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vendredi 11 mai 2018

#thelancet #cancerducolon #biomarqueurs Validation internationale du consensus sur le statut des biomarqueurs de l’immunité pour la classification des cancers du côlon : étude pronostique et de fiabilité

Schéma indiquant les différents stades de développement du cancer du colon.
Inner lining = Paroi interne
Muscle = Muscle
Outer lining = Paroi externe
Source iconographique et légendaire:
 https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Diagram_showing_T_stages_of_bowel_cancer_CRUK_276.svg

L’estimation de la récidive chez les patients atteints de cancer du colon doit être améliorée. Une quantification solide du statut des biomarqueurs de l’immunité est nécessaire pour l’introduction de paramètres relatifs à l’immunité dans la classification des cancers. Le but de cette étude était d’évaluer la valeur pronostique du compte total des lymphocytes T infiltrant la tumeur et le compte des lymphocytes T cytotoxiques infiltrant la tumeur à l’aide de l’essai immunologique de consensus de mesure des biomarqueurs de l’immunité, chez des patients atteints de cancer du côlon stade I-III.

Un consortium international de 14 centres situés dans 13 pays a évalué le statut des biomarqueurs de l’immunité chez des patients atteints de cancer du côlon de stade I-III selon la classification TNM, sous la houlette de la Society for Immunotherapy of Cancer. Les patients étaient répartis de manière aléatoire pour un essai pilote, un essai de validation interne, et un essai de validation externe. Des échantillons de tissu tumoral de colon étaient prélevés pour examen histologique sur lames préparées selon la technique en paraffine et la marge d’invasion tumorale de chaque patient a été mesurée par immunohistochimie, et les densités respectives de lymphocytes T CD3+ et CD8+ cytotoxiques tumoraux et dans de la marge d’invasion ont été quantifiées par pathologie numérique. Un statut des biomarqueurs de l’immunité pour chaque patient a été extrapolé à partir des moyennes de quatre mesures de probabilités. Le critère principal d’évaluation était la valeur pronostique du statut des biomarqueurs de l’immunité pour ce qui est de l’évaluation prospective de la période sans récidive, définie précisément par le temps écoulé entre la chirurgie et la récidive de la maladie. Des modèles stratifiés d’analyse multivariée de Cox ont été utilisés pour la mesure des associations entre le statut des biomarqueurs de l’immunité et l’issue de la maladie, ajustés en fonction des potentiels facteurs de confusion. (…).

Des échantillons de tissus prélevés chez 3539 patients ont été examinés, et les échantillons de tissus prélevés chez 2681 patients ont été inclus dans les analyses après contrôle de qualité. (700 patients pour l’essai pilote, 636 patients pour l’essai de validation interne, et 1345 patients pour l’essai de validation externe). L’essai pour mesure de statut des biomarqueurs de l’immunité a présenté un niveau élevé de reproductibilité entre les observateurs et les centres (r=0.97 pour les tumeurs du colon ; r=0.97 pour les marges d’invasion ; p<0.0001). Dans l’essai pilote, les patient au statut des biomarqueurs de l’immunité élevé présentaient le risque le plus faible de récidive à 5 ans (14 [8%] patients présentant un statut élevé des biomarqueurs de l’immunité versus 65 (19%) patients présentant un statut de niveau intermédiaire des biomarqueurs de l’immunité versus 51 (32%) patients présentant un statut de faible niveau des biomarqueurs de l’immunité ; hazard ratio [HR] pour score élevé versus score faible 0.20, Intervalle de Confiance [IC] 95% 0.10-0.38 ; p<0.0001). Les résultats ont été confirmés pour les deux essais de validation (n=1981). Dans l’analyse stratifiée multivariée de Cox, l’association entre le statut des biomarqueurs de l’immunité avec le temps de survenue de la récidive était indépendant de l’âge du patient, de son sexe, du stade T, du stade N, de l’instabilité microsatellite, et des facteurs de pronostic (p<0.0001). Des 1434 patients atteints d’un cancer de stade II, la différence des risques de récidive à 5 ans était significative (HR pour un score élevé des biomarqueurs de l’immunité versus un score faible des marqueurs de l’immunité 0.33, IC 95% 0.21-0.52 ; p<0.0001), y compris pour ce qui est de l’analyse multivariée de Cox (p<0.0001).
Le score des biomarqueurs de l’immunité présentait la contribution la plus élevée pour l'évaluation du risque de récidive par rapport à tous les autres paramètres cliniques, dont ceux du Comité Commun sur le Cancer des USA et le système de classification TNM de l’Union Internationale Contre le Cancer (UICC).

Le score des biomarqueurs de l’immunité fournit une estimation fiable du risque de récidive chez les patients atteints de cancer du côlon. Ces résultats encouragent à la mise en place d’un score de consensus des biomarqueurs de l’immunité comme élément nouveau de classification TNM-immunité du cancer. Prof Franck Pagès, MD, et al, dans The Lancet, publication en ligne en avant-première, 10 mai 2018

Financement:  French National Institute of Health and Medical Research, the LabEx Immuno-oncology, the Transcan ERAnet Immunoscore European project, Association pour la Recherche contre le Cancer, CARPEM, AP-HP, Institut National du Cancer, Italian Association for Cancer Research, national grants and the Society for Immunotherapy of Cancer.

Source : The Lancet Online / Traduction et adaptation : NZ

mercredi 12 novembre 2014

#capecitabine #fluorouracile #oxaliplatine #leucovorine #cancerducôlon Effet de la capecitabine et/ou fluorouracile administré en adjuvant avec ou sans oxaliplatine, sur les taux de survie chez des patients atteints de cancer du côlon de stade III et sur l’effet de l’oxaliplatine sur la survie après récidive : analyse de données de patients individuelles mutualisées à partir de quatre essais contrôlés randomisés

Sur ces images de villosités intestinales de souris, le marquage vert permet de visualiser l'expression de l'oncogène Myc (acteur précoce du développement du cancer du côlon). Dans les deux cas, une copie du gène APC est inactivée. En l'absence d'une pression mécanique (image de gauche), l'oncogène Myc est peu exprimé, alors que lorsque les intestins sont comprimés (image de droite), ce gène est fortement exprimé. Les résultats sont identiques avec le gène Twist.
Source iconographique et légendaire: 
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1424.htm?&theme1=7
La thérapie adjuvante à base d’oxaliplatine est le traitement standard du cancer du colon de stade III. La capecitabine administrée en traitement adjuvant avec ou sans oxaliplatine versus leucovorine et fluorouracile avec ou sans oxaliplatine n’a jamais été directement comparée ; ainsi, notre but était d’analyser l’efficacité et l’innocuité de ces traitements à l’aide de données individuelles de patients mutualisées extraites de quatre essais randomisés contrôlés. Nous avons aussi évalué la survie après récidive, à propos de laquelle il a été postulé qu’elle était moins longue chez les patients recevant l’oxaliplatine en traitement adjuvant.

Les patients atteints d’un cancer du côlon réséqué âgés de 18 ans et plus, présentant un statut de rendement ECOG (Eastern Cooperative Oncology Group) de 0 ou 1, à partir de quatre essais randomisés contrôlés (NSABP C-08, XELOXA, X-ACT, et AVANT ; 8734 patients au total) ont été mutualisés et analysés. Les régimes de traitements inclus dans nos analyses étaient : XELOX (oxaliplatine et capecitabine) ; leucovorine et fluroruracile ; capecitabine ; FOLFOX-4 (leucovorine, fluorouracile, et oxaliplatine) ; ainsi que FOLFOX-6 modifié (mFOLFOX-6). La survie sans récidive de la maladie était le critère principal d’évaluation extrait de tous les essais cliniques ayant fourni les patients pour cette analyse. Ici, nous comparons  la survie sans récidive, la survie sans rechute, et la survie globale entre les groupes de patients qui avaient reçu la capecitabine avec ou sans oxaliplatine et ceux qui recevaient la leucovorine et le fluorouracile avec ou sans oxaliplatine. La survie après récidive était comparée entre les groupes de combinaison de traitements XELOX et FOLFOX, ainsi qu’entre les groupes leucovorine et fluorouracile. La survie après récidive était aussi comparée entre les groupes capecitabine avec ou sans oxaliplatine et leucovorine et fluorouracile avec ou sans oxaliplatine.

La survie sans progression de la maladie n’a pas différé de manière significative entre les patients qui recevaient leucovorine et fluorouracile versus ceux qui recevaient la capecitabine dans les analyses ajustées (hazard ratio [HR] 1.02 [0.93-1.11 ; p=0.72]) ou analyses non-ajustées (HR 1.01 [Intervalle de Confiance -IC- 0.92-1.10 ; p=0.86]). La survie sans récidive était similaire (HR ajusté 1.02 [0.93-1.12 ; p=0.72] et HR non ajusté [0.92-1.14] ; p=0.65). 
Pour la survie globale, une interaction significative entre entre oxaliplatine et fluoropyrimidine était enregistrée dans l’analyse régression multivariée de Cox (p=0.014). 
La survie sans récidive était similaire entre les analyses ajustées (p=0.23) et non-ajustées (p=0.33) pour la comparaison de XELOX et FOLFOX versus leucovorine et fluorouracile; elle était également similaire concernant les traitements à base de capecitabine versus leucovorine et les traitements à base de fluorouracile (p non ajusté = 0.26).

Les thérapies de combinaison avec l’oxaliplatine ont fourni de meilleurs résultats sans affecter la survie sans récidive du traitement adjuvant du cancer du côlon de stade 3, abstraction faite de savoir si la nature de l’épine dorsale fluoropyrimidine était capecitabine -ou- leucovorine et fluorouracile. Ces données sont à ajouter aux données déjà existantes montrant qu’oxaliplatine + capecitabine ou leucovorine + fluorouracile représentent les traitements adjuvants standard du cancer du colon de stade III, et offrent aux médecins une flexibilité dans la prescription des traitements selon l’état et/ou la préférence des patients. Prof Hans-Joachim Schmoll MD et al, dans The Lancet Oncology, publication en ligne en avant – première, 12 novembre 2014

Financement : Genentech Inc.

Source : The Lancet Oncology / Traduction et adaptation : NZ