non-moteur fréquent dans la maladie de Parkinson. Nous avons étudié l’efficacité analgésique d’un traitement par oxycodone – naloxone (OXN PR) à libération prolongée chez des patients atteints par la maladie de Parkinson accompagnée de douleurs chroniques et sévères.

Nous avons effectué cette étude de phase 2 dans 47 centres de soins secondaires en République Tchèque, Allemagne, Hongrie, Pologne, Roumanie, Espagne, et au Royaume – Uni. Nous avons recruté des patients atteints par la maladie de Parkinson (de stade II à IV sur l’échelle de Hoehn et Yahr), accompagnée de d’au moins un type de douleur sévère avec un score de douleur sur 24 h d’au moins 6 (évalué sur une échelle de 0 à 10 : 0 = pas de douleur à 10 = douleur la plus intense que l’on puisse imaginer). Les participants ont été répartis de manière aléatoire (1:1) par blocs de quatre à l’aide d’un système automatisé validé, pour recevoir soit OXN PR per os ou le placebo pendant pendant 16 semaines (dose d’oxycodone : 5 mg et de naloxone : 2.5 mg au départ, deux fois par jour). Ni les patients ni les investigateurs n’avaient accès au tableau de randomisation. Le critère principal d’évaluation était le score moyen de douleur sur 24 h à 16 semaines, analysé sur la population totale de patients. (…).

Nous avons recruté 202 patients ; 93 ont été assignés pour recevoir OXN PR et 109 pour recevoir le placebo ; l’analyse de la population totale a été réalisée sur 88 patients versus 106 patients. L’estimation moyenne des moindres carrés  du score moyen de douleur sur 24 h à 16 semaines sur la population totale analysée était de 5.0 (Intervalle de Confiance [IC] 95% de 4.5 à 5.5) dans le groupe OXN PR versus 5.6 (de 5.1 à 6.0) dans le groupe placebo (différence : -0.6, IC 95% de -1.3 à 0.0 ; p=0.058). Une proportion similaire de patients dans chaque groupe a présenté des évènements indésirables (60/92 [65%] versus 76/109 [70%]), évènements indésirables liés au traitement (52/92 [57%] versus 62/109 [57%]), et évènements indésirables graves (5/92 [5%] versus 7/109 [6%]). Les nausées dues au traitement étaient plus fréquentes dans le groupe OXN PR que dans le groupe placebo (16/92 [17%] versus 10/109 [9%]), de même que la constipation (16-92 [17%] versus 6/109 [6%]).

Le critère principal d’évaluation, analysé sur la population totale à la semaine 16, n’était pas significatif. Toutefois, les résultats de cette étude mettent en lumière l’efficacité potentielle de OXN PR chez les patients souffrant de douleurs liées à la maladie de Parkinson et pourrait justifier de futures recherches dans ce contexte.  Prof Claudia Trenkwalder, MD, et al, dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant-première, 19 octobre 2015

Financement : Mundipharma Research

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 20 novembre 2014

#endométriose #inflammation #douleur #fibresnerveuses Inflammation et interactions des fibres nerveuses dans les douleurs de l’endomètre

Col utérin présentant des lésions d'endométriose.
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/biologie-cellulaire-developpement-et-evolution/dossiers-d-information/endometriose
L’endométriose est une maladie fréquente, dépendant des œstrogènes, caractérisée par la croissance de tissu ectopique endométriosique hors de la cavité utérine, et souvent accompagnée de violentes douleurs. Bien que la relation entre les lésions et les douleurs reste incomprise, les fibres nerveuses à proximité des lésions endométriosiques pourraient être à l’origine desdites douleurs. Aussi, les femmes se plaignant de douleurs endométriosiques développent une sensibilisation centrale. L’endométriose créé un environnement inflammatoire, et la recherche récente commence à élucider le rôle de l’inflammation dans la stimulation nerveuse périphérique. Dans cette revue de littérature, nous discutons et étudions les mécanismes potentiels présidant aux relations fonctionnelles entre inflammation liée à l’endométriose et fibres nerveuses. Nous proposons qu’une interaction entre lésions et fibres nerveuses, médiée par l’inflammation, puisse représenter une donnée importante dans la douleur associée à l’endométriose. Brett D. McKinnon et al, dans Trends in Endocrinology and Metabolism – 990, publication en ligne en avant – première, 19 novembre 2014

Source : Science Direct / Traduction et adaptation : NZ  

jeudi 26 septembre 2013

Pharmacothérapie combinée pour la gestion de la douleur chronique: du laboratoire au chevet du patient

Neurotranmetteurs de la nociception. "Véritable enjeu de santé publique, la douleur motive près des deux tiers des consultations médicales". © Photolia
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/la-douleur
  
La douleur chronique, problème fréquemment négligé, se traite avec différente classes de médicaments. Les agents actuels agissant contre la douleur sont limités : leur efficacité souvent incomplète ne peut être améliorée par un dosage plus élevé des médicaments, du fait effets indésirables limitant les doses administrables. Les mécanismes multiples impliqués dans la douleur relèvent à la fois de la transmission de la nociception et de sa modulation. Donc, les interventions médicamenteuses combinées, agissant en synergie pourraient fournir de meilleurs effets analgésiques et moins d’effets indésirables que la monothérapie ; par le ciblage simultané de plusieurs mécanismes. Plusieurs essais dans les domaines de la douleur neuropathique, fibromyalgie, arthrite et autres troubles ont évalué diverses combinaisons de deux médicaments en administration simultanée comprenant antidépresseurs, anticonvulsifs, anti-inflammatoires non-stéroïdiens, opioïdes et autres produits. Dans certains essais, les traitements combinés ont montré leur supériorité par rapport aux monothérapies ; toutefois, certaines autres études n’ont pas montré d’amélioration de bénéfice ou de tolérance. Les croissants efforts réalisés dans le développement de nouveaux analgésiques surpassant les traitements actuels en efficacité n’ont pas rencontré de succès jusqu’à présent ; ainsi, la thérapie par combinaison de plusieurs molécules existantes reste la stratégie en cours. Des améliorations méthodologiques dans le domaine de la recherche transversale sont nécessaires afin de maximiser les potentiels propres  à la pharmacothérapie de combinaison dans le traitement de la douleur. Prof Ian Gilron MD, Prof Troel S Jensen, Prof Anthony H Dickenson,  dans The Lancet Neurology, publication en ligne en avant – première, 25 septembre 2013


Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 25 septembre 2013

Acétate d’abiterone + prednisone versus prednisone seul chez des hommes atteints de cancer de la prostate métastatique et résistant à la castration, n’ayant jamais reçu de chimiothérapie : conclusions à partir de résultats rapportés par les patients

Options thérapeutiques pour le cancer de la prostate résistant à la castration selon les recommandations de l'AFU en 2010 et des données actuelles des connaissances. In Progrès en Urologie Volume 23, Issue 1, January 2013, Pages 1-7
Source iconographique et légendaire: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1166708712002011
L’acétate d’abiterone + prednisone améliore de manière significative la survie sans progression de la maladie – par suivi radiographique – chez des patients asymptomatiques ou moyennement symptomatiques atteints de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, en comparaison du prednisone seul. Nous décrivons les données sur la douleur signalée par les patients ainsi que l’état fonctionnel dans l’analyse intermédiaire pré-planifiée d’un essai de phase 3.

Entre le 28 avril 2009 et le 23 juin 2010, des patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration en progression ont été recrutés pour participer à une étude multinationale en double aveugle, et contrôlée par placebo. Les patients étaient éligibles s’ils étaient asymptomatiques  [score de 0 ou 1 (…) selon d’échelle du questionnaire abrégé Brief Pain Inventory (BPI-SF)] ou moyennement symptomatiques (score de 2 ou 3) et n’avaient reçu aucune chimiothérapie au préalable. Les patients ont été répartis de manière aléatoire (1:1) pour recevoir per os [abiterone (1 g par jour) + prednisone (5 mg deux fois par jour)] ou [placebo + prednisone] sur un cycle continu de 4 semaines.  La douleur a été étudiée à l’aide du questionnaire BPI-SF, et la qualité de vie vue sur le plan sanitaire (HRQoL) à l’aide du questionnaire d’évaluation fonctionnelle des effets produits par le traitement contre le cancer de la prostate (FACTP). Nous avons analysé les données selon les critères cliniquement éprouvés de pertinence d’évaluation de la progression de la douleur et de détérioration de HRQoL. Tous les patients randomisés ont été inclus dans les analyses. (…).

1 088 patients ont été randomisés : 546 ont intégré le groupe abiterone + prednisone et 542 le groupe placebo + prednisone. Au moment de la deuxième analyse intermédiaire pré-planifiée, la durée médiane de suivi s’établissait à 22,2 mois (Intervalle Interquartile [IQR]  20,2 – 24,8). Le temps médian écoulé jusqu’à progression de l’intensité moyenne de la douleur ressentie était plus longue chez les patients recevant abiterone + prednisone (26,7 mois [Intervalle de Confiance - IC - 95% 19,3 – non évaluable]) que chez les patients recevant placebo + prednisone (18,4 mois [14,9 – non évaluable] ; hazard ratio [HR] 0,82 ; IC 95% 0,67-1,00 ; p=0,0490) ; de même que le temps médian écoulé jusqu’à influence de la douleur sur les activités quotidiennes (10,3 mois [IC 95% 9,3 – 13,0] versus 7,4 mois [6,4-8,6] ; HR 0,79 ; IC 95% 0,67 – 0,93 ; p=0,005). Le temps médian écoulé jusqu’à progression de la douleur la plus intense était également plus élevé sous abiterone + prednisone (26,7 mois [IC 95%19,4 – non estimable]) que sous placebo + prednisone (19,4 mois [16,6 – non estimable]), mais la différence n’était pas significative (HR 0,85 ; IC 95% 0,69 – 1,04 ; p=0,109). Le temps médian écoulé jusqu’à détérioration de HRQoL était plus élevé chez les patients sous abiterone + prednisone que les patients sous placebo + prednisone, comme indiqué par le score FACT-P total (12,7 mois [IC 95% 11,1 – 14,0] versus 8,3 mois [7,4-10,6] ; HR 0,78 ; IC 95% 0,66-0,92 ; p=0,003) et par le score défini par combinaison d’évaluations du cancer de la prostate (11,1 mois [8,6 – 13,8] versus 5,8 mois [5,5 – 8,3] ; HR 0,70 ; IC 95% 0,60 – 0,83 ; p<0,0001).

Le cocktail abiterone + prednisone retarde la progression de la douleur rapportée par les patients ainsi que la détérioration de HRQoL chez les patients atteints de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration n’ayant jamais reçu de chimiothérapie. Ces résultats fournissent des éléments supplémentaires de preuve de l’efficacité de l’abiterone dans cette population. Dr Ethan Basch et al MD, in The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 25 Septembre 2013

Financement : Janssen Research & Development

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ