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mercredi 16 février 2022

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC #Covid-19 Changement global de la prévalence du virus de l'hépatite C et de la cascade de soins entre 2015 et 2020 : une étude de modélisation

VHC - Virus de l'hépatite C
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27hépatite_C

 

Depuis la publication des premiers objectifs mondiaux d'élimination de l'hépatite en 2016 et jusqu'au début de la pandémie de COVID-19 au début de 2020, de nombreux pays et territoires ont progressé vers l'élimination du virus de l'hépatite C (VHC). Cette étude vise à évaluer le fardeau du VHC en 2020 et à prévoir le fardeau du VHC d'ici 2030 compte tenu des tendances actuelles.

Cette analyse comprend une revue de la littérature, un processus Delphi et une modélisation mathématique pour estimer la prévalence du VHC (infection virémique, définie comme des cas positifs pour l'ARN du VHC) et la cascade de soins chez les personnes de tous âges (âge ≥0 ans à compter de la naissance) pour la période entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2030. Les données épidémiologiques ont été recueillies à partir de sources publiées et de la littérature parallèle (y compris les rapports gouvernementaux et les communications personnelles) et ont été validées par des experts des pays et territoires. Un modèle de Markov a été utilisé pour prévoir la charge de morbidité et la cascade de soins de 1950 à 2050 pour les pays et territoires disposant de données. Les résultats du modèle ont été extraits de 2015 à 2030 pour calculer les moyennes régionales pondérées en fonction de la population, qui ont été par la suite utilisées pour les pays ou territoires dépourvus de données disponibles. Les estimations régionales et mondiales de la prévalence du VHC, de la cascade de soins et de la charge de morbidité ont été calculées sur la base de 235 pays et territoires.

Des modèles ont été construits pour 110 pays ou territoires : 83 ont été approuvés par des experts locaux et 27 étaient basés uniquement sur des données publiées. En utilisant les données de ces modèles, plus les moyennes régionales pondérées en fonction de la population pour les pays et territoires sans modèles (n = 125), nous avons estimé une prévalence mondiale de l'infection virémique par le VHC de 0,7 % (Intervalle de Confiance [IC] 95 % UI 0,7–0,9), correspondant à 56·8 millions (55·2–67·8) infections, au 1er janvier 2020. Ce nombre représente une diminution de 6·8 millions d'infections virémiques par rapport à une estimation de la prévalence de 2015 (début de l'année) de 63,6 millions (61,8–75,8) infections (prévalence de 0,9 % [0,8–1,0]). Fin 2020, environ 12,9 millions (12,5–15,4) personnes vivaient avec une infection virémique diagnostiquée. En 2020, environ 641 000 (623 000–765 000) patients ont commencé le traitement.

Au début de 2020, on estimait à 56,8 millions le nombre d'infections virémiques par le VHC dans le monde. Bien que ce nombre représente une diminution par rapport à 2015, nos prévisions suggèrent que nous ne sommes pas actuellement sur la bonne voie pour atteindre les objectifs mondiaux d'élimination d'ici 2030. Alors que les pays se remettent de la COVID-19, ces résultats peuvent aider à recentrer les efforts visant à éliminer le VHC. The Polaris Observatory HCV Collaborators, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 15 février 2022

Financement : Fondation John C Martin Foundation, Gilead Sciences, AbbVie, Fondation ZeShan, et Fonds Hepatitis

Source : The Lancet Online / Préparation post : NZ

mercredi 12 mai 2021

#thelancetgastroenterologyandhepatology #hépatiteC #prison #australie Évaluation d’un traitement préventif contre l’hépatite C dans les prisons autraliennes (SToP-C) : étude prospective de cohorte

Virus de l'Hépatite C
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l%27h%C3%A9patite_C

 

Il n’existe que des preuves empiriques limitées de l'efficacité du traitement préventif contre le virus de l'hépatite C (VHC). Ainsi, l'étude sur la surveillance et le traitement des détenus atteints d'hépatite C (SToP-C) visait à évaluer l'effet du traitement préventif contre le VHC en milieu carcéral.

SToP-C était une étude prospective, comprenant une analyse avant le début d’étude et une analyse de fin d’étude, réalisée sur une cohorte de personnes incarcérées dans deux prisons à haute sécurité (hommes) et deux prisons à sécurité moyenne (un homme, une femme) en Nouvelle-Galles du Sud, Australie. Tous les détenus âgés d'au moins 18 ans étaient éligibles à l'inscription. Après le dépistage du VHC, les participants ont été suivis quant à leurs comportements à risque et l'infection par le VHC en les divisant en trois sous-populations: non infectés (anticorps anti-VHC négatifs); préalablement infectés (anticorps anti-VHC positifs, ARN VHC négatifs); et infectés (anticorps anti-VHC et ARN VHC positifs). Les participants non infectés ont été suivis tous les 3 à 6 mois pour détection d’une primo-infection par le VHC et les participants précédemment infectés ont été suivis tous les 3 à 6 mois pour détection d’une réinfection. Les participants infectés par le VHC ont été évalués pour recevoir un traitement ; initialement un traitement standard (administré par les services de santé de la prison) de 2014 à mi-2017, puis une extension du traitement antiviral à action directe (AAD) à partir de mi-2017 (12 semaines de sofosbuvir plus velpatasvir, administré dans le cadre de l’étude SToP-C). Les participants ont été suivis jusqu'à la clôture de l'étude en novembre 2019. Le critère principal d’évaluation de l'étude était l'incidence du VHC avant et après l'extension du traitement par AAD chez les participants à risque d'infection primaire ou de réinfection par le VHC.

Entre le 30 octobre 2014 et le 30 septembre 2019, 3691 participants ont été inscrits à l'étude SToP-C. 719 (19%) participants avaient de l'ARN du VHC détectable, 2240 (61%) étaient à risque d'infection primaire par le VHC et 725 (20%) étaient à risque de réinfection au départ. Le traitement par AAD a été initié chez 349 (70%) des 499 participants éligibles au cours de la période d'extension du traitement. L'analyse de l'incidence du VHC comprenait 1643 participants à risque d'infection ou de réinfection par le VHC au cours du suivi longitudinal (âge médian 33 ans [Intervalle Interquartile -IQR- 27–42]; 1350 [82%] hommes). 487 (30%) des 1643 participants ont déclaré s'injecter des drogues en prison. L'incidence du VHC a diminué de 8.31 pour 100 personnes-années dans la période de mise à l'échelle avant le traitement à 4.35 pour 100 personnes-années dans la période de pondération après traitement (rapport du taux d'incidence [TRI] 0.52 [Intervalle de Confiance -IC- 95% 0.36–0.78]; p=0.0007). L'incidence de la primo-infection a diminué de 6.64 pour 100 personnes-années dans la période de pondération avant le traitement à 2.85 pour 100 personnes-années dans la période de pondération après traitement (TRI 0,43 [IC 95% 0.25–0.74]; p=0.0019), alors que l'incidence de la réinfection a diminué de 12.36 pour 100 personnes-années à 7.27 pour 100 personnes-années (0.59 [0.35–1.00]; p=0.050). Parmi les participants déclarant s'injecter des drogues pendant leur incarcération actuelle, l'incidence de l'infection primaire a diminué de 39.08 pour 100 personnes-années dans la période de pondération avant le traitement à 14.03 pour 100 personnes-années dans la période de pondération de la population après traitement. (TRI 0.36 [IC 95% 0.16–0.80]; p=0.0091), et l'incidence de la réinfection a diminué de 15.26 pour 100 personnes-années à 9.34 pour 100 personnes-années (0.61 [0.34–1.09]; p=0 .093). L'analyse ajustée (ajustée en fonction de l'âge, de l'appartenance ethnique autochtone australienne, de la durée du séjour en prison, de l'emprisonnement antérieur, du statut de consommation de drogues injectables et du site de la prison) a indiqué une réduction significative du risque d'infection par le VHC entre la mise à l'échelle du traitement pré-AAD et périodes d'extension du traitement après AAD (rapport de risque ajusté 0.50 [IC 95% 0.33–0.76]; p=0.0014). 

L'extension du traitement par AAD a été associée à une incidence réduite du VHC en prison, ce qui indique un effet bénéfique du traitement anti-VHC en tant que prévention dans ce contexte. Ces résultats appuient une large extension du traitement par AAD au sein des populations incarcérées. Behzad Hajarizadeh, PhD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 6 mai 2021

Financement : Bourse de Partenariat du Conseil National de la Santé et de la Recherche Médicale (NHMRC) du gouvernement australien et Gilead Sciences.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 10 juin 2020

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC #sofosbuvir #ribavirine #ledipasvir Sofosbuvir + ribavirine et sofosbuvir + ledipasvir chez des patients atteints par le virus de l’hépatite C de génotype 1 ou 3 et d’insuffisance rénale sévère : étude ouverte de phase 2b multicentrique, non randomisée


Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:HCV.png

Il existe un besoin médical non satisfait de traitement hautement efficace, sûr et bien toléré, destiné aux patients infectés par le virus de l’hépatite C (VHC) et atteints d’insuffisance rénale sévère. Nous avons poursuivi des investigations sur l’innocuité et l’efficacité du sofosbuvir administré avec la ribavirine ou le ledipasvir combiné au sofosbuvir dans une étude prospective de patients atteints d’une infection au VHC de génotype 1 ou 3 et d’une insuffisance rénale chronique de stade 4-5 (clairance de la créatinine ≤ 30 mL/min mesurée par la méthode de Cockroft – Gault) qui n’étaient pas sous dialyse.

Cette étude ouverte de phase 2b, non randomisée, multicentrique a été réalisée sur 3 cohortes de patients recrutés séquentiellement aux USA et en Nouvelle Zélande. Les patients ont été recrutés dans dix hôpitaux et centres de recherche clinique et étaient inclus s’ils étaient atteints par une infection au VHC de génotype 1 ou 3, présentaient une clairance de la créatinine inférieure ou égale à 30 mL/min, et s’ils n’étaient pas sous dialyse. Les patients des cohortes 1 et 2 ont reçu sofosbuvir (administration de 200 mg aux patients de la cohorte 1 et de 400 mg aux patients de la cohorte 2) + ribavirine 200 mg une fois par jour pendant 24 semaines. 18 patients de la cohorte 3 ont reçu le ledipasvir combiné au sofosbuvir (90 mg ledipasvir et 400 mg sofosbuvir) une fois par jour pendant 12 semaines. Le critère principal d’efficacité était la proportion de patients obtenant une réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement (SVR12). Des données d’innocuité et de pharmacocinétique ont également été collectées. L’essai est terminé à date de publication du présent article (…).

Cette étude a été réalisée entre le 7 octobre 2013 et le 29 octobre 2017. Dans les cohortes sofosbuvir + ribaviriine, 32 patients ont été dépistés, 20 d’entre eux ont été recrutés et évalués pour ce qui est de l’efficacité et de l’innocuité des traitements (dix patients dans chaque cohorte). Dans la cohorte ledipasvir + sofosbuvir, 33 patients ont été dépistés, 18 d’entre eux ont été recrutés et évalués pour ce qui est de l’efficacité et l’innocuité des traitements. Quatre (40%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 12-74) patients sur dix de la cohorte 1 et six (60%, 26-88) patients sur 10 de la cohorte 2 ont atteint le SVR12. La totalité des 18 patients (100%, 82-100) de la cohorte 3 ont atteint le SVR12. Les évènements indésirables étaient pour la plupart d’intensité faible ou modérée. Les évènements indésirables les plus communément rapportés comprenaient céphalée (huit [21%] patients sur 38), anémie (sept [18%] patients sur 38), et fatigue (six [16%] patients sur 38). Huit patients ont présenté des évènements indésirables graves dont aucun n’était lié aux traitements. Ni évènement cardiaque lié au traitement, ni changements significatifs échocardiographiques sur le plan clinique ou de clairance de la créatinine selon Cockroft-Grault n’ont été relevés.

Dans cette étude de phase 2b, l’administration de ledipasvir combiné au sofosbuvir  pendant 12 semaines était sûre et efficace chez les patients atteints d’infection au VHC de génotype 1 et de maladie rénale chronique de grade 4-5 qui n’étaient pas dialysés. Eric Lawitz, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 9 juin 2020

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ    


vendredi 18 janvier 2019

#thelancetgastroenterologyandhepatology #HépatiteC #grazoprevir #elbasvir Traitement de l’hépatite C à génotypes 1 et 4 par un traitement de 8 semaines de grazoprevir + elbasvir (DAHHS2) : étude de phase 3b multicentrique ouverte à simple bras

Virus de l'hépatite C (VHC)
Source: https://www.flickr.com/photos/ajc1/6806509675

Des antiviraux à effet direct traitent les infections chroniques dues au virus de l’hépatite C (VHC) mais les données quant à leur efficacité dans le cas de l’hépatite C aigüe manquent, alors qu’un traitement immédiat pourrait stopper en la contagion. Nous avons évalué l’efficacité de l’administration de la combinaison grazoprevir + elbasvir en cas d’infection aigüe par le VHC et poursuivi des investigations visant à définir si le traitement administré au cours de la phase aigüe de l’infection au VHC pouvait être raccourci.

(…) L’étude DAHHS2 était un essai de phase 3b multicentrique ouverte à simple bras. Des patients adultes (d’âge ≥ 18 ans) atteints d’infection aigüe par le VHC de génotype 1 ou 4 (depuis au plus 26 semaines, selon le jour présumé de la contamination) ont été recrutés dans 15 centres de consultation ambulatoire situés aux Pays Bas et en Belgique. Tous les patients ont été traités par la combinaison [gazoprevir 100 mg + elbasvir 50 mg] administrée per os sous forme de comprimé unique une fois par jour. Le critère principal d’efficacité était l’obtention d’une réponse virologique soutenue, maintenue à 12 semaines après la fin du traitement (SVR12 ; ARN de VHC < 15 IU/mL) chez tous les patients qui avaient commencé le traitement. La réinfection par un virus VHC différent n’était pas considérée comme un échec au traitement dans l’analyse principale. (…).

Entre le 15 février 2015 et le 2 mars 2018, nous avons évalué 146 patients ayant récemment été contaminés par le virus du VHC pour éligibilité, 86 ont été recrutés et 80 ont commencé le traitement, dans les 6 mois suivant la contamination. Tous les patients ont suivi le traitement jusqu’à son terme, et il n’y a pas eu de patient perdu de vue. 79 (99%, Intervalle de Confiance [IC] 95% 93-100) patients sur 80 ont satisfait au critère SVR12. L’ensemble des 14 patients qui étaient porteurs d’un polymorphisme NS5A ont été guéris. Si les réinfections étaient prises en compte comme échec au traitement, 75 (94% 86-98) patients sur 80 ont satisfait au critère SVR12. Deux éléments indésirables graves non considérés comme liés au traitement, ont été rapportés (saignement rectal dû à un traumatisme et chirurgie lombaire basse). Les événements indésirables lié au médicament les plus fréquemment rapportés étaient fatigue (11 [14 %] patients), céphalées (sept [9%] patients), changements de l’humeur (cinq [6%] patients), dyspepsie (cinq [6%] patients), altération de la concentration (quatre [5%] patients), et nausée (4 [5%] patients), tous ces événements ont été considérés comme bénins par le médecin traitant. Aucun événement indésirable n’a conduit à une interruption de prise du traitement.

La prise de la combinaison [grazoprevir + elbasvir] pendant 8 semaines s’est révélé hautement efficace pour le traitement d’une infection au VHC de génotype 1 ou 4. La capacité à traiter une infection VHC aigüe immédiatement après le diagnostic pourrait aider les médecins à atteindre l’objectif de l’OMS d’élimination du VHC à l’horizon 2030. Anne Boerekamps, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 16 janvier 2019

Financement : Merck Sharp & Dohme et Health Holland

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 31 mai 2018

#thelancetgastroenterologyandhepatology #hépatiteC #VHC #sofosbuvir #velpatasvir #voxilaprevir Traitement au sofosbuvir – velpatasvir – voxilaprevir chez des patients atteints d’hépatite virale C chronique précédemment traités avec un inhibiteur du complexe NS5A : sous-étude ouverte de l’essai POLARIS-1

Structure du virus de l'hépatite C
Source iconographique: https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:HCV_structure.png

Les traitements à action directe contenant des inhibiteurs du complexe NS5A sont des traitements contre les hépatites virales C (Infections au virus de l’hépatite C - infection au VHC - hautement efficaces, mais ils ne réussissent pas toujours. Dans l’étude de phase 3 POLARIS-1, l’administration de sofosbuvir-velpatasvir-voxilaprevir pendant 12 semaines était hautement efficace dans le traitement des infections au VHC chroniques chez des patients précédemment traités avec des médicaments à action directe contenant un inhibiteur du complexe NS5A. Notre but était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de la combinaison sofosbuvir-velpatasvir-voxilaprevir chez des patients du groupe traitement retardé de l’essai POLARIS-1, qui étaient initialement placés dans le groupe placebo en simple aveugle.

Cette sous-étude à traitement retardé, ouverte, a été réalisé dans 73 sites de recherche clinique (hôpitaux et cliniques) situés aux USA, en France, au Canada, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie, et en Nouvelle-Zélande. 
Les patients qui avaient reçu le placebo lors de l’étude primaire et qui ne présentaient pas de maladie nouvelle cliniquement significative à la 4ème semaine après la fin du traitement étaient éligibles pour inclusion dans cette sous-étude. Les patients ont reçu un cachet combinant sofosbuvir (400 mg), velpatasvir (100 mg), et voxaliprevir (100 mg) une fois par jour pendant 12 semaines. Le résultat principal d’efficacité était l’atteinte d’une réponse virologique soutenue (définie par une concentration en ARN de VHC située en deçà de la limite quantifiable) 12 semaines après la fin du traitement (SVR12). Le résultat principal d’innocuité était la proportion de patients sortis d’étude du fait d’événements indésirables. (…).

152 patients ont reçu le placebo au cours de l’étude primaire, ils étaient donc potentiellement éligibles pour inclusion dans la sous-étude ouverte, 147 d’entre eux ont été effectivement recrutés à partir du 30 mars 2016 au 12 octobre 2016. Tous les 147 patients ont suivi le traitement jusqu’au bout, et 143 patients (97% ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 93-99) ont atteint le SVR12. Quatre (3%) patients ont présenté une récidive virologique ; tous les patients présentaient une infection VHC de génotype 1a et l’un d’entre eux présentait en outre une cirrhose compensée. Les événements indésirables les plus fréquemment rencontrés étaient fatigue (31 [21%]), céphalée (29 [20%]), diarrhée (28 [19%]), et nausée (21 [14%]). Aucun décès, aucune interruption de traitement, ni d’évènement indésirable lié au traitement n’est survenu.

Sous-tendant les résultats de la partie en simple aveugle de l’étude primaire de phase 3, le régime de traitement à comprimé unique de sofofsbuvir-velpastasvir-voxilaprevir distribué pendant 12 semaines s’est révélé sûr, bien toléré, et hautement efficace chez des  patients les atteints d’infection VHC chronique ayant précédemment présenté un échec de traitement sous régime médicamenteux comprenant des inhibiteurs du complexe NS5A. Un régime de traitement de rattrapage pour cette population représente une avancée pour ces patients caractérisés par des options de traitement secondaire limitées. Marc Bourlière MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 30 mai 2018

Financement: Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 31 mai 2017

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC maladierénalechronique #elbasvir #grazoprevir Elbasvir plus grazoprevir chez des patients atteints par une infection au virus de l’hépatite C et une maladie rénale chronique de stade 4-5 : résultats cliniques, virologiques et de qualité de vie liée à la santé d’une étude de phase 3, multicentrique, randomisée, et double-aveugle, contrôlée par placebo

ARN du Virus de l'Hépatite C.
Y figure la séquence NS5A;
Source iconographique: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:HCV_genome.png
Dans l’étude C-SURFER, la thérapie à base d’elbasvir + grazoprevir par administration per os pendant 12 semaines chez des patients atteints d’infection au virus de l’hépatite C (VHC) de stade 4-5 a eu pour résultat un taux élevé de guérison virologique par rapport au taux relevé sous placebo. Ici, nous rapportons des données de réponse virologique soutenue (RVS), de sécurité (innocuité), de qualité de vie liée à la santé (QVLS), et d’analyses de résistance virologique chez des patients de l’étude C-SURFER sous thérapie antivirale immédiate ou qui avaient reçu un placebo avant thérapie.

Dans cette étude de phase 3, multicentrique, randomisée, contrôlée par placebo, nous avons réparti de manière aléatoire des adultes atteints par le VHC et une infection rénale chronique de stade 4-5 recrutés dans 68 centres situés dans le monde entier, pour recevoir [elbasvir 50 mg + grazoprevir 100 mg] une fois par jour pendant 12 semaines (groupe de traitement immédiat) ou le placebo pendant 12 semaines, suivi par [elbasvir 50 mg + gazoprevir 100 mg] une fois par jour pendant 12 semaines commençant à la semaine 16 (groupe traitement différé). Les critères principaux de sécurité et d’efficacité pour le groupe traitement immédiat et la phase placebo du groupe traitement différé ont déjà été l’objet d’un compte rendu. Ici, nous rapportons les données de sécurité (innocuité) et d’efficacité pour ce qui est de la phase de traitement du groupe différé, de même que les données QVLS évaluées à l’aide du questionnaire Short Form - 36 Health Survey pour tous les groupes, ainsi que les substitutions du fait de l’émergence de substitutions associées à l’émergence d’une résistance au traitement (SAERTs). La RVS à 12 semaines (RVS 12) était évaluée sur l’ensemble intégral d’analyse modifié (EIAM), défini comme tous les patients sauf ceux qui n’avaient pas reçu au moins une dose du médicament à l’étude, qui étaient décédés, ou qui étaient sortis d’étude avant la fin du traitement pour des raisons définies comme non liées au traitement contre VHC. (…).

Entre le 30 mars et le 28 novembre 2014, 235 patients ont été recrutés et ont reçu au moins une dose du médicament à l’étude. L’EIAM incluait le groupe de 116 patients assignés au traitement immédiat et 99 patients assignés au traitement différé. 115 (99.1% ; Intervalle de Confiance [IC] 95.3-100.0) patients sur 116 recevant le traitement immédiat ont atteint la SVR 12 en comparaison des 97 (98.0% ; 92.9-99.7) patients sur 99 recevant le traitement différé.
Chez les patients présentant des infections de génotype 1a, la RVS 12 était atteinte par 11 (84.6%) patients sur 13 présentant des SAERTs NS5A à la ligne de base et chez 98 (100%) patients sur 98 n’en présentant pas. La QVLS n’était pas différente à 12 semaines entre le traitement immédiat et la phase placebo du traitement différé.
Un évènement indésirable grave est survenu au cours du traitement différé (néphrite interstitielle) et un au cours de la phase placebo du traitement différé (augmentation de la concentration en lipase), ils ont été jugés comme liés au médicament à l’étude. Quatre patients sont décédés, dont un sujet du groupe traitement différé (arrêt cardiaque) et trois qui recevaient le traitement différé (anévrisme aortique, pneumonie, et cause indéterminée) ; ces quatre décès ont été considérés comme non reliés aux médicaments à l’étude. Des trois décès du groupe traitement différé, un est survenu au cours du traitement placebo et deux sont survenus avant le début de la phase de traitement actif. Il n’y a pas eu de différences notables dans les augmentations de niveaux en aminotransférase entre traitement différé et traitement immédiat, et aucun patient du groupe traitement différé n’a présenté d’augmentation de niveaux en bilirubine totale.

Ces données s’ajoutent aux preuves cliniques sans cesse croissantes en faveur des combinaisons à doses fixes d’elbasvir + grazoprevir sur une durée de 12 semaines et représentent un appui pour l’utilisation de ce traitement chez des patients atteints d’infections par le VHC de génotype 1 et de maladie rénale chronique de stade 4-5. Dr Annette Bruchfeld, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology & Hepatology, publication en ligne en avant-première, 30 mai 2017

Financement :  Merck Sharp & Dohme.


Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ

lundi 24 avril 2017

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC #chargevirale #hepatiteC #Xpert Evaluation de la charge virale du VHC par essai Xpert en centre de soins effectué sur échantillons de sang total veineux prélevé par ponction veineuse ou ponction capillaire : étude de cohorte

Source d'infection chez les personnes atteintes d'hépatite C
unknown: inconnu
Injecting Drug Use: Injection de drogues
Other (Hemodialysis; health-care work; perinatal): Hémodialyse, environnement de travail dispensateur de soins de santé, périnatalité
Transfusion (before screening) : Transfusion: avant le dépistage
Sexual: Sexuel
Source iconographique et légendaire: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Sources_of_Infection_for_Persons_with_Hepatitis_C_(CDC)_US.png
Le dépistage de l’hépatite C par la détection de l’ARN du virus de l’hépatite C (VHC) offre un avantage par rapport au dépistage des anticorps (qui n’indique qu’une exposition préalable au virus), celui de permettre le diagnostic d’une infection active à l’occasion d’une simple visite. Dans cette étude, nous avons évalué la performance du Test de mesure de charge virale du VHC Xpert sur échantillons de sang total prélevés par ponction veineuse et par ponction capillaire.

Des échantillons de plasma, et de sang total prélevé par ponction capillaire ont été collectés chez des participants à une étude de cohorte réalisée dans cinq sites situés en Australie (trois cliniques de soins aux addictions, un établissement de soins des sans-abris et un établissement assurant un programme « aiguille et seringue » Nous avons comparé la sensibilité et la spécificité du Test de mesure de charge virale du VHC Xpert de détection de l’ARN du VHC dans des échantillon prélevés prélevé par ponction veineuse et par ponction capillaire, avec le Test Abbott de mesure en Temps Réel de la charge virale du VHC (référence absolue).

Sur les 210 participants recrutés entre le 8 février 2016 et le 27 juillet 2016, des résultats de mesure de charge virale ont été obtenus chez 150 d’entre eux pour les trois tests différents réalisés. L’ARN du VHC a été détecté chez 45 (30% [Intervalle de Confiance -IC- 92.0-100.0]) patients selon le Test Abbott de Mesure en Temps Réel. La sensibilité du test de mesure de charge virale du VHC Xpert de détection de l’ARN du VHC dans le plasma prélevé par ponction veineuse était de 100.0% (IC 95% 92.0-100.0) et la spécificité était de 99.1% (IC 95% 94.9-100.0). La sensibilité du Test de mesure de charge virale du VHC Xpert dans les échantillons collectés par ponction capillaire était de 95.5% (IC 95% 84.5-99.4) et la spécificité était de 98.1% (IC 95% 93.4-99.8). Aucun événement indésirable n’a été relevé, ni du fait du test en évaluation, ni du fait du test de référence.

Le Test de Charge Virale du VHC Xpert peut détecter une infection active à partir d’un échantillon prélevé par ponction capillaire, ce qui représente une avancée par rapports aux tests basés sur la détection des anticorps qui n’indiquent qu’une exposition préalable. Dr Jason Grebely, PhD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 20 avril 2017

Financement : National Health and Medical Research Council (Australia), Cepheid, South Eastern Sydney Local Health District (Australia), et Merck Sharp & Dohme (Australia).

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mardi 18 avril 2017

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC #génotype1b Ombitasvir, paritaprevir, et ritonavir plus dasabuvir pendant 8 semaines chez des patients non préalablement traités atteints d’infection par virus de l’hépatite C de génotype 1b sans cirrhose (GARNET) : étude ouverte de phase 3b, à simple bras

Virus de l'hépatite C (VHC). Source: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:HCV.png
Des études cliniques ont montré de taux élevés de réponse virologique soutenue (ARN du virus de l’hépatite C [VHC] < 15 IU / mL) à la semaine 12 après traitement (SVR12) chez des patients présentant une infection de génotype 1b sans cirrhose et recevant ombitasvir, paritaprevir, et ritonavir, plus dasabuvir, sans ribavirine, pendant 12 semaines. Dans cette étude, notre but était d’étudier l’effet d’un traitement d’une durée de 8 semaines avec ombitasvir, paritaprevir, et ritonavir, plus ritonavir, sans ribavirine chez des patients infectés par le génotype 1b du VHC sans cirrhose.

Nous avons effectué une étude ouverte à simple bras de phase 3b (GARNET) dans 20 hôpitaux ou cliniques situés en Australie, Canada, France, Allemagne, Israël, Italie, Espagne, et Royaume – Uni, afin d’évaluer la sécurité et l’efficacité d’un traitement d’une durée de 8 semaines comprenant ombitasvir 25 mg, paritaprevir 150 mg, et ritonavir 100 mg per os une fois par jour, plus dasabuvir 250 mg per os deux fois par jour, chez des patients infectés par le génotype 1b du VHC non cirrhotiques (attesté par biopsie hépatique, élastographie transitoire, ou marqueurs sériques) ; n’ayant pas reçu de traitement au préalable pour leur présente pathologie. Les patients éligibles étaient âgés d’au moins 18 ans, présentaient un titre d’ARN du VHC > 1000 IU/mL, et un résultat de laboratoire au dépistage indiquant une infection au VHC de sous-type 1b uniquement. 
Les patients étaient exclus s’ils présentaient des évidences de génotype de VHC d’un sous-type différent du sous-type 1b, s’ils étaient définis positifs aux antigènes de surface pour l’hépatite B ou un anticorps anti-VIH au dépistage, ou s’ils avaient préalablement été traités pour une infection au VHC. Le critère principal d’évaluation de l’étude était la proportion de patients atteignant SVR12 ; le critère principal d’évaluation et l’innocuité étaient mesurés chez tous les patients qui avaient reçu au moins une dose de médicament à l’étude. (…).

Les patients étaient dépistés entre le 24 novembre 2015 et le 1er mars 2016, et 166 patients ont été recrutés. 163 (98%) patients sur 166 étaient atteints d’une infection au VHC de génotype 1b, et trois (2%) patients sur 166 présentaient d’autres génotypes ou sous-types (génotype 1a, génotype 1d, et génotype 6). Tous les patients recrutés ont reçu au moins une dose du médicament à l’étude. 162 (98% [Intervalle de Confiance -IC- 95% 95.3-99.9]) patients sur 166 ont atteint la SVR12. Un patient a interrompu son traitement au jour 45 du fait d’événements indésirables. La plupart des événements indésirables relevés étaient d’intensité modérée, et les événements indésirables les plus communément rencontrés étaient céphalée (35 [21%] patients sur 166) et fatigue (28 [17%] patients sur 166). Deux (1%) patients sur 166 ont présenté des événements indésirables graves ; aucun d’entre eux n’était relié au médicament à l’étude.

Le traitement avec ombitasvir, paritaprevir, et ritonavir, plus dasabuvir, sans ribavirine, pendant 8 semaines, était efficace et bien toléré. Les options de traitement sur une durée de 8 semaines pour des patients infectés par le VHC de génotype 1b non cirrhotiques et préalablement non traités sont limitées ; le raccourcissement de la durée de traitement pourrait réduire le fardeau associé aux visites médicales et aux procédures, améliorant ce faisant l’accès aux soins et permettant le traitement d’un plus grand nombre de patients. Dr Tania M Welzel, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 13 avril 2017

Financement : AbbVie

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 15 mars 2017

#thelancetgastroenterologyandhepatology #exclusif #VHC #OMS Prévalence des infections à virus de l’hépatite C et niveau requis d’intervention permettant d’atteindre les objectifs de l’OMS visant à son éradication à l’horizon 2030 : une étude de modélisation

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  a été créée en 1948. Son siège est, depuis toujours, à Genève (Suisse)
Source iconographique: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:UN-Organisation_Mondiale_de_la_Sante-8c.jpg
Le virus de l’hépatite C (VHC) est une cause majeure de morbidité et de mortalité liées à une altération de la fonction hépatique dans le monde. Au sein de l’Union Européenne (UE), les traitements curatifs de l’infection au VHC à l’aide de thérapies antivirales directes existent depuis 2014. Les objectifs de l’OMS sont d’atteindre une diminution de 65% des décès liés aux pathologies du foie, une diminution de 90% des infections virales hépatiques nouvelles, et une proportion de 90% des patients atteints d’infections virales hépatiques diagnostiqués à l’horizon 2030. Cette étude avait pour objet l’évaluation de la prévalence du VHC dans l’UE et le niveau requis d’intervention permettant de réaliser les objectifs de l’OMS visant à l’éradication du VHC.

Nous avons « peuplé » notre modèle de Markov avec des études effectuées dans 28 pays de l’UE par le truchement d’une recherche de littérature PubMed et Embase entre le 1er janvier 2 000 et le 31 mars 2016 ; et avons fait usage d’un processus Delphi pour réaliser un consensus d’experts et valider les données entrantes. 
Nous avons utilisé un modèle de l’UE pour le calcul prévisionnel de progression de l’infection VHC (en tenant compte des effets de l’immigration) et avons développé une stratégie permettant d’atteindre les objectifs de l’OMS. Nous avons utilisé les taux de réponse soutenue du virus pondérés  - ainsi que les restrictions liées à la fibrose – pour modéliser l’effet des directives thérapeutiques actuelles. 
Nous avons utilisé un modèle de l’UE pour le calcul prévisionnel de progression de l’infection VHC (en tenant compte des effets de l’immigration) dans les conditions actuelles de dépistage et de directives thérapeutiques. De plus, nous avons rétro-calculé le nombre total de patients nécessitant dépistage et traitement, avec pour but l’atteinte des objectifs de l’OMS.

Nous avons estimé les infections virémiques à VHC à 3 238 000 en 2015 (Intervalle d’Incertitude [II] 95% 2 106 000 – 3 795 000) sur une population totale de l’UE évaluée à 509 868 000, équivalente à une prévalence virémique de VHC à 0.64% (II 95% 0.41-0.74). 
Nous avons estimé que 1 180 000 (II 95% 1 003 000 – 1 357 000) personnes étaient diagnostiqués virémiques (36.4%), 150 000 (12 000 – 180 000) étaient sous traitement (4.6% de la population totale infectée ou 12.7% de la population diagnostiquée), 133 000 (106 000 – 160 000) parvenaient à guérison (4.1%) et 57 900 (43 900 – 67 300) étaient nouvellement infectés (1.8%) en 2015. De plus, 30 400 (26 000 – 42 500) immigrants VHC-positifs sont entrés en UE sur la même période. 
Afin d’atteindre les objectifs de l’OMS, les traitements non restreints doivent augmenter : de 150 000 patients bénéficiaires en 2015 à 187 000 patients bénéficiaires en 2025 et les diagnostics doivent augmenter : de 88 800 cas nouvellement diagnostiqués en 2015 à 180 000 cas nouvellement diagnostiqués en 2025.

Du fait de ses infrastructures de santé avancées, l’UE est tout particulièrement bien placée pour éradiquer le VHC ; cependant, l’amplification de programmes de dépistage est essentielle à l’amplification des traitements permettant d’atteindre les objectifs de l’OMS. Des efforts mutualisés, basés sur des évidences épidémiologiques solides, sont également nécessaires. Ensemble des Collaborateurs VHC de l’UE1, dans The Lancet Gastroenterology & Hépatology, publication en ligne en avant – première, 14 mars 2017
1: La liste exhaustive des collaborateurs figure dans le texte intégral de l'article. 

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ        

mardi 28 février 2017

#thelancetgastroenterologyandhepatology #VHC #VIH #ledipasvir #sofosbuvir Ledipasvir-sofosbuvir sur une période de 6 semaines pour le traitement de l’infection aigue par le virus de génotype 1 ou 4 de l’hépatite C chez des patients co-infectés par le virus VIH : essai ouvert à simple bras

Schéma simplifié de la structure du virus de l'hépatite C.
Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_de_l'h%C3%A9patite_C#/media/File:HCV_structure.png
Les dernières directives de l’Association Européenne de l’Étude du Foie (EASL) recommandent maintenant que les patients atteints d’infection aigue par le virus de l’hépatite C (VHC) soient traités par une combinaison de sofosbuvir et d’inhibiteur NS5A pendant 8 semaines. Cependant, la durée idéale de traitement avec des régimes de traitement comprenant l’interféron, et plus particulièrement les sujets coinfectés par le virus VIH, reste inconnue. Nous avons étudié l’efficacité et la sécurité du cocktail ledipasvir-sofosbuvir dans le traitement des infections VHC de génotype 1 ou 4 aigues chez des patients coinfectés par le virus VIH-1.

Cette étude ouverte, à simple bras, effectuée en Allemagne et au Royaume-Uni, a inclus des patients atteints d’infection par VHC de génotype 1 ou 4 et VIH-1. À la sélection, les patients étaient soit sous antirétroviraux VIH et présentaient des concentrations en ARN de VIH inférieures à 200 copies par mL, soit ils n'étaient placés sous aucun médicament antirétroviral et présentaient une numération lympohcytaire CD4 supérieure à 500 cellules par μL. Tous les patients ont reçu le cocktail ledipasvir-sofosbuvir une fois par jour pendant 6 semaines. Le critère principal d’efficacité était la proportion de patients montrant une réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement (SVR12). (…).

Entre le 11 juin 2015, et le 8 janvier 2016, nous avons recruté et traité 26 patients. Tous (100%) étaient de sexe masculin, 24 (92%) étaient blancs, et 25 (96%) étaient sous traitement antirétroviral. 19 (73%) étaient porteurs de HCV génotype 1a et sept (27%) étaient porteurs de VHC de génotype 4.
Dans l’ensemble, 20 (77% ; Intervalle de Confiance [IC] 95% 56-91) patients sur 26 ont atteint les objectifs de réponse définis par SVRL12 : 15 (79%) patients sur les 19 porteurs de VHC de génotype 1a et cinq (71%) patients sur les sept porteurs de VHC de génotype 4. Sur les six patients n’ayant pas atteint les objectifs de réponse SVRL12, trois ont récidivé, deux ont présenté une réponse virologique soutenue 4 semaines après la fin du traitement mais étaient perdus de vue, et un a subi une nouvelle infection. Les événements indésirables les plus communément rencontrés étaient fatigue (sept participants [27%]), nasopharyngite (sept [27%]), et maux de tête (six [23%]). Aucun patient n’est sorti d’étude ou n’a interrompu son traitement du fait d’événements indésirables. Aucun rebond virologique de VIH n’est survenu au cours de cette étude.

Le taux de traitement réussi à l’aide de l'administration à dose fixe de ledipasvir-sofosbuvir chez les patients atteint d’infections par le VHC de génotype 1 ou 4 et coinfectés par VIH-1 est similaire aux taux historiques de réussite de traitement à base d’interferon ; mais avec une durée de traitement moindre et de meilleurs résultats en termes d’innocuité. Prof Jürgen K Rockstroh, MD, et al, dans The Lancet Gastroenterology and Hepatology, publication en ligne en avant-première, 27 février 2017

Financement : Gilead Sciences

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 11 janvier 2017

#thelancet #hepatiteC #VHC #RG101 Sécurité, tolérance, et effet antiviral du RG-101 chez des patients atteints d’hépatite C chronique : essai de phase 1B, en double-aveugle, randomisé contrôlé

Vision du virus de l'hépatite C en microscopie à balayage électronique
Source iconographique et légendaire: https://simple.wikipedia.org/wiki/Hepatitis_C#/media/File:HCV_EM_picture_2.png
miR-122* est un facteur de réplication du virus de l’hépatite C (VHC). Le but de cette étude était d’évaluer la sécurité et la tolérance, la pharmacocinétique, et l’effet antiviral de l’administration d’une dose unique de RG-101, un oligonucléotide conjugué à N-acétylgalactosamine, qui a un effet antagoniste sur miR-122 chez des patients atteints de VHC chronique avec des génotypes variés.

Dans cette étude de phase 1b multicentrique, effectuée en double-aveugle et contrôlée par placebo, les patients ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir RG-101 ou le placebo (7:1). Nous avons recruté des hommes et des femmes post-ménopausées ou hystérectomisées (âgées de 18 ans à 65 ans) avec infection VHC chronique de génotype 1, 3, ou 4, diagnostiquée au moins 24 semaines avant le dépistage et qui étaient naïfs de traitement ou récidivants après traitement à base d’interferon-α.
Les patients présentant une co-infection (virus de l’hépatite B ou infection VIH), des évidences de maladie hépatique décompensée, ou un historique de carcinome hépatocellulaire étaient exclus.  
La randomisation était effectuée par un statisticien indépendant, en ouvert, à l’aide de la procédure SAS Proc Plan. La première cohorte a reçu une injection sous-cutanée de 2mg/kg de RG-101 ou de placebo, la seconde cohorte a  reçu une injection sous-cutanée de 4 mg/kg de RG-101 ou de placebo. Les patients étaient suivis sur une période de temps s’échelonnant entre 8 semaines (totalité de la population de patients), jusqu’à 76 semaines (patients exempts de rebond viral et ceux qui étaient randomisés sous placebo) après randomisation. L’objectif principal de cette étude était l’évaluation de la sécurité et de la tolérance du RG-101.

Entre le 4 juin 2014 et 27 octobre 2014, nous avons recruté 32 patients atteints d’infection VHC chronique de génotype 1 (n=16), 3 (n=10), ou 4 (n=6). Dans la première cohorte, 14 patients étaient répartis de manière aléatoire pour recevoir 2 mg/kg de RG-101 et deux patients pour recevoir le placebo, et dans la seconde cohorte, 14 patients étaient répartis de manière aléatoire pour recevoir 4 mg/kg de RG-101 et deux patients étaient répartis de manière aléatoire pour recevoir le placebo. Dans l’ensemble, 26 des 28 patients recevant le RG-101 ont déclaré au moins un évènement indésirable lié au traitement. À la semaine 4, la baisse en charge virale médiane à partir de la ligne de base était de 4.42 (Intervalle Interquartile [IQR] 3.23-5.00) et de 5.07 (4.19-5.35)log10 UI/mL chez les patients ayant reçu 2 mg/kg de RG-101 ou 4 mg/kg de RG-101. Trois patients présentaient des niveaux indétectables d’ARN de VHC, 76 semaines après réception d’une dose unique de RG-101. Un rebond viral à la semaine 12 ou avant la semaine 12 était associé à l’apparition d’une résistance associée aux substitutions dans les régions de liaison de miR-122 à l’extrémité 5’UTR du génome de HCV.

Cette étude a montré qu’une administration de 2 mg/kg ou 4 mg/kg de RG-101, un oligonucléotide miR-122 conjugué à la N-acetylgalactosamine hépatocyte ciblée, était bien tolérée, et a eu pour résultat une diminution substancielle de la charge virale chez tous les patients traités dans les 4 semaines, ainsi qu’une réponse virologique soutenue chez trois patients pendant 76 semaines. Meike H van der Ree, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 10 janvier 2016

Financement : Regulus Therapeutics, Inc.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

jeudi 25 février 2016

#thelancetinfectiousdiseases #co-infection #VIH #VHC Prévalence et fardeau d’une co-infection VHV chez des personnes déjà atteintes par le VIH : revue systématique globale et méta-analyse

Le blanc des yeux jauni est signe d'un foie endommagé.
Source iconographique: http://virochannel.com/fr/co-infection-vih-vhc-barrieres-et-opportunites/
Au niveau global, il y a 37 millions de personnes infectées par le virus du sida (VIH) et 115 millions de personnes présentant des anticorps contre le virus de l’hépatite C (VHC). On connaît peu l’étendue de la co-infection VIH-VHC. Nous avons voulu caractériser l’épidémiologie et le fardeau dû au VHC chez des personnes déjà atteintes par le VIH.

Dans cette revue systématique et méta-analyse, nous avons cherché dans des bases de données MEDLINE, Embase, CINAHL+, POPLINE, Africa-wide Information, Global Health, Web of Science, Cochrane Library, et WHO des études mesurant la prévalence du VHC et du VIH, publiées entre le 1er janvier 2002 et le 28 janvier 2015. Nous avons inclus des études portant sur des échantillons de population VIH-infectée de plus de 50 sujets et avons recruté des patients sur la base de leur statut VIH et autres caractéristiques comportementales. Nous avons exclu les éditoriaux et les études ne présentant pas de données primaires, d’échantillons de sujets atteints par le VHC ou co-infectés VIH-VHC, ou d’échantillons provenant de sujets en auto-suivi. Nous avons aussi exclu les échantillons extraits de populations atteintes de comorbidités ou soumises à des interventions présentant des risques de co-infection. Les populations ont été catégorisées selon leur statut d’exposition au VIH, avec prise en compte du fardeau de co-infection au niveau régional sur la base de données publiées du nombre de sujets infectés VIH. Nous avons effectué une méta-analyse pour estimer les rapports de cote des individus infectés VHC - infectés également VIH - versus les  individus infectés VHC sans être infectés VIH.

Sur 31 767 citations identifiées, 783 études ont satisfait aux critères d’inclusion, avec pour résultat 902 estimations de la prévalence de co-infection VIH-VHC. Chez les individus VIH-infectés, la co-infection VIH-VHC était de 2.4% (Intervalle Interquartile [IQR] 0.8-5.8) dans les échantillons recueillant la population générale, de 4.0 % (1.2-8.4) chez les femmes enceintes ou échantillons de population hétérosexuelle exposés, de 6.4% (3.2-10.0) chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH), et de 82.4% (55.2-88.5) chez les sujets s’injectant des drogues (SSID). Les rapports de cote d’infection VHC étaient six fois supérieurs chez les sujets vivant avec le VIH (5.8, Intervalle de Confiance -IC- 95% 4.5-7.4) en comparaison des sujets non porteurs d’infection VIH. Au niveau mondial, on évalue le nombre de co-infections  VIH-VHC à 2 278 400 (IQR 1 271 300 – 4 417 000) dont 1 362 700 (847 700 – 1 381 800) sont des sujets SSID, plaçant sujets SSID et sujets infectés-VIH au même niveau de prévalence de co-infection VIH-VHC ; à savoir 6.2% (3.4-11.9).

Nous avons constaté une prévalence d’infection VHC beaucoup plus élevée chez les sujets infectés VIH que chez les sujets exempts d’infection VIH, dans tous les groupes et régions à risque, mais spécialement chez les sujets SSID. Cette étude met en lumière l’importance du dépistage VHC en routine chez tous les sujets VIH-infectés, plus spécialement chez les sujets SSID. Il y a aussi émergence d’un besoin d’amélioration de la surveillance de la prévalence du VHC dans les différents groupes de population et dans toutes les régions, au niveau national. Dr Lucy Platt, PhD, et al, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant-première, 24 février 2016

Financement : WHO (OMS)

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

lundi 19 octobre 2015

#actuscimed.com #diabète #traitement #dispositifd’injection #VHB #VIH #VHC #contamination #sécurité - Le mythe de la sécurité dans le traitement du diabète

Source iconographique: ThoughtSpark (Lindsell Marketing Ltd)
Dans le domaine du traitement du diabète, les sujets de discussion tendent à se centrer sur l’efficacité de l’auto-administration, de la précision des doses d’insuline, sur l’évitement à court terme de la lipohypertrophie et des complications de santé à long terme résultant de l’imprécision des doses administrées. Cependant, depuis la publication de la directive européenne sur la prévention des blessures dues à des objets tranchants1, et de la date limite de sa mise en application fixée au mois de mai 2013 dans tous les pays de l’Union Européenne, l’attention se focalise actuellement sur les consignes de sécurité et les mesures de protection du personnel soignant à respecter au moment de l’acte d’injection des traitements aux patients.
Les spécialistes du diabète sont-ils des personnes à risque ? Et prennent-ils plus de risque ou moins de risque que leurs collègues occupant d’autres fonctions dans le domaine de la santé ? La réponse à cette question requière une perception objective de la situation. Il ressort de notre expérience que  de fausses hypothèses à propos des risques de blessure par piqûre d’aiguille (BPA) et d’infection dans le cadre du traitement du diabète sont souvent objet de conversations avec les organismes sanitaires. Ce court article passe en revue les idées fausses les plus communément répandues, et fournit des arguments impartiaux pour les réfuter.

Mythe Numéro Un : les malades diabétiques ont moins de probabilité d’être atteints par des virus dangereux que les personnes de la population générale

Cela est faux. Les personnes atteintes par le diabète se situent à un niveau au moins équivalent à celui de la population générale, sinon plus élevé. Selon une étude2, de l’ADN viral de l’hépatite B (VHB) a été décelé chez 11% des patients diabétiques type 2, en comparaison des 3% de sujets atteints dans la population contrôle, ce qui représente une différence significative sur un plan statistique. De ce fait, les spécialistes dans le domaine travaillant dans ce groupe devraient donc présenter plus de risques - sur ce plan - de contracter une infection en se blessant par piqûre d’aiguille que ceux travaillant avec des patients à injecter appartenant à la population générale.
Le contrôle du risque reposant sur le fait qu’une proportion élevée de professionnels de santé en contact avec des patients diabétiques sont vaccinés contre le VHB reste insuffisant. De fait, la proportion des professionnels de santé couverts par la vaccination est loin d’être à 100%3 ; et même, les personnes vaccinées peuvent ne pas être totalement protégées, du fait de la diminution des titres en anticorps protecteurs avec le temps. De plus, il y a encore bien d’autres virus dangereux (comme le VIH, le virus de l’hépatite C (VHC)) contre lesquels il n’existe pas de vaccin. Lorsque l’on considère le risque de manière plus générale, il fait prendre en compte que ce sont plus de 30 maladies virales transmissibles par BPA - avec le VHC et le VIH pour les plus dangereux - ; et dont la prévalence parmi les personnes atteintes de diabète est plus élevée que la prévalence du VHC4 ou égale à celle du VIH5 dans la population générale.

Mythe Numéro Deux : il n’y a pas autant de BPAs lorsque l’on injecte des patients diabétiques à l’aide d’aiguilles spécifiques, des aiguilles plus petites présentent moins de risque d’infection, la prophylaxie empêche les infections, et, de toute façon, les aiguilles d’injection utilisées chez les patients diabétiques ainsi que les dispositifs d’injection ne peuvent pas être contaminées

En fait, la situation se situe très exactement à l’opposé. Les BPAs provoquées par aiguilles ou seringues, comptent, chez les diabétiques, parmi les blessures aigües les plus fréquentes en environnement médical6. De fait, il n’existe aucune branche de la médecine où le risque de BPA soit faible ou nul. De plus, la plupart des personnes atteintes de diabète sous traitement dans un service de médecine interne sont celles qui présentent le risque le plus élevé de BPA. D’aucuns ont pu remarquer que les diabétiques utilisent des aiguilles d’injection de petite dimension, qui, du fait même de leur taille, seraient censées ne représenter qu’un faible risque de blessure. Là encore, on passe à côté de l’essentiel. En fonction, les stylos à injection aspirent des cellules humaines, qui se retrouvent dans la cartouche de produit à injecter. Ces cellules, potentiellement infectées, se retrouvent stockées dans la lumière de l’aiguille, pouvant ainsi être accidentellement en cas de BPA. De la même façon, les aiguilles à l’usage des diabétiques peuvent présenter des traces de sang.
Les petites dimensions des aiguilles à l’usage des diabétiques ne réduisent pas le risque. Il suffit d’une infime quantité de sang pour transmettre le VHB ou le VHC ; il vaut donc la peine de se pencher sur des notions mathématiques simples pour évaluer le nombre de personnes pouvant potentiellement être infectées par le sang contenu dans une aiguille creuse. Le volume moyen inoculé lors d’une blessure provoquée par une aiguille de calibre 22 est approximativement de 1.0 – 2.0  μL7, pouvant contenir une dose infectieuse de virus à diffusion hématogène. La charge virale d’un millilitre de sang infecté peut s’élever jusqu’à environ un milliard (109) de particules virales, pour ce qui est de HBV8. À supposer qu’une charge virale classique soit d’environ 10 millions (107) particules par millilitre de sang infecté, cela correspondrait à une charge virale de 10 000 particules virales par μL. Cela est suffisant pour contaminer un grand nombre de personnes avec le HBV. La charge en HCV est moins élevée, mais toutefois suffisante pour faire un grand nombre de victimes. Si nous traduisons le risque en termes de contaminations concrètes, cela conduit à des faits réellement préoccupants, avec des études montrant des séroconversions du VHC s’échelonnant entre une et deux pour cent événements de BPAs (expositions percutanées).
Quel est l’impact de la prophylaxie chez les personnes qui ont malheureusement subi une BVA, et l’infection qui en a résulté ? Certainement, les derniers médicaments prophylactiques peuvent empêcher une séroconversion. Cependant, il existe cette « heure d’or » au cours de laquelle une action d’urgence peut être efficacement entreprise. De plus, même si l’on reçoit un traitement prophylactique, on ne peut empêcher certains effets indésirables de la thérapie - non seulement physiques, mais aussi professionnels et psychologiques. Les personnes affectées sont conduites à changer leurs habitudes de travail, et vivre une période prolongée de stress extrême avant de savoir si elles  ont contracté ou non  une infection menaçant leur vie10. De même, certains changements doivent intervenir dans d’autres domaines comme la sexualité, mettant la vie familiale et relationnelle sous pression. 

Mythe numéro trois : les diabétiques encapuchonnent leurs aiguilles d’injection et les jettent dans les poubelles qui leur sont destinées ; il n’existe pas d’aiguilles de sécurité pour le traitement du diabète ; les nouvelles directives édictées par l’Union Européenne relatives à la prévention contre les lésions par aiguilles n’ont pas pris le traitement du diabète en considération

C’est une erreur de croire que les personnes diabétiques suivent scrupuleusement les procédures d’élimination des déchets, en encapuchonnant leurs aiguilles et en les jetant dans des réceptacles qui leur sont destinées. De fait, une étude11 a montré que seulement 33% des aiguilles usagées sont jetées dans des containers prévus à cet effet. 12% d’entre elles finissent dans une bouteille ou un emballage carton vide, et 46% d’entre elles vont directement à la poubelle après encapuchonnage, et il en est de même pour 3% d’entre elles, qui s’y retrouvent sans même être encapuchonnées.
Indépendamment de l’élimination sûre des aiguilles, il y a maintenant un nombre important de dispositifs médicaux de fabrication sûre sur le marché, comprenant des dispositifs actifs (où le fourreau est activé manuellement par l’utilisateur) ou passifs (où l’aiguille se rétracte automatiquement après usage). Un grand nombre de personnes n’en connaissent même pas l’existence. Beaucoup d’études12,13 ont montré que les BPAs voient leur fréquence baisser considérablement lorsque des dispositifs médicaux de sécurité sont utilisés. Le coût paraît souvent rebutant pour les organisations, toutefois, un rapide examen des études 14, 15, 16 sur le sujet révèle que la prévention des blessures mène à un excellent retour sur investissement, notamment en atténuant les risques juridiques, réglementaires, financiers, ainsi qu’en matière de réputation des traitements.
Finalement, la Directive Européenne et la législation associée qui est maintenant entrée en vigueur, stipule spécifiquement que quel que soit le risque encouru de blessures par piqûre d’aiguille, les utilisateurs ainsi que tous les professionnels de santé doivent être protégés par les mesures de précaution adéquates, notamment l’usage de dispositifs médicaux incluant des mécanismes de protection sûrs17.
En conclusion, le traitement des personnes diabétiques ne devrait, logiquement, pas faire exception dans le suivi des pratiques les plus sûres. Les diabétiques présentent le même risque, voire un risque supérieur, de contamination par des virus dangereux. Qui plus est, la fréquence des blessures par aiguilles est plus élevée que la norme lors du traitement des patients diabétiques, que ces blessures représentent une source importante de possibles infections malgré la taille réduite des aiguilles à l’usage des diabétiques ; l’introduction des dispositifs médicaux de sûreté très faciles à trouver a montré sont efficacité pour ce qui est de réduire les risques de blessure et d’infection. 

Depuis mai 2013, une directive de l'Union Européenne a rendu obligatoire l'utilisation de dispositifs médicaux de sécurité, dans toutes les situations présentant des risques significatifs de blessures et d'infections par piqûres d'aiguilles. Beaucoup d'organismes de santé de l'Union Européenne ont introduit ces dispositifs de sécurité repectant la législation nouvelle. Il est formellement conseillé à tous les organismes ne l'ayant pas encore implémentée de le faire, afin d'éviter des dommages sur les plans financier, juridique, réglementaire, sur la réputation, et, par dessus tout, sur le plan humain. Dr. Kenneth Strauss, Endocrinologist and Director of Safety in Medicine, European Medical Association, and Global Medical Director, Becton Dickinson (BD), Communication Courte, Texte Intégral, dans Actualités Scientifiques – Médicales, publication en ligne en  avant-première, 19 octobre 2015

Références :

1 Council Directive 2010/32/EU, Official Journal of the European Union, L134/71

2 Demir M, Serin E, Göktürk S, Ozturk NA, Kulaksizoglu S, Ylmaz U.  The prevalence of occult hepatitis B virus infection in type 2 diabetes mellitus patients.  Eur J Gastroenterol Hepatol. 2008 Jul;20(7):668-73.

3 De Schryver A, Claesen B, Meheus A, van Sprundel M, François G., Department of Epidemiology and Social Medicine, University of Antwerp, Antwerp, Belgium.  European survey of hepatitis B vaccination policies for healthcare workers., Eur J Public Health. 2010 Sep

4 Simó R, Hernández C, Genescà J,  Jardí R,  Mesa J.  High prevalence of hepatitis C virus infection in diabetic patients.  Diabetes Care. 1996 Sep;19(9):998-1000.

5 Mondy K, Overton ET, Grubb J, Tong S, Seyfried W, Powderly W,  Yarasheski K.  Metabolic syndrome in HIV-infected patients from an urban, midwestern US outpatient population.  Clin Infect Dis. 2007 Mar 1;44(5):726-34. Epub 2007 Jan 22.

6 Phillippe Kiss, MD; Merc de Meester, MD; Lutgart Braeckman, MD, PhD; Needlestick Injuries in Nursing Homes: The Prominent Role of Insulin Pens, Infection Control and Hospital Epidemiology, December 2008, Vol.29, No.12

7 Mondy K, Overton ET, Grubb J, Tong S, Seyfried W, Powderly W,  Yarasheski K .  Metabolic syndrome in HIV-infected patients from an urban, midwestern US outpatient population.  Clin Infect Dis. 2007 Mar 1;44(5):726-34. Epub 2007 Jan 22.

8 Public Health Agency of Canada

9 UK Occupational bloodborne Virus report, November 2008

10 See, for instance, Nursing Times, Why we must stop needlesick injuries, 3 October 2006

11 Journal of Diabetes, 2 (2010) 168-179

12 Adams D, Elliott TS. Impact of safety needle devices on occupationally acquired needlestick injuries: a four-year prospective study,  J Hosp Infect 2006;64:50-5.

13 Jagger J et al.   The impact of U.S. policies to protect healthcare workers from bloodborne pathogens: The critical role of safety-engineered devices,  Journal of Infection and Public Health (2008) 1, 62—71.

14 Armadans Gil L, Fernandez Cano MI, Albero Andres I, Angles Mellado ML, Sanchez Garcia JM, Campins Marti M, Vaque Rafart J. [Safety-engineered devices to prevent percutaneous injuries: cost-effectiveness analysis on prevention of high-risk exposure] Gac Sanit 2006 Sep-Oct;20(5):374-81.

15 Anna H. Glenngard ;Ulf Persson, Costs associated with sharps injuries in the Swedish health care setting and potential cost savings from needle-stick prevention devices with needle and syringe  Scandinavian Journal of Infectious Diseases, Volume 41, Issue 4 2009 , pages 296 – 302.

16 HS Scotland, Needlestick Injuries; Sharpen your Awareness, Annex 3, Safer Devices Cost Benefit Assessment.

17 Council Directive 2010/32/EU, Official Journal of the European Union, L134/71

Traduction et adaptation: NZ