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jeudi 10 juillet 2014

Consommation globale d’antibiotiques de 2000 à 2010 : analyse des données nationales relatives aux ventes de produits pharmaceutiques

Pour tenter de freiner ces résistances (aux antibiotiques)* de plus en plus importantes, les chercheurs de l'Inserm ont mis au point un système de détection rapide de deux enzymes responsables de la résistance des bactéries à deux classes d'antibiotiques très fréquentes: les céphalosporines de spectre large et les carbapémènes. Dans ces tests, la présence d'une enzyme signe la présence d'une bactérie résistante. (ci-dessus: cabapénèmase)*
Source iconographique et légendaire: http://www.inserm.fr/espace-journalistes/mise-au-point-de-deux-tests-de-diagnostic-rapide-de-resistance-aux-antibiotiques
La consommation d’antibiotiques est un vecteur essentiel du développement de la résistance aux antibiotiques. La résistance aux antibiotiques varie selon les pays, et cette dernière est partiellement liée aux différents schémas de consommation (volumes totaux et doses journalières). Notre but était d’étudier les variations en consommation afin de contribuer au suivi de l’augmentation de la résistance, au développement de politiques rationnelles d’utilisation d’antibiotiques, et de fournir une base pour de futures études.

Nous avons, à l’aide des données de vente au et de données des pharmacies hospitalières provenant de la base de données MIDAS d’IMS Health, passé en revue les tendances de consommation mesurée en unités standard d’antibiotiques entre 2000 et 2010 pour 71 pays. Nous avons utilisé des données de croissance du volume de médicaments délivrés pour évaluer les différences temporelles en consommation pour chaque pays les méthodes de Fourier (séries de Fourier) et de régression pour les évaluations des différences de consommation dans 63 pays.

Entre 2000 et 2010, la consommation de médicaments antibiotiques a augmenté de 36% (de 54 083 964 813 unités standard à 73 620 748 816 unités standard). Le Brésil, la Russie, la Chine, l’Inde, et l’Afrique du Sud ont contribué pour 76% dans cette augmentation. Dans la plupart des pays, la consommation d’antibiotiques a varié considérablement selon les saisons. On  également a observé une augmentation de consommation de carbapénèmes (45%) et de polymixines (13%), deux médicaments appartenant à la classe des médicaments antibiotiques de dernier recours.

L’augmentation de consommation d’antibiotiques et l’augmentation de l’utilisation de la classe des médicaments antibiotiques de dernier recours soulève de sérieuses questions de santé publique. L’utilisation appropriée des antibiotiques dans les pays en voie de développement devrait être encouragée. Cependant, afin de prévenir une brutale augmentation de la résistance aux antibiotiques dans les pays à faibles ou moyens revenus très peuplés et pour préserver l’efficacité des antibiotiques au niveau mondial; des programmes d’éducation à leur usage rationnel menés sous le haut patronage coordonné de la communauté internationale devraient être une priorité. Thomas P Van Boeckel, dans The Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant - première, 10 juillet 2014

( )*note du traducteur

Financement : US Department of Homeland Security, Bill & Melinda Gates Foundation, US National Institute of Health, Princeton Grand Challenges Program.

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ       

vendredi 25 janvier 2013

Effet de la décontamination sélective sur la résistance aux agents antimicrobiens dans les unités de soins intensifs: revue systématique et méta-analyse

Taux de résistance aux antibiotiques de B.fragilis et des autres espèces du groupe. In Médecine et Maladies Infectieuses Volume 38, Issue 5, May 2008, Pages 256-263
Source: http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0399077X08000796

Beaucoup de méta-analyses ont montré des réductions de taux d’infection et de mortalité associés à l’utilisation de la décontamination digestive sélective (DDS) ou de la décontamination oro-pharyngée sélective (DOS) dans les unités de soins intensifs (USI). Ces interventions n’ont pas été généralisées, du fait que leur utilisation pourrait conduire au développement d’une résistance aux antimicrobiens des agents pathogènes. Notre but était d’étudier les effets de la DDS et de la DOS sur les taux de résistance aux antimicrobiens chez les patients hospitalisés en USI.

Nous avons passé en revue de manière systématique les effets de la DDS et de la DOS sur les taux de colonisation et/ou d’infection dus à des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens, chez des patients gravement atteints. Nous avons effectué des recherches de comptes rendus d’études à l’aide des bases de données Medline, Embase et Cochrane ; publiés dans toutes les langues et sans limites définies en termes de date de publication, de type de protocole appliqué, ou encore d’évaluation de la qualité des études.  Nous avons inclus toutes les études portant sur la décontamination sélective impliquant une application prophylactique d’agents antimicrobiens topiques recouverts d’une enveloppe non-absorbable au niveau de l’estomac ou de l’oropharynx, chez des patients admis dans les USI, avec ou sans administration d’agents antimicrobiens systémiques additionnels. Nous avons exclus les études d’intervention utilisant des agents antiseptiques ou biocides comme la chlorexidine, à moins que des agents antimicrobiens aient été aussi inclus au régime. Nous avons fait usage du modèle de Mantel – Haenszel avec effets aléatoires pour le calcul des taux de probabilité ajustés groupés.

Nous avons analysé 64 études originales de DDS et de DOS effectuées dans des USI ; 47 d’entre elles étaient des études randomisées contrôlées et 35 incluaient des données de détection de résistance aux agents antimicrobiens. Lorsque nous avons comparé les données pour les patients dans les groupes d’intervention (ceux qui recevaient DDS ou DOS) versus les données des groupes de contrôle (sans intervention), nous n’avons pas identifié de différence dans la prévalence de colonisation ou infection par pathogènes Gram-positifs d’intérêt résistant aux agents antimicrobiens ; Staphylococcus aureus (rapport des chances – odds ratio – 1,46 ; Intervalle de Confiance – IC – 95% 0,90-2,37) et entérocoques résistants à la vancomycine (0,63 ; 0,39-1,02) inclus. Parmi les bacilles Gram-négatifs, nous n’avons détecté aucune différence en termes de résistance à l’aminoglycoside (0,73 ; 0,51-1,05) ou à la fluoroquinolone (0,52 ; 0,16-1,68), mais nous avons détecté une diminution chez les bacilles Gram-négatifs résistants à la polymixine (0,58 ; 0,46-0,72) et un bacille Gram-négatif résistant à la cephalosporine de troisième génération (0,33 ; 0,20-0,52) chez les patients ayant subi une décontamination sélective, en comparaison des patients n’en ayant pas reçu.

Nous n’avons détecté aucun lien entre l’utilisation de la DDS ou de la DOS et le développement d’agents pathogènes résistant aux agents antimicrobiens chez des patients dans les USI, suggérant que le risque de dommage perçu lié à une décontamination sélective, ne peut être justifié en vertu des données disponibles. Cependant, notre étude indique que l’effet de la décontamination sur les taux de résistance aux agents antimicrobiens au niveau des USI est largement sous-étudié. Ainsi, nous recommandons l’inclusion d’études randomisées non  - croisées contrôlées par groupe pour de futures recherches dans l’étude des variations des taux de résistance au niveau des USI. Dr Nick Daneman MD et al, in The Lancet Infectious Diseases, Early Online Publication 25 January 2013, in press

Source: The Lancet Online / Traduction et adaptation: NZ